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Mario Falcone, L’aube noire

aubenoireL’aube noire est tout à fait le genre de polar, ou roman noir, que je cherche habituellement et qui n’est pas si facile à trouver. Un polar ayant une construction solide, un arrière-plan historique, géographique ou social (ou tout à la fois) réaliste, ne s’égarant pas dans des scènes de violence inutiles, et dépourvu d’invraisemblances… Dans ce cas, le décor très bien planté contient de plus un élément de tragédie qu’une personne connaissant bien l’histoire de la Sicile aurait deviné avant moi, et que je ne vous révélerai pas, pour peu que vous n’ayez jamais lu la quatrième de couverture. Oui, je vous choie, je vous bichonne côté surprises, croyez-le !
Sur quatre ou cinq mois, d’août à septembre 1908, le roman suit un bon nombre de personnages, et trace un tableau vivant de la ville sicilienne de Messine au début du XXème siècle. Le lieutenant de carabiniers Marco Sestili mène l’enquête sur la mort d’une jeune fille, survenue lors d’une fête populaire qui anime toute la ville, et il n’hésite pas à fouiner du côté de la puissante famille Torielli, les employeurs de la jeune fille. Puis se succèdent ce qui semblent être des règlements de compte entre différents clans de la mafia. Marco est pratiquement le seul à essayer d’y voir un lien avec la première affaire, et à vouloir pousser plus loin.
Ce roman possède vraiment beaucoup de qualités, il dépeint tout ce petit monde de manière expressive et juste. Les décors varient souvent, du palazzo à la maison close, du petit restaurant au cercle de jeu. Malgré le nombre de personnages, le roman reste parfaitement clair, et facile à suivre pour le lecteur, en lui laissant une petite longueur d’avance. J’aurai juste un léger bémol, le trait est un peu appuyé quant à la psychologie des personnages, mais ils ne sont pas monolithiques, et peuvent même créer quelques surprises en n’allant pas toujours dans la direction attendue.
C’est un premier roman, dont l’auteur est scénariste, ce qui explique sans doute la construction sans faille.

 

Extrait : Il lui semblait que cette ville, habituellement calme et un peu ennuyeuse, cachait une rage de vivre et attendait des moments exceptionnels pour exploser de joie et dévoiler sa vraie nature. Quant cela se produisait, à l’occasion de la fête de la Vara, par exemple, un étrange frisson de folie flottait dans l’air. Sestili le sentait, le voyait presque sur les visages défaits par la chaleur qui passaient devant lui.

L’auteur : Né à Messine en 1952, Mario Falcone vit aujourd’hui à Rome. Scénariste, il a signé pour la télévision italienne de grands succès parmi lesquels La guerre est finie, Einstein et Enzo Ferrari. L’Aube noire est son premier roman.
416 pages
Éditeur : La table ronde (2013)
Sorti en poche en Folio (2015)
Traduction : Carole Cavallera
Titre original : L’alba nera

Noté chez Dominique ! Défi italien Il viaggio chez Eimelle.
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26 réflexions au sujet de « Mario Falcone, L’aube noire »

  1. Bonjour Kathel, après la mafia romaine de nos jours, ce roman se passant au début du XXème siècle me tenterait bien. Et puis cela se passe en Sicile, tout pour me plaire. Bonne après-midi.

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