Publié dans littérature France, rentrée hiver 2020

Nicolas Maleski, La science de l’esquive

sciencedelesquive« Son étape dans cet endroit isolé ne constitue qu’un prologue. Il a besoin de souffler, disparaître des écrans satellites, besoin de s’endurcir avant d’organiser la suite. La suite, c’est l’hémisphère sud. »
Un voyageur discret, si ce n’est son nez cassé d’ancien boxeur, débarque un soir de l’autocar dans un petit village isolé des Alpes du Sud et loue un meublé pour un temps indéterminé. Son but est manifestement de se faire oublier, mais de quoi, ou de qui ? Il ne se passe que quelques jours avant que la curiosité des voisins ne commence à l’inquiéter quelque peu. Un incident lui fait aussi rencontrer une bande de jeunes du village. Puis sa voisine la plus proche semble s’intéresser à lui. Il devrait repartir et pourtant, reste inexplicablement dans sa location un peu vétuste et parmi les villageois assez accueillants, quoiqu’un peu curieux.


« Kamel a fini par admettre que son séjour ici dure plus longtemps que prévu. […] Pour confirmer le pathétique de la situation, il reçoit sans arrêt des visites à domicile. Il s’attire des sollicitudes, contre son gré pour ainsi dire. »
Ce roman surfe avec pas mal de malice sur la vague du rural noir. Malin parce qu’il ne va pas où on l’attend, parce que Kamel Wozniak (tel est le patronyme improbable du héros) n’est peut-être pas celui qu’il semble être.
Bizarrement, le roman m’a rappelé L’iris de Suse de Jean Giono, pas si étonnamment en fait, puisque dans L’iris de Suse, un individu essaye de se faire oublier au milieu des montagnes, en suivant un troupeau en transhumance. Les paysages sont les mêmes, le passé du personnage est tout aussi flou. Dans La science de l’esquive, le nombre de rencontres faites par le personnage principal semble en désaccord avec le fait qu’il veut se cacher et ne pas vouloir être reconnu. C’est surprenant, tout comme la rapidité avec laquelle il se lie à sa voisine. Mais ce qui peut sembler une incohérence du roman, tient au fait que les mystères autour du passé du Kamel restent longtemps entiers, autant pour les voisins curieux que pour les lecteurs. Et cela donne lieu à des portraits pas dénués d’humour.
Ce roman constitue donc une lecture pas désagréable, dans un style aiguisé, une ballade rafraîchissante dans un arrière-pays bien observé, une peinture exacte d’une petite communauté rurale. Pour amateurs de romans noirs sans adrénaline, mais pas sans surprises !

La science de l’esquive de Nicolas Maleski, éditions Harper et Collins, (janvier 2020), 224 pages.

Publié dans littérature Amérique du Nord, rentrée hiver 2019

Ann Patchett, Orange amère

orangeamere« L’ambiance de la fête de baptême a changé quand Albert Cousins a fait son apparition avec du gin. »
Encore un roman américain contemporain, encore une histoire de famille… je reconnais me laisser souvent tenter par ce genre de roman qu’il n’est plus trop à la mode d’appeler des sagas, et qui d’ailleurs essayent d’en renouveler les grands traits.
Ici, la particularité du roman saute aux yeux dès la page 39, lorsqu’un grand écart dans le temps est effectué. On passe de la fête de baptême de Franny à un épisode où cette même Franny prend soin de son vieux père malade. Entre temps, la mère du bébé (Franny, donc) a rencontré Albert, qui fuyait la perspective d’un dimanche après-midi avec ses jeunes enfants, et a quitté son mari pour vivre avec lui. On apprend plus loin que les six enfants des deux familles passaient tous leurs étés ensemble et qu’un drame s’est produit au cours d’un de ces étés.

