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Photographe du samedi (49) Nadav Kander


Pour changer des photos mises en scène de la semaine dernière, je vous propose un thème qui me passionne, et sur lequel de nombreux photographes travaillent avec passion également : la nature et l’homme.
L’empreinte de l’être humain sur le paysage qui l’entoure, la force de la nature à passer outre les constructions humaines ou au contraire la disparition de toute trace naturelle du paysage, voici des sujets qui ne manquent pas d’interroger, du climat à la déforestation, en passant par l’architecture… Chaque photographe apporte sa vision sur ce vaste sujet. Nadav Kander a ainsi suivi le cours du Yangtse Kiang, où les brumes le disputent à la pollution, créant une atmosphère blafarde et pourtant photogénique. Traditions et modernité s’y côtoient, et c’est surprenant.
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nadav_kander13.jpgNadav Kander est un photographe israélien né en 1961. Il grandit en Afrique du Sud et s’installe à Londres où il travaille. Il expose au Victoria and Albert Museum, à la Tate Gallery, à la Royal Photographic Society… Son travail paraît également dans des magazines comme le Time ou le New York Times Magazine. Il réalise de nombreux portraits, et c’est sans doute ce qui est le plus connu parmi son œuvre. La série intitulée « Yangtze, the long River », qui m’a attrapée au détour d’une visite, est visible, en partie, dans la rétrospective pour le prix Pictet, aux Rencontres photographiques d’Arles jusqu’au 23 septembre.

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Sur le même thème, les photographies de Solmaz Daryani, de Jonas Bendiksen, de Daesung Lee et de Ciril Jazbek

 

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Photographe du samedi (48) William Wegman

Deuxième exposition phare des Rencontres d’Arles cette année, celle de William Wegman, exemples typiques de photographies mises en scène, comme vous pouvez le constater. Mise en scène ne veut pas dire travail avec des logiciels pour recomposer l’image, pas du tout, mais une longue préparation en amont, avant le cliché.
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L’idée en est venue au photographe lorsqu’il a eu un premier chien, qu’il a nommé Man Ray, et qui semblait beaucoup aimer prendre la pose devant son objectif. Les braques de Weimar sont des chiens d’arrêt, ce qui explique cette faculté à se tenir tranquille, même lorsqu’on arrange des vêtements autour de vous ou lorsqu’on vous propose des équilibres précaires… Man Ray a été suivi par d’autres chiens de même race, notamment Fay Ray, et ses descendants… qui ont toujours ce même regard, qu’il faut saisir.

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William Wegman est né en 1943 dans le Massachusetts, où il a étudié la peinture. Son travail de photographe est très varié, même s’il est plus connu pour ces séries de portraits canins !
La plupart de ses photos sont des polaroids de grand format. Les chiens ne sont pas réellement habillés, les vêtements sont suspendus devant eux grâce à un collier, qui sert de cintre. Des mains parfois apparaissent, rendant l’identification chien/humain encore plus forte, parfois au contraire on aperçoit les pattes sagement posées entre les plis du vêtement, en clin d’œil au processus de fabrication de l’image.

Rencontres photographiques d’Arles Palais de l’Archevêché jusqu’au 23 septembre 2018.

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Photographe du samedi (47) Paul Fusco

Cette année pour les Rencontres Photographiques d’Arles, l’un des axes choisis est l’année 1968, et un autre les États-Unis. L’exposition « The train, le dernier voyage de Robert F. Kennedy » se situe au croisement des deux puisqu’il s’agit, en juin 1968, du train qui transporta la dépouille du sénateur, de New York à Washington, en direction du cimetière d’Arlington.
Paul Fusco avait pris place avec son appareil photo à bord du train et montre ainsi les Américains endeuillés qui voulaient adresser un dernier signe au frère du président assassiné cinq ans avant.

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Cette exposition est très complète puisque s’y ajoutent tout d’abord des photos amateurs recueillies par Rein Jelle Terpstra, très émouvants clichés, pages d’albums jaunies ou diapositives annotées.
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Ensuite, un autre photographe et vidéaste français, Philippe Parreno, a tourné en 70 mm un film, cinquante ans après, avec une belle reconstitution du voyage vu du train, et des figurants représentant les spectateurs de 1968.
L’ensemble des trois points de vue est très émouvant et cette exposition nous a beaucoup plu.
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Paul Fusco est un photographe américain né en 1930. Il a effectué pour
l’Agence Magnum de nombreux reportages en Palestine, aux États-Unis, au Mexique, à Tchernobyl, pour traiter de différents faits de société…

Rencontres Photographiques d’Arles, ateliers des Forges, jusqu’au 23 septembre 2018.

