littérature France

Valentine Goby, Banquises

banquisesL’auteur : Née en 1974,Valentine Goby est écrivain de littérature et de littérature jeunesse. Diplômée de Sciences-Po, elle a effectué des séjours humanitaires à Hanoi et à Manille. Enseignante, elle a aussi fondé l’Écrit du Cœur, collectif d’écrivains soutenant des actions de solidarité. Valentine Goby est lauréate de la Fondation Hachette, bourse jeunes écrivains 2002 et a reçu le prix Méditerranée des Jeunes, le prix du Premier Roman de l’université d’Artois, le prix Palissy et le prix René-Fallet en 2003 pour son roman La note sensible.
246 pages
Editeur : Albin Michel (2011)

Cette troisième lecture nordique est encore le fait d’un auteur français… (Décidément, il n’y a pas que Sylvain Tesson pour oser les solitudes glacées.) Du moins, c’est ce que je me disais au début, mais de solitude, il n’y en a pas vraiment pour Lisa qui part sur les traces de sa sœur, disparue au Groenland à l’âge de vingt-deux ans. Elle-même était alors adolescente, ses parents ont tout tenté pour retrouver la trace de Sarah, partie en 1982, alors qu’elle sortait d’une sévère dépression. C’est vingt-sept ans plus tard que Lisa entreprend ce voyage avec seulement quelques photos qui l’amènent dans un village groenlandais sinistré par la raréfaction du poisson. Pendant six semaines, elle s’installe chez le médecin local, une française, tourne en rond dans le village, attend qu’on veuille bien l’emmener à la pêche, attend que le volcan islandais ait fini de cracher ses cendres pour rentrer… Il a fallu attendre la deuxième partie pour arriver au Groenland, et finalement, j’ai trouvé cela plus ennuyant que lorsque Lisa racontait la réaction des parents atterrés par la disparition de leur fille, ne voulant pas y croire, leur attente désespérée.

Certes, le style est assez extraordinaire, rythmé, dense, prenant, mais n’a pas suffi à faire de ce livre un coup de cœur. Une lecture agréable, mais avec un sujet aussi fort, on devrait avoir plus à dire que ça : une lecture agréable. Or, si je me suis bien identifiée aux malheureux parents, je n’ai pas bien compris la sœur qui m’a paru se complaire dans l’auto-apitoiement, pour finalement tenter à plus de quarante-cinq ans un voyage de la dernière chance, où elle se cherche elle-même plus qu’elle ne cherche les traces de sa sœur. J’ai du rater quelque chose… mais ne suivez pas forcément mon avis et n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil aux extraits qui donnent un aperçu de l’écriture.

Des extraits : Des portes automatiques trouent çà et là le béton, laissant voir des portions de la route circulaire, silhouettes floues, carrosseries de voitures et de cars Air France mal détourés dans l’obscurité -dehors, à vingt mètres de ce boyau, invisible, le plein jour. Au niveau supérieur, loin à hauteur de la piste de décollage, des vitres étroites taillent des triangles, des quadrilatères dans le ciel cru, dans le talus d’herbe fluo, les barbelés, les fuselages d’avion.

Elle ne rentre pas.
Le détective payé pour enquêter au Groenland n’a rien trouvé. Sarah a quitté Uummannaq par bateau et n’a jamais atteint Ilulissat, c’est tout ce qu’il sait, ce qu’on savait déjà depuis le sac à dos. Il a tenté de laisser des affiches aux RG, à la police de l’air et des frontières, aux compagnies aériennes, en vain, ou plutôt si, ils les ont prises et les plieront en cocottes ou en petits avions, joueront au morpion au verso, c’est tout : la fille est majeure. Alors de minces frontières commencent à séparer le père, la mère, Lisa. De fines cloisons par lesquelles ils se préservent les uns des autres, de la contamination, délimitant des territoires distincts, et des espaces ténus pour se frôler.

Tous les jours elle fait le tour du village, des rochers autour. Observe la morsure de l’eau sur la glace, sa progression. Elle prend des photos. Les failles s’ouvrent sur l’écran numérique, bleus dilatés heure après heure. Hors cadre les pêcheurs immobiles fixent l’eau. En eux la même béance, sûrement, la même déchirure. Regardant l’horizon, c’est eux qu’ils contemplent.

Je rejoins assez Aifelle, dépitée, mais les avis vont jusqu’au coup de cœur (que je comprends sans partager) ! AnneA propos de livres, ChocoClaraLeiloonaYv.

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29 réflexions au sujet de « Valentine Goby, Banquises »

  1. Je vois que tu es restée aussi à la porte de ce roman. Je relirai l’auteur parce que je ne veux pas rester sur cette déception, mais elle fut de taille .. dommage le sujet était intéressant.

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  2. C’est toujours le truc avec Valentine Goby : on reste toujours un peu en-deçà malgré ses indéniables qualités d’écrivain. je crois que c’est quelque chose à voir avec l’émotion.

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  3. je suis allée relire Aifelle effectivement elle est comme toi, le titre m’aurait bien tenté mais j’ai l’impression que les auteurs français ne savent pas vraiment tirer parti de ce genre d’histoire dommage

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  4. Je lirai ce livre car j’ai débuté un cycle VB et je compte m’atteler à d’autres romans d’elle. Je suis d’accord sur un point avec toi la concernant : je n’éprouve pour l’instant pas de coup de cœur mais une attache profonde pour ses écrits, sa forme narrative et ses inventions (elle a de très bonnes idées). Bises

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