« Chaque été qu’ils passèrent ensemble tous les six se déroula exactement de la même manière. Ce n’était pas tous les jours la fête, la plupart du temps, ils s’ennuyaient, mais ils firent des trucs, des vrais trucs, sans jamais se faire prendre. »
La façon dont l’auteure installe l’histoire ne manque pas d’originalité, et permet au lecteur de rassembler les fils qui semblent épars pour comprendre l’histoire de la famille. La construction s’éloigne du classique aller et retour passé/présent qu’on croise trop souvent, et c’est ce que j’ai préféré dans le roman.
Les personnages aussi sont singuliers, avec des personnalités très marquées pour la plupart, (à condition de ne pas confondre les uns et les autres, j’y reviens ensuite) et l’idée de montrer dès le deuxième chapitre le point de vue des enfants, devenus adultes, de la famille recomposée, rend le roman très prenant. Ensuite, et c’est assez malin, il est question d’un roman appelé Orange amère, qui va avoir une grande importance dans la vie des protagonistes.
J’ai beaucoup apprécié cette lecture, avec parfois, au début d’un nouveau chapitre, un peu de mal à raccrocher tous les détails déjà connus sur tel ou tel personnage, et à situer l’époque. C’est le revers de cette construction inhabituelle.
Quant au style, j’ai beaucoup aimé la façon d’insuffler de la légèreté avec des figures de style facétieuses. La société américaine, et son modèle familial, ne sortent pas forcément grandis de l’image qu’Ann Patchett en donne, mais on passe un excellent moment avec cette famille.

Orange amère de Ann Patchett (Commonwealth, 2016) éditions Actes Sud, janvier 2019, traduction de Hélène Frappat, 302 pages.

Cuné et Keisha ont aimé aussi !

Publié dans littérature Europe de l'Ouest, rentrée hiver 2019

Bernhard Schlink, Olga

olga« Elle est facile à garder, elle aime avant tout se tenir debout et regarder autour d’elle. »
La voisine chez qui la mère laissait sa fille n’avait pas voulu le croire, tout d’abord. Mais c’était vrai. La petite fille d’un an se tenait debout dans la cuisine et regardait une chose après l’autre, […] »
J’ai aimé d’emblée l’incipit qui met en scène cette toute petite fille, et ensuite l’enfance difficile d’Olga à la fin du XIXème siècle dans une petite ville de l’actuelle Pologne, et qui m’a rappelé, je ne sais trop pourquoi, Le petit Saint, roman de Georges Simenon. Impression confirmée après lecture : sans être une sainte, Olga fait toujours montre d’une droiture et d’une continuité sans faille dans ce qu’elle recherche. Ce qui pourrait agacer, mais comme l’auteur fait preuve de sobriété dans l’écriture, sensible mais sans pathos, cela passe bien. Il montre aussi comment ce caractère un peu monolithique est le résultat d’une éducation, d’un manque d’affection, et de circonstances sociales et historiques.

« D’Olga, j’ai aussi hérité le goût des promenades dans les cimetières, et quand c’est un cimetière particulier, particulièrement ancien ou particulièrement beau, enchanté ou bien angoissant, j’inclus Olga dans mes pensées. »
Le roman est construit en trois parties, la première va de l’enfance à la retraite d’Olga, la seconde raconte des épisodes de sa vie et de sa vieillesse par la voix d’un jeune homme dans la famille duquel elle faisait de la couture. La troisième partie est constituée d’un ensemble de lettres retrouvées, je vous laisserai apprendre de quelle manière. Au cœur du roman, l’histoire d’amour entre Olga et Herbert, un jeune homme de famille fortunée, qui devient officier et ne rêve que de conquêtes et de découvertes. Il finira par prendre en plein hiver la route du passage Nord-Est vers le Pôle Nord, voie qu’il espère être le premier à parcourir. L’auteur s’est inspiré d’un personnage ayant réellement existé, et lui a inventé une compagne en la personne d’Olga.
Je pensais que le thème du roman était le secret, ou le mensonge, d’autant plus que ce thème avait déjà inspiré Bernhard Schlink. Maintenant, je dirais plutôt qu’il s’agissait pour l’auteur de mettre en avant la fidélité à soi-même et à ses idées. Pour cela, Olga est, dès son enfance, particulièrement remarquable, et le restera jusqu’à sa mort.
Un beau roman, pour un beau personnage, incomparable, qui ne peut laisser indifférent, me semble-t-il.

