Aharon Appelfeld, Les partisans

partisansL’auteur : Aharon Appelfeld est un romancier israélien. Il est né en 1932 en Roumanie, de parents juifs germanophones. Sa mère est tuée en 1940, Aharon Appelfeld connaît alors le ghetto, la séparation d’avec son père et la déportation dans un camp en 1941. Il s’en évade à l’automne 1942 et se cache dans les forêts d’Ukraine pendant plusieurs mois. Avec un groupe d’adolescents orphelins, il arrive en Italie où il s’embarque pour la Palestine. Diplômé de l’Université de Jérusalem, il se tourne à la fin des années 50 vers l’écriture. Il a longtemps enseigné la littérature à l’Université Ben Gourion du Néguev.
320 pages
Éditions de l’Olivier (mai 2015)
Traduction : Valérie Zenatti
Titre original : Ad hod ha-Tsa’ar

Si on lit quelques éléments de biographie d’Aharaon Appelfeld, on remarque que sa vie inspire en grande partie son œuvre, pourtant ses livres sont intitulés romans. Son dernier roman, Les partisans, commence ainsi : « Je m’appelle Edmund et j’ai dix-sept ans. » Edmund est un jeune homme qui a fui au moment où ses parents ont été déportés et à rejoint d’autres partisans juifs dans une forêt ukrainienne. Leur chef, Kamil, de profonde conviction religieuse, admet cependant d’autres tendances au sein du groupe qui s’étoffe petit à petit, des femmes et des enfants égarés s’y joignent même. La dureté de l’hiver les oblige à voler pour se nourrir et se réchauffer, en récupérant parfois des biens spoliés à des juifs, avant de mettre en œuvre des attaques contre les Allemands, qui vont faire une priorité, avant de se replier, de tenter d’abattre ces partisans.
Comme dans Le garçon qui voulait dormir, l’auteur raconte cette histoire, qui peut-être est son histoire, par phrases courtes, aussi précises que poétiques, prend parfois le chemin de traverse du rêve, pour mieux revenir à la réalité tranchante. La petite musique envoûtante des mots, la force des personnages, en font une très belle lecture.

Extraits : Il a pour projet d’organiser des soirées de réflexion, mais nous manquons de textes. Pendant des années, les livres étaient notre préoccupation principale et voici que nous avons été brutalement séparés d’eux. Comme il est étrange que nous nous soyons si vite habitués à vivre sans livres. Parfois, dans l’après-midi, j’ai la sensation d’un livre entre les mains, à l’heure où j’avais l’habitude de m’installer dans un fauteuil.

L’armée gigantesque postée le long des routes et des fossés ne nous laissera pas de repos. Un jour, l’ordre de nous encercler sera donné et on nous écrasera. La fuite qui nous a menés là est une illusion, pour ne pas dire une tentative d’autopersuasion. L’empire qui décide d’exterminer un peuple l’exterminera. Il a tout son temps. Il nous laissera piétiner dans la boue encore un mois, peut-être deux.

Lu aussi par Claudialucia et Mirontaine.

18 commentaires sur « Aharon Appelfeld, Les partisans »

  1. Merci pour to billet. D’Appelfeld, je n’ai lu que Tsili, et la lecture de Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, sa traductrice, m’a doné evie de lire u autre Appelfeld. Celui-ci m’est tombé dans les mais en librairie, je l’ai laissé mais il y en a d’autres en poche…

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  2. J’ai trouvé le temps des prodiges en librairie d’occasion sans connaître cet auteur. Je découvre donc son histoire (et qui me fait penser à ce film qui montrait tous ces juifs cachés dans les forêts d’Ukraine pendant la guerre). J’ai encore plus envie de le lire à présent !

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    1. Je ne connais pas ce film, ou je l’ai oublié… J’espère que tu aimeras Le temps des prodiges et nous donnera envie de le lire !

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  3. Cela parait difficile de faire la part d’autobiographie? Mais très intéressant (j’ai bien sûr lu histoire d’une vie)

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    1. Ce n’est pas gênant de ne pas savoir ce qui est autobiographique ou pas… ses souvenirs sont manifestement très forts (comment pourrait-il en être autrement ?) et les personnages principaux ont des traits qui lui appartiennent sans doute.

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  4. Ma bibliothèque ne l’a pas encore, ils l’auront à la rentrée je pense. Il brasse toujours plus ou moins le même thème, mais je le lis toujours avec intérêt. Et la plume est belle.

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  5. Bonjour Kathel, c’est chez Miriam que j’ai découvert ce livre, elle en dit aussi beaucoup de bien. Je l’ai noté même si je ne suis pas trop « récit ». Bonne après-midi.

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  6. Oserai-je avouer que je n’ai pas encore lu Aharon Appelfeld et je ne sais pas pourquoi… souvent je regarde ses livres, je les feuillette et pfff, je pars avec d’autres 😉

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  7. Je me suis tournée vers cet auteur suite à un entretien de Zenatti qui est sa traductrice, qui évoquait le fait d’être juif, comme être un combattant aussi et pas seulement une victime. Il est noté depuis, tu enfonces le clou.

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    1. J’avoue que j’ignorais cet aspect des juifs combattants pendant la seconde guerre mondiale, c’est l’un des intérêts du roman.

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