Paul Colize, La violence des hommes

« Dans le cadre des Chambres de protection sociale, il s’était rendu à plusieurs reprises dans ces endroits. Il en était chaque fois sorti secoué, habité par les visages tordus et les regards hallucinés des internés, imprégné de l’odeur qui flottait dans les couloirs, assourdi par les hurlements qui déchiraient les murs.
Pour sa part, il préférerait moisir cinq ans dans une prison surpeuplée que trois mois dans un de ces antres. »

Une jeune femme est retrouvée tuée de plusieurs coups de couteau dans son appartement bruxellois, et tout incrimine Niko, un jeune homme mutique qui pour toute défense répète que ce n’était pas lui. L’avocat de Nikola Stankovic doit essayer de trouver un autre moyen de le comprendre, qui va passer par les fresques dessinées par le jeune graffeur. La rigide directrice de la clinique où Niko est en observation va aussi tenter de venir en aide à son patient.
Habilement menée, la trame du roman conduit à se poser beaucoup de questions, et les réponses savamment égrenées maintiennent une vive tension. J’ai retrouvé grand plaisir à suivre l’auteur dans ce labyrinthe.

« Elle interpella l’assistant social.
– Vous ?
Elle connaissait le personnage.
Froussard et pleurnicheur.
Il dévorait les romans de Gilles Legardinier et écoutait Radio Nostalgie. Il allait bredouiller qu’il ne pouvait pas se prononcer. »

Je ne pouvais tout de même pas rater le mois belge de Anne, j’ai donc trouvé un petit Paul Colize de derrière les fagots, enfin, un exemplaire numérique qui a très bien rempli son office. Cet auteur ne me déçoit jamais, ses intrigues étant toujours parfaitement bien ficelées et ses personnages encore plus attachants encore que dans le précédent roman lu. J’ai trouvés très touchants Niko et son parcours, j’ai découvert l’univers des artistes de street art. On ne se pose pas toujours la question de la réalisation de fresques de grand format sans autorisation, de nuit donc, au bout d’une corde bien souvent. Les fresques mentionnées existent vraiment à Bruxelles, ou ont été vues avant d’être recouvertes. Paul Colize a d’ailleurs rencontré l’artiste.
Le deuxième thème est celui du siège de Vukovar, et du traumatisme des survivants, il remémore des épisodes peu glorieux de l’histoire européenne. Paul Colize en tire des pages très fortes. Il faut noter ensuite qu’il connaît comme personne le système pénal, et qu’il a dressé un tableau fascinant des enfermements psychiatriques, et de la psychologie de ses personnages. Tous ces sujets ne prêtent pas à sourire et pourtant, l’auteur réussit comme toujours à distiller ses touches d’humour pour alléger l’atmosphère, notamment par des portraits humains incisifs.
Une lecture à recommander aux amateurs de polars, mais pas seulement !


La violence des hommes de Paul Colize, éditions Hervé Chopin, mars 2020, 320 pages.
Prix Michel Lebrun 2020, Prix des lecteurs du Festival du polar de Villeneuve-Lez-Avignon 2020.

Je participe au mois belge à retrouver chez Anne (Des mots et des notes)

Mo Malø, Qaanaaq

« Les meurtres ritualisés, je ne t’apprends rien, ça pue forcément. C’est soit le fait de givrés, soit un écran de fumée pour te balader. Dans les deux cas, tu ne dois pas te fier à tes impressions premières. Ne pense pas routine policière. Ne pense pas preuves matérielles. Pense folie. Ne te demande pas qui aurait intérêt à faire de telles atrocités… Demande-toi plutôt qui ne voit pas d’autre issue que cette mise en scène pour exister. »
À la famille déjà bien étendue des polars du froid, qui font voyager en Scandinavie ou en Islande, il faut maintenant ajouter le Groenland, sous la plume non d’un auteur local, mais d’un français, sous le pseudonyme de Mo Malø. Ce roman est le premier, qui permet de faire connaissance d’un policier danois, originaire du Groenland et adopté tout petit par un couple de Danois. Son nom est Qaanaaq, qui est aussi le nom d’une bourgade du nord de l’immense île couverte de glaces. Envoyé dans son pays d’origine, il va devoir enquêter sur des meurtres qui ont tout l’apparence de morts dues à des attaques d’ours, mais dans des lieux fermés à clefs. Étonnante contradiction ! Qaanaaq va surtout devoir décrypter la manière de raisonner des habitants, aidé en cela par l’inénarrable Apputiku, policier local. 

