littérature Amérique du Nord·mes préférés·rentrée hiver 2014

Ron Rash, Une terre d’ombre

terredombreL’auteur : Ron Rash est né en 1953 à Chester, en Caroline du Sud. Il a écrit à ce jour trois recueils de poèmes, trois recueils de nouvelles, et trois autres romans, Un pied au paradis, Serena et Le monde à l’endroit. Il est actuellement professeur émérite au département d’Études culturelles appalachiennes de la Western California University. En 2013, Susanne Bier a réalisé Serena d’après le roman homonyme.
243 pages
Editeur : Seuil (janvier 2014)
Traduction : Isabelle Reinharez
Titre original : The cove

Le vallon où habitent Laurel et son frère Hank, est sombre et humide, mais c’est là que leurs parents ont installé une petite ferme, bien des années auparavant. Quoique les habitants de la petite ville toute proche considèrent Laurel comme une sorcière, parce qu’elle porte une tache de naissance, les deux jeunes gens se soutiennent mutuellement, et courageusement, d’autant que Hank est rentré de la Première guerre mondiale avec un seul bras. Ce qui n’empêche pas Laurel de ressentir la solitude du lieu plus fortement que son frère, et de regretter de n’avoir pu poursuivre ses études. Jusqu’au jour où un homme se réfugie dans le vallon. Il est muet, certes, mais joue tellement bien de la flûte, et surtout il la considère comme la jeune femme séduisante qu’elle est, si bien que Laurel sent son cœur fondre. Mais si vous connaissez Ron Rash, vous saurez que nous ne sommes pas dans une version début de siècle de « L’amour est dans le pré »…
Quel magnifique roman ! Ça faisait un moment que je ne m’étais pas arrêtée au milieu d’un roman pour reprendre mon souffle après de beaux passages, pour les digérer, et en même temps pour ne pas aller trop vite, et depuis, je suis en attente d’un autre livre avec une atmosphère aussi prenante et de personnages aussi forts. Et puis tout n’est pas livré d’un coup, l’histoire se dévoile petit à petit, c’est un grand plaisir de lecture.
C’est le quatrième roman de cet auteur que je lis et je suis vraiment en admiration devant ce dernier ! J’ai encore des nouvelles en VO en attente (Keisha, ce n’est pas The cove que j’avais en anglais, comme je l’avais écrit chez toi, mais Nothing gold can stay) et je suis sûre de les aimer.
Pour les amateurs, Ron Rash sera au Festival America du 12 au 14 septembre à Vincennes !

Extrait : Maintenant que la moisson était terminée et qu’elle avait cueilli les tout derniers haricots et le maïs, ramassé les dernières pommes de terre, elle pourrait apprendre à lire et à écrire à Walter. Tout annonçait un hiver rigoureux. Des nids d’écureuils s’accrochaient aux branches basses et les chenilles du papillon vitrail se hérissait. La mousse plus épaisse sur les troncs d’arbres aussi. Il y aurait une belle abondance de journées de neige, qu’ils pourraient passer devant la cheminée, les traits et les courbes au crayon noir devenant petit à petit des lettres puis de mots. Elle se servirait des ouvrages que Mlle Calicut lui avait donnés, emprunterait peut-être quelques livres de lecture comme ceux dans lesquels elle avait appris. Mlle Calicut pourrait lui indiquer où acheter une ardoise et du papier réglé. Elle serait institutrice, finalement. Laurel sourit à cette pensée.


Les avis de Keisha, Krol et Jostein.

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47 réflexions au sujet de « Ron Rash, Une terre d’ombre »

  1. Comme moi, tu as lu les quatre parus en français, je l’ai aimé autant que Un pied au paradis, c’est dire.
    Mais oui, le festival, j’espère le voir!

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  2. Il est à la bibliothèque, mais je n’arrive même plus à suivre tous mes auteurs chouchous (la liste s’allonge). On avait été bien copains avec Ron Rash (oui oui .. j’ai une photo) il y a 4 ans au festival America, cette année je ne sais pas si je serai en état d’y aller, on verra !

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  3. Je n’ai pas encore découvert cet auteur non plus, j’ai trouvé Serena chez le bouquiniste, mais elle attend toujours… Mais bon, si tu dis que Ron Rash vient à Vincennes…je suis peut-être cuite 😉

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  4. Ton billet donne sacrément envie, j’avais déjà emprunté son précédent roman à la médiathèque mais je l’avais rendu sans avoir eu le temps de le lire. Je ne ferai pas cette erreur une seconde fois !

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  5. On en vient à regretter que Ron Rash aime autant les nouvelles que les romans. J’ai aimé Nothing gold can stay, mais The Cove est tellement magnifique que j’espérais un autre roman rapidement.

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  6. Je n’ai jamais rien lu de Ron Rash et c’est vrai que son omniprésence sur les blogs me laissait dubitative (on ne se refait pas tu sais), et je craignais des atmosphères vraiment très très sombres, mais je dois dire quand même qu’il va falloir que je m’y colle quand même, parce que des billets comme ça, forcément ça interpelle.
    C’est assez rare de te voir sir enthousiaste , donc je note!

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    1. Je suis contente de ta confiance ! Il faut au moins que tu en lises un… Je ne te conseillerai pas tel ou tel, ils sont tous très bien, fie-toi au sujet qui te parle le plus… 😉

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  7. Tu es le premier billet qui me donne une folle envie de le lire, puisqu’il a déjà un an il paraitra peut-être bien vite en poche, je vais voir ça… Mais aurais je la patience ? ;0) En plus cela fait longtemps que j’ai envie de découvrir cet auteur…

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