littérature Amérique du Nord·projet 50 états·rentrée hiver 2016

Ron Rash, Le chant de la Tamassee

chantdelatamasseeJe n’aurais pas pu laisser passer une nouvelle parution de Ron Rash, après tant de lectures fascinantes comme Un pied au paradis, Une terre d’ombre ou son recueil de nouvelles Incandescences… et une fois de plus, je l’ai trouvé sans trop attendre à la bibliothèque.
Pourtant, les quelques mots que je savais du roman m’emballaient un peu moins que d’habitude. Pour faire court, Ruth, une fillette de douze ans se noie dans la rivière Tamassee, et à la douleur des parents, s’ajoute le fait que son corps ne peut être remonté, il reste coincé sous des rochers. Comme ce ne serait possible qu’en dressant un barrage provisoire, mais que la rivière est protégée par une loi très stricte concernant les rivières sauvages, remonter le corps devient un sujet éminemment politique, et qui donne lieu à des discussions intenses entre partisans et opposants.
Maggie, photographe de presse, est envoyée par son journal sur les lieux qu’elle connaît bien, puisqu’elle est originaire de la région. Elle est accompagnée d’un journaliste tourmenté, à qui cette affaire, censée le remettre sur les rails, rappelle de bien mauvais souvenirs.
Je suis moins convaincue par ce roman (qui n’est pas vraiment le dernier de l’auteur, mais son deuxième, ce qui explique sans doute bien des choses) que par les précédents lus. Je pense qu’il aurait été possible de l’épurer pour en faire une très bonne nouvelle, au lieu de quoi, il donne plutôt l’impression d’être un peu étiré, avec des pans entiers pas forcément utiles, comme une certaine histoire d’amour naissante, ou les souvenirs d’enfance ou de jeunesse de Maggie (qui est toujours assez jeune, contrairement à ce que ma phrase laisserait imaginer). Bon, je chipote, l’histoire se lit tout de même fort bien, sans ennui, l’auteur étant adepte d’une certaine concision. Les enjeux sont clairs, les positions des différents protagonistes aussi, un certain suspense est entretenu. Les descriptions des paysages de Caroline sont toujours aussi marquantes, et quelques scènes fortes rattrapent des moments un peu plus discutables.
Je ne découragerai pas un fan de Ron Rash de le lire, (et accessoirement de nous donner son avis) mais je ne le conseillerai pas pour découvrir l’auteur, qui a écrit bien plus fort et percutant par ailleurs…

Citations : « Tu es une vagabonde, m’avait dit tante Margaret. C’est la façon que tu as de regarder les montagnes tu veux savoir ce qu’il y a derrière. Et tant que tu ne le sauras pas, tu ne seras jamais franchement satisfaite. » J’avais huit ans et nous étions en train de cueillir des mûres sur le versant est de Sassafras Mountain.

Après la mort, tout dans une maison semble vaguement transformé – la couleur d’un vase, la longueur d’un lit, le poids d’un verre sorti d’un placard. Peu importe le nombre de stores qu’on relève et de lampes qu’on allume, la lumière est plus pâle. Les ombres qui, comme des toiles d’araignées, tapissent les encoignures prennent de l’ampleur et s’épaississent.

L’auteur : Ron Rash est né en 1953 à Chester, en Caroline du Sud. Plusieurs de ses romans sont traduits en français (Un pied au paradis, Serena, Le monde à l’endroit, Une terre d’ombre), ainsi qu’un recueil de nouvelles, Incandescences. Il est actuellement professeur émérite au département d’Études culturelles appalachiennes de la Western California University.
232 pages.
Éditions du Seuil (février 2016)
Traduction : Isabelle Reinharez
Titre original : Saints at the river

D’autres avis : Ariane, Clara, Jostein et Krol. Projet 50 romans, 50 états : Caroline du Sud.
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37 réflexions au sujet de « Ron Rash, Le chant de la Tamassee »

  1. Je suis incapable de dire quel roman de Ron Rash me plaît le plus (je les ai tous lus)… j’ai autant aimé celui-ci que les autres… Allez, peut-être que Un pied au paradis est un poil au-dessus… Mais bon, Ron Rash peut écrire n’importe quoi, je le lirai !!!

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    1. Moi aussi, je lirai les suivants, de toute façon ! Mon préféré est sans doute Une terre d’ombre, même s’il n’incite pas à la rigolade… comme aucun de ses romans ! Mais quel talent pour créer des atmosphères !

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  2. Celui-ci n’est pas mon préféré, j’avais eu un avis mitigé avec Serena mais Un pied au paradis, Une terre d’ombre sont puissants et marquants.

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  3. Ah ! Assez d’accord sur le fait que ce n’est pas le plus fort, le meilleur ( après « Incandescences », il est vrai que…), mais Ron Rash est quand même toujours au-dessus de la moyenne. Lequel conseillerais-tu, toi, pour faire connaissance avec RR ? Difficile, non ? Le premier fut « Un pied au paradis », une vraie belle découverte,n’est-ce pas? Je m’en souviens encore, la fin avec ce bon shériff…J’ai un faible pour « Serena » et ses méchants cyniques

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  4. J’ai encore « Incandescences » dans ma PAL, alors je vais attendre un peu pour celui-ci. J’ignorais que c’était le deuxième, ça m’agace cette manie des éditeurs de les faire paraître dans le désordre.

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    1. C’est le succès de l’auteur qui les pousse à faire paraître une traduction jusqu’alors laissée de côté… Incandescences m’a laissé un très bon souvenir.

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  5. Le succès français des auteurs fait que l’on fasse paraître d’anciens titres ce qui peut nous decevoir. Avec Ron Rash, je trouve souvent les intrigues un peu trop romanesques mais j’adore sa façon de raconter les histoires.

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  6. Comme je n’ai encore lu que « Un pied au paradis », je crois que je peux faire l’impasse provisoirement (attendre la bibli tout du moins) (ma PAL ne te remerciera jamais assez) 😉

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  7. Dans ma pal depuis sa sortie, tes bémols me refroidissent quand même sacrément, j’aurais de loin préféré une bonne nouvelle qu’un roman avec du superflu 😉

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  8. Coucou Kathel, je viens de le finir et comme toi, je reste mitigée ! J’ai lu ton billet après avoir écrit le mien pour ne pas être influencée mais finalement nous sommes d’accord ! ça me rassure… je trouve que c’est toujours un peu triste d’être déçue par un auteur qu’on aime beaucoup.

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    1. C’est dommage, mais rassurant de savoir qu’il s’agit de son deuxième roman non traduit en français jusqu’alors… et pas d’une baisse de forme actuelle, donc ! Vivement le prochain ! 😉

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