mes préférés·rentrée automne 2016·vie de lectrice

Le meilleur de 2016

J’aime bien les bilans de fin d’année qui permettent de se souvenir du meilleur de nos lectures, et de laisser de côté celles qui sont tout à fait périssables. Ce bilan reste toutefois hautement personnel et ne permet pas de dire que ces livres plairaient à tout un chacun ! Ils m’ont emballée, c’est déjà ça !

Dans la catégorie « romans » : Nora Webster, Le garçon, Une vie entière
norawebster  garcon  unevieentiere

Dans la catégorie « premier roman » : Les pêcheurs, Anatomie d’un soldat, New York esquisses nocturnes
pecheurs  anatomiedunsoldat  newyorkesquisses

Dans la catégorie « ils sont sortis en poche » : Les douze tribus d’Hattie, La veuve, Karitas l’esquisse d’un rêve
douzetribuesdhattie  veuve  karitas

Dans la catégorie « bande dessinée » : Le piano oriental, Un petit goût de noisette
pianooriental  Unpetitgoutdenoisette

dans la catégorie « nouvelles » : Les braves gens ne courent pas les rues
bravesgensnecourent

vie de lectrice

Un peu d’air !

Ce mois de novembre va me permettre, comme à quelques autres volontaires, de faire baisser un peu ma fameuse pile de livres non lus (PAL pour les intimes) et d’essayer de la ramener à un nombre de livres raisonnable (enfin surtout concernant les livres qui traînent depuis longtemps…) grâce à l’Objectif PAL d’Antigone et Anne.

objectifpal2016
En compagnie des auteurs que j’ai prévu de lire, nous suivrons donc un fleuve, non pardon, une rivière, nous passerons un hiver bien perturbant, nous partirons à la recherche d’un comparse nommé Gurb et nous serons isolés au beau milieu d’une tribu indienne près du fleuve Paranà… Ceci pour les lectures dont je suis sûre.

Puisque je suis d’humeur joueuse, je propose une petite surprise à celui ou celle qui me donnera le plus de titres parmi les quatre livres de ma PAL que je vais lire en novembre et qui sont cachés derrière les BD ci-dessous, puisque Tintin accompagne le défi ! (réponse dans les commentaires, qui sont modérés, et fin du jeu le mercredi 2 novembre au soir, avant le premier billet !)
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Edit du 02/11, 22 heures : Merci à toutes d’avoir tenté de trouver ces lectures, assez variées, vous verrez, et bravo à Valentyne qui a deviné 3 titres !


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Une sorte de solitude…

Une réflexion de Galéa, entre autres, à propos d’un roman lu par Hélène, m’inspire ce billet, qu’on pourrait dire « d’humeur » si j’étais de bonne ou de mauvaise humeur à la suite de cette remarque, ce qui n’est pas le cas !

C’est donc d’humeur égale que j’ai envie de pousser un peu la réflexion. Pourquoi des romans encensés à leur sortie, dans le genre feel-good, comme Le liseur du 6 heures 27, ou un drame ancré dans le réel comme La maladroite, tant un roman historique américain comme Neverhome, ou un livre d’un auteur au-dessus de tout reproche comme Profession du père de Sorj Chaladon, pour citer des exemples assez récents, pourquoi donc ces livres ne voient-ils que des avis positifs à leur sortie, puis finissent par rencontrer des avis plus mitigés, voire carrément déçus ensuite ?


FullSizeRenderQuel lecteur ou blogueur ne s’est pas trouvé un peu seul après avoir lu des avis enthousiastes sur un roman, seul à ne pas voir du tout la magie opérer, ou à ne pas distinguer où l’auteur veut en venir, à tout simplement ne pas comprendre ce que les autres ont trouvé à un roman ? Cela peut être trois semaines ou trois mois après les avis dithyrambiques, ou seulement à l’occasion de la sortie en poche, mais on se retrouve tout autant seul, esseulé, solitaire, orphelin, avec son avis très très mitigé, pour ne pas dire carrément consterné !

