littérature France·rentrée automne 2015·sortie en poche

Antoine Choplin, Une forêt d’arbres creux

foretdarbrescreuxL’auteur
Après avoir lu plusieurs romans d’Antoine Choplin, force est de constater des thèmes récurrents, mais loin de moi l’idée de trouver cela critiquable ou contraire à mon goût. On y retrouve souvent en effet des humbles, des anonymes ou presque, soumis à la tourmente d’une guerre, d’une situation de crise, et qui, tout en douceur, tracent leur chemin d’hommes droits dans l’adversité. On retrouve aussi le thème de l’art, le jeune homme qui dessine des hérons à Guernica, les tableaux sauvés du Louvre dans Radeau, les dessinateurs du ghetto de Terezin dans ce dernier roman.

Le ghetto, permanence de la multitude. On ne sait pas à quel point, en se hissant dans les wagons qui vous transporteront jusqu’ici, disparaît pour de bon la possibilité de la solitude.
J’avoue qu’avant d’avoir entendu parler de ce livre, Terezin était pour moi un camp d’extermination, et les ghettos des quartiers fermés de grandes villes. Ce n’est pas tout à fait exact. Terezin était une forteresse conçue dans le genre de celles de Vauban. Les nazis y ont installé un camp de transit et un ghetto où furent déportés plus de 140000 juifs. Certains y sont morts de malnutrition et de maladies, d’autres en sont partis vers Auschwitz et d’autres camps, très peu y ont survécu.

Lorsque Bedrich, ayant rejoint son dortoir, se faufile entre les châlits, il lui semble souvent entrevoir le maigre éclat d’yeux écarquillés. De ceux qui peinent à trouver le sommeil, et qu’il imagine, sa propre fatigue aidant, occupés à épier ses faits et gestes, il craindra toujours, à cet instant incongru de la nuit, la question chuchotée, inquisitrice.
Parmi eux, Bredich Fritta, arrivé dans le ghetto en 1941 avec sa femme et son jeune fils âgé d’un an. C’était un dessinateur et caricaturiste tchèque, et il fut chargé d’un service de dessins techniques au sein du ghetto. Avec une quinzaine d’autres, il devait projeter des améliorations architecturales pour Terezin, dessiner sur ordre des bâtiments aux fonctions terribles.
Bedrich et ses collègues avaient toutefois, malgré la faim, la peur et la fatigue, réussi à se ménager un moment de paix nocturne où ils dessinaient pour témoigner de ce qui se passait dans le camp. Ces dessins compromettants étaient soigneusement cachés, ce qui a permis que quelques-uns parviennent jusqu’à nous.

Leo lui fait signe de se tenir immobile quelques instants encore. Il dessine maintenant par petites touches, estompant parfois ce qu’il vient de tracer du tranchant de sa main.
L’auteur raconte avec beaucoup de délicatesse et de retenue le travail sous le joug des allemands, les moments difficiles dans les dortoirs surpeuplés, les rares moments de retrouvailles en famille, les exactions à l’encontre des rebelles ou des plus faibles, la fin prévisible et tragique. Comme dans Le héron de Guernica ou les autres romans de l’auteur, je me suis laissé prendre à son écriture, à sa manière de dire les pires choses sans forcer le trait, ou appeler à tout prix l’émotion. J’ai apprécié cet équilibre qu’il a réussi à atteindre, et me suis intéressée au destin des dessinateurs Bedrich Fritta et Léo Haas, évoqués dans ce roman.

L’éditeur
Ce mois-ci, l’éditeur du mois est La Fosse aux Ours, éditeur situé à Lyon depuis 1997. On remarque dans son catalogue des romans traduits de nos voisins italiens, Mario Rigoni Stern, Beppe Fenoglio ou d’autres. En littérature française, les plus connus et sans doute les plus vendus sont Antoine Choplin, Philippe Fusaro et récemment Jacky Schwartzmann.

Sur ce blog, du même auteur : La nuit tombée et Radeau. De Philippe Fusaro, Palermo solo et L’Italie si j’y suis. D’autres livres ici et .
Ici, l’avis de Sandrine

et le site Un mois, un éditeur.
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littérature îles britanniques

William Boyd, L’attente de l’aube

attentedelaubeL’auteur
Vous connaissez William Boyd, sans doute par ses romans des années 90 comme Un anglais sous les tropiques, Brazzaville plage ou L’après-midi bleu, trames romanesques sur fond de colonialisme… Le William Boyd des dernières années s’est lancé dans des genres différents, la biographie imaginaire (Les mille et unes vies d’Amory Clay), l’espionnage au féminin (La vie aux aguets) le thème de l’identité (Orages ordinaires), ce dernier étant de loin mon préféré, tant il brasse de sujets et pose de questions. Vous aurez compris qu’un roman de William Boyd dans ma pile à lire s’apparente à une valeur sûre !