« Au Groenland, aucun prévenu ne restait plus de douze heures consécutives en cellule. Pour ce peuple de chasseurs nomades, la privation de liberté s’apparente à la mort. Par le passé, un nombre important de détenus s’étaient suicidés, d’autres s’étaient simplement laissés mourir de faim ou avaient dépéri de tristesse. C’est pourquoi on n’astreignait désormais les gardés à vue, comme les condamnés, à ne passer que leurs nuits en prison. »
Connaissiez-vous ce fait concernant la justice groenlandaise ? Saviez-vous qu’une base militaire américaine avait été creusée sous la banquise à la fin des années 50 ? Saviez-vous que le sol groenlandais contenait d’immenses gisements de pétrole ? Saviez-vous que les Inuits aiment à répondre à toute question « imaqa » qui signifie en gros « peut-être », coupant souvent court aux interrogations ?
Qaanaaq apprend tout cela et bien plus encore, car le roman regorge de détails sur la vie des Inuits, et joue bien son rôle de dépaysement. L’action n’est pas négligée, les quelques 550 pages foisonnent de rebondissements et de fausses pistes. Sans oublier des éléments qui éclaircissent la dramatique recherche des origines de Qaanaaq.
Malgré quelques longueurs, je retiens surtout une présentation originale, des personnages hors du commun, des doses bienvenues d’humour, et une solide recherche documentaire, éléments qui donnent tout à fait envie de lire les romans suivants.

Qaanaaq de Mo Malø, éditions Points, mars 2019, 549 pages.

une idée piochée chez Marilyne.

Lectures du mois (24) février 2021

Comme bien souvent, je lis plus vite que je n’écris mes chroniques, ce qui m’oblige à regrouper quelques lectures de février, plutôt intéressantes, et très variées, pour lesquelles je ne me sens pas d’écrire de longs développements.

Raymond Carver, Qu’est-ce que vous voulez voir ?
« Nous n’avions que trop souvent quitté des maisons à la hâte en les laissant en piteux état, pour ne pas dire en ruine, ou déménagé en pleine nuit pour ne pas avoir à acquitter nos loyer en retard. Mais cette fois, nous nous étions fait un point d’honneur de laisser la maison dans un état de propreté immaculée, plus propre encore que nous ne l’avions trouvée en arrivant, […] »
Depuis qu’elles ont été retraduites, j’ai l’envie de lire ou relire les nouvelles de Raymond Carver, dont le souvenir s’est effacé. Tranquillement et pas dans l’ordre, puisque je commence par le sixième et dernier tome des œuvres complètes. Sa compagne Tess Gallagher a publié ces nouvelles après sa mort, elles lui ont semblé terminées puisque que, comme ils disaient entre eux : « Quand on se met à rayer des mots qu’on vient d’ajouter, la nouvelle est finie. » À chaque nouvelle que j’ai achevée, il m’a fallu marquer un temps pour les digérer, pour me repaître de leur harmonie… Et pourtant, leurs sujets ne sont pas de grandes aventures, mais des tranches de vies quotidiennes. Les hommes et les femmes y sont souvent en cours de séparation, se cherchant un espace différent où vivre leur nouvelle solitude ou faisant malgré tout une tentative pour rester ensemble. Les relations de voisinage ou d’amitié y sont bien présentes aussi.
Des textes intimes mais puissants !
éditions de l’Olivier, 2011, traduction de François Lasquin, 122 pages.

Keigo Higashino, Les miracles du bazar Namiya
« Celui qui est en train de se noyer voit son salut dans un brin de paille. »
Quand un auteur de romans policiers japonais se met au fantastique « léger », mêlé d’un soupçon de « feel good », cela donne Les miracles du bazar Namiya, et c’est très réussi.
Trois jeunes gens se réfugient après un cambriolage dans une échoppe abandonnée, mais où bizarrement du courrier arrive, contenant des demandes de conseils. Intrigués, ils y répondent, et se rendent compte que les lettres émanent d’une époque passée, trente-deux ans auparavant. Pourtant, des échanges ont lieu. Entrer dans ce roman, c’est accepter les coïncidences extraordinaires, les glissements temporels, mais aussi pénétrer dans l’intimité de Japonais pris au piège de cas de conscience, et appelant à leur secours le vieux propriétaire du bazar Namiya.
J’ai dévoré en quelques jours ce roman aussi délicatement bienveillant que soigneusement agencé !
éditions Actes Sud, 2020, traduction de Sophie Refle, 371 pages.

David Grann, The white darkness
« Shackleton, qui avait été témoin au cours de l’expédition Scott de tensions dévastatrices entre les membres de l’équipage, chercha des recrues possédant ces qualités essentielles à ses yeux dans le cadre d’une exploration polaire : « Un, l’optimisme ; deux, la patience ; trois, l’endurance physique ; quatre, l’idéalisme ; et enfin, cinq, le courage. »
Le journalisme littéraire est dans l’air du temps, et La note américaine de David Grann représente ce que j’ai lu de meilleur dans le genre ces dernières années. Je me suis donc laissé tenter par son dernier ouvrage. Il y raconte une épopée passionnante, celle de Henry Worsley. Fasciné par la traversée du Pôle Sud presque réussie par Shackleton, et surtout fasciné par le personnage hors du commun, il décide, un siècle plus tard, de rééditer cette traversée à pied, sans assistance. Il part d’abord avec deux comparses, descendants comme lui de membres de l’expédition d’origine, et ensuite seul. Cet exploit confine à l’inutile, si ce n’est le désir de se dépasser et de rendre hommage à Shackleton, c’est la limite de l’intérêt que je lui ai porté. L’auteur s’est parfaitement documenté, et a bien su rendre vivants ses personnages.
Le livre ne manque ni de photos, ni de cartes, et passionnera les amateurs d’expéditions polaires.
éditions du Sous-sol, 2021, traduction de Johan-Frederick Hel Guedj, 160 pages.

