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Photographe du samedi (40) Peter Mitchell

Mes expositions préférées à Arles cette année avaient presque toutes pour sujet la photographie de rue. Sujet inépuisable et qui donne pourtant des résultats totalement différents, bien représentatifs d’un artiste et de son état d’esprit.
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Dans une exposition présentée à l’origine à York, en novembre 1979, le britannique Peter Mitchell imagine qu’en répercussion aux missions terriennes Viking sur Mars, des martiens font un reportage photographique sur terre, dont quelques cichés nous parviennent. Des photos de la planète rouge alternent avec des vues de quartiers pauvres de Leeds.
« Curieusement, dit-il, les photographies ne révèlent pas de grandes merveilles de la civilisation. Une esthétique monotone, bas de gamme, imprègne avec une certaine continuité les images et suggère que ces choses sont ordinaires. En langage terrestre courant, ces photographies montrent un trou perdu au milieu de nulle part. »
Ces maisons des banlieues de Leeds, avec leur propriétaire ou leurs habitants fièrement campés devant disent beaucoup de choses d’une époque. Les martiens ont bien choisi, non ?

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Peter Mitchell est un photographe britannique né en 1943 à Manchester. Fonctionnaire au ministère des Collectivités locales et du logement, Peter Mitchell quitte ce poste pour des études d’art puis ouvre son atelier de sérigraphie à Leeds. Sa première exposition, European Architectural Heritage Year 1975, a lieu en 1975. Il est l’auteur de trois livres et travaille actuellement sur une trilogie qui s’intéresse à la relation entre son appartement, qu’il occupe depuis 34 ans, le temps, et la ville. Ses travaux parlent essentiellement de Leeds où il vit toujours et de lui-même. Il a inspiré de nombreux photographes comme Martin Parr.
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Son exposition « Nouveau démenti de la mission spatiale Viking 4 » est présentée à Arles jusqu’à la fin du mois de septembre, à la grande Halle des Ateliers.

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Photographe du samedi (32) Stephen Shore


Avec un certain recul (pour ne pas dire retard !) sur l’événement, je m’intéresse aujourd’hui à Stephen Shore, un photographe mis à l’honneur aux Rencontres Photographiques d’Arles 2015. Les États-Unis, encore et toujours sujet de prédilection pour de nombreux photographes, ce qui n’empêche pas de reconnaître le style de chacun, ou presque !

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Stephen Shore, photographe américain, est né en 1947 à New York. Il côtoie Andy Warhol de 1965 à 1967, et photographie en noir et blanc le New York underground de ces années-là, notamment du groupe Velvet Underground de Lou Reed.
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Il sillonne ensuite les États-Unis, et les représente par des clichés en couleur, par exemple dans ses séries Uncommon Places ou American Surfaces.
Il déclare ne pas vouloir photographier
« d’instants décisifs », contrairement à Henri Cartier-Bresson qui avait forgé cette expression pour désigner certaines rencontres visuelles.
Stephen Shore s’intéresse plus à la banalité des lieux qu’il photographie.
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Stephen Shore, Beverly Blvd and La Brea Ave. Los Angeles, California, 1975

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D’autres photographes en suivant ce lien et aussi chez Choco.

 

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Photographe (28) Ciril Jazbek

Je continue la série de photographes qui méritent d’être connus !
J’ai eu l’occasion de voir une exposition de ces photos l’année dernière aux Rencontres Photographiques d’Arles. La série était intitulée « On thin ice » et j’avais été subjuguée par cette lumière froide, et aussi par le fait que l’esthétique des photos ne fasse pas oublier le travail documentaire qui se trouve derrière.
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C’est une série de photos qui a été prise au Groenland, et qui a pour but de montrer les changements climatiques au point de vue de leurs répercussions sur l’activité humaine : « on thin ice » la glace devient de plus en plus mince, les températures montent, le temps est imprévisible, menaçant le mode de vie des chasseurs inuits.
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Ciril Jazbek est tout jeune, il est né en Slovénie en 1987. Il a étudié le photojournalisme et la photographie documentaire à Londres. Il travaille comme photographe indépendant. Ses clichés apparaissent dans de nombreux magazines comme Géo ou National Geographic.
Son métier est pour lui, dit-il « Travail, passion et amour. Et nature, si possible. »
Le site du photographe.
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Photographe du samedi (14) Pierre Jamet