« 
Elle le salua et s’en alla d’un pas nonchalant, dans un balancement de sa longue jupe. Elle lui lança un regard en fermant la porte derrière elle et Lysander eut une vision de ces étranges yeux noisette, marron très clair. Pareils à ceux d’un lion se dit-il. Mais elle s’appelait Miss Bull. Mademoiselle Taureau. »
Dans L’attente de l’aube, William Boyd mélange avec bonheur les débuts de la psychanalyse à Vienne, une histoire d’amour, la première guerre mondiale, le milieu du théâtre londonien et une affaire d’espionnage. Et ce n’est pas mal réussi, parce qu’il fait tenir le tout sur un nombre de personnages somme toute assez limité, sur un temps assez court, et en suivant une chronologie précise. L’écriture fait le reste, le roman se déroule de manière fluide et agréable, sans temps morts. Le personnage de Lysander Rief, outre son prénom des plus originaux, est de ceux que l’on aime suivre, on peut anticiper ses choix, surveiller ses émois amoureux ou s’intéresser à son travail d’acteur.


« Il avait complètement oublié que Mesure pour Mesure – cette pièce étrange sur la lubricité et la pureté, la corruption morale et la vertu – se déroulait à Vienne, ce qui lui rappela de mauvais souvenirs, de la ville et de ce qu’il y avait récemment vécu. »
Le roman se passe juste avant la première guerre mondiale, et pendant la guerre, de 1913 à 1915, de Vienne à Londres, en passant par Genève, en quatre parties un peu inégales, toutefois. Selon l’humeur, on peut préférer l’évocation de Vienne et la psychanalyse ou celle de la première guerre mondiale, ou l’imagination de l’auteur quand il nous fait suivre des rebondissements autour d’une sombre histoire d’espionnage où le héros se trouve embarqué malgré lui.

Vienne et la psychanalyse
La première partie se passe à Vienne, et c’est aussi celle aussi que j’ai préférée, ce qui, vous l’admettrez, est un peu dommage, et empêche d’aimer complètement un livre. Cela m’a rappelé d’autres romans qui m’avaient beaucoup plu,
Le tabac Tresniek de Robert Seethaler ou La justice de l’inconscient de Frank Tallis, et donné envie de retourner à Vienne, dans un roman, très rapidement !
Quant à ce roman de William Boyd, ce n’est pas son meilleur, mais rien de rédhibitoire !

L’attente de l’aube (Waiting for sunrise, 2012) éditions Points (2013) traduit de l’anglais par Christiane Besse, 441 pages
L’avis d’Ariane

Objectif PAL 2017 : ce livre dormait sur mes étagères depuis six mois ou plus ! (le groupe qui vide sa pile à lire se trouve ici)

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littérature France·mes préférés·rentrée automne 2016

Marcus Malte, Le garçon

garcon.jpgJ’ai déjà lu Marcus Malte à plusieurs reprises et, je dois avouer que je suis fan de son univers, de son écriture, de la poésie qui se dégage de ses textes, longs ou courts, romans noirs ou pour la jeunesse. Aussi me suis-je penchée rapidement après sa parution, avec des attentes immenses, qui n’ont que peu à voir avec le fait qu’on commence à parler de ce roman partout, sur son dernier ouvrage, Le garçon.

Il apparaît tout d’abord dans la brume, formant une bizarre silhouette à deux têtes, ce garçon qui n’a pas de nom. Il porte sa mère mourante sur son dos, il se dirige vers la mer. Elle va le laisser seul, seul à monter un bûcher funéraire, seul à découvrir le chagrin et la perte, seul à abandonner leur humble cabane, seul à partir par les chemins. Car l’envie le prend de rencontrer d’autres humains, lui qui n’a connu que sa mère en quinze ans, et n’a jamais appris à parler. De rencontres en rencontres, jusqu’à la jeune femme qui sera l’amour de sa vie, jusqu’aux tranchées de la grande guerre, il ne dit pas un mot, mais apprend, s’imbibe de toutes sortes de connaissances, de toutes sortes de sentiments nouveaux. C’est étonnant de voir comme il devient complètement dépendant de la parole des autres, plus encore que de leur présence.

Le garçon est une somme absolument formidable de plusieurs romans, roman de formation, roman d’amour, roman de guerre, le tout relié par la poésie de la parole. Cette parole qui manque au jeune homme, mais qui est si bien utilisée par Marcus Malte, dans un flot de phrases longues et lyriques, ou courtes et frappantes, ou sobres et informatives, suivant une musique qui jamais ne sonne faux. Même si la vie du garçon, de 1908 aux années 30 condense bien des moments dramatiques, l’auteur laisse parfois résonner une verve comique, ainsi l’année 1908 s’achève sur une scène d’une drôlerie parfaite ! Il excelle aussi à jouer les partitions de l’amitié avec le lutteur philosophe Brabek, celles de l’amour fusionnel avec la jeune musicienne Emma. Les événements historiques donnent aussi à lire des pages inattendues n’hésitant pas à rompre totalement avec l’écriture des pages précédentes, et pourtant tellement indispensables…

J’attache beaucoup d’importance à l’écriture, mais c’est rare qu’elle serve le sujet d’une aussi belle façon. Si je me suis rendu compte que le roman comptait 544 pages ? Pas du tout, tellement j’étais absorbée, envoûtée, et immergée dans cette superbe histoire, et, quitte à me répéter, complètement emportée par le rythme des mots, jusqu’à une fin inoubliable.

