Publié dans littérature Amérique du Nord, premier roman, projet 50 états, sortie en poche

Lance Weller, Wilderness

wilderness.png« Se les rappeler et les faire revivre, ne serait-ce qu’un instant, ne serait-ce que dans son esprit seulement. Abel prit une profonde inspiration, sentant l’effet progressif de l’air frais en lui. Il se disait que s’il pouvait faire revenir ces hommes, il aurait bien des choses à leur demander. »
Le roman commence avec Jane Dao-Ming, une vieille femme qui se souvient des hommes qui l’ont élevée, notamment Abel, un ancien combattant de la guerre de Sécession. S’ensuit un récit en deux époques, en 1899, où Abel, vieil homme qui vit dans une cabane sur la côte Pacifique des États-Unis, se remémore les batailles auxquelles il a prit part, notamment celle de la Wilderness, en 1864.
Pour un premier roman, c’est une très belle surprise, un texte d’une maîtrise exceptionnelle, qui entremêle avec une grande virtuosité les aspects historiques avec un rapport très fort à la nature, les scènes de bataille vues au plus près des combattants avec un côté western, lorsque des hommes malfaisants tentent de voler le chien d’Abel, son seul et unique compagnon.

« Sur toute la longueur de la route, les hommes ne pouvaient pas voir à dix mètres dans l’enchevêtrement de verdure sombre, et la route semblait se rétrécir à mesure qu’elle avançait dans la forêt. Les officiers qui chevauchaient le long de la colonne faisaient avancer les hommes d’une voix étouffée et tendue, comme s’ils craignaient de réveiller quelque chose. »
Certaines scènes dures, les évocations de la guerre forcément violentes sont heureusement contrebalancées par des passages d’une grande intensité humaine. Les personnages, et pas seulement Abel, possèdent une présence, une force, que viennent renforcer les descriptions de la nature. Je m’étais fiée aux nombreux avis positifs lus pour acheter ce roman, mais après, j’hésitais un peu à l’entamer, craignant des longues descriptions de paysages ou des développements interminables, il n’en est rien, la solitude d’Abel n’exclut pas un grand nombre de personnages et des passages dialogués qui contribuent à la fluidité de la lecture.
Vraiment, un très beau premier roman, qui me donne grande envie de me pencher sur le suivant de Lance Weller, Les marches de l’Amérique.

Wilderness de Lance Weller (2012) éditions Gallmeister (2014) traduit par François Happe, 352 pages.

Lu aussi par Aifelle, Dominique, Keisha, Jérôme et Sylire.

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29 commentaires sur « Lance Weller, Wilderness »

    1. Le roman est de 2012, ça a laissé le temps à l’auteur d’écrire de nouveau 😉 (il ne s’agit pas d’une suite, mais d’un roman à l’univers différent, quoique historique aussi)

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  1. Je veux le lire depuis trèèès longtemps, et je n’avais pas vu sa nouvelle couverture Gallmeister, très jolie.. c’est l’occasion. Sur la même thématique,La poudre et la cendre, que j’avais noté chez toi, vient de rejoindre ma PAL, après une visite chez Gibert..

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    1. La poudre et la cendre était superbe aussi ! Je me rends compte que je suis assez fan des romans qui se déroule pendant la guerre de Sécession… (s’ils sont bien écrits !)

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