littérature Europe de l'Ouest

Aurelia Jane Lee, Un endroit d’où partir t. 1

unendroitdoupartirC’est Anne et le mois belge qui m’ont donné envie de découvrir ce roman que je n’ai pas gagné lors du jeu final, mais qui m’a aussitôt attiré l’œil lors d’une opération Masse critique. Les premières lignes lues pour me faire une idée ont achevé de me convaincre, et d’avoir ainsi l’occasion de découvrir la maison d’édition Luce Wilquin.
Un personnage principal qui se nomme Juan Esperanza Mercedes de Santa Maria de los Siete Dolores pour un roman belge, avouez que ça titille vos appétits de lecture, non ? Juan, pour faire court, est un bébé recueilli par les sœurs d’un couvent, en particulier la jeune Mercedes qui s’occupe de lui comme une mère, jusqu’à ses neuf ans. Déjà prompt à s’approcher des limites, Juan se perd complètement en roulant à toute allure sur son vélo, et est recueilli dans un domaine éloigné, où il devient garçon à tout faire.
Dans cette Amérique latine imaginaire, l’histoire de Juan commence et se poursuit avec des rencontres, des déceptions et des amours, de la prime enfance à l’âge adulte. Il ne s’agit que de la première partie d’une trilogie dont je lirai avec plaisir la suite, car l’histoire est prenante et a trouvé un juste équilibre entre parcours personnel et situations insolites. Peut-être, malgré le côté addictif de l’histoire, Juan reste-t-il un peu insaisissable et  distant, pour le lecteur comme pour les personnes qui l’approchent, mais c’est sa nature…
Roman d’apprentissage et d’aventures, mêlant les thèmes de l’art et de la création, des liens et de la liberté, c’est tout à fait le genre de roman que j’aime, et si l’auteure cite Gabriel Garcia Marquez ou Véronique Ovaldé, j’ai pensé aussi à un pendant masculin et plus méridional de Karitas, lu récemment. A ajouter donc à la liste : Art et roman ! Sa particularité est aussi de n’être pas ancré précisément dans le temps, ni dans l’espace, ce qui en fait une sorte de conte pour adultes d’une harmonie intemporelle.
Voilà, j’espère vous avoir donné envie de faire connaissance avec Aurelia Jane Lee, qui a mis une écriture pleine de vivacité et d’intelligence au service d’une belle histoire, que demander de plus ?

Extraits : Il ne lisait pas trop vite, ne mangeait pas la fin des phrases et semblait, à chaque virgule, regarder à gauche puis à droite comme on le fait à un carrefour avant de traverser. À chaque point, il baissait les paupières un court instant, comme s’il était conscient qu’entre deux phrases, tout un éventail de variantes existait, alors qu’une seule se réaliserait ; et c’était comme s’il rendait par là un hommage silencieux à toutes les éventualités laissées de côté.

Peindre était une seconde nature pour Juan. La transposition de la réalité sur une toile tenait pour lui de l’évidence. Il pouvait manier le pinceau comme il parlait, avec la même facilité, comme s’il n’y avait pas de code entre les deux.

L’auteure : Née à Bruxelles en 1984, Aurelia Jane Lee a étudié la communication ainsi que la philosophie. Elle s’est fait connaître en 2006 avec un premier roman intitulé Dans ses petits papiers. Deux recueils de nouvelles et quatre romans suivent, avant la trilogie Un endroit d’où partir.
247 pages.
Éditions Luce Wilquin (avril 2016)

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23 réflexions au sujet de « Aurelia Jane Lee, Un endroit d’où partir t. 1 »

    1. Mais si, j’en ai, mais pas de billets correspondants, parce que j’ai arrêté trop vite : inutile de s’enquiquiner si ça n’accroche pas. Je peux te citer Ceux du Nord-Ouest de Zadie Smith (trop confus) ou Bienvenue à Oakland d’Eric miles Williamson (trop aigre).

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      1. Je n’en suis pas très étonnée, peut-être l’avais-je noté chez toi ? J’ai lu quelques chapitres pour me donner une idée et j’ai senti que ça ne collait pas entre lui et moi… trop glauque.

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  1. Aurelia Jane Lee est une auteure que j’apprécie, pour son écriture originale et son univers à part. Si tu veux avoir un aperçu de ses autres romans, j’en ai chroniqué quelques-uns sur mon blog. Le principe de la trilogie m’attire beaucoup, et évidement, je ne ferai pas l’impasse sur celle-ci! La comparer à Véronique Ovaldé pour ce titre est prometteur, et ça change de ce qu’elle a pu produire auparavant. Bref; il serait temps que je l’achète 😉

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    1. Je vais aller lire tes billets, de mon côté, c’est une auteure que je ne connaissais absolument pas ! La suite de la trilogie paraît en septembre, je crois… L’auteure déclare avoir voulu explorer un autre style avec ces romans, se lancer dans un projet différent, même si des thématiques qui lui sont chères y reviennent.

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    1. Hé, comme c’est un roman « masse critique », je ne pouvais pas attendre le prochain mois belge pour publier ! Je suis contente d’avoir découvert cette auteure, en tout cas !

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  2. Je rejoins ta réponse à Clara : j’ai encore arrêté deux livres dernièrement et ceux-là je ne les chroniquerai pas car ça finit par être lassant les déceptions. J’en ai fini un autre qui ne m’a pas plu non plus, pas encore écrit de billet cependant. J’ai l’impression d’être dans un sacré tunnel de déceptions 😦

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    1. J’alterne déceptions et lectures plus emballantes, mais j’ai l’habitude : si je n’accroche pas, je vais lire quelques avis pour voir s’il faut vraiment persévérer ou pas, et la plupart du temps, d’autres lectures m’attendent et je laisse tomber.

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  3. Je ne connais ni l’auteur, ni le livre mais ton billet est alléchant ! Pour les déceptions, fort heureusement je les compte sur les doigts d’une main depuis deux ans – mais il faut dire que je reste assez prudente dans mes choix (je suis fidèle à des auteurs, à des genres). Masse critique me permet aussi de faire des choix différents, là j’ai lu un western et j’ai beaucoup aimé (billet à écrire)

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    1. Oui, il faut apprendre à ne pas se allécher par tous les billets positifs ou enthousiastes, mais seulement par ceux qui le sont et qui nous correspondent ! J’attendrai ton western avec curiosité !

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  4. Une auteure inconnue pour moi. Et visiblement un style très nouveau , je vais mettre ce titre dans mes listes qui s’allongent sans fin.

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