littérature îles britanniques

Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père

pourquoijaimanL’auteur : Né à Felixstowe en 1913, mort à Londres en 1996, Roy Lewis est un journaliste, sociologue et romancier anglais. Il a grandi à Birmingham, et poursuivi ses études à Oxford. En 1938, il part avec son épouse visiter le monde. Ils sont en Australie quand la guerre est déclarée, et y restent jusqu’en 1946. Roy Lewis intègre la rédaction de The Economist, puis travaille pour The Times jusqu’en 1971. Il est aussi éditeur de poésie contemporaine. En 1960, il écrit The Evolution Man traduit en français par Vercors en 1990. Il est également l’auteur de La Véritable Histoire du dernier roi socialiste et de Mr Gladstone et la demi-mondaine.
183 pages
Éditeur : Pocket
Traduction : Vercors et Rita Barisse
Titre original : The evolution man

Pour commencer le mois anglais, je vous propose de faire un grand saut dans l’espace puisque nous irons en Afrique, et plus encore un bond dans le temps en remontant au Pléistocène.
Mais si nous sommes bien loin de l’Angleterre, l’humour de ce roman ne peut que venir d’un anglais. Car c’est une lecture particulièrement drôle et réjouissante, et pourtant pourvue d’un solide fondement scientifique. Vous en avez sans doute déjà entendu parler, même si ce n’est que par le film qui en a été tiré récemment. Je n’ai pas vu ce film, et ne suis pas tentée outre mesure, d’autant que j’ai vu une excellente adaptation théâtrale l’année dernière, au festival (off) d’Avignon. Pour ceux que cela intéresse, Damien Ricour, l’acteur seul en scène à jouer tous les membres de la famille, présente de nouveau ce spectacle cet été pour la sixième année consécutive, c’est dire s’il marche bien !
pourquoij'aimangeIl s’agit donc d’une famille d’Homo Sapiens, ou disons d’Homo Sapiens en devenir, puisque, sous l’instigation d’un père de famille soucieux de progresser et de pousser sa progéniture à des progrès, cette famille va domestiquer le feu du volcan, s’installer grâce à l’usage du feu dans des abris sous roche, découvrir l’art et comprendre l’intérêt de l’exogamie. Ah, et j’oublie d’autres découvertes comme la cuisson de la viande qui leur évitera désormais de passer les journées à mâcher ! Chaque innovation est l’objet de railleries et de scepticisme de la part de l’oncle Vania, qui retournerait bien à une vie plus arboricole, mais qui ne dédaigne pas jouer les pique-assiettes lorsqu’un bon cuissot rôti se présente. C’est l’un des fils de la famille, Ernest, qui raconte comment il a fini par reconnaître le bien-fondé des idées de son père, et comment elles ont fait évoluer sa famille.
L’humour est dans le décalage constant et drôlement mené entre situations préhistoriques et réflexions contemporaines. Et je suis tout à fait épatée par le contenu scientifique précis et qui reste solide plus de cinquante ans après. Bien évidemment, toutes les innovations décrites ont eu lieu dans des laps de temps bien plus importants, mais les réflexions sur l’évolution sont vraiment passionnantes. En plus de rire et sourire, on apprend et on réfléchit.
Un roman incontournable !

Extrait : Retour aux arbres, comme nous pressait de le faire l’oncle Vania ? Malgré ses dires, Vania lui-même y trouvait de moins en moins de quoi nourrir son homme, à plus forte raison toute une horde. De plus, il semblait impensable à père de sacrifier des millénaires d’évolution et d’industrie paléolithique, pour repartir de zéro en pauvres singes arboricoles. Notre grand-père, disait-il, se serait retourné dans sa tombe, laquelle se trouve à l’intérieur d’un crocodile, si son fils avait trahi tout l’effort de sa vie. Non, nous devions rester, et nous servir de notre tête. Il nous fallait trouver un truc pour empêcher les lions de nous manger, et une fois pour toutes. Mais lequel ? C’était le problème clé. Telle était la beauté de la pensée logique, disait-il : elle vous permet d’éliminer toutes les conjectures, jusqu’à ce qu’il ne reste que la dernière, qui est la bonne.
Il s’était dit : nous craignons les bêtes fauves. Que craignent ces bêtes fauves ? D’autres bêtes plus fortes qu’elles. Et ces bêtes plus fortes ? Rien, sauf une chose : le feu.

L’avis d’Hélène.

C’est le mois anglais organisé par Titine Cryssilda et Lou

moisanglais2015

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45 réflexions au sujet de « Roy Lewis, Pourquoi j’ai mangé mon père »

    1. L’adaptation dans mon souvenir ne portait pas sur le roman en son entier, plutôt sur le début… et c’était une adaptation assez libre, mais réjouissante aussi !

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  1. j’en ai toujours entendu du bien, sans jamais me pencher sur cet auteur… je vais voir si j’arrive à le caser ce mois-ci, mais ça risque d’être compliqué!!

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  2. J’irai voir l’adaptation si l’occasion se présente car j’ai beaucoup apprécié ce roman. Par contre, j’ai fui l’adaptation après avoir vu la bande-annonce…

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  3. Un bon souvenir de lecture pour moi, et aussi de théâtre: j’ai assisté à une mise en scène de cette oeuvre, installée dans une villa. Les acteurs balançaient des bouts de viande dans le public, c’était hénaurme.

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    1. Oui, elle est présentée de nouveau au théâtre de l’Essaïon. J’ai préféré le livre qui est très documenté sur l’évolution, et les premiers hommes : recommandé par des archéologues ! 😉

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  4. Je sais que ce roman est incontournable, mais je n’ai encore jamais été tentée ! Peut-être le titre ou la préhistoire qui ne m’attire pas plus que ça… Il faudrait tout de même que je me lance un jour 😉

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  5. Un roman que j’ai lu, prêté (et pas rendu), donc racheté, relu (et pas rendu) et donc encore une fois dans le même ordre. Il plaît puisque les gens le gardent…

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  6. ça a l’air complètement barré ma parole comme roman (le titre !!!!), je le note essentiellement à cause de tes éloges car je crains souvent ce genre de parti-pris (tu sais il y avait eu un film absolument minable et lourdingue qui était sorti avec le même point de départ…impossible de me remettre le titre – mais ce n’est pas celui inspiré de ce roman), bon bref ça ne marche pas à chaque fois, mais vous êtes unanimes sur l’humour et le contenu de base.
    belle journée

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    1. La version que j’ai vue était extra, avec un acteur plein de talents… jouer l’australopithèque en costume de ville et être crédible n’est pas évident !

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