J’ai une courte mais (je le crois) efficace explication à ce phénomène : la blogueuse, le blogueur, souvent à l’affut des nouveautés, qui aime à faire partager ses découvertes, ne se trouve pas dans le même état d’esprit que celui qui va découvrir un livre encensé. C’est une question d’attentes, mais pas seulement.
Prenons d’abord le cas du lecteur de nouveautés. Lorsqu’on a fait la démarche de fouiller des heures en librairie (ben oui, fouiller des minutes, ça ne sonne pas très bien !), de parcourir des catalogues d’éditeurs ou des magazines à la recherche de la pépite qui va nous faire vibrer, qu’on a déniché un roman qui semble correspondre à nos rêves les plus fous, n’est-on pas dans un état d’esprit qui nous fait trouver ce texte un poil meilleur que si nous en avions déjà entendu parler cent fois ? Le plaisir de faire découvrir un roman, un auteur, car c’est encore plus fort dans le cas d’un primo-romancier, ne vous fait-il pas légèrement surévaluer votre lecture, en toute bonne foi ? Votre avis ne va-t-il pas comporter plus de superlatifs, plus de comparaisons flatteuses avec des auteurs renommés, ou avec des romans précédemment lus, si vous vous sentez l’âme d’un défricheur, d’un découvreur de talents, voire une vocation ratée d’éditeur ? Cela toujours en toute sincérité, sans qu’entrent en compte une quelconque connivence avec l’auteur ou avec l’éditeur, ni encore moins la manière dont vous vous êtes procuré le livre… (ceci n’est PAS un billet sur les services de presse, qu’on se le dise bien !) Ce billet de découvreur est d’autant plus enthousiaste si on cerne bien ses propres goûts, et qu’on choisit donc, a priori, le livre le plus susceptible de nous plaire.IMG_0104

Occupons-nous maintenant du lecteur qui a pris son temps, qui a digéré cinq ou dix billets passionnés sur tel ou tel roman, sans oublier la presse ou la radio qui ont peut-être enfoncé le clou, vous promettant des heures délicieuses de lecture. Vous vous installez confortablement, prêt à savourer mots et phrases… Souvenez-vous, vous n’êtes plus un défricheur à la recherche de la petite phrase, du paragraphe à nul autre pareil, vous êtes simplement quelqu’un qui ne veut pas rater ce livre si délicieux, passionnant ou à couper le souffle qu’on lui a promis. Posez-vous la question : auriez-vous choisi ce livre entre tous, si vous n’aviez dû n’en choisir qu’un ? Semble-t-il correspondre à vos goûts profonds ? Ou bien l’avez-vous choisi sur la foi d’avis enflammés ? De billets remplis d’émotion et de frisson ?

Si c’est plutôt le deuxième cas, sachez que vous allez peut-être aimer, c’est heureusement possible de sortir de ses goûts habituels et d’adorer… Mais bien souvent, après tout, comme vous n’êtes pas dans la position de découvreur, votre esprit critique va prendre le dessus, et vous allez repérer tout ce qui ne vous plaît pas : trop de pathos ou trop de folie douce, un humour qui n’est pas le vôtre, un cynisme qui ne vous correspond en rien, etc… Et vous précipiter vers la fameuse déception qui en découle. Ajoutons à cela que certaines quatrièmes de couverture, voire certains articles de presse, en disent bien trop, et que la joie de découvrir telle péripétie ou telle phrase-pépite est sérieusement éventée. Les phénomènes conjoints du choix-qui-ne-vous-correspond-guère et du « divulgâchage » risquent fort de vous empêcher d’admirer ce texte, là où le fait d’être parmi les premiers à découvrir un écrit tout neuf vous aurait fait, peut-être, sinon l’adorer, du moins l’apprécier davantage.
IMG_0286J’avoue être prudente, dorénavant, lorsque fleurissent les premiers avis sur un jeune auteur ou sur un roman fraîchement sorti, mais j’invite aussi les lecteurs de ce blog à se méfier de mes (rares) enthousiasmes lors de la parution d’un nouveau roman encore très peu vu ailleurs. Je ne suis pas critique professionnelle, je ne donne mon avis sur les livres qu’à l’aune de ce que j’ai ressenti à la lecture, il se peut donc que j’adore l’originalité, la fraîcheur, la nouveauté d’un texte, et que mon enthousiasme retombe un peu quelques temps plus tard. C’est un fait assez général, les bilans de fin d’année sont sans doute beaucoup plus fiables que les billets écrits à chaud !

balade photos·vie de lectrice

Ame graphique : évasion (et huit ans !)

