littérature îles britanniques·premier roman·rentrée automne 2014

Benjamin Wood, Le complexe d’Eden Bellwether

complexededenbellwetherRentrée littéraire 2014
L’auteur : Benjamin Wood, né en 1981, grandit dans le nord-ouest de l’Angleterre, dans une maison transformée par ses parents en maison de retraite. Il quitte l’école à dix-sept ans, souhaitant se consacrer à la musique comme compositeur et chanteur. Puis, il retourne à l’université, étudie l’écriture et obtient un diplôme aux Etats-Unis. Le complexe d’Eden Bellwether, son premier roman, a reçu d’excellentes critiques en Angleterre, et le prix du premier roman Fnac.
494 pages
Editeur : Zulma (août 2014)
Traduction : Renaud Morin
Titre original : The Bellwether revival

Je reviens rarement de la bibliothèque avec les livres que j’étais venue chercher, d’autant quand une nouveauté à la couverture aussi remarquable semble m’attendre là tout exprès ! Et un achat de moins, un !
Tout commence par une rencontre, un soir d’octobre, à Cambridge. A cause d’un air d’orgue plus aérien que ce qu’il a jamais entendu, Oscar, jeune aide-soignant dans une maison de retraite entre dans une chapelle du campus et assiste à l’office. Une jeune fille attire son attention, et ils discutent à la sortie, Iris est la sœur du jeune organiste, Eden Bellwether. Rapidement, Oscar, qui vient d’un milieu modeste, fréquente la riche famille Bellwether et le cercle restreint des amis de Iris et Eden.
Le roman se focalise alors sur la personnalité hors normes d’Eden, manipulateur, égoïste, avec cependant un certain charme, et obsédé en particulier par la musique et ses effets sur les auditeurs.
On ne peut pas vraiment qualifier ce roman de « roman de campus », car les enfants Bellwether vivent à l’extérieur, et non en internat, et bénéficient d’une annexe à la maison de leurs parents, qui possède même un orgue où Eden peut répéter, et procéder à des expérimentations que je ne vous dévoilerai pas. Cette liberté de mouvement et cette très grande aisance financière permettent le développement de l’histoire. Heureusement, Oscar vient en contrepoint, même si on peut se demander ce que ce groupe d’amis et cette famille très favorisés ont pu lui trouver pour s’attacher à lui aussi vite. C’est une petite faiblesse du roman que d’être un peu vague sur les liens entre les personnages, et comment ces liens se sont établis.
Sinon, l’histoire est particulièrement bien construite, sans temps morts. Les personnages, dont je n’ai pas parlé jusqu’alors, du vieux monsieur dont Oscar s’occupe à la maison de retraite, et de l’ami de celui-ci, psychologue spécialiste des troubles de la personnalité narcissique, ajoutent une dimension passionnante et solide au texte. Les rebondissements se succèdent, et hormis la fin qui n’est pas celle que j’aurais imaginée, j’ai apprécié de bout en bout cette lecture. Pas un coup de cœur, mais pour un premier roman, c’est une belle découverte, et j’espère que l’auteur continuera à écrire.

Je chipote peut-être un peu, mais j’ai repéré une erreur scientifique qui aurait pu être corrigée (j’ai noté page 244, mais je n’ai plus le livre sous la main). Il s’agit d’un personnage qui avance, tournant le dos au soleil couchant, et son ombre diminue au fur et à mesure qu’il avance… ça ne vous étonne pas, vous ?

Extrait : Eh bien, poursuivons cette piste, dit Eden en buvant une petite gorgée de vin. Si je te disais qu’il y a des musiques qui rendent heureux, et d’autres qui rendent triste, tu ne serais pas en désaccord avec moi ?
Oscar haussa les épaules.
« Soit.
– Eh bien, Mattheson croyait, et je le crois aussi, que les compositeurs ont le pouvoir d’affecter et de manipuler tes émotions, tes passions, comme disait Descartes. Par leur musique, ils sont tout à fait capables de te faire ressentir tout ce qu’ils veulent que tu ressentes. Un peu comme une expérience chimique : si des éléments sont associés selon une certaine formule tu obtiens une certaine réaction. Tu trouves que je vais trop loin ?