Olga de Bernhard Schlink, éditions Gallimard (janvier 2019) traduction de Bernard Lortholary, 267 pages. Noté chez Krol et Marilyne.

Publié dans littérature îles britanniques, rentrée littéraire 2019

Diana Evans, Ordinary people

ordinarypeopleRentrée littéraire 2019 (8)
« Damian était dans la cuisine, en pyjama et robe de chambre, dans la poche de laquelle se trouvait une cigarette Marlboro Light décrépite qu’il avait découverte un quart d’heure plus tôt, avec une joie de non-non-fumeur, au fond du placard rempli de pots et de vases situé au-dessus du réfrigérateur. »

Si vous n’aimez pas attendre six pages pour savoir si Damian va pouvoir fumer tranquillement sa dernière cigarette avant arrêt définitif du tabac, passez votre chemin. Je ne plaisante qu’à moitié, il ne faut pas s’attendre à une histoire à nombreux rebondissements, c’est certain. Comme le titre le montre, Diana Evans dans son roman a décidé d’observer avec une précision d’entomologiste deux couples ordinaires, proches de la quarantaine, londoniens avec enfants, sur une année où un certain sentiment de lassitude, de submersion par le quotidien, commence à se faire sentir.
Melissa et Michael se sont installés dans une petite maison biscornue au sud de Londres avec leurs deux enfants, Damian et Stephanie ont choisi un pavillon plus cossu mais plus éloigné pour abriter leurs trois chérubins. Les deux couples sont amis, et se voient souvent.

« Le retour à la maison fut calme, très calme. Il n’y eut pas d’étreinte sur la banquette arrière, pas de caresses furtives ni de rires éméchés. Ils étaient un peu ivres, mais de manière sèche et solitaire. »
La grande force de l’auteure réside dans sa manière de montrer par de minuscules conflits quotidiens le délitement de la vie de couple. Les détails sonnent juste, les dialogues aussi. Elle aborde la question du racisme et de la discrimination au fil des pages, sans en faire un plat, ne mentionnant la couleur de peau de tel ou tel personnage qu’au passage, ce n’est manifestement pas ce qui les définit. Attention, il s’agit bien d’un roman, les éditions Globe ne sont pas uniquement spécialisées dans les récits de non-fiction, même s’ils en ont publié un certain nombre ! La traduction est remarquable, dans le sens où j’ai oublié plus d’une fois avoir affaire à un roman traduit.
J’ai beaucoup apprécié cette lecture, avalée sans aucun ennui, grâce à une certaine ironie qui fait mouche à chaque page. Il n’est donc pas besoin de se reconnaître dans ces (encore) jeunes couples pour être touché par ce roman.

Ordinary people de Diana Evans (Ordinary people, 2018), éditions Globe, septembre 2019, traduction de Karine Guerre, 378 pages.

Repéré grâce à Antigone et Clara.

Publié dans bande dessinée, littérature Amérique du Nord, littérature France

Alain Kokor, L’ours est un écrivain comme les autres

oursestunecrivain« La machine est lancée, « Désir et destinée » va faire un énorme carton. Tous les journalistes que j’ai eus veulent absolument faire un papier.
– Ils ont lu le livre ?
– Le livre ? Ils ont lu mon communiqué de presse ! »
Une petite BD pour commencer l’année. Comme le texte guide souvent mes choix de bandes dessinées, c’est l’adaptation d’un roman qui a eu ma faveur. Celui de l’américain William Kotzwinkle, L’ours est un écrivain comme les autres. J’avais quelques velléités de le lire, voilà une occasion toute trouvée de plonger dans cette histoire.
L’originalité est de mise, pour ne pas dire la loufoquerie. Arthur Bramhall est un écrivain qui n’a pas de chance. Le manuscrit à peine achevé de son roman, qu’il sent plein de promesses, un futur best-seller, disparaît en fumée dans l’incendie de son chalet. Il le réécrit, et l’enterre à l’abri au pied d’un arbre. C’est sans compter sur la voracité d’un ours qui s’imagine avoir trouvé une cachette de miel ou autre délice.
Comme cet ours ne manque pas d’opportunisme, il décide de l’échanger contre de la nourriture, et sous le nom de Dan Flakes, va commencer une belle carrière d’auteur à succès. Pendant ce temps, Arthur Bramhall est au désespoir…