Je retrouve pour la deuxième fois le rendez-vous de Sabine du Petit carré jaune. Le mot du jour (du mois) est le mot : évasion.
Ce n’est pas très original de ma part, mais une belle eau bien lisse et calme, avec vue sur l’horizon, voici pour moi le synonyme d’évasion ! Avec un petit bateau rouge, pourquoi pas ? Le thème permet toutes sortes d’évasions que je serais curieuse de retrouver ici.
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J’oublie chaque année de célébrer comme il se doit les années qui passent… non, pas les miennes, qui passent aussi, ceci dit ! Mais celles de ce blog, qui sous une forme ou une autre, puisqu’il existait déjà sur Overblog, compte huit années de bons et loyaux services, et surtout de rencontres, virtuelles ou réelles, de papotages et d’échanges de livres, d’augmentation des listes et des piles à lire, de salons et de festivals, sans oublier les expos. Que du plaisir !
Je compte bien continuer encore un peu, à mon rythme, et selon mes envies… Merci à tous ceux qui passent par ici, qui commentent et donnent des idées, ou même en toute discrétion !

vie de lectrice

Je lis donc je suis…

Comme l’année dernière, et comme beaucoup d’autres ces dernières semaines, (Aifelle, Anne, Nadael, Noukette, Philisine, et bien d’autres…) je m’adonne au jeu des titres avec mes lectures de 2015.

Décris-toiC’est moi qui éteins les lumières

Comment te sens-tu ? : California dreamin’ (non chroniqué)

Décris où tu vis actuellement : Plus haut que la mer

Si tu pouvais aller où tu veux où irais-tu ? : Un pays à l’aube

Ton moyen de transport préféré : La rivière aux lucioles (non chroniqué)

Ton (ta) meilleure ami(e) est : Le confident

Toi et tes amis, vous êtes : Les arpenteurs

Comment est le temps ? : Sombre dimanche

Quel est ton moment préféré de la journée ? : Les vestiges du jour

Qu’est la vie pour toi ? : Une vie entre deux océans

Ta peur ? : Le ravissement des innocents

Quel est le conseil que tu as à donner ? : On ne joue pas avec la mort (non chroniqué)

La pensée du jour : Et ils oublieront la colère

Comment aimerais-tu mourir ? : Into the wild

Les conditions actuelles de ton âme : Accords parfaits

Ton rêve ? : Un voyage à Berlin

P1070257Et maintenant, à qui le tour de ce faire ce petit jeu qui ne se périme jamais ?

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Mon année 2015 en livres

Voici donc mon année de lecture 2015 (grâce à un tableur où j’ai noté, pour la première année, toutes mes lectures) (c’est moins glamour qu’un carnet, mais plus pratique pour les bilans de fin d’année) (ceux qui ont horreur des nombres, passez votre chemin) (billet illustré par des couvertures de roman, lus cette année en français, mais dont les couvertures d’origine sont bien élégantes !) (ceux qui n’aiment pas les parenthèses, désolée !)

 

140 livres lus.

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107 billets de lecture sur le blog.

plainsong91 romans,
7 recueils de nouvelles,
19 polars,
12 bandes dessinées,

1 roman jeunesse,
10 livres de « non fiction ».

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133 auteurs différents, dont 84 que je lisais pour la première fois…
1 auteur d’Afrique du sud, 1 nigérian, 1 tunisien, 1 guinéen,1 australien,
45 français, 17 anglais, 11 italiens, 6 irlandais, 4 allemands, 2 norvégiens, 1 autrichien, 1 belge, 1 danois,1 hongrois, 1 grec, 1 polonais, 1 tchèque, 1 russe, 1 suédois,
28 américains, 1 canadien, 1 argentin, 1 brésilien, 1 péruvien,
4 japonais, 1 indien, 1 iranien, 1 israélien, 1 vietnamien.

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1 livre paru au XIXème siècle,
9 au XXème siècle,
11 dans les années 2000,
15 de 2010 à 2012,
21 en 2013,
33 en 2014,
50 en 2015.

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23 livres achetés neufs, dont 9 en poche et 7 en numérique,
19 achetés d’occasion,
11 reçus en cadeau ou gagnés à des concours,
11 livres voyageurs ou prêtés,
11 reçus de Masse critique ou NetGalley,
14 reçus pour le prix des lecteurs du Livre de Poche,
50 empruntés à la bibliothèque
.

En ce qui concerne les éditeurs, 53 éditeurs sont présents parmi mes lectures, et outre le Livre de Poche, hors concours pour cause de prix des lecteurs, les plus représentés sont : Actes Sud (6 livres) Folio (5) Gallimard (17) Rivages (7) et Seuil (6).

Quant à mes préférés, vous pouvez les trouver en cliquant sur la catégorie « coup de cœur ».

