littérature Europe du Sud·mini-thème

Mini-thème (3) Littérature espagnole contemporaine

intemperieJesus Carrasco, Intempérie

Un jeune garçon prend la fuite sous un soleil de plomb, dans une plaine immense et desséchée, il ne veut en aucun cas regagner son village. Les maigres réserves qu’il a emportées s’amenuisent. Il croise la route d’un berger qui cherche des points d’eau et d’hypothétiques herbages pour ses bêtes.
On apprend, par des mots aussi parcimonieux que l’herbe sèche, la raison de la fuite du garçon, on assiste à l’ébauche d’une sorte d’amitié entre lui et le vieux berger. Mais il ne fait aucun doute que cette histoire, fut-elle post-apocalyptique ou non, se terminera dans le sang, en amorçant peut-être le début d’autre chose, d’un passage, d’une maturité nouvelle… Je ne peux pas faire de ce roman, si sombre, si épuré, un coup de cœur, il me manque un peu d’enthousiasme, mais je reconnais une très belle langue, que la traduction n’altère pas, et un auteur à suivre de près.

Citations : Ici, il n’y avait que des lévriers galgos. Efflanqués. Chairs essorées sur une ossature longue. Des animaux mystiques qui couraient à toute vitesse après les lièvres, sans jamais s’arrêter pour flairer, parce qu’ils avaient été jetés sur la Terre avec un unique mandement : traquer et déchiqueter. Des lignes rouges ondoyaient sur leurs côtes, vestiges de la cravache de leurs maîtres. De celle qui, sur la terre sèche, asservissait les enfants, les femmes et les chiens.

222 pages.
Éditeur :
Robert Laffont (2015)
Traduction : Marie Vila Casas
Titre original : Intemperie

temoininvisibleCarmen Posadas, Le témoin invisible

En emportant en vacances un roman espagnol contemporain tiré de ma pile à lire, je pensais lire un roman SUR l’Espagne contemporaine ! Pas du tout ! Quelques lignes m’ont suffi pour me rendre compte que l’intrigue se passait en (très) grande partie entre 1912 et 1918 en Russie, avec des incursions moins fréquentes dans le présent du narrateur, en 1994 à Montevideo.
Leonid Sednev a assisté de près aux derniers jours des Romanov, en tant que petit ramoneur, puis qu’aide-cuisinier, il en a été le témoin discret, et avant sa mort, soixante-quinze ans plus tard, il souhaite que sa parole rende un peu de vie au tsar et à son entourage, en particulier ses quatre filles et son fils, tous assassinés en 1918. Il essaye aussi de donner les détails dont il se souvient sur le personnage bien particulier de Raspoutine.
Ce roman historique grâce à une écriture vive et alerte, n’est altéré par aucune longueur, et se dévore avec intérêt, même si on en attendait autre chose, j’en suis la preuve ! J’ai retrouvé Carmen Posadas dans un genre très différent de Petites infamies et Cinq mouches bleues, lus il y a un bon bout de temps, et j’ai apprécié également cette lecture, et notamment la vision d’un événement historique du côté des domestique
s, plutôt qu’auprès des puissants.

Citation : Un vieux proverbe dit que nul n’est un grand homme pour son valet de chambre. Selon un autre que je suppose encore plus ancien, il ne faut pas servir qui a servi ni quémander auprès de qui a déjà quémandé. J’estime pour ma part qu’aucun de ces fragments de sagesse populaire n’a été énoncé par ceux susceptibles d’être les mieux informés en la matière, à savoir les domestiques.

461 pages.
Éditeur :
Points (2015)
Traduction : Isabelle Gugnon
Titre original : El testigo invisible

imposteurJavier Cercas, L’imposteur

J’avais repéré, sur plusieurs blogs de confiance, ce roman de Javier Cercas, auteur pas tout à fait inconnu de mes services… Allez, je l’avoue, j’avais calé sur Les lois de la frontière, pour je ne sais plus trop quelle raison, et je voulais lui laisser une deuxième chance. C’est chose faite avec ce roman « sans fiction » qui se lit comme une enquête autour d’une affaire qui a fait grand bruit bien au-delà de la Catalogne. L’imposteur du titre est Enric Marco, président de l’association espagnole des déportés de Mauthausen, qui fut démasqué, et dût reconnaître qu’il n’avait pas été dans un camp de concentration en Allemagne, comme il le faisait croire depuis de longues années… La biographie d’Enric Marco comporte bien des zones d’ombre, et l’homme, qui s’est rêvé en héros, n’aura finalement été qu’un homme parmi d’autres, un peu lâche, un peu suiveur. La manière d’enquêter de Javier Cercas n’est pas sans rappeler celle d’Emmanuel Carrère, n’hésitant pas à exprimer en détail les remises en cause personnelles qui l’affectent au cours de ses recherches. Mon exemplaire numérique du roman est ponctué de surlignages qui prouvent que ce travail m’a beaucoup intéressée, voire passionnée par moments.

