littérature Amérique du Nord

Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney

nousetionslesmulvaneyL’auteur : Née le 16 juin 1938, Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l’âge de quatorze ans. Elle a enseigné la littérature à l’université de Princeton. Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie, plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains (Les Chutes, Blonde, …)
704 pages
Existe en Livre de Poche (2011)
Paru en 1996 sous le titre We were the Mulvaneys Traduit par Claude Seban

 

Il existe une sorte de livre après lequel tous les livres abordant la même thématique vous semblent fades et pour tout dire presque inutiles. Il en va ainsi des sagas familiales américaines après la lecture de Nous étions les Mulvaney. Là où les autres vous promènent sur trois ou quatre générations sur seulement 400 pages, Oates s’en tient à une famille nucléaire tout ce qu’il y a de plus classique et vous garde en haleine sur 770 pages. Bon, ce n’est pas totalement vrai, au début on lit bien quelques paragraphes sur les parents de Michael ou Corinne Mulvaney, mais ensuite tout se concentre autour de ce couple et de leurs quatre enfants, Mike, Patrick, Marianne et Judd.
Tout commence en 1976, lorsque Marianne rentre déboussolée d’un bal du lycée où elle se faisait pourtant une joie d’aller. Marianne, la pom-pom girl, toujours dynamique et souriante, ne sera plus jamais la même après ce viol. A la suite de ce drame, la famille tente en vain de se resserrer…
L’histoire est racontée du point de vue de Judd, le benjamin, devenu journaliste bien plus tard. Ses souvenirs d’enfance joyeux, dans la ferme pleine d’animaux, véritable petit paradis, laisseront la place à des moments plus amers, à une lente décomposition. Le talent de JC Oates éclate à chaque page, les jours heureux sont racontés sans mièvrerie, le drame n’est pas édulcoré, la psychologie de chacun est tellement bien écrite qu’ils prennent vie entre les pages, et chacun à leur manière, nous touchent profondément.
Ce roman vient s’ajouter à mes préférés de cette auteure pour le moins prolifique : Les chutes, Fille noire, fille blanche, La fille du fossoyeur, Le mystérieux Mr Kidder… Bref, inutile d’en parler plus, lisez-le, si ce n’est pas déjà fait !

Extrait : Nous étions les Mulvaney, vous vous souvenez ? Vous croyiez peut-être notre famille plus nombreuse ; j’ai souvent rencontré des gens qui pensaient que nous, les Mulvaney, formions quasiment un clan, mais en réalité nous n’étions que six : mon père Michael John Mulvaney ; ma mère Corinne ; mes frères Mike et Patrick ; ma sœur Marianne et moi… Judd.
De l’été 1955 au printemps 1980, date à laquelle mes parents durent vendre la propriété, il y eut des Mulvaney à High Point Farm, sur la route de High Point, onze kilomètres au nord-est de la petite ville de Mont-Ephraim, Etat de New York, dans la vallée de Chautauqua, cent dix kilomètres au sud du lac Ontario.
High Point Farm était une propriété bien connue dans la vallée – inscrite plus tard aux Monuments Historiques – et « Mulvaney » était un nom bien connu.
Longtemps vous nous avez enviés, puis vous nous avez plaints.
Longtemps vous nous avez admirés, puis vous avez pensé : Tant mieux !… ils n’ont que ce qu’ils méritent.
« Trop brutal, Judd ! » dirait ma mère, gênée, en se tordant les mains. Mais j’estime qu’il faut dire la vérité, même si elle fait mal. Surtout si elle fait mal.

Les avis d’Athalie, Dominique, Inganmic, Papillon, Philisine, Sylire

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64 réflexions au sujet de « Joyce Carol Oates, Nous étions les Mulvaney »

  1. Merci pour le lien ! Comme toi, un roman qui m’avait impressionnée, que j’avais dévoré ( ne pas craindre le nombre de pages ….) , le lent éclatement de cette famille est disséqué au fil d’une plume qui met à jour les failles, même de bonne volonté. Le personnage de la mère, notamment, se révèle, peut-être le plus glaçant. Un léger bémol pour la fin, cependant. « Fille noire fille blanche » et « Les chutes » sont aussi excellents mais je suis loin d’avoir tout lu de cette auteure prolifique effectivement, c’est dur de suivre ! Et comme ce sont des lectures fortes, en général, il semble difficile de les enchaîner sans dommages ….

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  2. C’etait mon premier de l’auteure et certainement pas mon dernier. Apres un petit temps d’adaptation pour rentrer dans le style, j’etais completement dans l’histoire. Les themes sont tres bien traites. Bref, j’ai beaucoup aime.

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  3. Pour moi, cela reste un énorme coup de cœur que je dois à Une Comète qui a bien fait d’insister pour que je ne lâche pas Joyce Carol Oates (après Délicieuses pourritures qui ne m’avait pas convaincue). Quelle écriture, quelle trame ! Franchement elle pouvait se planter sur plusieurs endroits, et elle a assuré ! (c’est aussi un livre qui marque, j’ai encore des scènes en tête)

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    1. Délicieuses pourritures n’a pas été très emballant pour moi non plus, je ne l’ai pas cité parmi mes lectures de JCO d’ailleurs. Les Mulvaney est largement mieux !

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  4. Bonjour Kathel, si Brize refait son challenge « pavé de l’été », je le lirai. Je pense que cela me plaira peut-être plus que « Les chutes ». Bonne après-midi.

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  5. Il y a pour moi, dans « Nous étions les Mulvaney », presque deux romans distincts. Je n’en avais pas aimé la première partie, trop caricaturale dans sa description de la famille américaine idyllique, et contrairement à toi, je l’avais même trouvé assez mièvre.
    Et puis, au moment où le destin des personnages basculent, le récit prend lui aussi un tournant complètement différent, et là, j’avais eu le sentiment de retrouver l’auteure, sa capacité à décrire les effondrements, à dire les blessures, sans concession mais avec sensibilité malgré tout..

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    1. Cette première partie m’a parue fort courte, elle fait l’objet d’un retour en arrière… Je vois que tu ne l’as pas ressenti ainsi… tu parles fort bien de la deuxième partie, si forte.

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  6. Merci de m’avoir orientée vers ce titre (je ne savais plus où donner de la tête dans le rayon Oates à la bibli), j’ai beaucoup aimé ! Je ne vais pas m’arrêter là avec l’auteur 🙂

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    1. Ah, c’est dommage ! C’est vrai qu’il n’est pas dépourvu de longueurs… il y a encore de JC Oates que j’hésite à lire en raison du nombre de pages et pourtant, j’aime l’Amérique qu’elle décrit.

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      1. c’est dommage, moi aussi j’en ai encore 2 – 3 qui me tente. du coup j’hésite. Il faudrait que je mis remettes vite avant que j’oublie le début car je ne me sent pas de le recommencer. Piouf..

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