Première exposition que j’ai vue aux Rencontres Photographiques d’Arles 2013, ces clichés de Pierre Jamet montrent l’essor du mouvement des Auberges de Jeunesse entre 1937 et 1939, lié au Front Populaire. Ces très belles photos en noir et blanc sont aussi émouvantes lorsque l’on sait que nombre des jeunes apparaissant sur les prises de vue, déportés, ne sont jamais revenus après la guerre. On remarque des clichés de Dina Vierny, (photo 2) qui fut la muse d’Aristide Maillol et posa aussi pour Bonnard, Matisse, Dufy…

pierre_jamet1pierre_jamet2pierre_jamet3pierre_jamet4pierre_jamet5Né en 1910, Pierre Jamet a eu deux passions depuis l’enfance : la chanson et la photographie. Dans les difficiles années 30, Pierre Jamet fait des métiers très divers : radio dans la marine marchande, dactylo, modèle, danseur, figurant, directeur d’une colonie de vacances. Il commence à faire des reportages pour divers magazines. Au début de 1937, Pierre Jamet adhère au CLAJ (Comité Laïque des Auberges de Jeunesse), mouvement dont l’essor est intimement lié avec l’arrivée au pouvoir du Front Populaire. Entre 1937 et 1939, Pierre Jamet, participant actif et témoin photographique de ce mouvement, engrange énormément de photos des auberges.

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En 1943, Pierre Jamet commence à chanter avec le quatuor Les Quatre Barbus. Une carrière d’un bon quart de siècle passée en chansons à travers la France et le monde. Mais en même temps un attachement constant, passionné et passionnant pour la photographie. Pierre Jamet, photographe humaniste, laisse derrière lui un fonds photographique important et éclectique.

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A voir aussi ici et .

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Photographe du samedi (13) Michel Vanden Eeckhoudt

Encore une découverte des Rencontres photographiques d’Arles de cette année, le photographe belge Michel Vanden Eeckhoudt avec des photos un peu dérangeantes, surtout lorsqu’il capte des regards d’animaux. Ceux-ci semblent porter toute la tristesse du monde, mais avec quel tendresse ils les photographie, et quel noir et blanc somptueux !

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Ce photographe est né en 1947 à Bruxelles, il y vit et y travaille. Michel Vanden Eeckhoudt est membre de l’agence Vu depuis sa fondation en 1986. Parmi ses ouvrages personnels: Zoologies (Delpire, 1982), Les Travaux et les jours (Actes Sud, 1996), Chiens (Marval, 1997), Duo (Nathan/Delpire, 2000), « Photo Poche » n° 110 (Actes Sud, 2006), Doux-amer (Delpire, 2013).

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Laissons parler une spécialiste : « L’univers que nous dévoile Michel Vanden Eeckhoudt n’est pas gai. S’il ne parcourt pas la planète pour témoigner des douleurs du monde, s’il échappe à la fascination de la guerre, du drame et du sang, on voit bien qu’il ne pactise pas avec le monde des privilèges.
Il nous parle de nous. De nos enfants, de nos journées, de notre solitude, de nos bouffées d’allégresse, de nos fatigues, de la mort qui rôde… » Francine Deroudille (extrait de Michel Vanden Eeckhoudt, « Photo Poche », n° 110)

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Michel Vanden Eeckhoudt11Exposition visible jusqu’au 22 septembre à Arles.

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Photographe du samedi (12) Sergio Larrain

 Impossible de parler des Rencontres Photographiques d’Arles 2013 sans montrer des photos de Sergio Larrain. Son exposition est un enchantement, on reste en arrêt devant ce magnifique noir et blanc, lumineux et sombre à la fois. Au ras des pavés de Valparaiso ou d’ailleurs, côte à côte avec les gamins des rues, ou les chiens errants, les marins en goguette, ou les filles du port, il a su recueillir des moments fugitifs devenus éternels. Il a aussi parcouru le monde, capturant de magnifiques images à Londres ou en Sicile.