Keith McCafferty, Meurtres sur la Madison
« Le crépuscule ressemblait à une traînée couleur ambre à l’horizon ; la rivière scintillait dans la lumière déclinante. Dans quelques minutes, le brillant de la surface s’estomperait, la mélodie changeante du courant glisserait vers des notes graves et la nuit sauvage protesterait contre de nouvelles intrusions humaines. »
Meurtres sur la Madison se situe au croisement du « nature writing » à l’américaine avec ses évocations de paysages qui donnent envie de partir séance tenante pour le Montana et un homicide mystérieux. Deux enquêtes parallèles se nouent, l’une sur le crime proprement dit, menée par la shérif Martha Ettinger, l’autre sur une disparition, conduite par Sean Stranahan, à la fois guide de pêche, artiste peintre et détective privé. De nombreux personnages gravitent autour des lieux de pêche, et les enquêteurs se demandent jusqu’où le business de la pêche peut conduire.
Un polar divertissant, où ne manquent ni la femme fatale, ni les détails instructifs sur l’environnement.

éditions Gallmeister, 2018, (poche, 2019) traduction de Janique Jouin-de Laurens, 395 pages.

Connaissez-vous certains de ces livres ?

Morgan Audic, De bonnes raisons de mourir

« Il s’était rendu compte à cet instant que c’était au-dessus de ses forces de leur parler. Alors il était parti dans la nuit. Et s’était réveillé quelques jours plus tard dans le dessoûloir d’un hôpital. »
Dans la ville de Pripiat, en Ukraine, en principe interdite, un certain nombre de personnes se croisent pourtant, et un jour, un groupe de pseudo-touristes remarque un corps suspendu à une façade. Deux policiers vont mener l’enquête, l’un officiellement, l’autre un peu moins, et pas avec les mêmes motivations. Un oiseau empaillé est posé à côté de la victime. Et il semble y avoir des liens avec un meurtre survenu en 1986, forcément éclipsé par l’accident de la centrale toute proche.


« Une vie normale… Certains jours, Melnyk se demandait quant à lui, si l’Ukraine était vraiment faite pour la normalité. »
Beaucoup de points forts à ce polar plutôt du genre thriller, qui fait effectivement frissonner de temps à autres. D’abord le lieu, bien évidemment, avec ses airs de ville-fantôme et des habitants ou occupants, on ne sait comment les appeler, qui ressemblent à des fantômes aussi. Ensuite, les deux époques, avril 1986, et trente ans plus tard, en plein conflit du Donbass entre Russie et Ukraine. L’auteur excelle à présenter sous toutes ses facettes les conséquences désastreuses de Tchernobyl sur la population et la nature, ainsi que les problèmes actuels de la région. Ensuite, les personnages de policiers sont vraiment intéressants, l’un est ukrainien, et l’autre, qui est russe, enquête de manière privée pour le compte du père de la victime. Les caractères secondaires ne sont pas oubliés, et sont bien dessinés également, dans une ambiance globalement très sombre.

« Une fois sorti de la zone, le bois de Tchernobyl était revendu sans indication de provenance. On l’utilisait ensuite pour fabriquer des tables ou des chaises qui pouvaient se retrouver en vente aussi bien à Kiev que dans un magasin de meubles suédois en France. Tomik affirmait qu’on ne risquait rien tant que le bois ne prenait pas feu. »
Je ne connaissais pas encore cet auteur, et j’ai dévoré ce solide roman bien mené, très bien documenté et intéressant pour l’aspect sociétal et la variété des personnages présentés. Tout à fait recommandable !

De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic, Albin Michel, 2019, 496 pages (paru au Livre de poche, 2020).

Repéré grâce aux Bibliomaniacs, enthousiastes !
C’est le mois du polar chez Sharon.

Leonardo Padura, La transparence du temps

« A peine quelques minutes plus tard, Conde comprenait que ses réflexions sociologiques de philosophe existentiel tropical n’avaient guère d’avenir dans le pays excessif et léger où il était né, où il vivait, et dans lequel la logique ne répondait à aucune loi. »
Les temps sont durs pour Mario Conde : il voit ses soixante ans approcher, et son commerce de livres d’occasion ne marche guère. Contacté par un ancien camarade de classe, qu’il avait oublié d’ailleurs, il se voit confier une mission, celle de retrouver une statue de Vierge noire qui a été volée au domicile du plaignant. Le voleur lui est connu, il a opportunément disparu, mais l’aide de Mario Conde sera utile pour lui mettre la main dessus et récupérer cette statue à valeur sentimentale. Mario plonge donc dans le milieu des marchands d’art de la capitale cubaine.

