littérature Europe du Sud

Alessandro Baricco, Mr Gwyn

mrgwynL’auteur : Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien. En 1991, il publie, à 33 ans, son premier roman « Châteaux de la colère », pour lequel il obtient, en France, le Prix Médicis étranger en 1995. Passionné de musique, Alessandro Baricco invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition.
192 pages
Éditeur :
Gallimard (avril 2014)
Traduction : Lise Caillat

Attendez-vous dans les jours ou semaines qui viennent à une courte série de romans italiens, commencée avec Prends garde et Acquanera… J’ai l’impression d’avoir entendu parler d’Alessandro Baricco depuis fort longtemps, notamment avec Novecento pianiste et Soie. Cependant, les thèmes de ces deux romans ne me tentant pas plus que ça, il a fallu attendre Mr Gwyn pour m’y coller ! Ce roman n’est pas de ceux qui vous font voyager à Rome, Naples ou Florence, puisque le personnage principal vit à Londres et est on ne peut plus britannique !
Jasper Gwyn est un écrivain atypique, ayant publié plusieurs livres qui ont remporté du succès, malgré des genres totalement différents. Au début du roman, il envoie au Guardian une lettre ouverte où il dresse la liste de toutes les choses, cinquante-deux au total, qu’il ne veut plus jamais faire, et parmi elles : écrire et publier. Il commence donc une nouvelle vie… Toutefois quand on a le virus de l’écriture, il est difficile de s’en défaire. A la vue de tableaux, l’idée lui vient d’écrire des portraits, non pour les regrouper et les confier à un éditeur, mais pour l’usage seul du portraituré. Jasper met minutieusement en place les modalités avec lesquels il opérera. Le choix de l’atelier, de la musique, de la lumière, le premier essai avec son assistante Rachel, tout est réjouissant.
Les pages s’enchaînent sans fausse note, c’est imaginatif mais logique, saugrenu mais pas invraisemblable. Si l’on croise souvent des écrivains dans les romans, ce livre-là ne ressemble à aucun autre déjà lu, et Jasper Gwyn sort du commun aussi. Une belle galerie de personnages entoure notre auteur de portraits. Ce livre se lit rapidement, avec bonheur, et recèle bon nombre de surprises, jusqu’à une fin que rien ne laisser imaginer.
Un vrai régal ! Je me demande maintenant par quel roman continuer d’Alessandro Baricco continuer, qui ne me décevrait pas par rapport à celui-ci…


Extraits : Il finit donc par comprendre qu’il était dans une situation que partagent beaucoup d’êtres humains, mais pas moins douloureuse pour autant, à savoir : la seule chose qui nous fait sentir vivants est aussi ce qui, lentement, nous tue. Les enfants pour les parents, le succès pour les artistes, les sommets trop élevés pour les alpinistes. Ecrire des livres, pour Jasper Gwyn.

Et il expliqua qu’il aurait aimé un fond sonore capable de changer comme la lumière au cours d’une journée, donc de manière imperceptible et continue. Elégante, surtout. C’était très important. Il ajouta également qu’il ne voulait pas l’ombre d’un rythme, mais juste quelque chose en devenir qui suspende le temps, et remplisse le vide d’un itinéraire sans coordonnées. Il dit qu’il aimerait quelque chose d’immobile comme un visage sous le passage des ans.

Les avis de Clara, Jostein, Mior et Theoma.

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43 réflexions au sujet de « Alessandro Baricco, Mr Gwyn »

  1. Ou : invraisemblable mais pas saugrenu 😉
    Je ne savais pas qu’il était musicologue , dis moi
    Étonnant que tu n’avais pas encore lu cet auteur ; Mr Gwyn était une fort jolie porte d’entrée , assurément …
    Et merci pour le partage de billet , je suis honorée 🙂

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  2. Son nouveau petit texte qui vient de sortir est plus ou moins un complément de ce Mr Gwynn si j’ai bien compris.
    En attendant celui-ci traîne sur mes étagères depuis sa sortie, comme beaucoup d’autres.

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  3. Tu es le deuxième billet très enthousiaste que je lis sur ce roman, donc je le mets sur ma liste. J’avais énormément aimé « soie » et pas du tout « Océan mer »

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  4. Il avait été pépité l’année dernière ce roman de Baricco, et je l’avais noté (globalement tout ce qui touche à un écrivain héros d’un livre, je suis cliente), d’ailleurs je vais demander à Titine s’il serait aurait sa place dans le mois anglais. Je te conseille Océan-mer de Baricco, qui n’est pas le plus connu de ses romans mais il m’avait éblouie à 22 ans (saugrenu mais crédible – c’est un peu ce que tu dis-…c’est aussi ce que j’avais ressenti à l’époque, mais dans un tout autre style)

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  5. Ton résumé donne en tout cas envie de découvrir ce roman! J’avais bien aimé « Soie », mais sans plus et je n’avais pas du tout réussi à lire « Océan »…mais je veux bien retenter le coup!

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