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Son parcours de photographe a pourtant été très court. Né en 1931, il est entré à l’agence Magnum en 1959, mais au milieu des années 70, reniant son travail qu’il jugeait lié à l’orgueil et la vanité, il s’est retiré dans la campagne chilienne pour y méditer, écrire, et enseigner le yoga et le dessin. Il a longtemps refusé l’idée d’une exposition de son travail, pour ne pas sortir de son isolement. Il s’est ainsi créé une sorte de mythe autour de ce photographe aujourd’hui disparu… mais qui a tout de même autorisé à la fin de sa vie, les expositions.
« Pour faire une bonne photo, disait-il, il faut partir de bonne humeur le matin à l’aventure, en marin qui hisse sa voile. Errer, regarder, dessiner sur un bloc. Regarder encore jusqu’à ce que l’on sorte du monde connu pour entrer dans ce que l’on n’a jamais vu. C’est alors que les images apparaissent. »

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sergio-larrain-vagabondagesPour en savoir plus, un article du Monde ou la très belle monographie qui lui est consacrée…  

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Photographe du samedi (11) Arno Rafael Minkkinen

Mon coup de cœur, non, un de mes coups de cœur de ces Rencontres Photographiques d’Arles 2013 est un photographe d’origine finlandaise auteur de magnifiques autoportraits en noir et blanc. Uniquement des autoportraits ? Oui, regardez plutôt :

ARMinkkinen_8ARMinkkinen_1ARMinkkinen_6ARMinkkinen_11ARMinkkinen_7Arno Rafael Minkkinen est né en 1945 en Finlande, sa famille a immigré en 1951 aux Etats-Unis. Après des études de philosophie et de religion, il travaille dans une agence de publicité et parallèlement apprend la photographie. Une première exposition de ses photos a lieu en 1972, suivie de nombreuses autres.
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Le photographe explique que tout ce que l’on voit sur ses photos a réellement eu lieu devant l’objectif : « Il n’y a aucune manipulation de l’image d’aucune sorte, même si j’ai d’abord passé en revue un millier de possibilités dans ma tête. Pour qu’une idée fonctionne, il faut qu’elle soit ancrée dans la réalité au moment de sa réalisation. » Il déclenche la photo à distance et pose toujours lui-même, que les situations soient dangereuses ou non, glaciales ou non !
Même si elles s’éloignent des forêts et des lacs finlandais, j’aime particulièrement les trois dernières : Nu descendant un escalier (en référence à Marcel Duchamp), La chaise de Paul Klee, ainsi que Homme et son chien.ARMinkkinen_10ARMinkkinen_12ARMinkkinen_amanandhisdog

L’exposition se tient à Arles, au Parc des Ateliers jusqu’au 22 septembre 2013.
D’autres photographes bientôt !
asuivre

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Photographe du samedi (10) Gordon Parks

Les 44èmes Rencontres Photographiques d’Arles, sur le thème du noir et blanc cette année, présentent un photographe dont je ne connaissais le nom qu’en tant que réalisateur du film Shaft. J’ai découvert ses photographies classées selon différentes époques et thématiques : sa ville natale de Fort Scott, ses portraits de personnalités, (Mohamed Ali, Ingrid Bergman, Giacometti, Malcolm X…) sa vision de Harlem, les photos qu’il a prises en suivant la vie d’un commissariat new-yorkais… L’exposition est passionnante et nécessite de rester souvent devant des photos pour les digérer un peu ! 

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gordon_parks11Gordon Parks (1912-2006) a été le premier photographe noir à rejoindre la prestigieuse FSA (Farm Security Administration, 1942), le premier journaliste à réaliser un reportage sur un gang d’Harlem (1948), le premier reporter photographe noir à intégrer l’équipe du magazine Life, le premier réalisateur afro-américain à s’imposer à Hollywood (Shaft, 1971)… Également passionné de littérature, de musique et de cinéma, Gordon Parks s’est radicalement engagé dans la lutte contre le racisme et la discrimination, qu’il a dénoncé grâce à ses photos.

gordon_parks6gordon_parks13gordon_parks8gordon_parks7gordon_parks9gordon_parks10New York, New York. Three boys who live in the Harlem area. 1943gordon_parks5Le livre Photopoche n°147 des éditions Actes Sud est une bonne approche ou un bon complément à l’exposition qui se tient à Arles, au Parc des Ateliers jusqu’au 22 septembre 2013.

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