littérature Amérique du Nord·rentrée hiver 2013

Joyce Carol Oates, Le mystérieux Mr Kidder

mysterieuxmrkidderL’auteur : Née le 16 juin 1938, Joyce Carol Oates a commencé à écrire dès l’âge de quatorze ans. Elle a enseigné la littérature à l’université de Princeton. Depuis 1964, elle publie des romans, des essais, des nouvelles et de la poésie, plus de soixante-dix titres. Elle a aussi écrit plusieurs romans policiers sous les pseudonymes de Rosamond Smith et de Lauren Kelly. Elle occupe depuis longtemps une place au tout premier rang des écrivains contemporains (Les Chutes, Blonde, …)
170 pages
Editeur : Philippe Rey (2013)
Traduction : Claude Seban
Titre original : A fair maiden

L’été de Katya Spivak, seize ans, semble devoir se poursuivre tranquillement, dans la petite station chic où elle garde deux jeunes enfants, lorsqu’elle est abordée par un vieux monsieur qui l’étonne par l’intérêt qu’il lui porte et par ses manières surannées. Il faut dire que Katya est habituée à un univers bien plus simple, à des formes de relations humaines plus impersonnelles. Lorsque Mr Kidder lui révèle qu’il est artiste, lui demande de poser pour lui, elle a quelques réticences, mais finit par accepter. Cependant, le jeu qu’ils jouent tous les deux semble bien trouble, et pas seulement de la part du vieil homme, Katya ayant sans doute plus de maturité que son jeune âge ne laisse imaginer.
Quand l’envie prend de faire un petit tour dans l’Amérique profonde, un roman de J.C. Oates semble une valeur sûre. Là encore, comme dans Fille noire, fille blanche ou Délicieuses pourritures, pour ne nommer que certains que j’ai lus, elle promène le lecteur à sa guise, le laisse imaginer les motivations de Mr Kidder, et tourne et retourne une situation pas si banale. Quelle maîtrise dans l’étude des caractères, c’est vraiment sa force, mais sans l’écriture, cela n’aurait pas le même sel… Jugez-en vous-même :
Leur conversation, qui semblait capricieuse et légère, aussi imprévisible et spontanée que les cris des enfants jetant leur pain aux oiseaux, suivait en fait un cheminement plus profond, plus délibéré, comme un cours d’eau souterrain impossible à déceler à la surface.
Comment une jeune fille qui rejette, mentalement sinon dans les faits, sa famille, qui rencontre un vieil homme s’intéressant passionnément à elle, passe de manipulée à manipulatrice… Une lecture qui laisse bouche bée !

Extrait : A Vineland, dans les maisons où Katya faisait souvent du baby-sitting, il n’y avait pas de livres à lire aux enfants ; la télé était toujours allumée, que quelqu’un la regarde ou pas. A Bayhead Harbor, chez les gens comme les Engelhardt, tous les enfants recevaient des livres, de beaux livres illustrés avec des personnages d’animaux comme Ballot Lapin, qui parlaient et pensaient comme des être humains et vous faisaient sourire. Quelquefois les livres faisaient peur, mais juste un peu, et ils finissaient toujours bien. Ce qui étonnait Katya, c’était le prix de ces livres. Seuls les gens qui avaient de l’argent pouvaient les acheter et, bien qu’on puisse les emprunter à la bibliothèque, seuls les gens qui avaient de l’argent semblaient le savoir ou s’en soucier.

Les avis de Melo et Stephie.

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44 réflexions au sujet de « Joyce Carol Oates, Le mystérieux Mr Kidder »

      1. J’ai lu plusieurs romans il y a des années, mais depuis Les Mulvaney où j’ai souffert, rien à faire! Ce n’est pas comme si je n’avais rien d’autre à lire! ^_^

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    1. Ah, vraiment ? Dommage, mais c’est vrai que ses atmosphères peuvent mettre mal à l’aise… (moi, du moment que ce n’est pas un auteur français qui essaye les atmosphères malsaines, je peux me laisser faire…)

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  1. Il me tente bien également … A mon avis (très humble), cette auteur écrit de manière assez inégal, mais de manière générale, elle me déçoit rarement. J’ai lu « Nous étions les Mulvaney » (of course), « Les chutes », « Petite soeur, mon amour », « Mère disparue », « La fille du fossoyeur », « Fille noire, fille blanche », « Blonde » et son dernier « Petit oiseau du ciel ».

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  2. Je suis en plein dans « Les chutes » et, comme à chaque fois avec JCO, je ne suis pas déçu.
    Je note ton titre pour une prochaine lecture (car sa production est si riche qu’on a du mal à s’y retrouver. Au moins, là, je sais d’avance qu’il a de grandes chances de me plaire).

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  3. Très tentée depuis sa sortie mais j’essaie d’attendre sagement sa sortie poche (j’ai une PAL Oates scandaleuse en plus…ahum…). En attendant je suis plongée dans « J’ai réussi à rester en vie », assez différent de ses romans 🙂

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  4. je suis dans « j’ai réussi à rester en vie »… et la charge émotionnelle est telle qu’ensuite je vais besoin de souffler.

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  5. Ma romancière favorite mais je préfère ses pavés à ses romans plus courts. Celui-ci me tente malgré tout. Je crois que je vais emmener un de ses pavés pour mes vacances !

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    1. Je viens de finir un pavé justement (allez, je te le dis : La fille du fossoyeur)… mon avis dans quelques jours (semaines ?)
      Bonnes lectures de vacances en tout cas !

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  6. C’est vrai! Il y a une puissance dans son écriture! C’est un de mes écrivains préférés. Elle a pressentie pour le prix Noble de littérature et ne l’a jamais obtenu. On se demande pourquoi! Peut-être est-elle dérangeante? Tu as lu Chutes, et Nous étions les Mulvaneys?

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    1. Oui, il y a sûrement une raison si les Nobel ne l’ont jamais retenu, c’est quelqu’un qui restera parmi les écrivains contemporains… J’ai lu Les chutes, mais c’était le premier, je n’y voyais pas encore les thématiques chères à l’auteure. Par contre Les Mulvaney est toujours dans ma liste à lire !

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