Extrait : Le garçon a replié les genoux contre sa poitrine. Il serre ses bras autour. La sueur a commencé à sécher sur sa peau et c’est tout juste s’il n’a pas froid. Son pouls bat une lente cadence. Son regard est flou. Il faut bien avoir à l’esprit que jamais au cours de sa courte existence il n’a entendu prononcer le mot « mère ». Non plus que le mot « maman ». Jamais une comptine ne lui a été contée, une berceuse chantée, qui aurait pu comprendre l’un de ces termes et lui en révéler sinon l’exacte signification exacte, du moins l’essence secrète.
Jamais.
Le garçon ne peut savoir objectivement ce qu’il vient de perdre. Ce qui ne l’empêche pas d’éprouver l’absence jusque dans le moindre atome de son être.

 

Rentrée littéraire 2016
L’auteur : Marcus Malte est né en 1967 et vit à La Seyne-sur-Mer. Il a fait des études de cinéma, a été musicien de rock, de jazz et de variété. Cet auteur discret s’est ensuite lancé dans l’écriture pour les adultes, particulièrement des romans noirs, et pour la jeunesse. Garden of love l’a fait connaître du grand public. Il a passé cinq ans à l’écriture de son dernier roman, Le garçon.
544 pages.
Éditeur : Zulma (août 2016)

Les avis de Prof Platypus et Yv.

littérature Amérique du Nord·sortie en poche

James McBride, Miracle à Santa Anna

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Le roman commence dans les années 80 à New York, avec une petite incursion à Rome, dans l’extrait ci-dessous, début où des évènements s’enchaînent sans qu’on comprenne trop où cela va mener, puis le roman dépose le lecteur en Italie, au cœur d’un bataillon de soldats noirs, en 1944. Ceux à qui les positions les plus intenables, les actions les plus suicidaires sont demandées. L’un d’entre eux, nommé Train, va se trouver séparé de ses camarades, et au cœur d’une bataille, être amené à sauver un petit garçon italien dans une grange effondrée. Train et cinq autres soldats américains qui l’ont rejoint se trouvent coupés du reste de l’armée par les lignes allemandes et trouvent refuge dans un hameau proche de Santa Anna. Santa Anna est un village martyre, où la population a été massacrée en représailles, comme à Oradour-sur-Glanne. Ce fond historique est tout à fait réel, malheureusement, et seuls les personnages principaux sont inventés.
La construction du roman est originale, et l’intrigue bien menée, ce qui fait que ce roman de guerre, d’amitié et d’entraide, se lit comme un polar. D’une personne, voire d’un objet, l’histoire, tel un récit raconté au coin du feu, remonte à une autre personne, à une action qui aura son importance. C’est vraiment bien fait, et c’est le premier
atout du roman. Le deuxième est l’humanité qui fait ici bon ménage avec l’imagination, la chaleur qui émane de Train, un bon géant placide prêt à adopter un petit garçon esseulé, mais aussi d’autres personnages, ses coéquipiers aux profils atypiques, les italiens rescapés, les militaires restés en arrière, qui forment une galerie originale et donnent à ce roman de guerre une couleur inattendue dans ce genre de récit, d’où l’humour n’est pas absent.
Je voulais découvrir cet auteur avec son dernier roman, L’oiseau du bon dieu, dont on a pas mal parlé ces derniers mois, mais finalement, l’occasion de lire celui-ci m’a été accordée d’abord. Il m’a accompagné dans un aller et retour à Paris pour le festival America (what else ?) et je ne m’y suis pas ennuyée un seul instant !

Extraits : Cette même page de canard s’était retrouvée à planer jusqu’à terre depuis la fenêtre du neuvième étage de l’immeuble Aldo Manuzio à Rome, jetée par le concierge Franco Curzi, qui en avait sa claque et voulait rentrer chez lui de bonne heure parce que c’était bientôt Noël. Après quantité de virevoltes dans les airs, la page en question avait terminé sa course à la terrasse du café Terra, sur une table située en dessous de la fenêtre, comme si Dieu l’avait placée là exprès, et c’était bien, en vérité, un fait exprès de sa part.
Car elle avait atterri juste au moment où un italien, de haute taille, élégant et à la barbe bien taillée, était en train de prendre son café du matin à la table voisine. En voyant le gros titre, il s’empara du journal et lut l’article sans lâcher la tasse qu’il avait à la main.