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Photographe du samedi (46) Graciela Iturbide

Nous avons la chance d’avoir en ce moment aux Musée des Beaux-Arts de Lyon une très belle exposition intitulée Los Modernos, et qui présente côte à côte des œuvres d’artistes mexicains et français. Des peintres tout d’abord, mais aussi de l’art populaire, des marionnettes, et beaucoup de photographies, parmi lesquelles celles de Graciela Iturbide dont j’avais déjà vu des travaux à Arles en 2011.
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Cette photographe mexicaine travaille presque uniquement en noir et blanc, et ses photos évoquent les légendes mexicaines, une sorte de « réalisme magique » comme on peut en trouver dans les romans sud-américains. Elle est aussi fascinée par les oiseaux et a réalisé toute une série de photos à ce sujet.

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Née en 1942, elle est connue pour ses clichés des indiens Seri qui vivent dans le désert de Sonora, et aussi pour ses portraits de femmes pris dans la région de Oaxaca.
L’exposition Los Modernos se tient jusqu’au 5 mars 2018 au musée des Beaux-Arts de Lyon. Renseignements ici

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Photographe du samedi (45) Solmaz Daryani

Après Shadi Ghadirian et Newsha Tavakolian, je tenais à vous montrer le travail d’une autre photographe iranienne, Solmaz Daryani. Cette jeune photographe autodidacte de trente ans explore les modes de vie de son pays et la relation des hommes à leur environnement.
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Solmaz Daryani a choisi, entre autres, de photographier la communauté azérie dont elle est originaire et qui vit près du lac d’Ourmia. Ce lac, à cause du réchauffement climatique et de l’irrigation, se retire et diminue à tel point qu’il faut maintenant marcher trois kilomètres depuis l’ancien rivage jusqu’à un endroit où il est possible de se baigner, dans une eau très salée. Quant à la population, elle a perdu ses moyens de subsistances qu’étaient l’agriculture et le tourisme.
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Le film d’Arte sur les photographes iraniens ne doit plus être visible à la demande, mais il existe un extrait ici et un dvd.

Quant à l’exposition « Iran, année 38 », elle est visible aux Rencontres d’Arles jusqu’au 27 août. 

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Photographe du samedi (44) Newsha Tavakolian

J’ai réussi à voir en replay un reportage repéré sur Arte sur la photographie en Iran, notamment les femmes photographes, reportage passionnant, et qui m’a permis de retrouver les photographies de Shadi Ghadirian, qui m’avait fait forte impression, et de découvrir de nouvelles photographes. Voici tout d’abord Newsha Tavakolian, 36 ans, photographe autodidacte, qui a commencé à faire des photos à l’âge de 16 ans pour un quotidien féminin iranien.
 

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Photo-reporter pour la presse internationale (Newsweek, Le New York times, Stern,…) depuis de longues années, elle a couvert le soulèvement étudiant en Iran, le conflit avec l’Irak et réalisé de nombreux documentaires sur la société iranienne. Cette carrière ne s’est pas déroulée sans heurts, sa carte de presse lui a été retirée, elle a eut des périodes où elle ne travaillait plus, mais c’est une jeune femme forte et qui n’arrêtera jamais d’avoir quelque chose à dire sur la société iranienne, et notamment sur la vie des femmes. En témoignent des séries qui ne sont pas des reportages.

Dans la première série de photos, c’est la sœur de Newsha qui est mise en scène, dans les vêtements de tous les jours des femmes actives iraniennes. Dans la seconde série, la photographe a fait poser des amis, connaissances, sur son propre balcon, avec un arrière-plan identique, qui pour elle représente Téhéran. Visiblement, elle leur a demandé de penser à des choses pas très gaies… Malgré ou grâce à la mise en scène, quelque chose de très fort émerge de ces photos
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On peut voir ses photographies tout l’été aux Rencontres photographiques d’Arles, dans une exposition où plus de soixante artistes iraniens sont représentés.

Pour lire tous les billets sur les photographes, c’est sur le blog de Choco qui en a eu l’idée ou alors c’est ici.

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Photographe du samedi (43) Enzo Sellerio

Pour entrer comme il se doit dans le mois italien, et parce que je ne suis pas du tout sûre d’assurer côté lecture, voici un billet de photographe, qui laisse la place tout d’abord aux images…

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Ce qui me touche dans ces photos est bien sûr l’œil grand ouvert sur la vie des petites gens, sur les scènes de rue qui sortent de l’ordinaire, mais aussi la maîtrise du contraste, entre ombre et lumière, entre espace privé et espace public, entre tradition et modernité, entre sourire et nostalgie…
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Enzo Sellerio est né à Palerme en 1924. Il a étudié le droit, l’a enseigné à l’université de Palerme, en même temps qu’il découvrait la photographie. Il a remporté un premier prix en 1952. Il fait partie du mouvement néo-réaliste italien d’après-guerre, au même titre que des cinéastes comme Roberto Rossellini ou Vittorio de Sica ou des écrivains comme Cesare Pavese ou Alberto Moravia. Il a travaillé pour des magazines, Vogue et Fortune, puis s’est reconverti dans l’édition en 1969, en abandonnant la photographie. Il est mort dans sa ville natale en 2012.

