littérature Amérique du Nord·projet 50 états·rentrée automne 2015

Brian Morton, La vie selon Florence Gordon

vieselonflorencegordonRentrée littéraire 2015
L’auteur :
Brian Morton est un auteur américain, né en 1955 à New York. Après ses études, il a travaillé dans l’édition et est devenu enseignant. Il est également l’auteur de Une fenêtre sur l’Hudson et Des liens trop fragiles.
302 pages
Éditeur : Plon (août 2015)
Traduction : Michèle Hechter
Titre original : Florence Gordon

Je ne connaissais pas Brian Morton, c’est son troisième roman traduit et publié en France, mais les premières lignes m’ont attrapée et donné très envie de mieux connaître Florence Gordon. J’ai eu ensuite le plus grand mal à sortir le nez de ce livre.
L’auteur a créé un superbe personnage féminin, une grand-mère pas vraiment indigne, mais un peu raide avec ses proches, vivant dans son monde, absorbée par ses recherches sur le féminisme dont elle est l’une des pionnières américaines, et par l’écriture de ses mémoires, activités qui laissent peu de place à une vie sociale, que ce soit avec son fils, sa petite-fille, sa belle-fille ou son éditeur. C’est précisément au moment où sa famille revient vivre à New York pour quelques temps, chacun d’entre eux pour des raisons différentes, que commence le roman, et on ne peut pas dire que Florence s’en réjouisse.
Ce roman déborde d’humour, un humour que je qualifierais de new-yorkais ou de juif new-yorkais, si cela veut dire quelque chose ! J’ai posé un bon nombre de marque-pages virtuels pour pouvoir relire les traits d’esprits de la vieille dame, les pensées silencieuses de son entourage, ou les analyses de l’auteur sur les personnages qu’il a créés. Car j’ai souri souvent dans ce roman, aussi souvent que je me suis arrêtée sur des phrases qui ne m’ont pas laissée insensible, qui ont provoqué un petit temps d’arrêt où j’ai applaudi à leur vérité. Les thèmes des relations personnelles, familiales en particulier, du féminisme, et du vieillissement, thèmes qui traversent le roman, me l’ont rendu plus que sympathique, et quasiment indispensable !
Si j’ai un reproche à faire à ce roman, c’est qu’il est un peu court. D’aucuns pourraient trouver la fin un peu rapidement menée, mais, si on y réfléchit, c’est exactement celle que Florence Gordon aurait souhaitée. Mais enfin, où va-t-on, si les personnages se mettent à dicter la fin des romans aux auteurs ?
Bref, je le recommanderai volontiers, pour sa liberté de ton, liée à une empathie certaine pour les personnages.

Citations : Il sentit dans l’entrée une odeur indéfinissable quoique inimitable : pommes de terre bouillies, liquides détergents, vieux marbre usé et tristesse de vieux Juifs. Cette odeur, celle de tous les immeubles de l’Upper West Side, il la connaissait depuis l’enfance.
L’ascenseur était de l’histoire ancienne ; tandis qu’il s’élevait lentement, il eut la sensation très étrange de remonter le temps. Comme s’il y était entré avec son moi de quarante-sept ans et se retrouvait au cinquième étage en jeune garçon.

Janine commanda un autre verre de vin et jeta un coup d’œil à sa montre. Une rencontre avec Florence était toujours désagréable. Mais étrangement, désagréable chaque fois d’une façon différente. C’était peut-être le tribut qu’il fallait payer à son caractère. Florence trouvait toujours le moyen de vous surprendre.

Peut-être que l’idée que nous nous faisons de ceux que nous aimons se fige avec le temps. Nous avons d’eux une vision fixe et limitée et nous finissons par imaginer qu’ils sont eux-mêmes fixes et limités.


L’avis de Cuné, conquise aussi.
Merci à NetGalley pour cette découverte.
Projet 50 romans, 50 états, l’état de New York : voilà, c’est fait, ce n’était pas le plus difficile à trouver !
liseuse_cybook

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48 réflexions au sujet de « Brian Morton, La vie selon Florence Gordon »

  1. Chouette, un roman un peu court ! En cette rentrée, je les trouve plutôt un peu longs les romans, alors… En tout cas, je ne connaissais pas non plus cet auteur qui semble être une belle découverte…

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    1. Il n’a pas de longueurs inutiles, au contraire elles sont justifiées.
      Sinon, je me souviens avoir offert « Une fenêtre sur l’Hudson » à un amoureux de New York, mais je n’ai pas sollicité son avis ensuite. 😉

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  2. Très tentée, je le note pour mon mois américain chez Titine (je sens que j’ai les yeux plus gros que le ventre), une vieille dame pas tout à fait indigne mais un peu raide quand même ? Je ne peux qu’adhérer…(et d’autant plus à l’humour juif new-yorkais 😉
    J’admire ta constance sur ce challenge énorme des 52 états…

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    1. Constante, moi ? J’adore la littérature américaine, ce n’est pas difficile. Et tu rediras ça dans cinq ans quand il me restera toujours les quinze ou vingt états qui ne comptent pas d’auteurs aussi faciles à trouver que New York ! 😉

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  3. Oh non ! comme Jérôme .. ma Pal ne cesse de grandir ! Mais ce personnage a tout pour me plaire ! J’adore les mamies avec du caractère et cet humour ! J’ai passé quelque temps à NY chez un type dont la mère était juive de l’Upper East Side donc ça me parle! Je le note (encore un!) mais bon le prix doit être petit ??

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  4. J’ai failli l’acheter cet après-midi mais je ne me souvenais plus trop du billet de Cuné, si elle avait aimé ou moyen. Mais vu que vous êtes deux à être conquises, je le note 🙂

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