Extrait : Je pensais que notre première obligation était de comprendre. Comprendre, bien sûr, ne veut pas dire pardonner ou, comme disait Teresa Sala, justifier ; plus précisément : cela veut dire le contraire. La pensée et l’art, me disais-je, essaient d’explorer ce que nous sommes, ils révèlent notre infinie variété, ambiguë et contradictoire, ils cartographient ainsi notre nature.

416 pages.
Éditeur : Actes Sud (septembre 2015)
Traduction : Aleksandar Grujicic et Elisabeth Beyer
Titre original : El impostor

littérature Amérique du Nord·mini-thème·projet 50 états·rentrée automne 2015

Mini-thème (2) Teen-agers sur la route

J’ai lu, par hasard, et non par un choix délibéré de ma part, une suite de romans noirs ou polars mettant en scène des ados américains en fuite. Après Mauvaise étoile et Il était une rivière de Bonnie Jo Campbell, auxquels je pourrais aussi ajouter Canada de Richard Ford ou La balade d’Hester Day de Mercedes Helnwein, en voici deux autres…
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Partis sur les routes, par le rail ou, de manière plus originale, sur les rivières, pour quitter des familles défaillantes ou fuir des dangers, ces jeunes vont traverser bien des aventures. Pas forcément à un rythme frénétique. Ne vous imaginez pas traverser les États-Unis d’une côte à l’autre, on se rend vite compte de l’échelle lorsque, tout au plus, les protagonistes traversent deux états au cours du roman. Tous ces romans ont aussi le point commun de ne pas être issus de collections jeunesse, où ce thème doit être plus fréquent encore.

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Tout d’abord, j’ai lu Les enfants de l’eau noire de Joe R. Lansdale, qui nous emmène du côté du Texas, dans les années 30.
Je découvre l’auteur avec ce roman. C’est Hélène qui m’avait fait retenir son nom. L’histoire peu ordinaire qui est au cœur de ce dernier roman a attiré mon attention.
Le corps d’une jeune fille de seize ans est retrouvé au bord d’une rivière. Ses amis, Sue Ellen, Terry et Jinx imaginent d’aller emporter, à l’aide d’un radeau, ses cendres à Hollywood où elle rêvait d’aller, mais surtout d’aller eux-mêmes vers une vie qu’ils espèrent meilleure. Un magot laissé par leur amie leur permettra de concrétiser leurs rêves.
Le parti pris de faire écrire l’histoire par Sue Ellen, seize ans, n’est pas forcément de ceux que j’aime. Mais j’aurais pu en faire mon affaire. Toutefois, je ne suis pas fan non plus de policiers corrompus à un point extrême, et celui qui poursuit les trois jeunes s’avère le pire des dangers qu’ils ont à affronter. Quoiqu’un effrayant personnage nommé Skunk, dont on ne sait trop s’il est mythique ou réel, soit aussi à leurs trousses.
Bref, même si ce roman a une certaine originalité, une mise en scène prenante et des personnages bien campés, je n’ai pas été aussi séduite que je l’espérais. Trop de scènes d’action, trop de drame, et quelques moments où les réactions des jeunes gens vont à l’encontre de la logique. Bref, une lecture pas désagréable, mais qui, hormis quelques moments, s’efface déjà.

Un extrait : Jinx avait mon âge. Ses nattes se dressaient sur son crâne comme des bouts de fil de fer tressés. Son visage était doux, mais ses yeux semblaient vieux – comme si elle était une grand-mère enfermée dans un corps d’enfant. Sa robe avait été taillée dans un vieux sac de farine teint en bleu et on y voyait encore les inscriptions originales de la toile. Elle était pieds nus.
368 pages éditions Denoël (2015)

unarrieregoutderouilleJ’ai lu plus récemment Un arrière-goût de rouille de Philipp Meyer. Je n’allais pas rater l’occasion de lire cet auteur avant de trouver Le fils, dont on parlait beaucoup, en bien, l’année dernière.
Cette fois, l’époque est contemporaine, les années 2000, et les faits se déroulent en Pennsylvanie (carte ci-dessous). Dans cette région, la sidérurgie a laissé des usines et des haut-fourneaux délabrés, ainsi qu’un chômage galopant et une misère noire. Deux jeunes gens de dix-neuf ans décident, pour des raisons aussi différentes qu’eux-mêmes le sont l’un de l’autre, de laisser leur famille et de partir vers l’ouest. Cependant, et c’est un des gros points forts de ce roman, cela tourne tout de suite très mal pour eux, avec la rencontre de trois sans-abris dans une usine désaffectée.
La suite, vue par les six ou sept protagonistes principaux, sous forme de roman choral, va remuer les consciences de chacun et les obliger à faire des choix. Les deux garçons, l’un très fort et impulsif, l’autre, frêle mais d’une intelligence peu commune, sont plutôt attachants.
Très bien fait, dans un style percutant, rythmé de phrases courtes, ce roman est de ceux qu’on ne lâche pas, et pour de bonnes raisons ! Pour un premier roman, c’est mettre la barre déjà très haut, j’attends donc le moment de lire Le fils, en imaginant et espérant qu’il sera à la hauteur.