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D’autres photographes italiens sur ce blog : Gabriele Basilico et Luigi Ghirri.
Le mois italien, c’est chez Martine

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Photographe du samedi (42) Fan Ho

Ce que j’aime quand je prépare un billet de « photographe du samedi » c’est partir d’un nom, d’une photo rencontrée ici ou là et explorer les images qu’on peut trouver de ce photographes. Ayant vu je ne sais plus où une première photo, avec ce noir et blanc si graphique, qui évoque « In the mood for love », j’ai fait une petite recherche. J’ai ainsi découvert le photographe chinois Fan Ho.

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Fan Ho est né en 1937 à Shanghai, mais a vécu son enfance à Hong Kong. Il a aussi été réalisateur et acteur. Il a présenté de très nombreuses expositions depuis 1956. Il a enseigné la photographie et le cinéma, et écrit plusieurs livres. Il est mort en 2016.

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Son domaine de prédilection était la photographie de rue, il a parcouru inlassablement Hong Kong avec son appareil, et c’est toute la magie de cette ville dans les années 50 et 60, aujourd’hui disparue au profit d’immenses tours, qui se retrouve dans ces photos en noir et blanc. Ses clichés sont tous plus beaux les uns que les autres. Il maîtrise parfaitement la composition avec ses lignes d’ombres et de lumière qui partagent les photos, mais il saisit aussi les habitants de la ville dans leurs activités quotidiennes, jeux d’enfants, petits métiers, sans oublier les différentes heures du jour, et les conditions météorologiques : soleil, brume ou pluie qui donnent des atmosphères contrastées… A regarder sans modération !

Les autres photographes du samedi sont ici, et aussi chez Choco qui en a eu l’idée !

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Photographe du samedi (41) Dominique Issermann

La photographe du samedi sera aujourd’hui, sans qu’il soit besoin de vous expliquer pourquoi, la photographe française Dominique Issermann.
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Née en 1947, elle fait ses premières photos à quatre ans, et n’arrête plus : elle photographie des acteurs et des actrices, devient photographe de mode pour Sonia Rykiel, mais pour moi son nom évoque aussitôt les portraits superbes de Leonard Cohen. Elle a aussi réalisé des clips pour Leonard et d’autres chanteurs. Elle a aussi été l’une de ses muses, il a composé pour elle « I’m your man »…
Je n’ai choisi que des photos en noir et blanc, tellement superbe pour les visages.

 

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Photographe du samedi (40) Peter Mitchell

Mes expositions préférées à Arles cette année avaient presque toutes pour sujet la photographie de rue. Sujet inépuisable et qui donne pourtant des résultats totalement différents, bien représentatifs d’un artiste et de son état d’esprit.
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Dans une exposition présentée à l’origine à York, en novembre 1979, le britannique Peter Mitchell imagine qu’en répercussion aux missions terriennes Viking sur Mars, des martiens font un reportage photographique sur terre, dont quelques cichés nous parviennent. Des photos de la planète rouge alternent avec des vues de quartiers pauvres de Leeds.
« Curieusement, dit-il, les photographies ne révèlent pas de grandes merveilles de la civilisation. Une esthétique monotone, bas de gamme, imprègne avec une certaine continuité les images et suggère que ces choses sont ordinaires. En langage terrestre courant, ces photographies montrent un trou perdu au milieu de nulle part. »
Ces maisons des banlieues de Leeds, avec leur propriétaire ou leurs habitants fièrement campés devant disent beaucoup de choses d’une époque. Les martiens ont bien choisi, non ?

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Peter Mitchell est un photographe britannique né en 1943 à Manchester. Fonctionnaire au ministère des Collectivités locales et du logement, Peter Mitchell quitte ce poste pour des études d’art puis ouvre son atelier de sérigraphie à Leeds. Sa première exposition, European Architectural Heritage Year 1975, a lieu en 1975. Il est l’auteur de trois livres et travaille actuellement sur une trilogie qui s’intéresse à la relation entre son appartement, qu’il occupe depuis 34 ans, le temps, et la ville. Ses travaux parlent essentiellement de Leeds où il vit toujours et de lui-même. Il a inspiré de nombreux photographes comme Martin Parr.
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Son exposition « Nouveau démenti de la mission spatiale Viking 4 » est présentée à Arles jusqu’à la fin du mois de septembre, à la grande Halle des Ateliers.