Le petit garçon ne put résister. Du chocolat. Un visage géant en chocolat. Il tendit la main pour toucher son visage, puis lécha. Le goût était infect. Alors l’inconscience l’emporta, une inconscience plus douce que tout ce qu’il pouvait imaginer.

 

L’auteur : James McBride est écrivain et journaliste. Il est né en 1957 à New York d’un père afro-américain et d’une mère juive d’origine polonaise. Après ses études de musique dans l’Ohio et de journalisme à Columbia, il a travaillé pour différents journaux comme The Boston Globe, People, The Washington Post. Il est aussi saxophoniste et compositeur professionnel. Il vit aujourd’hui en Pennsylvanie. Son dernier roman est L’oiseau du Bon Dieu.
336 pages.
Éditeur :
Gallmeister (2015) Paru en poche
Traduction :
Viviane Mykhalkov
Titre original : Miracle at Santa Anna (2003)
Un film a été réalisé par Spike Lee d’après ce roman en 2012.

Billet pour le mois américain dont voici la page.
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littérature îles britanniques·policier

Adrian McKinty, Une terre si froide

uneterresifroideJe complète mon verre de Smirnoff 80°, je remue et j’attrape un livre au hasard dans la bibliothèque.
C’est La ligne rouge de James Jones, que j’ai lu pendant ma boulimie de Seconde Guerre mondiale, à la même époque que Catch 22, Les nus et les morts, L’arc-en-ciel de la gravité, tout ce genre de littérature. Tout flic a en principe un livre à lire pendant les accalmies. En ce moment, je n’en ai pas et ça me rend nerveux.
Cette citation présente assez bien Sean Duffy, flic irlandais catholique en Irlande du Nord au début des années 80. Bobby Sands vient de mourir, les émeutes ne cessent pas, de nombreux policiers sont déjà morts dans l’explosion de leur voiture ou abattus au volant… C’est dans ce contexte que le sergent est appelé à travailler sur une enquête particulière : un cadavre retrouvé, avec une main coupée. Que la victime soit homosexuelle est-il une piste ou non ? L’enquête le mène dans des milieux bien différents, mais son profil atypique de policier suscite plus souvent la méfiance que la coopération. Une autre enquête sur la mort d’une jeune femme vient rapidement s’ajouter à ce premier crime, et complexifie les investigations menées par son équipe.
Disons-le tout de suite, ce qui m’a plu dans ce roman, c’est l’arrière-plan géographique et surtout politique du début des années 80 à Belfast et dans sa banlieue. C’est particulièrement bien rendu, sans rien occulter des différents aspects des événements. Les personnages sont nombreux, et incarnent des composantes explosives de la société en Ulster à cette époque. Ajoutons à cela des dialogues vivants et rondement menés.
La partie policière m’ a moins emballée, notamment le personnage du policier. Sean Duffy, bien qu’il ne soit plus un blanc-bec débutant dans la police, ne prend jamais beaucoup de recul et fonce de manière fougueuse, pour ne pas dire inconsidérée, sur la moindre piste, surtout si elle correspond à l’idée qu’il s’est forgée des circonstances du meurtre, quitte à négliger des pistes intéressantes pour en suivre d’autres. Ce genre de policier qui fonctionne sans cesse à l’intuition peut vite agacer, et j’ai trouvé cela dommage. Quelques scènes qu’on pourrait qualifier « d’action » m’ont aussi laissée de marbre, alors que je retrouvais avec énormément d’intérêt tout ce qui concernait le conflit en Ulster.
J’avais eu un peu le même sentiment il y a quelques années avec Le fleuve caché, qui se déroulait en Irlande et dans le Nevada, où j’avais noté mon irritation envers les erreurs de jugement récurrentes du policier. Ces romans ont des qualités d’écriture, une atmosphère authentique y est crée, mais j’ai un peu du mal avec les héros, plutôt qu’avec les personnages secondaires… Sentiment, qui, peut-être, est tout personnel. Je vais aller le constater avec d’autres avis grâce à la lecture commune du jour autour de l’auteur.

Citations : Une ville martyrisée par sa propre guerre éclair.
Une ville qui empoisonne ses propres puits, sème du sel sur ses champs, creuse sa propre tombe.

Nous passons à proximité d’un site qui vient d’être dévasté par une bombe, et que, avec une efficacité remarquable, les bulldozers sont en train de transformer en parking. Belfast sera peut-être bientôt la seule ville au monde à posséder davantage de places de parking que de voitures.

