littérature Amérique du Nord·premier roman

Emily St. John Mandel, Dernière nuit à Montréal

derniere nuit a montreal.inddL’auteur : Emily St. John Mandel est un écrivain canadien anglophone née en 1979 en Colombie Britannique qui vit aux États-Unis. Elle a étudié à The School of Toronto Dance Theatre. Son premier roman, Dernière Nuit à Montréal a été finaliste du ForeWord Magazine’s 2009 Book of the Year. Son troisième roman, le premier publié au Canada, est The Lola Quartet (2012). Elle vit à Brooklyn.
240 pages
Editeur : Rivages (août 2012) sorti en poche
Traduction : Gérard de Chergé
Titre original : Last Night in Montreal

Commençons l’année avec ce roman pour lequel je n’avais pas d’attente particulière, et qui m’a plus passionnée que prévu.
Il s’appelle Eli, il est étudiant en linguistique, et vit à Brooklyn. Elle se nomme Lilia, elle vivait avec Eli, mais dès les premières pages, elle disparaît, sa petite valise était prête dans l’entrée, ce qui ne laisse pas de doutes sur la fuite volontaire. Lilia « ne sait pas rester », elle a passé son enfance en cavale avec son père venu une nuit l’enlever à sa mère, et depuis, elle est perpétuellement entre deux adresses. Mais maintenant qu’elle est majeure et ne risque plus rien à être retrouvée, le seul endroit où elle n’a pas posé ses valises est Montréal. Eli n’aura de cesse de retrouver Lilia, et surtout de comprendre… Il y a aussi Christopher, le détective qui n’arrive plus à se défaire de son obsession pour Lilia.
Le premier chapitre est très prometteur, avec de plus un style qui ne laisse pas indifférent, et déjà pas mal d’éléments posés entre les lignes. Il ne faut pas s’attendre à des rebondissements toutes les trois pages, ne venez pas chercher un thriller dans ce livre. On est plutôt dans un roman noir où ce qui importe est la psychologie des personnages : la fuite perpétuelle de Lilia, le mal-être de Christopher, l’opacité de la mère de Lilia, la souffrance de la fille de Christopher. Certaines scènes sont très touchantes. Je croyais avoir affaire à un bon polar, ce roman est bien mieux et bien plus que ça. A l’histoire de Lilia se mêlent des réflexions sur les langues : l’isolement des anglophones au Québec, mais aussi les études d’Eli sur les langues qui disparaissent dans le monde, ou le goût de Lilia pour les langues et la traduction.
L’ensemble donne un premier roman fort intéressant, et une auteure à suivre !

Extrait : Lilia avait une photo d’elle, prise dans son enfance, apparemment la seule photo qu’elle eût en sa possession. C’était un polaroïd décoloré, réduit à une pâleur laiteuse par le soleil et les années : une petite fille est assise sur un tabouret au comptoir d’un diner. Une bouteille de ketchup est en partie cachée par son bras. La serveuse, casque de boucles blondes et lèvres boudeuses, est penchée en avant sur le comptoir. Le photographe est le père de la petite ; ils se sont arrêtés dans un restaurant, quelque part au milieu du continent américain, après avoir longtemps roulé. Le visage luisant de la serveuse laisse deviner la chaleur caniculaire de l’après-midi. Lilia affirmait ne pas se rappeler dans quel état le cliché avait été pris ; en revanche, elle se rappelait très bien que c’était le jour de son douzième anniversaire. La photo était restée accrochée au-dessus du lit, unique touche personnelle de Lilia, depuis le soir où elle avait emménagé dans l’appartement. Mais quand Eli regarda, cet après-midi-là, la photo avait été enlevée, la punaise soigneusement réintroduite dans le mur.

Repéré chez BMR et MAM et Cathulu, mais Cuné lui trouve des défauts. Trouvé à la bibliothèque.

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18 réflexions au sujet de « Emily St. John Mandel, Dernière nuit à Montréal »

  1. Je ne la connais pas, mais ce roman semble de ceux qui me plaisent en ce moment : des livres qui me tiennent au chaud toute la journée, colonisée par mes chats, le froid derrière la fenêtre… 😉

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  2. J’avais bien aimé aussi, même s’il n’y a pas un suspense insoutenable et qu’on devine longtemps à l’avance ce qui nous est révélé à la fin. Disons que c’est un roman qui a du charme.

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