« Pourriez-vous dire à ce monsieur qu’on en se roule pas par terre à l’heure du déjeuner ? »
Il faut accepter le postulat de départ de cet ours lecteur, mais s’exprimant le plus souvent à la manière d’un ours, pour qui se rouler par terre est un signe de satisfaction. Et aussi le fait que personne ne semble « voir » un ours ! Ensuite, si j’ai plongé facilement dans cette histoire délirante à souhait, je n’ai pas complètement adhéré au dessin, notamment le graphisme des humains, alors que les paysages, forestiers et urbains, m’ont beaucoup plu. Mais je reconnais volontiers que mes goûts en matière de bande dessinée sont cantonnés à des traits assez classiques.
L’histoire de cet ours qui découvre le monde de l’édition est réjouissante, elle permet à l’auteur de critiquer ouvertement et avec beaucoup d’humour ce microcosme, et plus généralement, une certaine élite de la culture. Même si de temps à autres j’avais l’impression qu’une subtilité, nichée quelque part entre le texte et le dessin, m’échappait, j’ai passé un bon moment.
ours_est_un_ecrivain_pl1.jpgVoilà donc un billet qui marque un retour progressif, à moins qu’il ne soit provisoire, des chroniques de lecture (deux autres sont à suivre). J’en profite pour souhaiter aux curieux qui passent par ici une très bonne année 2020, et de belles découvertes littéraires ou culturelles.

L’ours est un écrivain comme les autres, de Alain Kokor (Futuropolis, octobre2019), librement adapté de The bear went over the mountain de William Kotzwinkle (1996, Cambourakis, 2014), sur une traduction de Nathalie Bru, 128 pages. Repéré chez Brize.

 

Publié dans vie de lectrice

Une année de livres : 2019

J’ai repris peu ou prou mes réponses au calendrier de l’avent littéraire imaginé par Delphine et Nicole sur Facebook.
Si j’ai lu un peu moins cette année qu’en 2018, la qualité était de mise, avec des romans aussi bien écrits que propices à dépayser, à faire rêver ou réfléchir…
Tout le monde ne se laissera pas embarquer par les mêmes ambiances, mais vous trouverez sans doute parmi cette sélection un ou deux livres qui peuvent vous plaire (dont un certain nombre sorti en format de poche)

1) Le premier livre de l’année :
Les exilés meurent aussi d’amour d’Abnousse Shalmani m’a permis de commencer agréablement l’année, c’est un roman foisonnant, plein d’esprit et de personnages hors normes.
exilesmeurentaussi

2) le livre dont l’écriture m’a éblouie :
Cent millions d’années et un jour de Jean-Baptiste Andrea. Tout à fait le genre d’écriture que j’aime, mais l’histoire (montagne et amitié) n’est pas négligée pour autant…
centmillionsdannees

3) le livre le plus bref que j’ai lu :
Je ne note pas les nombres de pages, mais ce doit être Le coffre de Jacky Schwartzmann et Lucian Dragos-Bogdan (160 pages). Je ne l’ai pas commenté, comme souvent les romans vite lus, mais c’est un petit polar à 4 mains plutôt amusant.
coffre.jpg

4) mon plus gros pavé :
Le formidable livre de Daniel Mendelsohn, Les disparus, où il mène sur 920 pages des recherches sur une partie de sa famille décimée par les nazis. Et c’est tout simplement passionnant, et pas plombant, car fort bien écrit !
disparus

5) Les livres les plus féministes :
La servante écarlate de Margaret Atwood et Les heures rouges de Leni Zumas.
servanteecarlate  heuresrouges