 L’auteur : Né à Carrickfergus en 1968, Adrian McKinty a suivi des études de droit à l’université de Warwick et de sciences politiques et de philosophie à l’université d’Oxford. Il s’installe à New-York au début des années 90. Il s’est essayé à de nombreux boulots (vigile, postier, ouvrier de chantier, barman, entraîneur de rugby, commis dans une librairie…) avant d’enseigner l’anglais à Denver et de commencer à écrire. Son premier roman A l’automne, je serai peut-être mort, est largement salué par la critique. Adrian McKinty a écrit à ce jour 10 romans et vit à Melbourne en Australie avec sa femme et ses enfants.
287 pages.
Éditeur :
Stock (2013)
Traduction : Florence Vuarnesson

Titre original : The Cold Cold Ground

Lecture commune autour d’Adrian McKinty pour Lire le monde (Irlande). Voici les avis de Sandrine, Miriam,

Lire-le-monde

 

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littérature îles britanniques

Angela Huth, Les filles de Hallows Farm

fillesdehallowsfarmCe n’est pas tout à fait une découverte que cette auteure, puisque j’ai lu il y a quelques mois Mentir n’est pas trahir, mais dans une période où j’avais du mal à chroniquer mes lectures, le billet est donc resté à l’état larvaire ! Toutefois j’avais bien apprécié ma lecture, sinon je n’y serais pas revenue. L’histoire de cette lecture (sautez au paragraphe suivant si je vous casse les pieds) est un peu compliquée par le fait que j’ai trouvé Souviens-toi de Hallows Farm dans une braderie de livres, et me rendant compte qu’il s’agissait d’une suite, j’ai été obligée d’acheter le premier ! J’aurais pu l’emprunter en bibliothèque, mais outre le fait qu’un roman qui a presque vingt ans n’est pas au mieux de sa forme quand il a été beaucoup prêté, j’ai découvert cette édition que je ne connaissais pas et qui, à part son prix, présente beaucoup de qualités : jolie couverture, marque-page assorti, format agréable… Sauf, ce qui m’a grandement étonnée, quelques coquilles, dont une vraiment superbe : « Elle fêla rapidement la coquille de son neuf et regarda les filles. » page 67.
Mais passons à mon avis ! Les filles de Hallows Farm sont trois volontaires envoyées pour suppléer au départ des ouvriers agricoles dans une ferme du Dorset en octobre 1941. Stella, Ag et Prue ne se connaissent pas, et arrivent en même temps dans l’exploitation agricole des Lawrence : Mr et Mrs Lawrence, leur fils Joe, qui n’a pas été appelé sous les drapeaux pour cause d’asthme, ainsi que Ratty, un ouvrier plus âgé. Les trois filles viennent de milieux différents, ont des caractères que tout oppose, c’est un peu la loi du genre, à la limite du cliché, et pourtant ça fonctionne très bien.
L’auteur parvient à rendre les situations singulièrement réalistes. Les scènes des travaux des champs deviennent sous sa plume très vivantes, ou amusantes comme la chasse aux rats ou la soirée dansante, mais chaque scène, qu’elle soit domestique ou agricole, chaque moment de réflexion d’une des jeunes filles, tout est aussi soigné, et plein d’une acuité psychologique peu commune. Car c’est là le second point attrayant du roman, une force pour se mettre dans la peau, pour s’adapter au tempérament de chacun et chacune, qui fait que les pages tournent sans qu’on s’en rende compte.
Une, que dis-je, plusieurs histoires d’amour, ou simplement des rencontres amoureuses, vont prendre place au fil des pages, c’est la guerre, et pourquoi attendre ou tergiverser lorsqu’une bombe peut, d’une minute à l’autre, être larguée juste à l’endroit où vous vous trouvez ?
Ma question à la fin de ma lecture a été : mais pourquoi n’ai-je pas lu ce roman plus tôt ? Il attendait sans doute son heure pour me séduire, mission tout à fait accomplie !

 

Citations : Une rencontre peut ressembler à une noyade. Dans les instants qui la précèdent, on peut revoir toute une vie en un éclair.

D’après sa brève expérience, la plupart de ses « amours » avaient été des inventions de son imagination optimiste. Ses sentiments, si avide de s’adresser à quelqu’un, s’étaient souvent – par manque de choix – adressés à la mauvaise personne. Elle attribuait à l’objet de son amour les qualités qu’exigeaient si clairement son esprit. Derrière l’image ainsi créée, la vérité, quand elle éclatait, causait bien des dépressions dans son cœur.

Ratty avait observé quelques instants leurs jeunes et frais visages, pleins de l’espèce d’émerveillement qui ne s’émousse jamais devant les flammes, et un million de regrets non formulés s’étaient accumulés mystérieusement dans sa poitrine tandis que les martinets se rassemblaient dans le ciel. Que regrettait-il ? Ratty n’avait pas voulu s’interroger trop avant : cela avait quelque chose à voir avec les occasions manquées, les amours avortées, la jeunesse gaspillée.

