Une année de livres : 2020

Mon avent littéraire, qu’est-ce que c’est ? Pour ceux qui ne suivent pas les réseaux sociaux, c’est une idée de Nicole (Mots pour mots) et de Delphine (La bibliothèque de Delphine-Olympe) qui consiste à présenter une lecture de l’année passée par jour du 1er au 24 décembre. J’ai remis en forme et ajouté quelques livres pour garder une trace de mes lectures les plus marquantes :

Ma première lecture de l’année : Une éducation de Tara Westover chez Lattès : Tara Westover revient sur son enfance dans une famille de Mormons de l’Idaho, avec un père très instable, et son écriture intense et sincère m’a fait frémir plus d’une fois.


Un auteur découvert cette année : Mireille Gagné avec Le lièvre d’Amérique. Je ne connaissais pas son nom avant cette année, et ce fut une très belle lecture, une légende moderne, à la petite musique contemporaine très séduisante. Ce n’est pas un roman qui se dévore, ses différents thèmes et styles poussent à le savourer.


Un livre lu sur les conseils de mon libraire. Je n’ai pas eu trop à demander conseil aux libraires cette année, j’arrivais plutôt avec ma liste toute prête. Je propose donc un livre conseillé par mon libraire de la librairie Passages à Lyon, mais pas encore lu : Ce prince que je fus de Jordi Soler. Il sera parfait pour le mois Amérique latine chez Ingannmic en février.

Le livre dont l’écriture m’a éblouie :
Whitman de Barleen Pyamootoo possède une écriture un peu déroutante au début, originale, sobre et poétique, qui s’accorde pleinement au sujet, un épisode de la vie de Walt Whitman. Même les voyageurs d’un train de New York à Philadelphie y semblent être des poètes !


Le livre que je n’aurais pas lu si… si Aifelle n’en avait pas dit beaucoup de bien, s’il n’était pas publié par les éditions Zoé, si sa couverture était moins jolie… Et ça aurait été bien dommage, car La voisine est dépaysant autant qu’universel, parce que son écriture vive ne manque pas de tendresse pour des personnages qu’il faut découvrir !

La plus belle couverture. Je choisis une couverture, qui en plus d’être belle, reflète pour moi l’atmosphère du livre (parce que j’aurais des exemples de couvertures très réussies, et qui donnent envie de lire le livre, mais en imaginant tout autre chose que son contenu) ce sera donc une couverture de Totem aux éditions Gallmeister, La nuit des lucioles de Julia Glass.

Mon plus gros pavé de l’année avec 807 pages, L’échelle de Jacob, de Ludmila Oulitskaïa, qui m’a un peu déçue par rapport à ses romans plus brefs (qui, eux, sont plus que recommandables).
Le livre qui m’a mis des étoiles dans les yeux : Le bal des ombres de Joseph O’Connor J’ai trouvé le roman formidable dès les premières pages, craignant toutefois que l’enchantement cesse. Finalement, coup de cœur pour ce roman splendide et foisonnant, faisant passer en quelques lignes du sourire aux yeux embués. C’est une parenthèse enchantée…

Le livre le plus ancré dans l’actualité : Le monde n’existe pas de Fabrice Humbert, passionnante variation sur l’image, sur les médias et l’information, les « fake news », et aussi à propos de la surveillance du citoyen. Bien fait, il se lit d’une traite !


Le livre le plus dépaysant : Parce que je déteste la Corée de
Kang-Myoung, roman qui dépeint le parcours d’une jeune fille de vingt-sept ans qui décide de tout quitter pour partir en Australie. Elle espère là-bas grimper dans l’échelle sociale, alors qu’en Corée, elle resterait à vivre de petits boulots dans un appartement miteux. Particulièrement dépaysant, ce roman est très accessible, et court, il se lit un peu comme un reportage.

Le prix littéraire lu cette année : Nickel Boys de Colson Whitehead, prix Pulitzer fiction 2020. Abordant le sujet d’une maison de « redressement » aux méthodes particulièrement violentes, et qui a existé en Floride, Colson Whitehead, avec son écriture fluide et sobre, ne cherche pas à provoquer les sentiments du lecteur, les faits parlent d’eux-mêmes, mais fait cependant ressentir sa très grande colère. C’est un roman que je ne peux que conseiller de lire, et qui me restera longtemps en mémoire.


