littérature Moyen-Orient

Aharon Appelfeld, Le garçon qui voulait dormir

garçonquivoulaitdormirL’auteur : Aharon Appelfeld est un romancier israélien. Il est né en 1932 en Roumanie, de parents juifs germanophones. Sa mère est tuée en 1940, Aharon Appelfeld connaît alors le ghetto, la séparation d’avec son père et la déportation dans un camp en 1941. Il s’en évade à l’automne 1942 et se cache dans les forêts d’Ukraine pendant plusieurs mois. Avec un groupe d’adolescents orphelins, il arrive en Italie où il s’embarque pour la Palestine. Diplômé de l’Université de Jérusalem, il décide, à la fin des années 50, de se tourner vers la littérature et se met à écrire, en hébreu. Il a longtemps enseigné la littérature à l’Université Ben Gourion du Néguev. Homme de gauche, membre de Parti travailliste, il est marié et a trois enfants.
297 pages
Editions de l’Olivier (avril 2011)
Sorti en poche (Points)
Traduction : Valérie Zenatti

Inspiré des souvenirs d’Aharon Appelfeld, le roman met en scène Erwin, un adolescent orphelin, d’origine roumaine, réfugié avec d’autres, dans un camp près de Naples. La guerre est finie, et ce jeune homme a passé la plus grande partie du trajet qui l’a amené là à dormir. A peine se réveillait-il pour boire, puis retomber dans un sommeil des plus profonds. Les autres réfugiés, dont certains étaient partisans de le laisser derrière eux, l’ont surnommé « le garçon du sommeil ». Quand il revient à la vie, il reste sujet à des rêveries éveillées et à des rêves intenses, qui alternent avec les entraînements physiques prodigués par Efraïm, qui destine ces jeunes à aller coloniser la Palestine.
L’écriture est sobre, de cette sobriété qui porte en elle l’émotion, et les événements les plus simples en sont d’autant plus touchants, comme lorsque le garçon croit reconnaître parmi les réfugiés, à cause d’une attitude, d’un geste, son oncle Arthur ou sa tante Betty. Ces jeunes qui sont encore presque des enfants transportent partout avec eux leur famille disparue, dans leurs rêves ou dans leurs tentatives de suivre le chemin que leurs parents leur auraient tracé. L’un veut écrire comme son père, un autre jouer du violon comme sa mère le souhaitait, un autre améliorer ses dessins…
Ce roman très touchant permet aussi de mieux connaître les premières années de l’état juif créé en Palestine, d’imaginer le rôle de ces jeunes déracinés à qui on présentait un nouveau pays, une nouvelle vie, jusqu’à un nouveau prénom… J’ai été séduite par l’écriture qui ne cherche pas à faire de l’esbroufe et je prolongerai cette lecture avec L’histoire d’une vie, qui revient sur un épisode antérieur de la vie d’Aharon Appelfeld, lorsqu’il fut séparé de son père, et sur d’autres pans de sa vie.

Extrait : Non loin de notre carré de tentes, les réfugiés vivaient dans la tristesse. Nous les apercevions lors de la course du matin ou au retour de l’entraînement dans les champs, et lorsque nous passions devant leurs baraques, nous les entendions parler notre langue maternelle. Ils vivaient encore dans les ghettos et les camps, faisaient du trafic de marchandises et devises. De leurs baraques s’échappaient des effluves de plats cuisinés qui faisaient surgir des visions de la maison, comme un fait exprès.

Pour Papillon c’est « un des romans les plus émouvants qu’elle ait lu depuis longtemps » pour Malice « un livre magnifique et très paisible »

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32 réflexions au sujet de « Aharon Appelfeld, Le garçon qui voulait dormir »

  1. J’aime beaucoup cet auteur, notamment son autobiographie « Histoire d’une vie » qui est dans mon Panthéon des plus beaux livres lus 🙂 Je note donc celui-là !

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  2. Je me laisserais peut-être tenter, bien que ce ne soit pas ce que j’ai envie de lire en ce moment…je vois qu’il est traduit par V. Zenatti qui vient de sortir Jacob, Jacob, chez le même éditeur.

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