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Mon top 100 !

Comme Cuné, Karine et Papillon, j’ai eu envie d’établir ma liste de 100 romans préférés parmi tout ceux que j’ai lus, certaines lectures remontant à plusieurs décennies, et d’autres à quelques semaines !
J’ai respecté les mêmes règles : uniquement des romans, pas de BD, documents ou recueils de nouvelles, un seul roman (ou une série) par auteur, et là ça se complique !
La liste a été facile à écrire jusqu’à environ 70 à 80 romans, j’ai eu un peu plus de mal à compléter jusqu’à 100. Mais cette liste est dorénavant très satisfaisante, une sorte de bibliothèque idéale.

Louis Aragon, Aurélien
Paul Auster, Cité de verre
Silvia Avallone, D’acier
Nadeem Aslam, La vaine attente
Russell Banks, De beaux lendemains
Olivier Bleys, Concerto pour la main morte
Karen Blixen, La ferme africaine
Mikhaïl Boulgakov, Cœur de chien
William Boyd, Comme neige au soleil
Joseph Boyden, Le chemin des âmes

T.C. Boyle, América
Ray Bradbury, Fahrenheit 451
Albert Camus, La peste
Emmanuel Carrère, D’autres vies que la mienne
Sorj Chalandon, Mon traître
Antoine Choplin, Le héron de Guernica
Jonathan Coe, La pluie avant qu’elle tombe
William Wilkie Collins, La dame en blanc
Kéthévane Davrichewy, La mer Noire
Christel Diehl, Enola game

Emma Donoghue, Room
Roody Doyle, The commitments
Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo
Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique
Jean Echenoz, Courir
Umberto Eco, Le nom de la rose
R.J. Ellory, Seul le silence
Mathias Enard, Rue des voleurs
Louise Erdrich, Dans le silence du vent
Jeffrey Eugenides, Middlesex

Hans Fallada, Seul dans Berlin
Jim Fergus, Mille femmes blanches
Alice Ferney, Dans la guerre
Jérôme Ferrari, Le sermon sur la chute de Rome
Gustave Flaubert, L’éducation sentimentale
Laurent Gaudé, Ouragan
Jean Giono, Le hussard sur le toit
Thomas Hardy, Jude l’obscur
Jim Harrison, Retour en terre
Toine Heijmans, En mer

Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas
Victor Hugo, Les misérables
Laird Hunt, Neverhome
Eowyn Ivey, La fille de l’hiver
Jean-Claude Izzo, Total Khéops
Philippe Jaenada, Plage de Manaccora, 16h30
Ismaël Kadaré, Avril brisé
Maylis de Kerangal, Réparer les vivants
Dennis Lehane, Shutter island
Pierre Lemaître, Au revoir, là-haut

Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père
David Lodge, Un tout petit monde
Jack London, Martin Eden
Naguib Mahfouz, Impasse des deux palais
André Malraux, La condition humaine
Marcus Malte, Garden of love
Daphné du Maurier, L’auberge de la Jamaïque
Guy de Maupassant, Bel-Ami
Colum McCann, Les saisons de la nuit
Cormac McCarthy, La route

Ian McEwan, Expiation
Robert McLiam Wilson, Eureka Street
Henning Mankell, Les chaussures italiennes
Carole Martinez, Le cœur cousu
Francesca Melandri, Plus haut que la mer
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage
Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney
Joseph O’Connor, Inishowen
Nuala O’Faolain, Best love Rosie
Yoko Ogawa, Cristallisation secrète

Stewart O’Nan, Les joueurs
Arto Paasilinna, Le meunier hurlant
Leonardo Padura, L’automne à Cuba
Marcel Pagnol, La gloire de mon père
Elliot Perlman, La mémoire est une chienne indocile
Per Petterson, Pas facile de voler des chevaux
Richard Powers, Le temps où nous chantions
Ron Rash, Une terre d’ombre
Leonor de Recondo, Pietra viva
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Philip Roth, Indignation
Richard Russo, Le déclin de l’empire Whiting
José Saramago, L’aveuglement
Taiye Selasi, Le ravissement des innocents
Bernhard Schlink, Le week-end
Mary Shelley, Frankenstein
Antonio Skarmeta, Une ardente patience
Zadie Smith, De la beauté
Sasa Stanisic, Le soldat et le gramophone
Eugène Sue, Les mystères de Paris

Tarun J. Tejpal, Loin de Chandigarh
Johan Theorin, L’écho des morts
Marcel Theroux, Au nord du monde
Kim Thuy, Rû
Colm Toibin, Brooklyn
Léon Tolstoï, Anna Karénine
Fred Vargas, L’armée furieuse
Herbjorg Wassmo, Cent ans
Kathleen Winter, Annabel
Émile Zola, La bête humaine

Je ne sais pas si cette liste est consensuelle ou atypique, mais elle est à mon image de lectrice. Qui a envie de nous faire part aussi de son top 100 ?