« Il est absurde de croire que l’on a vécu en marge de l’Histoire ou même de le prétendre. Penser que l’Histoire vous a oublié revient à ignorer que, par-delà votre volonté, vous faites partie de la réalité ingouvernable qui vous entoure. »
Parmi les romans de Leonardo Padura, existe une série de romans policiers classiques avec pour personnage principal Mario Conde, ex-inspecteur qui enquête plus ou moins en tant que détective, quand il ne vend pas des livres d’occasion. D’autres romans sont plus basés sur des faits historiques comme Hérétiques, que je n’ai pas lu ou L’homme qui aimait les chiens, qui m’a beaucoup plu. Jusqu’alors j’ai aimé l’ambiance de ses policiers, la description de la vie cubaine, des agapes bien arrosées de Conde et ses amis, des lieux où le mènent ses enquêtes, elles-mêmes agissant plus comme prétextes à parler du quotidien des Cubains.
Cette fois, le roman mélange les deux lignes directrices : une enquête de Mario Conde mêlée à des personnages historiques, liés d’une manière ou d’une autre à la statue disparue. Et finalement, ce mélange des genres ne m’a qu’à moitié convaincue. J’ai lu le roman sans difficultés et l’ai même trouvé assez plaisant, mais j’ai ressenti quelques longueurs et le style, ou peut-être la traduction, m’a parfois laissée dubitative : je n’ai pas l’habitude que le sens de certaines phrases m’échappent chez Leonardo Padura, et d’être obligée de les relire deux ou trois fois sans trop que cela m’éclaire. Pourtant, le thème de l’art, que ce soit à propos des différents types de vierges noires, ou de l’art cubain contemporain, est très intéressant. Le tiraillement des Cubains entre quitter l’île pour une vie meilleure ou y rester malgré tout, est très bien rendu aussi.
Ce ne sont pas les parties historiques qui me posent problème, elle sont plutôt intrigantes et toujours écrites de manière à transporter instantanément, et avec virtuosité, dans le passé. Non, c’est l’enquête qui manque un peu de dynamisme, et qui s’étire en longueur, entrecoupée de repas et de litres de rhum, qui n’ont pas toujours suffi à me téléporter à La Havane.
Enfin, je chipote, ça n’a rien de rédhibitoire et l’ensemble forme un roman prenant et dont le ton pimenté d’humour fonctionne très bien.

La transparence du temps de Leonardo Padura, (La transparencia del tiempo, 2018) éditions Métailié, 2019 et Points, 2020, traduction d’Elena Zayas, 518 pages.

Les avis de Delphine-Olympe, de Keisha et de Valentyne.

Ce roman entre dans le cadre du challenge « En Amérique Latine » chez Goran et Ingannmic, ainsi que du Mois du polar chez Sharon et de l’Objectif PAL chez Antigone !

Don Winslow, Le prix de la vengeance

« Ce n’est pas à Eva qu’on va apprendre que le monde est déglingué.
Elle connaît la vie, elle connaît ce monde.
Elle sait que, quelle que soit la manière dont on y entre, on en sort toujours brisé. »
Changeons de registre aujourd’hui avec des nouvelles, et qui plus est des nouvelles policières. Enfin, il faut nuancer, ce sont, sur 537 pages, six longues nouvelles, et plutôt du domaine du « noir » que du policier à proprement parler. Don Winslow n’est pas un inconnu pour moi, j’ai déjà lu L’hiver de Frankie Machine et La patrouille de l’aube, apprécié l’univers du sud californien, entre surf et trafic de drogue, immigration clandestine et violence urbaine, le tout avec toujours une dose d’humour bienvenu. J’ai eu aussi l’occasion de voir l’auteur (et son sourire charmant), aux Quais du Polar, et de le suivre un peu sur les réseaux sociaux, où il est un anti-trumpiste virulent.