Beaucoup d’autres avis, j’ai nommé Cachou, Cécile, Cuné, Lewerentz, Papillon, Sandrine, Séverine, Yv

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49 réflexions au sujet de « Benjamin Wood, Le complexe d’Eden Bellwether »

  1. Tu as tout à fait raison quand tu dis qu’on ne voit pas comment tout le monde s’est attaché si vite à Oscar. Est-ce que tu n’as pas été gênée par le manque de repère temporel (ou la répétition). A plusieurs reprises, Oscar dit ne pas avoir été au restaurant avec Iris depuis plusieurs moi ou qu’il connaissait Eden depuis plusieurs mois. A force de lire plusieurs fois ces phrase, j’avais l’impression que l’histoire se passait sur plusieurs années, mais en fait non, c’est seulement sur une année.

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    1. J’ai eu un peu l’impression de ne plus trop savoir combien de temps s’était passé, c’est vrai, mais j’ai cru que ça venait de moi, que je n’avais pas été assez attentive. En fait d’attention, c’est l’éditeur (britannique) qui en a peut-être manqué un peu ?

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  2. J’hésite devant ce roman ; donc pas d’urgence à le lire. (heu l’ombre et le soleil couchant, j’ai pu expérimenter encore samedi, il y a un lézard ..)

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  3. Je l’ai ressorti et ai lu la page 244 bien sûr, oui, il y a une erreur, mais minime étant donnée la qualité du reste du bouquin. Tu chipotes, oui, mais c’est bien, j’aime bien, d’ailleurs, je suis déçu je ne l’ai pas remarquée…

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    1. J’ai lu et relu la phrase en me disant que quelque chose n’allait pas. Il faut dire que je suis toujours un soupçon plus attentive s’agissant de traductions. Tu devais être plus pris que moi par l’histoire si tu n’as pas vu.

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  4. A la lecture de ton billet et des commentaires qui suivent, je regrette (presque) d’avoir reposé ce roman sans en dépasser la 100ème page … J’avais une énorme impression de déjà-vu, d’être dans un roman de Donna Tartt notamment … Dommage !

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      1. J’ai vu que son second roman sortirait en mars 2015 en Angleterre. L’histoire d’un peintre dans le Londres des années 50 et dans une île turque chargée d’histoire…

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  5. aaaah je n’avais pas tilté sur l’erreur, effectivement!!! 🙂
    et en fait pour moi Oscar est utilisé un peu au début, la famille ne s’y attache pas trop (enfin la soeur ensuite) mais sur le moment j’ai senti surtout l’envie de la part d’Eden de le « manipuler », nan?
    enfin comme tu dis pour un premier c’est quand même franchement pas mal (moi je lui ai surtout trouvé quelques longueurs…).

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    1. C’est vrai qu’Eden est tenté de le manipuler, mais on peut se demander alors : pourquoi lui ? parce qu’il n’est pas étudiant et pas du même monde que les Bellwether ? Je n’ai pas été trop gênée par les longueurs, je l’ai dévoré en trois jours.

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  6. Bonsoir Kathel, je vais écrire bientôt un billet sur ce roman. J’avoue avoir été déçue: pas du tout été intéressée par l’histoire. Heureusement qu’il y a Oscar mais ce n’est pas suffisant. Les malheurs de Benjamin m’ont laissée froide. C’est un personnage sans consistance. A part ça, c’est bien écrit; de là à lui donner le prix du roman Fnac, je m’interroge. Bonne soirée.

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    1. C’est Eden que tu trouves sans consistance ? Je comprends qu’on puisse ne pas accrocher, les avis commencent à être très partagés, tant mieux. Parmi les jurés Fnac, il en était sans doute dans ton cas, après c’est une question de nombre… et aussi des autres livres qui étaient en concurrence… Bonne journée, Dasola.

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  7. Je l’ai noté chez Papillon , et là vraiment, ça me donne encore plus envie de le découvrir (malgré tes quelques réserves)

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  8. Celui-ci, il me le faut. Je pnese qu’on me l’a offert mais il faudrait que je fouille dans la méga pile… qui est un peu chez moi. Et moi, pas chez moi… bref, je le lirai!

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