littérature Amérique Latine·policier

Alfredo Noriega, Mourir, la belle affaire

 

mourir-belle-affaireL’auteur : Alfredo Noriega est né en 1962. Il vit à Paris depuis 1985, où il donne des cours d’espagnol et de théâtre. En Espagne, il a publié plusieurs manuels de langue. Il a écrit de la poésie et plusieurs romans dont De que nada se sabe  adapté au cinéma en Équateur. Son premier roman traduit en français est Mourir, la belle affaire.
244 pages
Editeur : Ombres noires (octobre 2013)
Traduction : Nathalie Lalisse-Delcourt
Titre original : Tan solo morir

Comment ce livre a-t-il atterri dans ma PAL ? Bizarrement pas après les Quais du Polar (voir la fiche de l’auteur) où pourtant j’avais écouté Alfredo Noriega parler de ce roman, mais où j’étais restée somme toute assez raisonnable… Et puis le jour du match France-Equateur, les éditions Ombres Noires ont proposé un petit concours pour gagner deux romans, un français et un équatorien. Belle occasion, non ?
J’ai donc attaqué avec ce polar au style original, où le mélange de réflexions sur la vie et de faits bruts, compose une petite musique particulière. Il faut dire aussi que c’est un roman plutôt « mâle » et plein de testostérone, mais pourquoi pas une fois de temps en temps ? Raconter l’intrigue, surtout quinze jours après lecture est un sacré défi : disons que cela commence avec un accident en pleine ville de Quito, un délit de fuite, deux jeunes gens morts et une rescapée, laquelle est retrouvée morte deux ans plus tard. Un policier se met en quête de la voiture homicide, la traque dans les rues de la capitale équatorienne. La ville de Quito, au pied du volcan Pichincha, tient une place de reine dans ce roman, et les descriptions précises des lieux, ainsi que les actions rondement menées font qu’on pourrait aisément en faire un film, tant on imagine bien les quartiers, les rues et les places. On voit même presque la succession des plans, des séquences… Si vous cherchez un polar qui sorte des sentiers battus, sombre mais pas glauque, si vous aimez une petite touche originale et de préférence, les accents sud-américains, ce roman devait vous plaire.

Citations : Dans un roman, un jour, j’ai lu cette phrase sur les habitants de Quito: » Nous sommes moins histoire que géographie. » Sans cette nature et uniquement avec notre histoire, nous serions le peuple le plus niais du monde, forgé par des héros de pacotille, un peuple égaré, soit par Dieu et les préceptes de son Eglise, soit par ces mêmes héros précédemment évoqués.

Moi, par contre, ce que je préfère à l’heure du déjeuner, c’est d’aller marcher dans le Centro. J’aime chercher les coins où la montagne disparaît, où Quito se retrouve comme suspendue, comme abandonnée dans le cosmos, rejetée en dehors du mouvement perpétuel de l’univers, sans prise possible. Elle a l’air perdue et différente sans le Pichincha, sans ce morceau de montagne derrière elle. J’aime découvrir des endroits où la cordillère n’existe pas, où elle est cachée par les maisons ou les églises, perturbant les habitants de Quito. Sans les montagnes, ils ont l’air de ne pas marcher droit mais de travers, ils semblent plus petits et fuyants, un peu fantomatiques, le visage perdu, les mains dans les poches et les épaules relevées pour se protéger du froid, ce temps ancestral hors du temps.

Les avis de Cynthia, Eeguab et Sandrine.

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18 réflexions au sujet de « Alfredo Noriega, Mourir, la belle affaire »

  1. J’ai un ancien collègue qui avait vécu 1 an à Quito, ce qu’il racontait était assez folklorique. Alors pourquoi pas, à l’occasion.

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  2. Alors là, j’ai carrément envie ! Un polar noir mais pas glauque, qui arpente les rue d’une ville, qui plus est méconnue, et qui se passe en Amérique latine : c’est tout ce que j’aime ! C’est donc noté! Merci Kathel

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    1. Ton enthousiasme fait plaisir ! C’est pour ça que j’écris des billets : pour la personne qui précisément a envie de la lecture que je présente au moment où je la présente ! 🙂

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  3. Tu me rappelles que j’avais eu un mal fou à rédiger mon billet sur ce livre ! Je l’ai plutôt aimé pour son ambiance que pour son intrigue. Je ne regrette pas le voyage de toute façon 🙂

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