« Oui, j’ai voté pour ce type. J’allais quand même pas voter pour une nana convaincue que le pays lui devait la Maison Blanche parce que son mari s’était fait tailler une pipe.
Une démocrate en plus. »
Le vocabulaire de ces « novellas » n’est pas édulcoré, c’est un des éléments qui permet de se mettre dans le bain immédiatement, avec le goût certain de Don Winslow pour les descriptions précises et les dialogues incisifs. Parmi ces textes, bien composés et pleins de rebondissements, le premier donne son titre au livre, il est assez violent, tout en gardant sa part d’humanité, et en mettant en scène de beaux personnages : Eva, au standard pour répondre aux appels d’urgence de la police, apprend ainsi la mort de son plus jeune fils et fait jurer à l’aîné de le venger. C’est noir, très noir !
La deuxième nouvelle « Crime 101 », qui séduit par son humour, met en scène un braqueur assez original, la troisième « Le zoo de San Diego » allie encore l’humour à la tendresse pour les personnages, avec des scènes hilarantes, dont un singe nanti arme à feu, et les truands les plus bêtes qui soient !
La quatrième, « Sunset », ne manque pas d’humour non plus. Je suis entrée avec un peu plus de difficultés dans la cinquième, « Paradise »,
qui a pour cadre Hanaley Bay, à Hawaï, et le monde du trafic de drogue, mais je l’ai fini convaincue. Enfin, je n’ai pas lâché « La dernière chevauchée », avec des personnages très émouvants, un garde-frontière et une petite Salvadorienne de six ans séparée de ses parents par une loi inique.
J’ai aimé le fait que de nombreux lieux se retrouvent d’une nouvelle à l’autre, ainsi que quelques protagonistes. C’est un recueil qui séduira en particulier les lecteurs habitués à l’univers de Don Winslow, on y voit revenir certains de ses anciens personnages qu’on croyait restés dans un roman précédent ! Ces retrouvailles avec l’auteur me font augurer le meilleur de la lecture de La griffe du chien qui se trouve dans ma pile à lire.

Le prix de la vengeance de Don Winslow (Broken, 2020), éditions Harper et Collins, traduction d’Isabelle Maillet, 537 pages.

Nele Neuhaus, Les oubliées du printemps

« Dans la plupart des actes de violence, les victimes et les coupables se connaissaient, ce qui facilitait leur élucidation. Mais pour Pia qui pensait aux séquelles que laissaient les violences dans la vie des victimes et aux traumatismes que généraient les meurtres dans celle des survivants, ce métier ne pouvait pas être une routine. Certaines affaires étaient même de sacrés défis ! »
Cela faisait un moment que j’avais repéré cette auteure allemande de polars, dont les premiers romans se trouvent maintenant en Babel chez Actes Sud, mais je commence par le dernier de la série, ce qui n’est pas foncièrement gênant. Les personnages récurrents sont l’inspectrice Pia Sander (Pia Kirchhoff dans les précédents) et son collègue Oliver von Bodenstein. C’est l’été dans la région de Francfort, lorsque Pia est appelée sur les lieux d’un décès pas forcément suspect au premier abord : un homme âgé et seul qui a fait une chute mortelle dans sa cuisine. Mais cela va être le début d’une série de découvertes, et les policiers devront remonter dans le passé de ce vieil homme. Avec sa femme, il accueillait des jeunes qui trouvaient ainsi un foyer qui aurait pu être chaleureux, mais s’avérait néfaste, en dépit de ce qu’en pensaient les services sociaux.
Parallèlement, le lecteur suit la quête d’une toute jeune femme qui recherche son père après la mort de sa mère qui l’a élevée seule.

« À La vue de l’homme qui l’abordait, Fiona ressentit une pointe de déception. Elle ne s’attendait pas à voir débarquer George Clooney, mais ce quinquagénaire aux cheveux bruns clairsemés, grisonnant aux tempes, doté d’un visage aux contours imprécis et d’yeux marrons derrière des verres à monture dorée, n’avait rien d’attrayant. »
Bon, encore une affaire de tueur en série. Heureusement, ils sont plus nombreux dans les romans policiers que dans la réalité, sinon, le monde ne serait guère sûr, enfin, serait beaucoup plus inquiétant encore qu’il ne l’est. Celui-ci ne tue que des femmes, mais avec un mode opératoire assez particulier, et sans caractère sexuel. Les policiers mènent une enquête soigneusement détaillée, et qui s’avère passionnante. Dessus, se greffe le thème de l’absence d’un ou des parents, de la famille en général. Si l’écriture n’a rien qui sorte de l’ordinaire, la mise en scène est efficace et le roman difficile à lâcher avant la fin, grâce à des personnages bien caractérisés et sympathiques, assortis de quelques « méchants » qui font des suspects parfaits. C’est bien huilé et on ne voit pas passer les 538 pages.

Les oubliées du printemps de Nele Neuhaus (Muttertag, 2018) éditions Calmann-Lévy, septembre 2020, traduction d’Elisabeth Landes.

 

Dominique Manotti, Marseille 73

« Le gros Marcel n’a pas de responsabilité hiérarchique définie, il se contente d’un grade de brigadier-chef aux fonctions incertaines. Il ne figure dans aucun organigramme, mais toute la vie de la Police Urbaine passe par lui. »
L’année 1973 a connu en France, et en particulier dans la région de Marseille, une vague de crimes manifestement racistes, à l’encontre d’Arabes, surtout des Algériens. Une dizaine d’années après la fin de la guerre d’Algérie, les nostalgiques de l’OAS étaient nombreux, et possédaient des soutiens un peu dans tous les milieux, notamment dans la Police, d’où une quasi impunité. Le roman présente heureusement un trio de policiers de la PJ qui, à la demande de sa hiérarchie, mais en poussant un peu plus loin que les ordres leur permettent, se met à regarder de plus près les groupuscules d’extrême-droite, et leurs agissements. Là où d’autres classent les affaires d’assassinats sans suite, ils fouillent et questionnent, quitte à se faire des ennemis. Un jeune homme d’origine algérienne qui attendait une fille devant un café est tué un soir d’août 1973. L’enquête confiée à la police de quartier conclut à un règlement de compte entre petits voyous, mais ni notre trio de flics, ni l’avocat de la famille ne croient à cette version, pourtant largement relayée par les médias.