 

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Avignon, festival off 2015 : mes choix (2)

pourquoi1Pourquoi ? de et avec Michaël Hirsch au Théâtre de l’Essaïon jusqu’au 26 juillet
Pourquoi ce spectacle ? Parce qu’il nous a été présenté (rapidement) à la fin du Paquebot Tenacity où Michaël Hirsch joue un petit rôle.
Il ne s’agit pas ici d’une pièce de théâtre, mais de « stand up ». Ce jeune comédien a su nous toucher et nous faire rire, avec ses jeux de mots subtils et variations à la Raymond Devos servis par une mise en scène dynamique qui met en valeur sa prestation. Des « pourquoi » allant de la petite enfance à la vieillesse, pourquoi2de « Dis papa, pourquoi les chenilles des chars ne se transforment pas en papillons ? » au « Pourquoi faire un choix ? » du jeune homme qui se cherche, des élucubrations autour de l’expression « Femme qui rit, à moitié dans son lit » prise au pied de la lettre… Amusement (intelligent) garanti.

uncadeauhors1Un cadeau hors du temps  de Luciano Nattino avec Jacques Frantz et Claire Borotra mis en scène par Gérard Gélas au Théâtre du Chêne Noir jusqu’au 26 juillet
Pourquoi cette pièce ? Parce qu’elle a de bonnes critiques, et pour Jacques Frantz (la voix française de Robert de Niro, entre autres).
Une femme médecin s’apprête à terminer sa journée de travail lorsqu’elle reçoit un dernier patient inattendu, qui prétend avoir un cadeau à lui remettre. Or, ce cadeau est un revolver… qui doit servir à le tuer, lui… uncadeauhors2Commençant comme un thriller, cette pièce devient un réquisitoire contre la déshumanisation de la médecine, et à propos du désespoir des malades atteints de SLA (maladie neurologique rare). Le texte écrit par un auteur italien lui-même malade, et très bien dit par Jacques Frantz, est fait pour sensibiliser et toucher les spectateurs, et il y réussit, finalement.

famillecoleman1Le cas de la famille Coleman de Claudio Tocalchir au Théâtre du Roi René jusqu’au 26 juillet
Pourquoi cette pièce ? Parce qu’elle est présentée comme une comédie déjantée (ah, cet adjectif incontournable ! ) et avec un nombre de comédiens supérieur à la moyenne avignonnaise.
Dans la famille Coleman, on a un peu du mal à savoir qui est qui. On identifie vite la grand-mère, mais la mère a des comportements tellement infantiles, et des enfants bien plus mûrs qu’elle, sauf le petit dernier, qui la rejoint dans sa folie douce… famillecoleman2Une famille pleine de bruit et de fureur, qui peut se disputer sans fin pour une boîte d’allumettes ou du linge à mettre dans la machine. La famille saura-t-elle se serrer les coudes ou va-t-elle imploser lorsque la grand-mère sera hospitalisée ? Bon, j’avoue que j’aime plus de poésie, mais la salle marche bien, et on passe un moment pas désagréable.

gelsominaGelsomina de Pierrette Dupoyet avec Nina Karacosta aux Ateliers d’Amphoux jusqu’au 26 juillet
Pourquoi cette pièce ? Parce que j’ai un faible pour les films de Fellini, notamment La Strada, et parce que c’est Pierrette Dupoyet qui l’a écrite.
Mon spectacle chouchou de ce festival (avec Royale légende dont j’ai parlé la fois précédente) est cette pièce jouée par une seule actrice qui incarne aussi bien Gelsomina, que sa mère ou le grand Zampano. En quelques mots, voici de quoi il s’agit : la toute jeune et naïve Gelsomina est vendue par sa mère à Zampano, un bateleur qui parcourt les routes à moto pour montrer des tours de force. La jeune fille doit le seconder, et sans montrer de dispositions particulières pour les arts du cirque, fait de son mieux. Elle finit par éprouver quelque tendresse pour ce grand bourru qu’elle côtoie jour après jour.gelsomina2
Comment ne pas être touché par les larmes de Gelsomina, par son innocence, par sa douleur ? L’interprétation est parfaite, la pièce est aussi magique que le film de Fellini, et s’adresse autant à ceux qui le connaissent qu’aux autres.