L’auteure : Née en 1938, à Londres, Angela quitte l’école à seize ans pour peindre et part étudier l’art en France et en Italie. A dix-huit ans, elle voyage à travers les Etats-Unis, et à son retour travaille avec divers magazines et journaux. Dans les années 1960, elle présente des programmes sur la BBC. Elle a publié des recueils de nouvelles et des romans, des pièces de théâtre, ainsi que des pièces pour la radio et la télévision. Ses romans traduits sont parus aux éditions Quai Voltaire. Elle est mariée à l’historien James Howard-Johnston depuis 1978.
443 pages.
Éditions : Quai Voltaire (1997) Petite Quai Voltaire (2015)
Traduction : Christiane Armandet et Anne Bruneau
Titre original : Land girls

D’autres avis chez Choupynette ou Theoma… Le mois anglais, c’est chez Lou et Cryssilda.
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littérature France·premier roman·rentrée automne 2015

Christophe Boltanski, La cache

cacheA la rentrée 2015, ce roman a fait pas mal parler de lui, à tort ou à raison, voilà ce que j’ai découvert en l’empruntant à la bibliothèque pour assouvir ma curiosité.
La cache est un premier roman dont le matériau est la famille Boltanski, dont le nom est connu par l’artiste plasticien Christian, oncle de l’auteur, et par le sociologue Luc, père de l’auteur. Mais c’est la maison de famille qui occupe la vedette dans le roman, avec des chapitres qui introduisent dans chaque pièce, repérée grâce à un petit plan, de l’hôtel particulier parisien qui abrite la tribu. De l’entrée à la cuisine, du cabinet médical aux chambres, on parcourt un domaine et on apprend à connaître une famille qui n’est pas à une excentricité près : repas fantaisistes, enfants déscolarisés, hygiène approximative, peur de tout et de rien… Tout tourne autour des grands-parents. La grand-mère est une enfant abandonnée, atteinte de poliomyélite à l’âge adulte, écrivain, pour qui la famille passe avant tout, le grand-père un médecin et brillant scientifique, juif d’origine ukrainienne. L’auteur revient sur le parcours de chaque membre de la famille, un peu à la manière d’un puzzle, au gré des souvenirs retrouvés par l’évocation de chaque pièce de la maison. Souvenirs qui sont souvent des légendes familiales, Christophe Boltanski est né au début des années 60, et beaucoup de récits de faits d’avant-guerre ou de la guerre elle-même lui sont parvenus, tronqués, modifiés, embellis ou amoindris, de la bouche des protagonistes eux-mêmes ou de seconde main. C’est un roman sur l’identité, identité par rapport à la famille, à la religion, au lieu d’habitation, identité multiple et mouvante, comme celle de tout un chacun, et plus encore dans le cas d’un cadre familial aussi peu conventionnel.
J’ai passé un bon moment avec ce roman, j’ai apprécié sa singularité, la manière de laisser le lecteurs renouer les fils, ramasser les bribes, remplir les vides. Je ne crie pas au génie, mais je suis sûre que ce livre saura intriguer et maintenir entre ses pages tous ceux que les histoires familiales, la généalogie et les décalages entre légendes et réalité intéressent.

Citations : En s’unissant à lui par un mariage qui la coupait de son milieu, elle avait tout épousé : ce qu’il était et ce qu’il ne voulait plus être. Elle lui mitonnait les plats de son enfance pour le réconcilier avec lui-même, lui redonner une fierté, un équilibre, une assiette.

 

Chacun de mes interlocuteurs en rapporte une version légèrement modifiée. Ces séries d’altérations font elles-même sens et donnent à ces faits minuscules une patine, une profondeur, une épaisseur. Elles racontent à leur tour une histoire, celle de l’exil, d’une immigrée contrainte, comme beaucoup de ses semblables, au mensonge pour survivre, celle de ses descendants en mal de cohérence et, aussi, celle du temps qui passe, de l’oubli.

L’auteur : Christophe Boltanski est né en 1962. Entré en 1989 au journal Libération, il y fut correspondant à Jérusalem et à Londres puis chef du service étranger, avant de rejoindre Le Nouvel Observateur. En 2015 il publie La cache récompensé par le prix Femina et le Prix Transfuge du meilleur premier roman français.
344 pages
Éditeur : Stock (août 2015)

Noté et surligné grâce à Aifelle, Cathulu, Clara, Edyta et Séverine.