Le livre qui a vaincu le confinement : Une année à la campagne de Sue Hubbell Une chronique au féminin de cinq saisons dans une maison isolée des mots Ozark… L’humour qui parcourt ces pages se marie bien avec l’érudition, et les anecdotes quotidiennes avec les réflexions sur la nature, sa complexité, ses ressources. Un livre qui fait du bien, à lire et à garder pour y piocher des inspirations et des encouragements !


Le roman choral le plus réussi : Glory d’Elizabeth Wetmore, une foule de personnages autour de personnages féminins très forts et d’un sujet dramatique.

Un livre dont le héros a existé : Le moine de Moka de Dave Eggers, biographie non d’un moine, mais d’un jeune américain d’origine yéménite, qui se lance dans le commerce et la promotion du café de son pays, en pleine guerre civile. On s’attache à ce parcours passionnant !

Le livre le plus émouvant : Le plus émouvant, peut-être pas exactement, parce que les faits se déroulant au dix-septième siècle, et en Norvège, ça met une certaine distance, mais j’aurais été désolée de ne pas voir Les graciées de Kiran Millwood Hargrave dans ce bilan, car il comporte des passages pleins d’émotion, une émotion assez retenue, ce que je préfère.

Le livre dont j’aurais aimé rencontrer le héros :
Opération Shylock, j’aurais aimé rencontrer Philip Roth, bien sûr ! Mais lequel, le vrai ou l’autre ? Parce qu’il faut dire qu’ils sont deux à porter le nom de l’auteur dans ce roman parfois un peu long, souvent très drôle, toujours intelligent.

Le meilleur polar : L’hiver du Commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni. Il aurait pu jouer en outre dans la catégorie des romans dépaysants (Naples, les années 30) !

Le livre le plus original :
Dieu, le temps, les anges et les hommes. Entre conte et philosophie, chronique villageoise et grande Histoire, un roman qui se déguste à petites doses… et original, ça, oui !

L’histoire de famille que j’ai préférée : Après la mousson de Selina Sen, Charmée par la musicalité de l’écriture, je n’ai pas vu le temps passer, et j’ai frémi et souri en fréquentant une famille indienne d’il y a une trentaine d’années, ni très riches, ni parias, un juste milieu qu’on rencontre moins souvent.

U
n livre pour finir en beauté : Prodiges et miracles de Joe Meno. Merci à Krol pour m’avoir fortement incitée à (re)découvrir Joe Meno. Je suis sous le charme de l’histoire très forte de Jim Falls et de son petit-fils, ainsi que d’un magnifique cheval blanc qui va modifier le cours (pas très drôle) de leur vie.

Retrouvez les bilans précédents ici. (en faisant défiler)

54 commentaires sur « Une année de livres : 2020 »

  1. Mais c’est que c’est bien de redonner envie (OK j’en ai quand même déjà lu!) La plus belle couverture, le bal des ombres était bien aussi!

    J'aime

    1. ça fait des petites doses de rappel ! J’adorais la couverture du Bal des ombres, mais j’ai remarqué (dans le groupe A l’assaut des pavés notamment) que certaines lectrices s’attendaient à autre chose au vu de la couverture et avaient été un peu ou beaucoup déçues. 🙂

      J'aime

  2. C’est sympa aussi de le présenter de cette manière, dans une vision synthétique. En ce qui me concerne, j’en ai fait une « story à la une » sur Insta en les intégrant jour après jour… sauf qu’il m’est arrivé d’oublier ! Au final, ça donne donc un avent d’une vingtaine de jours 😀
    J’ai emprunté à la bibli un polar de Maurizio de Giovanni. J’espère lui faire une place pendant ces vacances… Au pire, j’en achèterai un en poche pour pouvoir le lire à n’importe quel moment. Ça me tente beaucoup !

    J'aime

    1. Avent réduit à vingt jours pour moi aussi… 😉 J’espère que tu aimeras le Maurizio de Giovanni. Il a écrit deux séries, qui correspondent à deux époques, et les deux ont leur charme.

