Publié dans littérature Amérique du Nord, sortie en poche

Dany Laferrière, L’énigme du retour

enigmeduretourAu moment de choisir dans ma pile à chroniquer ma prochaine proie, c’est le livre à l’apparence la plus modeste qui m’est venu entre les mains. Outre qu’il m’a permis d’enfin découvrir les écrits de Dany Laferrière, il fait le lien entre le Festival Étonnants voyageurs où je l’ai acheté, et le Festival America où l’écrivain d’origine haïtienne sera présent également.

« Le temps passé ailleurs que
dans son village natal
est un temps qui ne peut être mesuré.
Un temps hors du temps inscrit
dans nos gènes. »
Sur le moment, ce roman racontant son retour à Haïti après la mort de son père et trente ans d’exil me semblait idéal pour faire connaissance avec Dany Laferrière, que j’avais écouté avec délice. C’est un conteur inlassable doté d’un sens de l’humour étonnant ! Mais en ouvrant le livre après achat, j’ai eu un moment de frayeur et de solitude en voyant les pages écrites en vers, libres certes, mais en vers tout de même… La poésie et moi, nous ne nous côtoyons que très rarement, et jamais bien longtemps !

« Un bruit mat.
Celui que fait ce gras lézard
en tombant près de ma chaise.
On se regarde un moment. »
Je me suis heureusement rendu compte aussi que certains paragraphes reprenaient une forme de texte plus habituelle, et que le fond et la forme se mariaient tellement bien que rien n’empêchait une lecture plutôt fluide, ponctuée uniquement d’arrêts pour apprécier une formule, relire un aphorisme, savourer quelques lignes ressemblant à un haïku. Dany Laferrière n’a-t-il pas écrit d’ailleurs un livre intitulé « Je suis un écrivain japonais » ? En voici la preuve !

« En fin de compte vous n’écrivez que sur l’identité ? Je n’écris que sur moi-même. »
Donc, comme il le dit avec humour en racontant un entretien avec une journaliste dans un café, Dany Laferrière dans ses romans est son propre sujet, ses pensées, ses doutes et ses souvenirs, son expérience de l’exil, mais aussi sa famille, ce qu’il voit autour de lui. Il est un observateur inlassable et un tantinet cynique, quoique plein de tendresse pour l’humanité en général. Emportée par la narration, je n’ai pas noté beaucoup de phrases pour que vous vous fassiez une idée, mais il suffit d’ouvrir le livre n’importe où pour trouver de ces petits joyaux d’écriture qui donnent le sourire et émeuvent tout à la fois.
Si je le recommande ? Mais oui, ce livre est une parfaite entrée en matière pour faire connaissance avec l’auteur haïtien, permet en outre de faire le lien entre le jeune homme de Port-au-Prince et l’homme de Montréal, entre le fils de son père (exilé lui aussi) et celui qui revoit sa mère après trente ans, entre l’exilé et celui qui retrouve enfin les saveurs et les couleurs de son pays. Je ne regrette pas cette découverte assez fascinante, et réfléchis déjà à ma prochaine lecture de l’auteur. Auriez-vous des recommandations à me faire ?

L’énigme du retour de Dany Laferrière, (Grasset, 2009) édition Livre de Poche (2011) 280 pages.

Les avis de Luocine et Sylire.

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35 commentaires sur « Dany Laferrière, L’énigme du retour »

    1. Tout au long du livre, il alterne les deux formes… ça se lit bien ! Mais tu peux toujours commencer par un autre, je ne pense pas que tous ses livres soient écrits de cette manière. (une LC peut-être, à voir au-dessus ?)

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  1. J’adore cet écrivain. Ses livres bien sûr qui me plaisent à chaque fois. Mais l’homme est extraordinaire à chaque fois que je l’entends il me donne confiance dans l’humanité .

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      1. Ca me dirait bien, pour Québec en novembre mais je publierais plutôt mon billet le 5 ou le 6 novembre (le 4 est un dimanche, non ? c’est réservé à la poésie chez moi 😉 ) Ce serait une LC auteur, ou un titre en particulier ?

        Aimé par 1 personne

  2. Merci pour le lien ! C’est un des premiers livres audio que j’ai lus. C’était en 2010.
    Moi je te conseille « le cri des oiseaux fous » , qui raconte la nuit de son départ d’Haiti. C’est un livre magnifique.

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  3. J’aime beaucoup cet auteur, son écriture, ses réflexions, mais ce roman-ci, je l’ai « lu » en audiolivre et j’ai eu un peu de mal à entrer dedans.

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    1. Mais oui, bien évidemment ! C’est donc Je suis un écrivain japonais et c’est le 4 novembre. J’avoue que je n’aurais pas forcément pensé à Dany Laferrière pour Québec en novembre si Valentyne ne l’avait pas évoqué.

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