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littérature Asie

Khaled Hosseini, Les cerfs-volants de Kaboul

cerfsvolantsdekaboulCe roman en trois parties, l’enfance, la vie aux Etats-Unis, le retour en Afghanistan, est le roman d’une amitié, celle d’Amir, qu’une belle complicité unit avec Hassan, son frère de lait. Les deux garçons vivent sans leurs mères et le père d’Hassan est serviteur de celui d’Amir, mais, au moins lorsque Amir ne va pas à l’école, les deux garçons sont inséparables. Hassan et son père, originaires de la région de Bamyan, doux et calmes, souriants et empreints de dignité, sont de magnifiques représentants du peuple persécuté, et méconnu, des Hazaras. L’amitié entre les deux enfants, que leur classe et leur religion sépare, va survivre jusqu’à un événement où la lâcheté de l’un des deux va le plonger dans une culpabilité qu’il ne reconnaît pas d’abord, et qui va les séparer.
Deux époques se succèdent dans le roman, celle de l’enfance d’Amir et Hassan, au début des années 70 où l’Afghanistan était encore relativement paisible, malgré certaines tensions entre musulmans sunnites et chiites. Quand, vingt-cinq ans plus tard, Amir revient dans son pays, les talibans y dictent leur loi, et plus rien n’est comme avant, même les rues, les magasins, les maisons sont défigurés.
Au travers de deux familles afghanes, ce roman à l’écriture fluide, qui rend aussi bien les dialogues que les belles descriptions du pays de l’enfance, traite avec délicatesse des thèmes de la culpabilité et de la possible rédemption, et si certains passages serrent la gorge, l’auteur reste toujours dans un bon équilibre, évitant la surenchère de bons sentiments, comme la lourdeur du propos dans les moments difficiles. Le personnage d’Amir et les remords qui lui gâchent la vie, même s’il inspire peu de sympathie, reste de bout en bout des plus crédibles, dans ses relations aux autres, qui semblent toutes découler de sa relation compliquée à son père.

Ce roman est un bel hommage aux enfants afghans, qu’ils soient sunnites ou chiites, aux enfances brisées, et aux moments d’innocence qui subsistent malgré tout.

Extrait : Ces sons nous étaient étrangers alors. La génération d’enfants afghans dont les oreilles ne connaîtraient rien d’autre que le fracas des bombes et des mitraillettes n’était pas encore née. Recroquevillés tous les trois dans la salle à manger, nous attendîmes donc le lever du soleil, sans imaginer qu’un certain mode de vie avait disparu. Notre mode de vie. Ou s’il n’avait pas encore tout à fait disparu, du moins cela ne tarderait plus.

L’auteur : Cadet de cinq enfants, Khaled Hosseini est né en 1965 à Kaboul, et a vécu en Iran, puis à Paris. Son père diplomate a obtenu le droit d’asile aux États-Unis pour sa famille en 1980. Khaled Hosseini a suivi des études de médecines et exerce à Los Angeles. Son premier roman, Les cerfs-volants de Kaboul, est sorti en 2003 et a obtenu un grand succès international, ainsi qu’ensuite Mille soleils splendides et Ainsi résonne l’écho infini des montagnes.
406 pages.
Éditions 10/18 (2006)
Titre original : The kite runner
Traduction : Valérie Bourgeois

Lecture commune pour Lire le monde : Les avis de Sandrine, Hélène,
Lire-le-monde

bande dessinée·lectures du mois·littérature France

Quelques BD en vrac…

enrageducielJoseph Safieddine et Loïc Guyon, L’enragé du ciel
J’ai choisi cette bande dessinée pour son thème, j’avais surtout retenu qu’il s’agissait du premier pilote à avoir pris des photos de Paris vues du ciel. Le thème de la photographie est finalement un peu à l’arrière-plan par rapport au destin individuel, mais je ne m’en plains pas, car cela donne un ensemble intéressant et plutôt riche en anecdotes et péripéties. Roger Henrard était aussi fou d’aviation, au risque de sa vie, que séducteur impénitent, quoique dûment marié. Il participa, entre autre, à des missions de repérages périlleuses en 1939 pour l’armée française. Et ce n’est qu’une petite partie d’une vie bien remplie.
Le dessin et la mise en couleurs de cette bande dessiné m’ont plu, avec une mention particulière pour le découpage en cases qui évite toute monotonie. L’histoire est complétée par un cahier de photos d’époque.
Une BD de bonne qualité donc, qui se lit bien, à conseiller à ceux que le thème ou l’époque intéressent.
160 pages
Éditions Sarbacane (septembre 2015)
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UnpetitgoutdenoisetteVanyda, Un petit goût de noisette
J’avais déjà vu cette BD sur bon nombre de blogs et admiré le joli cadrage de la couverture, ainsi que le titre qui intrigue et séduit… Le début est à l’image de la couverture, tout en subtilité, se passant souvent de paroles, dans une jolie gamme de couleurs estivales. Une toute jeune fille, presque une enfant, et un garçon de six ou sept ans son aîné se croisent, bavardent, se trouvent des affinités. C’est très délicatement fait, très tendre.
Et là, surprise, il s’agit d’une histoire courte et d’autres suivent, toujours sur le thème des amours avortées, empêchées, empêtrées, décousues… Les couleurs changent, les sentiments restent, certains personnages réapparaissent. Cette BD touche par sa justesse, sa manière de saisir les petits moments où le cœur est bousculé, où les regards sont au diapason ou non.
Le découpage suit les valses-hésitations, avec des petites cases, des grandes, des ciels aquarellés, des rues, des appartements, des chambres, des portes…
Pourquoi « le goût de la noisette » ? Hé, hé, ce serait dommage de ne pas le laisser découvrir à ceux qui n’ont pas lu cette BD entêtante et rafraîchissante. Un très joli moment de lecture !
208 pages
Éditions Dargaud (2014)

