Publié dans littérature Asie, rentrée hiver 2017

Chang Kang-Myoung, Parce que je déteste la Corée

parcequejedeteste« Mon pays natal, la Corée du Sud, s’aime d’abord lui-même. Il chérit uniquement les membres de la société qui lui font honneur. Et il colle une image infamante sur ceux qui ternissent son image. Si je me retrouve dans la misère et que je ne suis plus en mesure d’accomplir mon devoir de citoyenne, il ne m’aidera pas, ce sera à moi de faire en sorte de ne pas entacher la gloire de ma patrie. Voilà la mentalité de mon pays. »
Kyena a vingt-sept ans, peu de possibilités d’évoluer dans son métier, la perspective de se marier et de fonder une famille ne l’enchante guère, elle décide de tout quitter pour tenter sa chance en Australie. Des cours intensifs d’anglais lui permettront de se faire une place là-bas, de grimper dans l’échelle sociale, alors qu’en Corée, elle voit bien qu’elle restera comme ses parents, à vivre de petits boulots et dans des appartements miteux. Bien sûr, tout ne se déroule pas avec facilité, mais Kyena s’accroche, et ne manque jamais de ressources, même lorsque tout semble s’effondrer autour d’elle.

« Dans le bonheur aussi il y a les « capitaux » et les « liquidités ». Certains bonheurs viennent du fait qu’on accomplit quelque chose. Le souvenir de cette réussite reste en mémoire et rend les gens heureux un peu chaque jour pendant longtemps. C’est leur capital bonheur. »
Chang Kang-myoung est un journaliste, chroniqueur dans un grand quotidien de Séoul, qui a publié deux romans traduits en français, celui-ci et Génération B. Il s’intéresse à ses concitoyens avec acuité. Ici, il met la fiction au service du thème des jeunes qui s’exilent en Australie pour y trouver une vie meilleure. Leurs motivations, aussi variées qu’elles soient, m’ont intéressée et dressent un portrait de la Corée du Sud qui n’est pas aussi positif que l’image qu’on en a. Les classes sociales très compartimentées empêchent de s’en sortir en restant sur place, d’où le nombre de jeunes qui choisissent l’exil.
Si l’Australie leur semble un Eldorado, le réalité n’est pas aussi simple, notamment le petit monde des immigrés coréens qui reproduit les schémas de leur patrie. Quoi qu’il en soit, le personnage de Kyena est attachant, sa débrouillardise et son appétit de changement font plaisir à lire. Le style ne m’a pas vraiment apporté le petit plus que j’aurais souhaité, mais une lecture dépaysante, et courte, en ce moment, c’est tout à fait ce dont j’ai besoin !


Parce que je déteste la Corée de Chang Kang-myoung, (Hanguki sireoso, 2015), éditions Philippe Picquier, 2017, traduction de Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel, 164 pages

L’avis de Luocine.
Challenge coréen chez Christie.
Challenge coréen

 

40 commentaires sur « Chang Kang-Myoung, Parce que je déteste la Corée »

  1. C’est intéressant, à voir .. C’est bien ce challenge, il va me permettre de creuser un peu cette littérature.

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  2. Voilà qui pourrait être dépaysant, c’est ce que je me dis à chaque fois que je crois ce petit livre sur les blogs. Pour l’instant, ça en est resté là, mais sait-on jamais ?

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  3. D’autres jeunes Coréens choisissent le suicide tellement la pression est grande, c’est le pays où les jeunes se suicident le plus. Ma fille a choisi d’aller vivre en Corée et va savoir, elle s’y trouve bien (malgré le racisme qui y règne et qui lui a déjà causé quelques mésaventures).

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    1. Effectivement, cela semble rude pour les jeunes coréens. En Australie, c’est encore autre chose, le racisme n’est pas absent, et une sorte de hiérarchie se crée entre les différents immigrés d’Asie du sud-est.
      En tout cas, tant mieux si ta fille se plaît (mais c’est bien loin pour toi !)

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  4. Ma foi … je ne connais pas du tout ce pays, ni cette littérature. j’avais vu passer ce titre chez Luocine mais les extraits ne m’avaient pas convaincue. Je vais plutôt voir ce que propose le challenge pour découvrir d’autres titres.

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  5. Je sens qu’à travers vos billets du challenge, je vais découvrir vraiment tout un tas de titres !
    Le plus compliqué sera de choisir avec lequel commencer.

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  6. Je l’ai lu il y a 2 ans par là, attirée par le titre choc, roman écrit par une Coréenne en plus, et déjà attirée par la culture coréenne à la base, et j’avais bien aimé ce livre pour son propos, bien que j’ai trouvé cette histoire plus triste dans le fond que je ne m’y attendais.

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  7. j’avais beaucoup aimé ce roman, malgré son écriture (trop orale à mon goût ) mais surtout pour les rigidités que j’avais découvertes à propos de la Corée du Sud

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    1. C’est sûr que l’écriture ou la traduction manquent d’un peu d’originalité ou de profondeur, mais le propos demeure intéressant, et le personnage principal attachant.

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