D’autres idées de pièces à voir à Avignon sur le blog des carnets d’Eimelle.

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Avignon, festival off 2015 : mes choix (1)

Un court séjour cette année entre Arles et Avignon nous a permis de parcourir la cité des Papes à la poursuite de la magie du théâtre. Nous sommes toujours fans du festival off, qui regorge de petites pièces aussi agréables à voir que pleines d’enthousiasme, et cela dans des genres très variés. En voici quelques-unes où je ne me suis pas ennuyée une seconde !

royalelegende1Royale légende de Frédéric Mancier et Bernard Larré au Théâtre du Petit Louvre jusqu’au 26 juillet
Pourquoi ce choix ? Pour la correspondance imaginaire entre Marie-Antoinette et le chevalier (ou devrait-on dire chevalière?) d’Éon.
J’ai un petit faible pour les mises en scènes de correspondances, la mise à distance de l’écrit peut faire passer plus d’émotion que des dialogues de visu… royalelegende2Les deux personnages ont ici existé, mais pas leur correspondance, dont l’écriture est tout à fait séduisante. Tout dans cette pièce est un régal, du jeu des acteurs, exceptionnels, au texte, qui oscille de l’humour à l’émotion, à la mise en scène très inventive. Je recommande sans restriction.

chansondesnuages1La chanson des nuages de David Friszman avec Delphine Depardieu au Théâtre A côté de la Lune jusqu’au 26 juillet
Pourquoi cette pièce ? Parce que la comédienne nous a gentiment expliqué sa pièce dans la rue. Eh oui, ça marche comme ça à Avignon, et comme il faut bien faire son choix parmi les quelques mille quatre cent spectacles…
Une jeune femme seule en scène tente de comprendre pourquoi elle n’est pas chansondesnuages2heureuse, alors qu’elle vient de se marier. Au fil de petites anecdotes bien senties sur la vie de couple, sur la vie de famille, des moments de silence laissent apparaître que cette inaptitude au bonheur a des origines bien plus graves… La comédienne joue parfaitement toutes les nuances de ce personnage tourmenté, et touche au cœur les spectateurs !

paquebottenacity1Le Paquebot Tenacity de Charles Vildrac au Théâtre de l’Essaïon jusqu’au 26 juillet
Pourquoi cette pièce ? Parce que nous n’avions pas pu la voir l’année dernière !
Il s’agit d’une pièce écrite dans les années 20. Deux jeunes hommes revenus de la guerre arrivent de Paris au Havre pour s’embarquer sur le paquebot Tenacity à destination du Canada. Mais une avarie les oblige à attendre dans un petit rade de la ville portuaire. Les personnalités bien différentes des deux hommes, l’un indécis et l’autre beau parleur, leur inclination pour la jeune serveuse avenante, paquebottenacity2la morale dite par un ivrogne au comptoir, tout cela concourt au charme de cette pièce qui donne une belle place à chaque personnage, et ils sont plutôt nombreux pour une pièce avignonnaise. Un joli moment !

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Madame K de Vincent Clergironnet avec Dominique Posca et Vincent Clergironnet au Théâtre des Lucioles jusqu’au 26 juillet
Pourquoi ce choix ? Une pièce encore une fois découverte au fil des rues, devant un petit verre de sirop de lavande offert avec le « pitch » de l’histoire.
Madame K a peur de tout, et ce depuis qu’elle est toute petite. Elle a peur de ses voisins, des commerçants de sa rue, d’oublier quelque chose, de sortir de chez elle. Et les angoisses ont tendance à devenir bien réelles, pour le malheur de la pauvre Madame K. Cette pièce qui peut s’adresser à des enfants à partir de huit ans fait aussi le plaisir des adultes. madameK2L’atmosphère onirique, poétique et joyeusement loufoque est servie par une machinerie dont tous les mouvements sont visibles par les spectateurs : plateau tournant, poulies et ficelles. Une histoire à la Amélie Poulain très bien interprétée par l’actrice qui joue Madame K, et son comparse qui interprète tous les autres rôles, passant de la mère de famille gâteuse au boucher vociférant… Un petit délice !