 

 

 

 


6) Les livres les plus soucieux d’écologie :

L’arbre-monde de Richard Powers, Une histoire des abeilles de Maja Lunde et Le sang des fleurs de Joana Sinisalo.

arbremonde  unehistoiredesabeilles.jpg  sangdesfleurs

7) Le livre le plus dépaysant :
Certainement San Perdido de David Zukerman qui transporte au Panama dans les années 50, et réussit fort bien à recréer les lieux, à faire vivre des beaux personnages et à entremêler différentes actions.
sanperdido8) la découverte d’un auteur :
Je pense à l’auteure irlandaise Anne Griffin, dont j’ai beaucoup aimé le premier roman, Toute une vie et un soir, formidable pour décrire sans larmoyer tous les moments beaux ou dramatiques d’une vie…
touteunevietunsoir9) le meilleur personnage…
Pas si facile, car j’ai aimé beaucoup de romans avec de multiples personnages, et pas un qui se détachait…
L’inoubliable Defred, de La servante écarlate, se partage la vedette avec Naomi Cottle du très beau roman Trouver l’enfant de Rene Denfeld. Des femmes fortes dans des univers difficiles !
servanteecarlate  trouverlenfant

10) le livre le plus surprenant…
Ce que l’on sème de Regina Porter, sa galerie de personnages singuliers, sa construction perturbante, et les photos qui l’illustrent, alors qu’on se trouve bien dans de la fiction.
cequelonseme

11) le livre qui m’a sortie de mes « sentiers battus » :
Des larmes sous la pluie de Rosa Montero, un roman qui se passe dans un vingt-deuxième siècle qu’on croirait réel. Un roman historique du futur, un peu polar aussi, très bien fait. Je lirai la suite !
deslarmessous.jpg

12) le livre le plus émouvant :
N’essuie jamais de larmes sans gants de Jonas Gardell, magnifique roman polyphonique sur les années du début du sida dans la communauté homosexuelle à Stockholm. Émouvant mais sans pathos, grâce à un subtil équilibre…
nessuiejamaisdelarmes

13) les livres le plus drôles…
Rester groupés de Sophie Hénaff (la suite de Poulets grillés) est un drôle de polar et un polar drôle à la fois, avec son équipe de « bras cassés » tous plus originaux les uns que les autres. Et Le cœur de l’Angleterre, de Jonathan Coe, s’il n’est pas à proprement parler « drôle », est tout de même bien souvent réjouissant !
restergroupés  coeurdelangletrre.jpg

14) le livre que tout le monde a aimé, sauf moi…
Il y a eu cette année quelques livres, encensés presque partout, et qui me sont tombés des mains. Parmi eux, j’ai essayé de persévérer dans la lecture d’Arcadie, d’Emmanuelle Bayamack-Tam, mais rien n’y a fait. Je n’y croyais pas, je ne trouvais pas dans ce roman ce que les autres y ont lu… Dommage, mais je suis passée à un autre !
arcadie.jpg15) le livre lu sur les conseils de quelqu’un :
je lis et j’écoute énormément de conseils ici et là, sur les blogs amis, notamment. Et c’est sur le
blog de Brize que j’ai eu le sentiment qu’Idaho d’Andria Williams me plairait… et, transportée dans les années 50, non loin d’un centre de recherches nucléaires, je l’ai dévoré, effectivement !
idaho16) le plus beau titre :
Les fureurs invisibles du cœur, de l’Irlandais John Boyne, dont le contenu est aussi beau que son titre… (et la couverture n’est pas mal non plus) (j’ajoute qu’il sort en Livre de Poche le 2 janvier…)
fureursinvisiblesducoeur17) le meilleur polar :
L’assassin des ruines de Cay Rademacher reconstitue avec brio le Hambourg de l’immédiate après-guerre, avec ses gosses des rues et ses multiples trafics.
assassindesruines18) les plus belles « bulles » de l’année :
Une maternité rouge de Christian Lax et Ailefroide altitude 3954 de Jean-Marc Rochette.
unematerniterouge ailefroidealtitude3954