« La touche marseillaise, c’est la complexité des interactions, et le cynisme avec lequel chacun les affiche et s’y complaît. »
Je retrouve Dominique Manotti, dont j’avais déjà lu Lorraine Connection et Bien connu des services de police. De son écriture toujours aussi précise et efficace, elle ne néglige pas la présentation vivante des personnages. Ils sont nombreux, entre différents services de police et de justice, interviennent aussi un grand nombre de groupes ou d’associations, mais présentés très progressivement, de manière à ce qu’on ne s’y perde pas (et un récapitulatif des personnes nommées est présent à la fin, pour les étourdis).
L’auteure réalise un véritable travail d’historienne dans une trame de polar, et en collant au plus près à la réalité des faits survenus en 1973. La limite de ce roman serait peut-être qu’il ne fasse pas partie de ceux dont les personnages sont inoubliables : ils sont en effet nombreux, et tellement ancrés dans la réalité, tellement semblables à leurs contemporains qu’aucun n’émergerait vraiment. Et pourtant, si, le personnage du père de Malek, le jeune garçon tué par balles, reste là, fort et inamovible dans sa dignité. Et bien sûr, la trame elle-même ne s’oublie pas, ni l’ambiance parfaitement restituée. Quant au style, s’il se laisse apprivoiser facilement, il n’est pas si lisse qu’il y paraît, et fait même montre d’originalité avec des changements du il au je qui servent bien le propos.
L’ensemble se lit comme on regarde une bonne série, de celles qui collent à la réalité historique, sans reprendre son souffle !

Marseille 73 de Dominique Manotti, éditions Les Arènes (Equinox), juin 2020, 385 pages.

Lectures du mois (22) septembre 2020

Elliot Ackerman, En attendant Eden, éditions Gallmeister 2019, traduction de Jacques Mailhos, 153 pages
« Il lui suffisait de regarder sa fille, Andy, pour ressentir ce besoin. La fillette fit ses premiers pas sur le linoléum des couloirs du centre des grands brûlés.
Au bout ce cette première année, la culpabilité qu’elle éprouvait envers sa fille supplanta la culpabilité qu’elle éprouvait envers son époux. »
Ce court roman américain développe avec pudeur le thème de la fin de vie, dans le cas d’un GI, revenu d’Irak avec des brûlures qui n’ont laissé qu’une moitié de lui-même. Dans le coma, il ne se réveillera pas, et le récit raconté de son point de vue, ou de celui de sa femme, puis de son meilleur ami, est souvent poignant. L’écriture originale colle bien au sujet et sonne de manière assez inhabituelle, mais pourtant… Je ne sais pas trop quoi en penser, au début je suis restée spectatrice passive, sans réelle implication dans ce livre, me demandant combien de pages il restait. Toutefois, pour certains passages vraiment puissants, je ne regrette pas de l’avoir lu.

Shlomo Sand, La mort du Khazar rouge, éditions Points, 2019, traduction de Michel Bilis, 450 pages.
« Il aimait à se dire intérieurement plus israélien que l’Israélien ordinaire, sans que cela affaiblisse pour autant l’opiniâtre sentiment d’arabité qui l’accompagnait comme son ombre. »
L’auteur était intervenant dans un documentaire sur Arte à propos de la création d’Israël, ce qui m’a donné envie d’ouvrir ce roman présent dans ma pile à lire. L’affaire commence avec la mort d’un historien qui travaille sur un sujet fort sensible, celui de l’origine du peuple juif. L’enquêteur est un commissaire arabe israélien… Beaucoup d’éléments plutôt originaux et intrigants, donc.
Solidement documenté, avec des personnages de policiers atypiques, le roman se lit bien. Il présente beaucoup d’intervenants, s’étale sur un temps assez long pour un polar, ce qui demande une certaine concentration. Bien construit, mais pas sur un rythme trépidant, avec une écriture et une traduction qui ont du punch, je l’ai lu avec plaisir, surtout pour son éclairage sur la société israélienne et ses déchirements.