Un extrait : N’importe, c’était une veine d’avoir grandi dans un endroit pareil parce qu’en ville, c’était dur à expliquer, son cerveau marchait comme un train à une vitesse incontrôlable. Il fallait des rails et une direction, sans quoi c’était le crash. Condition humaine que de nommer les choses : sang-dragon symphorine-des-ruisseaux engoulevent-bois-pourri tulipe noyer-amer micocoulier. Carya ovata et chêne des marais. Locuste et noix géante. De quoi s’occuper la tête.
512 pages Folio (2012)

Alors, laquelle serait la plus recommandable de ces lectures ?
Tout dépend de ce qu’on cherche.
Le plus prenant, impossible à lâcher, avec tueur sanglant et scènes d’action, serait Mauvaise étoile, quoique Les enfants de l’eau noire le suive de près.
Le plus loufoque est sans conteste La balade d’Hester Day, pour qui aime ce genre. Moi, pas spécialement…
La palme du plus proche de la nature revient à Il était une rivière, avec même des scènes de chasse… (quand je vous dis qu’il y en a pour tous les goûts!)
Le mieux écrit, le plus fouillé, est à mon avis Un arrière-goût de rouille, mon préféré de cette sélection. Toutefois Canada a beaucoup plu à d’autres lecteurs, alors à vous de voir !

Projet 50 états : je visite le Texas et la Pennsylvanie.
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littérature Amérique Latine·littérature îles britanniques·littérature France·mini-thème

Mini-thème (1) Ecrivains admirés

Ou comment enchaîner des lectures avec des bonheurs variés… et attention, billet à rallonge, sur le thème des auteurs qui écrivent sur un autre écrivain, contemporain ou passé, qu’ils ont connu ou non, sous forme strictement biographique ou en laissant une grande place à l’imaginaire…

Tout a commencé en dénichant à la bibliothèque une lecture qui me faisait de l’oeil depuis un moment :

gardeteslarmesAlix de Saint-André, Garde tes larmes pour plus tard

Je ne connaissais que fort peu Françoise Giroud, ce serait l’occasion d’en savoir plus sous la plume d’Alix de Saint-André avec qui j’avais aimé parcourir sans trop de fatigue les chemins de Compostelle dans En avant route ! Las, c’était compter sans un style indigeste, une narration brouillonne, des digressions inintéressantes, et le peu d’envie que donne l’auteur d’avoir quelque empathie avec son sujet. Enfin, ce n’est que mon sentiment, et puisque je n’ai pas fini le livre, je vous invite à vous faire votre propre avis ! Un petit extrait choisi, tout de même… et si cet extrait vous plaît, (pourquoi pas, tous les goûts sont dans la nature) vous pouvez tenter la lecture !

Le spectacle de la mer, seul, la comblait, et le soleil, seul, avait réussi à recoller sa tête, jour après jour, en Bretagne. Sans chapeau. Rien à faire. Mais je voyais chaque jour ses progrès dans les devoirs de vacances que je lui avais emportés, son livre d’entretiens avec Martine Rabaudy, dont les corrections passèrent de poussives à lumineuses en cinq jours, sans qu’elle me laissât jamais ouvrir le parasol de la table du jardin où nous nous mettions au travail, à côté de la piscine, chaque matin, sous l’oeil réprobateur des mères de famille qui ne m’auraient jamais engagée comme baby-sitter…

Plus ou moins mitigés, non, les avis de Cathe, Cathulu et Mango ?


Ce début de lecture laborieux et avorté a toutefois eu le bon goût de me donner envie de ressortir des livres de ma pile où ils m’attendaient depuis trop longtemps :

karenetmoiNathalie Skowronek, Karen et moi
Là, ce fut une très bonne surprise, le mélange entre la vie de Karen Blixen et les réflexions sur celle de l’auteur est ici parfaitement harmonieux, sincère et juste. La petite fille timide qui découvre La ferme africaine devient une jeune femme passionnée de littérature qui écrit une biographie de l’écrivain danoise tout en se posant des questions sur sa vie, et en ne pouvant s’empêcher de faire des parallèles. C’est intéressant de bout en bout, et évite le verbiage et les travers de ce genre de projet !

