littérature Amérique du Nord

Joyce Carol Oates, La fille du fossoyeur

filledufossoyeurL’auteur : Née le 16 juin 1938, Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l’âge de quatorze ans. Elle a enseigné la littérature à l’université de Princeton. Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie, plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle s’intéresse également à la boxe. Elle occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains (Les Chutes, Blonde, …)
659 pages
Editeur : Philippe Rey
Traduction : Claude Seban
Préface : Véronique Ovaldé
Titre original : The gravedigger’s daughter

Cet été sera celui de JC Oates avec un deuxième roman lu, et cette fois-ci, un pavé ! La fille du fossoyeur a été inspiré à l’auteur par la vie de sa grand-mère, avec un changement d’époque, puisque Rebecca, narratrice et personnage principal, est née en 1936, presque comme Oates elle-même.
La première partie présente Rebecca jeune maman obligée d’aller travailler à la chaîne pour nourrir son petit Niley, dont le père n’est guère présent. Le retour de l’usine le long d’un chemin de halage où elle est suivie par un inconnu à l’allure étrange met déjà dans l’ambiance, et quelle ambiance !
La suite renvoie dans l’enfance de Rebecca, où elle est la dernière enfant de la famille Schwart venue d’Europe de l’Est et débarquée à New York juste au moment de la naissance de la petite fille. Le père ne s’est jamais remis de ce déracinement, d’avoir laissé famille, vie aisée et travail intellectuel pour une masure de fossoyeur dans un cimetière. A treize ans, Rebecca sera témoin d’un drame familial qui pèsera d’un ombre énorme sur toute sa vie.
Les thèmes de l’identité, des violences faites aux femmes, de la maternité, de la résilience, s’entremêlent à la trame du roman, qui, s’il peut sembler receler quelques petites longueurs, est vraiment saisissant et touchant, et qu’il faut absolument lire jusqu’au bout : il se termine par un échange de lettres qui viennent refermer l’histoire en une large boucle : du grand art !

Extraits : Ces satanées lunettes embuées qui lui blessaient le visage. Elle fermait les yeux, respirait par la bouche ce sale air plein de poussière, ce qu’elle savait ne pas devoir faire. Un instant de honte, annihilant, vivante-ou-morte-quelle-importance, qui la submergeait parfois dans les moments d’épuisement ou de tristesse, et elle prenait à tâtons sur le tapis l’objet qui n’avait plus de nom, plus d’identité ni d’utilité, risquant de se faire happer la main et broyer la moitié des doigts par la presse avant de réussir à secouer son emprise, à se libérer de lui qui parlait avec calme sachant qu’il se ferait entendre malgré le vacarme des machines.
«Voilà pourquoi tu dois dissimuler ta faiblesse, Rebecca.»

Rebecca s’était promis de ne pas commettre d’erreurs avec son fils à cette période de sa vie où il était si petit, où il n’allait pas à l’école. Où un enfant est presque entièrement à la merci de ses parents. C’était pour cela que Rebecca cherchait des mots dans le dictionnaire. Et elle avait aussi des manuels scolaires. Pour faire les choses comme il fallait. Celles qu’on pouvait faire comme il fallait parmi toutes celles où ce n’était pas possible. 

Lu aussi par Claudialucia, DasolaNinaSandrine

Ce sera mon premier pavé de l’été (à retrouver chez Brize) !

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28 réflexions au sujet de « Joyce Carol Oates, La fille du fossoyeur »

    1. Les chutes, c’est le premier que j’ai lu d’elle, pas celui qui m’a le plus marquée. « Nous étions les Mulvaney » j’en ai beaucoup entendu parler, du coup, je ne me presse pas de le trouver. J’ai aussi repéré « Eux » et « La fille tatouée »… entre autres !

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  1. Il faudra plus d’une vie pour lire tout Oates…Mais nous y arriverons ^^ Celui-ci est déjà dans ma PAL (hum…comme une vingtaine d’autres…) et il m’en manque encore tellement !
    Ce titre-ci et « Eux » ont reçu des prix me semble-t-il

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  2. On reprend avec tout en ordre ( cette fois je vais y arriver. Alle je me concentre)) :
    Je l’ai sorti de ma PAL. Ah mais non je suis bête c’est La vallée de la mort. ( oui bon : errare humanum est:))

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    1. J’avais tout compris ! 🙂 J’attendrai ton avis sur la vallée de la mort (raisonnable je suis, je n’ai même pas encore un autre de ses romans dans ma PAL !)

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