Publié dans littérature Amérique du Nord, policier

Shari Lapena, L’étranger dans la maison

etrangerdanslamaison« Est-ce que c’est ça, « sentir son monde s’écrouler »? Quelques instants plus tard, il relève les yeux. Il ignore totalement ce qui va lui tomber dessus, il sait juste que le coup sera terrible. »
J’ai remarqué l’année dernière le premier roman (Le couple d’à côté) de cette auteure canadienne de thrillers, sans penser à passer à l’acte, mais le fait qu’elle soit invitée aux Quais du Polar cette année m’a donné envie d’y jeter un coup d’œil.
Classiquement dans ce genre de roman à suspense conjugal, un couple marié, bien sous tout rapport, aisé et amoureux, va se trouver confronté à un événement déstabilisant qui remet en question leur couple, et bien plus encore.
Dans ce roman, cela commence très vite, avec Karen, l’épouse, qui se retrouve à l’hôpital suite à un accident de voiture dans un quartier mal famé. Ni elle ni son mari ne savent ce qu’elle pouvait faire là. Karen a perdu tout souvenir de l’accident, elle se souvient seulement que peu de temps auparavant elle avait remarqué des intrusions bizarres à leur domicile, des objets déplacés, des choses infimes…

« Pendant que le jour se lève, une brume légère monte du jardin. Elle reste longtemps derrière la porte-fenêtre à essayer de se rappeler. Il lui semble que sa vie entière en dépend. »
Je suis un peu mitigée suite à cette lecture. La narration au présent et le style assez plat donnent l’impression d’une histoire un peu simplette, ce qu’elle n’est pas du tout, il faut s’attendre à bien des imbroglios, des non-dits et des manipulations… Ma lecture est passée par des hauts et des bas, des moments où j’ai apprécié la tension que l’auteure réussissait à créer, et d’autres où je trouvais l’intrigue pas follement originale. P
ourtant l’envie de savoir la suite est toujours demeurée, et bien m’en a pris car la fin, surprenante, donne rétrospectivement du piment à l’ensemble du roman.
Je pense que le style thriller domestique est un peu trop exploité par les auteurs et les éditeurs, au risque de lasser le lectorat. Après trois ou quatre romans de ce style, j’ai l’impression d’avoir atteint ma limite.
À cela je dois ajouter le fait que Les furies de Lauren Groff joue un peu sur ce registre, mais avec une écriture et une profondeur que ses consœurs (ce genre de thriller psychologique étant plutôt féminin) peinent à atteindre. Il devient donc difficile de lire un de ces romans en ayant à l’esprit Les furies, qui, même si je ne l’ai pas adoré, tourne toutes les comparaisons en sa faveur.
Au final, un roman convenablement prenant, mais pas inoubliable.

L’étranger dans la maison, de Shari Lapena (A stranger in the house, 2017) éditions Presses de la Cité (janvier 2019) traduction de Valérie Le Plouhinec, 304 pages.

Eve-Yeshé a passé un bon moment, Sharon a aimé.

Merci à Explorateurs du polar sur lecteurs.com et aussi à Netgalley

23 commentaires sur « Shari Lapena, L’étranger dans la maison »

  1. Je pense que je ne lirai pas ce roman. Je lis tres peu de thriller et je suis tout à fait d’accord sur l’aspect répétitif du genre.

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      1. Aujourd’hui c’est abandon , lecture mitigée et déception ( entrevous deux et Hélène de Lecturissime)… au moins les LAL ne vont pas s’allonger 🙂 ( positivons)

        Aimé par 1 personne

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