      J'aime

  3. Un joli éclairage sur des livres différents et auxquels tu redonnes vie grâce à un nouveau regard. J’en ai lu certains et les autres sont sur ma liste. Celle qui s’allonge sans cesse.

    J'aime

  4. Ah oui tu as ajouté des rubriques dont le roman choral le plus réussi… C’est sympa de le voir comme ça aussi… Je ne sais pas encore si je vais faire un bilan, si je vais me resservir de ce calendrier de l’avent auquel j’ai pris plaisir à participer, ce sera selon mon humeur… Bonne fin d’année à toi !

    J'aime

    1. J’ai suivi tes publications et déjà noté des idées, mais tu toucheras sans doute d’autres lecteurs boulimiques en les rassemblant en un billet. Bonne fin d’année aussi !

      J'aime

  5. Toujours très pratiques, ces bilans de fin d’année, qui nous offrent une séance de rattrapage, car l’occasion de noter les titres qui nous auraient échappés.. Le Tokarczuk sera aussi dans le mien, et là je suis plongée dans Nickel Boys. Et je crois que LE titre à lire que je retiens en priorité, c’est Le lièvre d’Amérique. Ravie enfin de voir que tu es déjà prête pour février !!

    J'aime

    1. Je serai curieuse de ton bilan aussi. Pour février, j’ai retrouvé quelques livres, reste à les lire et à les terminer, j’ai des fortunes diverses en ce moment avec mes lectures. 😉

      J'aime

  6. Opération Shylock est un des meilleurs Roth que j’ai lus ! Et parmi ceux que je n’ai pas lus, je note Joseph O’Connor, Olga Tokarczuk et bien sûr l’incontournable Colson Whitehead ! De quoi faire pour 2021 😉

    J'aime

  7. c’est une belle idée, si ça peut permettre de sortir de la morosité et donner du punch à nouveau pour la lecture….
    certains titres m’étaient inconnus ou sortis de la tête…Cela ne va pas arranger ma PAL mais tant pis elle commence à avoir l’habitude 🙂

    J'aime

  8. C’est très chouette de le voir en totalité, cela reflète bien le caractère de tes lectures et cela permet de remettre en lumière certaines envies. Je dois lire Opération Shylock (j’espère en 2021) et j’ai bien l’intention de lire aussi Les graciées (vais peut-être attendre le poche, moi l’acheteuse compulsive).

    J'aime

  9. Dans ta liste, je n’ai lu que La voisine, que j’ai beaucoup aimé aussi ! Mais je sens que je vais y piocher des idées pour mes futures lectures, il y a plein de tentations !
    Bonne fin d’année à toi !

    J'aime

  10. Joli bilan ! Une année qui aura eu ses côtés positifs tout de même.:) J’espère que 2021 sera aussi riche en découvertes. Bonne fin d’année d’ici là !

    J'aime

  11. Eh bien, nous n’avons en commun que Le lièvre d’Amérique de Mireille Gagné mais je note Le bal des ombres de Joseph O’Connor, L’hiver du Commissaire Ricciardi de Maurizio de Giovanni et pourquoi pas Une année à la campagne de Sue Hubbell 😉
    Passe une belle fin d’année 🙂

    J'aime

  12. Je n’en connais pas beaucoup, mais Sue Hubbell me tente depuis des années et j’espère bien découvrir le Tokarczuk, j’ai adoré « Sur les ossements des morts ».

    J'aime

  13. J’en avais déjà noté quelques uns au cours de l’année
    Je renote 🙂 le lièvre d’Amérique de Mireille Gagné et Le bal des ombres de Joseph O’Connor …..

    Bises Kathel

    J'aime

    1. Ces bilans sont l’occasion de remettre en lumière des livres passés un peu inaperçus à cause des « grosses » sorties qui les cachent.
      Bonne fin d’année, Valentyne !

      J'aime

  14. Ton bilan m’a remis à l’esprit le Whitman de Barleen Pyamootoo que j’avais oublié… Le bal des ombres de Joseph O’Connor est une de mes prévisions de lecture pour cette année.

    J'aime

    1. Merci Violette. Ce bilan a été fait jour après jour, ou presque, ça n’a pas été trop long de le mettre en forme à la fin du mois.
      Bonne année à toi aussi !

      J'aime

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s