19) Le livre que j’ai enfin lu :
Le complot contre l’Amérique de Philip Roth, une uchronie où l’auteur imagine qu’au tout début des années 40, Charles Lindbergh, héros américain de la traversée de l’Atlantique en avion, est élu président des États-Unis. Et le cauchemar commence pour la famille Roth… Excellent !
A33790_Le_complot_contre_l_Amerique.indd
20) Mes derniers livres de l’année :
Ce sera tout d’abord Olga de Bernhard Schlink, un auteur que j’apprécie, puis La fille du traître de Leif Davidsen, un roman d’espionnage qui promet d’être passionnant !
olga.jpg  filledutraitre.jpg
J’espère lire aussi vos bilans et coups de cœur de l’année !

Retrouvez les bilans précédents : 2018, 2017, 2016, 2015, 2014, 2013 et 2012.

 

Publié dans artistes

Anselm Kiefer

Alors tout d’abord l’artiste : Anselm Kiefer est allemand, né en 1945. Il grandit dans la région de la Forêt-Noire, il étudie d’abord le droit, la littérature et la linguistique. À l’âge de 21 ans, il séjourne au couvent de la Tourette, à Eveux, dans les monts du Lyonnais, et ce séjour où il a découvert « la spiritualité du béton » le décidera à étudier l’art. Élève à la Kunstakademie de Fribourg-en-Brisgau, puis de Joseph Beuys à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, il travaille des matériaux variés parmi lesquels le béton, le plus souvent en trois dimensions. La littérature et la spiritualité imprègnent aussi son travail. Il a exposé dans de nombreux musées (Grand Palais, Centre Pompidou, Bibliothèque nationale de France, Musée Rodin…) et vit en France depuis 1993.
Je commence avec ces paysages que j’aime beaucoup, mais qui ne figuraient pas dans l’exposition que j’ai vue.

anselm_kiefer3anselm_kiefer2.jpgAnselm_kiefer1.jpgAnselm_kiefer8.jpg
Cet automne, une exposition a été consacrée au peintre au Couvent de la Tourette, c’était donc une sorte de retour aux sources pour lui. On y retrouvait ses thèmes et matériaux de prédilection : peintures avec inclusions en relief, livres de béton, mannequins sans tête, mises en scène de ruines et tournesols de béton ont trouvé tout naturellement leur place entre les murs bruts du couvent ou de son église. La force de son œuvre n’en était que plus apparente.

Anselm_kiefer5.jpegAnselm_kiefer4.jpegAnselm_kiefer9.jpeganselm_kiefer10anselm_kiefer11.jpganselm_kiefer12

« Une œuvre n’est jamais finie, déjà ça existe dans les yeux de ceux qui la regardent, chacun a une autre idée d’un tableau et puis à travers le temps et le lieu, ça change », comme le dit Anselm Kiefer.
Les « ruines » dont on peut voir l’œuvre originale ci-dessus, et la reproduction au couvent de la Tourette, m’ont rappelé les ruines de Hambourg après-guerre, évoquée par l’auteur Carl Rademacher dans « L’assassin des ruines » que je venais de lire. Nul doute que le peintre ait été inspiré par cette époque qu’il n’a pourtant pas connue.
Quant au thème de la littérature, avec les livres en béton et autres matériaux, il parlera sans doute aux amoureux des  livres qui passent par ici…
Tourette0
Passons maintenant au cadre de cette exposition : l’automne est à mon avis la saison idéale pour découvrir le couvent imaginé par Le Corbusier. La lumière et les couleurs dorées y entrent abondamment. L’église laisse glisser plus parcimonieusement la lumière, par des ouvertures colorées. Comme ce n’était pas la première fois que je venais, mes photos montrent plutôt des détails que l’ensemble, mais vous trouverez facilement sur internet des vues générales, ainsi que l’historique du bâtiment (par exemple ici )

Tourette4.jpeg

Tourette9.jpegTourette8.jpeg

 