André Buffard, Le jeu de la défense, éditions Points, 2018, 405 pages.
« Pourquoi devient-on avocat ?
Parce qu’on a depuis toujours, chevillée au corps, la passion de défendre, vous diront les idéalistes. Dans mon cas, c’était surtout dû à un esprit de contradiction et à une forme de mauvaise foi qui étaient les traits marquants de mon caractère, depuis ma petite enfance. »
Un roman qui se déroule à Lyon, dont le principal personnage est un avocat, cela m’a suffisamment intéressé pour que j’ouvre ce roman gagné à un concours « Quais du polar ». Une jeune magistrate est trouvée battue à mort sous un passage couvert. Son amant se trouve aussitôt soupçonné. Écrit par un avocat, il s’est avéré passionnant pour la pédagogie, les détails concernant les mécanismes de la justice. L’enquête elle-même est suffisamment émaillée de moments plus stressants et de rebondissements pour maintenir l’attention et l’envie de continuer. Certes, le personnage principal est macho et peu sympathique, mais je pense ou du moins je laisse planer le doute : il s’agit sans doute d’humour, et d’ailleurs son comportement et ses remarques m’ont fait sourire plus d’une fois. Au final, une lecture fluide et captivante, mais sans grand relief au niveau de l’écriture.

Sylvain Prudhomme, Par les routes, éditions Gallimard, 2019, 304 pages.
« Ce jour-là je suis resté tout l’après-midi chez lui. J’avais eu besoin autrefois de couper les ponts. Ce dimanche j’ai constaté que ce serait toujours là : ce courant. Cette immédiate intelligence entre nous. Cette intuition chacun des pensées de l’autre. »
Vous avez sans doute vu passer l’année dernière cette histoire d’amitié entre un écrivain installé dans une petite ville du Sud et « l’autostoppeur », jamais nommé autrement, homme marié et père de famille, qui pourtant, part régulièrement sur les routes, drogué qu’il est au hasard, aux rencontres et aux conversations inopinées.
Ce roman se remarque d’abord par le style, la façon d’écrire les questions dans les dialogues sans point d’interrogation, donnant ainsi l’impression d’interrogations vagues, ni vraiment nécessaires, ni venues du fond du cœur. Cela donne une tonalité particulière aux dialogues, une langueur, une impression de deux monologues côte à côte.
Sinon, si le versant amitié du roman est convaincant, l’histoire sentimentale m’a laissée de marbre. Il reste que la fin, jolie et poétique, rattrape les passages plus faibles, ou un peu répétitifs.

Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, éditions de L’Olivier, 247 pages.
« Pas plus que moi, ils ne savaient comment tout cela était arrivé, ni pourquoi tout avait basculé si vite en quelques jours. Ils n’étaient pas là pour déterrer l’origine du malheur. Ils s’efforçaient seulement de reconstituer notre famille. »
J’ai enfin lu le Goncourt 2019. J’ai retrouvé avec plaisir le style et l’univers de Jean-Pau Dubois, qui sous ce titre à rallonge, cache un roman plus sombre que la plupart de ses précédents textes, mais jamais dépourvu d’humour ni de foi en l’être humain.
En prison pour deux ans à la prison de Montréal, Paul Hansen revient sur ce qui l’a amené là. Les chapitres alternent entre sa cellule partagée avec Patrick Horton, un Hell’s Angel haut en couleurs, et sa vie remémorée à partir de son enfance. On n’a pas envie de quitter les personnages, que ce soient les parents de Paul, son épouse, les habitants de l’Excelsior où il est gardien et homme à tout faire…
Une lecture savoureuse, avec une construction et un style irréprochables, vous ne me réussirez pas à me faire dire que ce Goncourt n’était pas mérité !

Polars en vrac (6)

Voici mon retour après un dernier mois bien occupé par le remplissage de cartons, puis l’installation, notamment une bonne quantité de livres à placer sur les étagères. Au rayon policier, j’ai fait de belles découvertes parmi mes dernières lectures, meilleures que celles de littérature « blanche ». Des livres issus d’une série, des ouvrages isolés, du roman noir, de l’enquête classique et du thriller, chacun peut y trouver une de ses lectures d’été (quatre sur cinq sont en poche).


octobreSøren Sveistrup, Octobre (Kastanjemanden, 2018), traduction de Caroline Berg,
éditions Livre de poche, 732 pages
« L
es feuilles mortes tombent doucement dans la lumière du soleil, sur la route humide qui coule au milieu de la foret comme un fleuve à la surface noire et lisse. »
Une jeune mère de famille est retrouvée morte dans la banlieue de Copenhague, amputée d’une main. Le duo d’inspecteurs en charge de l’enquête est (bien sûr) assez atypique et les meurtres inexpliqués retiennent l’attention. Mais c’est surtout la construction qui est impressionnante de précision, on y voit tout de suite la science du scénariste de série policière. Ce roman sait déjouer les pièges des pistes trop bien tracées, autant que des dénouements qu’on devine de loin. Pour moi, il joue un peu trop sur les peurs en passant par le truchement d’un esprit pervers particulièrement imaginatif, ce qui me dérange un peu, et paraît une facilité, ou un « truc » destiné à retenir le lecteur.
Un très bon thriller, toutefois, pour qui aime ce genre.