Je travaille depuis des mois sur Karen Blixen. J’ai le projet d’écrire sa vie. L’idée s’est imposée alors que je m’enfonçais dans cette existence de jeune femme modèle qui ne me ressemble pas et que mes tentatives pour m’affirmer s’étaient soldées par de pénibles échecs : un roman inachevé, une solitude toujours plus grande, le sentiment de regarder passer sa vie.
Karen est morte onze ans avant ma naissance. J’aurais voulu qu’elle vienne me dire, qu’elle raconte à l’enfant que j’étais, comment faire avec cette sensation d’étrangeté qui m’éloignait des autres, ma peine et mon trésor. J’aurais voulu qu’elle me raconte, et qu’à mon tour, je le raconte à mes filles. Dis-moi, Karen. Dis-moi comment tu as fait.

A lire aussi les avis de Clara, Marilyne, Nadael et Theoma.

lauteurDavid Lodge, L’auteur ! L’auteur !
Deuxième repêchage dans mes étagères, le pavé de David Lodge… Pas très envie de pavés en ce moment, mais c’est David Lodge, l’écriture fluide et le ton empreint d’humour font bien passer la pilule, et je me suis prise d’intérêt pour l’auteur américain vivant à Londres, son amitié avec Georges du Maurier, ses voyages en Italie, ses doutes quant à sa capacité à vivre de son écriture… A picorer plutôt qu’à lire d’un seul tenant, toutefois.

Miséricorde ! Fallait-il encore ressasser tout cela, parcourir une fois de plus cette via dolorosa de souvenirs ? En commençant par ses propres manoeuvres un peu honteuses afin de s’assurer qu’il serait parmi ceux qui rompraient les scellés à la porte de l’appartement de Fenimore : il était allé à Gênes pour accueillir les Benedict mère et fille à la descente du bateau en provenance de New York, les avait accompagnées au train qui les emmenait à Rome s’incliner sur la tombe de Fenimore, et avait poursuivi son propre chemin vers Venise pour leur trouver un hébergement.

Lu aussi par Malice et Val.

ardentepatienceAntonio Skarmeta Une ardente patience
Une parfaite réussite ensuite ! Ce petit roman sur l’amitié, l’amour et la poésie, est un génial hommage à Pablo Neruda. L’idée du facteur qui n’a qu’un seul client dans sa tournée, le grand poète chilien, est parfaitement maîtrisée, et le déroulement du récit aussi. L’écriture pleine de naturel, mais où chaque mot a sa place, adopte aussi bien le ton de la fantaisie que celui de l’émotion… J’avais déjà bien apprécié son écriture dans Un père lointain, et je récidiverai avec cet auteur. Le parti-pris de faire un roman et non un essai biographique est tout à fait à mon goût… même si ce n’est pas forcément transposable à l’infini.

En janvier 1969, deux motifs, l’un trivial et l’autre heureux, amenèrent Mario Jimenez à changer d’emploi. Le premier fut son absence de goût pour les corvées de la pêche qui le tiraient du lit avant le lever du soleil et presque toujours au moment où il était en train de rêver d’amours audacieuses en compagnie d’héroïnes qui rivalisaient d’ardeur avec celles qu’il pouvait voir sur l’écran du cinéma de San Antonio.

Les lectures dHélène et Sandrine.

derniermotHanif Kureishi, Le dernier mot
J’en ai profité aussi pour me lancer dans le nouveau roman, fraîchement arrivé à la bibliothèque, d’un écrivain que j’aime bien d’habitude, Hanif Kureishi. Avec Le dernier mot, il écrit un gros roman au centre duquel on lit la rencontre, au fin fond de la campagne, entre un jeune biographe et un auteur aux allures de monstre sacré, nommé Mamoon Azam. Cet auteur d’origine indienne a beaucoup de points communs avec le prix Nobel V.S. Naipaul (bien que l’auteur s’en défende). De nombreux autres thèmes se mêlent à cette rencontre, les relations entre hommes et femmes, la transmission, la société multicuturelle…
Je n’ai pas été aussi séduite par ce roman que par le précédent, les dialogues et les relations entre les différents personnages m’ont semblé peu crédibles. J’avais déjà trouvé précédemment que les romans de Kureishi manquaient un peu de rythme, mais là c’est encore plus flagrant que d’habitude et, à part la fin qui rattrape un peu le reste, j’ai eu du mal à m’y intéresser, et n’y ai pas trouvé l’humour annoncé…

J’aimerais bien que vous arrêtiez de m’éplucher comme si j’étais un oignon. Vous savez, comme tout le monde, j’ai une passion pour l’ignorance. J’ai envie de travailler dans l’obscurité : c’est le meilleur endroit pour moi, pour n’importe quel artiste.

Je rejoins l’avis de Cuné.

Et pour finir, vous trouverez peut-être d’autres lectures sur ce thème dans les Conseils de lecture n° 7.