Publié dans artistes

Qui est cet artiste ? (4)

artiste4
Artiste contemporain, il est né juste à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, et celle-ci marque son œuvre. Il travaille des matériaux variés parmi lesquels le béton, et ses œuvres sont le plus souvent en trois dimensions. La littérature et la spiritualité imprègnent aussi son travail. Allemand, il vit en France depuis 1993.
A suivre demain…

Publié dans photographes du samedi

Photographes du samedi (53) Daphné Bengoa et Leo Fabrizio

Pour prouver que ce blog est encore capable de quelques soubresauts, et avant le retour des billets de lecture, peut-être en janvier, j’ai envie de revenir sur les expositions vues aux Rencontres d’Arles cet été.
Ce billet fait donc suite à ceux sur Ouka Leele et Philippe Chancel, et présente deux pho
tographes, Daphné Bengoa et Leo Fabrizio, qui ont travaillé sur un projet commun, visant à faire connaître l’œuvre de l’architecte Fernand Pouillon en Algérie. Ce bâtisseur ne m’était pas inconnu, puisqu’il était le sujet du roman de Marie Richeux, Climat de France, sorti chez Sabine Wespieser il y a deux ans. (Climat de France est le nom d’un grand ensemble de logements de forme quadrangulaire, sur les hauteurs d’Alger)
IMG_3287
IMG_3285IMG_3286.jpeg
Fernand Pouillon né en 1912, et mort en 1986, était un architecte qui a réalisé après-guerre de nombreux bâtiments, notamment de l’habitat collectif (logement sociaux, hôtels, résidences universitaires) à Marseille, sa ville natale, à Paris ou en Algérie. Pour lui, l’humain était au centre de ses projets. Il s’efforçait de construire pour rendre l’environnement proche des habitants, et agréable pour eux. Les photos des deux jeunes gens s’appliquent à le prouver.
J’ai aimé les ravages du temps sur les constructions de Fernand Pouillon, qu’elles soient encore en usage comme les immeubles collectifs, ou non, comme les hôtels. Les photos rendent très photogénique cette dégradation, qui en même temps fait peine à voir. L’exposition était en outre située dans l’abbaye de Montmajour, qui mettait les photos particulièrement bien en valeur.
Bengoa_Fabrizio2.jpg
Bengoa_Fabrizio4.jpg

IMG_3288IMG_3289

Bengoa_fabrizio1

J’avais pensé vous parler d’une autre exposition dans un couvent, celle d’Anselm Kiefer cet automne au couvent de la Tourette (couvent conçu par Le Corbusier) près de Lyon. Ce sera pour un prochain billet art et architecture, si ça vous intéresse !

Publié dans vie de lectrice

Pause

Non, ce n’est pas que je trouve que les blogs ne soient plus lus au profit d’autres plates-formes. Après plus de onze ans, j’ai peut-être peu de visiteurs, mais ils sont de qualité, commentent toujours à bon escient, et j’ai plaisir à les lire.
Non, ce n’est pas que je ne lise pas. J’ai lu en octobre deux romans de la rentrée littéraire : Starlight de Richard Wagamese, aux éditions Zoé, (gagné sur Instagram grâce à Martin Knosp que je remercie !), et Dégels de Julia Phillip chez Autrement. J’ai lu aussi, en vrac, Maura Murray a disparu de James Renner, Sott de Ragnar Jonasson, Vue cavalière de Wallace Stegner, La mer monte de Aude Le Corff… Pas de déception parmi ces lectures, plutôt des bons moments.
Capture d’écran 2019-10-31 à 15.01.04.png
J’ai repris quelques activités automnales, mais cela ne m’empêcherait pas de trouver le temps d’écrire, c’est plutôt la motivation qui ne vient pas, les mots qui me manquent, et d’autres projets qui prennent la priorité. Je me pose aussi quelques questions sur le format des billets, le conserver, en changer ?
Je mets donc le blog en pause pour un temps qui sera peut-être très court, ou un peu plus long. À bientôt !