defenseettrahisonAnne Perry, Défense et trahison (Defend and betray, 1992), traduction de Roxane Azimi, éditions 10/18, 416 pages
« Bien des femmes, ayant surpris leur mari avec une servante, étaient obligées de continuer à faire bonne figure. Car c’était à elles qu’on eût reproché de s’être mises dans cette situation délicate, facilement évitable… avec un peu de discrétion. »
Pour ma troisième lecture d’Anne Perry, je retrouve les personnages de William Monk, le policier amnésique et Hester Latterly, l’infirmière, comme dans Un deuil dangereux. C’est vraiment un plaisir, je trouve cette série de plus en plus attachante, et le portrait qui se dessine du Londres victorien ne manque pas de détails et de véracité. Mais qu’en est-il de l’enquête ? Cette fois encore, une maison bourgeoise est le cadre d’un accident qui s’avère un meurtre, commis de plus forcément par un membre de la maisonnée, voire de la famille, celle du général Thaddeus Carlyon, la victime. Même si les tenants et aboutissants se devinent assez facilement, la partie qui se règle au tribunal fait monter la tension et termine le roman de manière redoutable. Efficace !

selfiesJussi Adler Olsen, Selfies (2017), traduction de Caroline Berg, éditions Livre de Poche, 768 pages
« La dernière chose qu’elle vit avant de mourir fut le visage d’une femme qu’elle connaissait bien et qui n’avait aucune raison d’être là. »
Retrouvailles avec le groupe du Département V, ce qui est toujours un plaisir. Cette fois, le focus est mis sur Rose, la jeune femme ayant de plus en plus de problèmes psychiques qui nuisent à son efficacité habituelle, l’empêchent même de venir travailler, mais des coïncidences (un peu grosses ?) vont la placer au cœur de l’enquête. Des jeunes femmes pauvres, mais soucieuses de leur apparence, meurent dans les rues de Copenhague, renversées par un mystérieux chauffard. La construction du roman fait vite comprendre ce qu’il en est, sans pour autant nuire à l’efficacité de la tension narrative, bien au contraire. Le tueur de ce roman se trouve totalement à l’opposé des images habituelles, et c’est un bon point, mais pour moi, ce n’est pas le meilleur roman de la série.

unedeuxtroisDror Mishani, Une deux et trois, (Shosh, 2019), traduction de Laurence Sendrowicz, Gallimard, 2020, 336 pages
« Ils firent connaissance sur un site de rencontre pour divorcés. Il y affichait un profil plutôt banal – quarante-deux ans, divorcé, deux enfants, habite à Guivataïm –, et c’est ce qui la poussa à lui envoyer un message. »
Encore un auteur que je suis depuis ses deux premiers romans. Ici, pas de policier récurrent comme dans le 1 et le 2, mais trois femmes, très différentes, plus ou moins à la recherche d’une rencontre masculine, qui se trouvent successivement face au même homme. Guil a tout du type banal et sans histoire, si ce n’est une légère propension au mensonge, et pourtant, elles s’engagent chacune sur une pente bien dangereuse.
L’auteur fait merveille pour examiner la psychologie des personnages et pour surprendre le lecteur. Les rues de Tel-Aviv constituent un décor inhabituel. Ce roman m’a tenu en haleine pendant les deux petites journées où je l’ai dévoré !

hiverducommissaireMaurizio de Giovanni, L’hiver du commissaire Ricciardi, (Il senso del dolore. L’inverno del commissario Ricciardi, 2007), traduction d’Odile Rousseau, éditions Rivages poche, 267 pages
« En aval, la ville riche de la noblesse et de la bourgeoisie, de la culture et du droit. En amont, les quartiers populaires dans lesquels un autre système de lois et de normes était en vigueur, également ou peut-être encore plus rigide. La ville rassasiée et la ville affamée, la ville des fêtes et celle du désespoir. »
Après une série avec un autre enquêteur, je découvre enfin le commissaire Ricciardi. Naples dans les années 30, voilà qui a tout pour me plaire. L’Italie en cette année 1931 est plongée depuis neuf années (déjà) dans la période fasciste, mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici, tout en faisant peser une ambiance sombre sur l’hiver napolitain. Soirée de première au théâtre San Carlo, pendant laquelle le célèbre ténor Arnaldo Vezzi est retrouvé mort dans sa loge. Le commissaire Ricciardi ne connaît pas l’opéra, il devra se faire aider par un fan de grands airs pour se faire une idée de ce qui s’est passé dans les murs du théâtre.
Les deux gros atouts de ce roman sont la personnalité du policier, et l’atmosphère napolitaine, les deux sont une parfaite réussite, et leur combinaison crée une addiction immédiate à la série. Sans oublier une superbe écriture. J’ai hâte de retrouver le Commissaire Ricciardi au printemps !

Deux pavés pour un billet, ce n’est pas mal, non ?
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