Luca di Fulvio, Le gang des rêves

gangdesreves« Dans ce nouveau monde, deux choses particulières frappaient Cetta : les gens et la mer. »
J’ai l’impression de voir ce roman partout depuis sa sortie en poche, pas tant sur les blogs que sur les réseaux sociaux, d’ailleurs. J’avais noté ce titre depuis un moment, et n’ai pas résisté longtemps aux avis dithyrambiques et à la couverture qui laisse libre cours à l’imagination.
Au cas où imaginer ne vous suffirait pas, voici un bref résumé du début. Toute jeune, dans un village misérable de l’Aspromonte, en Italie, Cetta donne naissance à un enfant qu’elle nomme Natale, à cause de sa mèche de cheveux blonds. Avec cet enfant issu d’un viol, elle s’embarque pour les Etats-Unis. Rebaptisé Christmas à Ellis Island, le garçon grandit dans le quartier italien de Manhattan, comprend dès qu’il est assez grand le métier de sa mère, et quitte rapidement l’école pour la rue…

« Le Lower East Side était comme une prison de haute sécurité : on ne pouvait s’en évader, et ceux qui étaient dedans étaient condamnés à perpétuité. »
C’est romanesque à souhait, avec un joli mélange des thèmes entre la vie des immigrés dans les « tenements » du quartier du Lower east Side, celle des bandes de jeunes et des gangsters new-yorkais, le milieu du cinéma à Los Angeles, celui de la radio… La construction ressemble à celle d’une série télévisée, elle est dynamique et alterne les époques et les points de vue avec virtuosité. Parmi les personnages, nombreux sont ceux auxquels on s’attache de manière indéfectible, Christmas et sa mère, mais aussi Sal, l’ami de sa mère, ou Ruth, la jeune fille de bonne famille dont Christmas tombe amoureux. Car une histoire d’amour parcourt tout ce roman, et le lecteur compatit aux malheurs de nos Roméo et Juliette, s’angoisse de l’emprise funeste d’un odieux personnage sur leur histoire.

« Il retrouva ses propres rêves, comme s’ils n’étaient jamais morts mais avaient simplement été mis de côté. »
Bref, j’allais abonder dans le sens des commentaires passionnés que j’avais lus, mais je crois avoir retrouvé un certain sens critique au cours de la lecture. J’ai tout d’abord ressenti quelques longueurs, surtout en ce qui concerne la romance entre Christmas et Ruth, puis des lourdeurs dans le style ou la traduction (la « voix de velours » du héros, ça passe une fois, mais cinq ou six fois, un peu moins bien…) quelques facilités aussi, des scènes incontournables du roman sentimental dont je me serais bien passée.
Au final, si le roman se lit très facilement malgré ses plus de 900 pages, il ne faut rien en attendre d’inoubliable du côté du style, et se préparer seulement, et c’est déjà bien, à passer un bon moment avec des personnages expressifs et des lieux chargés d’histoire, et propices à faire rêver.

Le gang des rêves (La gang dei sogni, 2015) de Luca Di Fulvio, traduit de l’italien par Elsa Damien, éditions Pocket (2017), 944 pages

Alex émet quelques bémols, Sandrine glisse sur ces mêmes bémols, Nicole est enthousiaste !

Ceci est mon premier (et peut-être mon seul) pavé de l’été !
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35 commentaires sur « Luca di Fulvio, Le gang des rêves »

  1. Je ne le connais pas, la couverture me plait beaucoup, mais tes bémols un peu moins, d’autant plus que tu n’es pas la seule… Bref, je verrais.

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  2. Oui bien sûr, des bémols sur l’histoire d’amour un peu longuette (suis pas une romantique, moi…) mais un bon livre pour l’été 😉

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  3. C’est un peu le souci avec les pavés, il faut occuper les pages….mais ça donne des lectures agréables pour l’été:)

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    1. Les différents thèmes sont à doser adroitement… là, c’est plutôt bien fait, je ne juste pas trop portée sur le romantisme, c’était donc l’ingrédient qui m’a paru un peu trop dosé ! 😉

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    1. Je te rassure, moi non plus, ce n’est pas trop ma tasse de thé… j’aurais dû me douter que dans une histoire de gangs, il y aurait des amourettes, que dis-je, de grands amours indestructibles !

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  4. Je me souviens de l’enthousiasme de Nicole, mais ton résumé me donne une impression de déjà vu quant à l’histoire d’émigrants italiens débarquant à New York… Suis pas convaincue.

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    1. Il n’y pas que ça dans le roman, je n’ai pas voulu en raconter trop, certains aspects sont assez originaux et « jamais vus »…

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  5. Je suis à mi-parcours de la lecture de ce roman et je rejoins entièrement ton avis. Du coup, j’hésite à acheter « Les enfants de Venise » dont Nicole dit le plus grand bien. En même temps, Venise ! Est-il possible de résister ?

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  6. Bon, je vous trouve un peu sévères les filles :-)… Dans le genre pavé, le romanesque est très bien dosé, on tourne les pages à toute vitesse (forcément, chacun trouvera des passages un peu longs en fonction de ses centres d’intérêt mais est-ce vraiment gênant ?)… Moi, j’admire la maestria de l’auteur qui parvient à divertir en maintenant un certain niveau d’exigence (historique notamment).
    Quant aux Enfants de Venise, je vous rassure ce n’est pas du tout le même livre et je l’ai trouvé meilleur notamment dans son contenu historique. Quand on a lu les 2 (il y en aura un 3ème), on est encore plus impressionné par la capacité de l’auteur à recréer une atmosphère typique pour chacun de ces opus… Bref, je persiste et je signe, les 2 feront des compagnons de vacances parfaits !

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    1. Peut-être un peu sévère, oui, mais je l’ai mentalement comparé à d’autres romans, un peu plus policiers certes, mais particulièrement bien faits comme Un pays à l’aube de Dennis Lehane ou Mascarade de Ray Celestin, et j’ai dû reconnaître que j’étais un peu moins enthousiaste que pour ces deux romans, montrant sensiblement la même époque, l’un à Boston, l’autre à Chicago.
      Je verrais pour Les enfants de Venise, rien ne presse ! 😉

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  7. Ah merci pour cet avis plus nuancé que d’autres que j’ai vus. Je l’avais repéré aussi sur un groupe Facebook type « coups de coeur de lecteurs » et je me suis empressée de le noter. Bon, si c’est juste plutôt sympa, bon moment de lecture, je ne vais pas me précipiter. J’ai trop à lire déjà.:-)

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  8. Je l’ai vu en librairie, mais il n’a pas réussi à me captiver suffisamment pour que je reparte avec. S’il n’a rien d’impérissable, je crois que je vais passer mon tour.

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