littérature France·non fiction

Mona Chollet, Chez soi Une odyssée de l’espace domestique

chezsoi

Début de la quatrième de couverture : Le foyer, un lieu de repli frileux où l’on s’avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l’on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l’ardeur que l’on met à se blottir chez soi ou à rêver de l’habitation idéale s’exprime ce qu’il nous reste de vitalité, de foi en l’avenir.
Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l’on croyait fuir revient par la fenêtre. […]

Pioché à la bibliothèque, ce livre dresse tout d’abord un éloge du casanier, de la manière dont il est perçu comme replié sur lui-même et peu ouvert aux autres, alors que c’est tout le contraire, nous dit l’auteure qui montre la place des nouvelles technologies dans l’univers domestique. Elle explique aussi comment nos sociétés contemporaines laissent peu d’espace, et surtout peu de temps pour « se poser » chez soi, elle parcourt un éventail de solutions pour trouver ce temps.
Le livre est parsemé de très nombreuses et intéressantes références, (il faudrait tout noter !) de Xavier de Maistre à Sophie Divry, de Nicolas Bouvier à Dorothy Parker, en passant par Gaston Bachelard et Bill Bryson.
Certaines pages parleront plus au grand lecteur comme celles sur les coins destinés à s’installer pour lire, celles sur les dessins de maisons dans la littérature jeunesse ou le cinéma : maison ambulante, Arbre-Maison qui font rêver petits et grands enfants.
D’autres pages sont tout aussi passionnantes sur la fascination d’Internet (« une foule dans mon salon »), l’intelligence collective des réseaux sociaux, le bovarysme immobilier, les micro-maisons ou la recherche de temps libre pour profiter enfin de son intérieur. D’autres pages m’ont un peu moins passionnée comme les réflexions sur le ménage, et qui s’occupe du dépoussiérage et autres joies ménagères, mais l’ensemble bien construit permet de s’attarder sur les chapitres qui trouvent le plus d’écho dans la vie privée ou l’imaginaire de chacun.
L’écriture est très accessible, la journaliste ne se place pas en juge, mais en observatrice, et n’hésite pas à partager ses propres expériences. Un livre à lire dans un petit coin douillet et confortable de son chez-soi, bien sûr !

Citations : Les mots « intelligence collective » prennent alors un sens très concret, comme si tous ensemble on formait un seul gros cerveau en ébullition, ce qui est à la fois fascinant et assez terrifiant. Moi qui aime observer la porosité des individus, la circulation et la convergence des idées, me voilà comblée.

Le temps est le trésor vital des casaniers.

L’auteur : Mona Chollet est journaliste au Monde Diplomatique et co-animatrice du site « peripheries.net ». Elle a notamment publié La tyrannie de la réalité (2004) et Rêves de droite. Défaire l’imaginaire sarkozyste (2008).
323 pages
Éditions
de La Découverte (avril 2015)


L’avis de Cathulu.

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21 réflexions au sujet de « Mona Chollet, Chez soi Une odyssée de l’espace domestique »

  1. Ca alors, je n’aurais jamais remarqué ce genre de titre toute seule, mais tu le rends bien intéressant. On sent que l’auteure est très observatrice de son temps et nous en propose une vision vraiment très contemporaine. Ca doit faire du bien, ce genre de recul.

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    1. J’avais repéré ce titre dans le Monde des livres, et c’est rare que je note des essais, mais celui-ci m’a paru digne d’intérêt. Effectivement, si tout n’est pas aussi passionnant de bout en bout, il y a des réflexions intéressantes, une bonne recherche, et pas mal de parallèles avec des textes plus littéraires.

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  2. Je ne vois pas trop l’intérêt du livre , ce genre d’ouvrage me tombe des mains sauf si l’écriture dont tu ne dis rien sauve le sujet. Je crois que je n’ai besoin de personne pour faire de mon  » chez-moi » un lieu où je me retrouve et me ressource. Passer sous l’analyse d’une journaliste qui se donne le titre de sociologue m’agace.

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    1. Il se trouve que je n’oblige personne à le lire. Je n’ai pas parlé de l’écriture, mais s’il avait été indigeste et mal écrit, je l’aurais laissé tomber très vite.

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    1. J’ai trouvé que ça faisait du bien de lire ce qui est surtout un éloge de ceux qui ne courent toujours pas après le temps, et qui aiment profiter de leur intérieur. L’introduction bien construite devrait te permettre de savoir s’il peut te plaire.

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    1. Le chapitre 5 intitulé La métamorphose de la bonniche, qui traite de la répartition des tâches ménagères au sein du foyer, est celui que j’ai lu le plus rapidement, car je me reconnaissais moins dans ces lignes. C’est là que le féminisme « dur » se cachait aussi !

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  3. Voilà qui a l’air plus intéressant que ce que titre et couverture laissent prévoir. Moi qui m’applique à certains détails futiles (la couleur des ciseaux, du tube de colle des crayon dans le pot à crayon, de la boîte à mouchoirs, du tapis pour le chat (tout ce qui dans mon bureau doit être bleu clair), et qui n’aime pas du tout sortir, j’y trouverai peut-être un écho à mes manies

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    1. Il n’est pas autant traité dans ce livre du goût pour la décoration que je le pensais, mais est tout de même évoqué l’engouement pour les magazines ou émissions de relookage d’appartements, ou sur l’architecture d’intérieur.

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