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rebetiko.jpgDavid Prudhomme, Rébétiko
Cette BD est avant tout documentaire, elle représente la musique de rébétiko et explique les origines turques de cette musique jouée essentiellement dans les quartiers populaires d’Athènes, en se focalisant sur les années 40/50. Elle fait le portrait imaginaire de quelques musiciens et de leur vie. Le dessin et le découpage m’ont convenu, les couleurs aussi. Les cases que j’ai préférées sont celles des intérieurs de café, et aussi les quelques vues du Pirée ou d’Athènes, ainsi que la traversée nocturne en canot, où les couleurs sont superbes.
J’ai eu un peu du mal avec les noms et surnoms des personnages, mais comme je savais qu’Aifelle avait noté cet obstacle, je me suis appliquée à essayer de les différencier physiquement, au moins… Opération presque réussie. Quant au scénario, c’est une certaine violence, ainsi que la consommation très fréquente de drogues qui m’ont un tantinet gênée, pouvaient-ils être aussi bons musiciens sous l’emprise de substances toxiques ? Quant à la violence, c’est très certainement l’animosité entre grecs et turcs qui l’explique, sans toutefois l’excuser.
Bref, pour le dessin, pour l’aspect documentaire, mais il me manque un petit quelque chose pour être vraiment emballée.
104 pages
Éditions Futuropolis (2009)

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littérature Europe du Sud·premier roman

Francesca Melandri, Eva dort

evadortConnaissez-vous la région du Trentin ? Ou celle du Haut-Adige ? Ce sont deux noms données à une même région, ayant appartenu à l’Autriche et cédée à l’Italie en 1919. On y parle allemand, italien et aussi ladin, une langue locale, dans quelques vallées. Entre le régime de Mussolini qui essaya d’italianiser la population, d’y installer des immigrants venus du sud et l’époque où des séparatistes y détruisaient les infrastructures pour réclamer leur autonomie, l’histoire de la région fut agitée pendant plusieurs décennies. Celles où nous emmène Francesca Melandri dans son premier roman.
L’auteure de Plus haut que la mer a choisi d’écrire un roman plus ample que son deuxième, et de raconter sa région d’origine au travers d’une famille. Il y a Eva, la fille, qui va traverser l’Italie jusqu’en Calabre pour rejoindre un homme qu’a connu sa mère. Sa mère, justement, Gerda, au centre du roman, de son enfance chaotique, à sa jeunesse écourtée par une grossesse survenu trop tôt, travaillant sans relâche dans les cuisines d’un restaurant. Entre les pages apparaît aussi à de nombreuses reprises le grand-père, Hermann.
De nombreux autres personnages tournent autour du duo mère-fille, ouvrant des perspectives, autant sur les destinées individuelles et familiales que sur l’histoire régionale. Les thèmes brassés sont nombreux, et souvent très contemporains. Ajoutons des personnages féminins forts et touchants, une écriture ciselée et pudique, et on obtient un très bon roman, qui, s’il n’a pas le côté « petit bonheur de lecture» du roman suivant, est tout de même de très bonne compagnie pendant quelques jours !

Extrait : L’hiver, dans le grenier plein de courants d’air où ses patrons faisaient dormir les garçons de ferme, les knechte comme lui, Hermann se réveillait enveloppé dans son urine glacée comme d’un suaire. Quand il se levait de sa paillasse, ce fin tégument se brisait dans un léger crépitement. C’était ça le bruit de la solitude, de la honte, de la perte, de la nostalgie.

Qu’est-ce qui fait d’un homme un assassin ? A quel moment la colère face à une injustice historique se fond en lui avec un autre ressentiment, plus ancien, privé, honteux parce que jamais partagé avec d’autres, le poussant à mettre la main sur un détonateur ?
Est-il plus nécessaire, pour cet homme, d’avoir une conviction absolue ou plutôt une âme désormais glaciale, silencieuse et figée comme un lac en hiver, où la pitié ne s’écoule plus ?

L’auteure : Née à Rome en 1964, Francesca Melandri est scénariste pour le cinéma et la télévision, et également réalisatrice. En 2010, son documentaire Vera a été présenté dans de nombreux festivals. Eva dort, son premier roman, a connu beaucoup de succès en Italie, et obtenu plusieurs prix. Plus haut que la mer est son deuxième roman.
464 pages.
Éditeur : Folio (2013)
Traduction : Danièle Valin
Titre original : Eva dorme

Les avis de Dominique, Luocine et Miriam. Défi italien Il viaggio chez Eimelle.
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