invitée·littérature France·livre audio

Jean-Marie Blas de Roblès, L’île du Point Némo (avis de Valérie)

Aujourd’hui, c’est avec plaisir que je reçois Valérie, qui a inventé depuis quelques mois le concept de blogueuse itinérante. Elle a choisi de venir ici parler de :

pointnemoL’île du point Némo de Jean-Marie Blas de Roblès

 

Lady Mac Rae s’est fait voler son diamant, L’Ananké. Elle fait appel à Martial Canterel et à son ami Holmes pour retrouver le fameux diamant. Les voilà partis à bord du Transsibérien, flanqués de Lady MacRae et de sa fille mutique, Verity. Parallèlement à cette histoire de vol de diamant, nous suivons les déboires de Carmen qui tente par tous les moyens de donner de la vigueur au membre de son mari, Dieumercie Bonacieux, découvrons une usine de cigares située dans le Périgord noir dans laquelle les employés écoutent des livres audio et croisons M.Wang, fondateur de B@bil Books qui se rince l’œil en regardant ses employés se déshabiller.

Quel tornade, ce roman ! Je dois avouer qu’à la fin de mon écoute, je n’ai pas réussi à établir tous les liens entre les différentes actions mais j’ai pris un vrai plaisir à suivre ce que donne l’imagination foisonnante et délirante de Jean-Marie de Roblès. Je suis certaine que j’aurais abandonné ce roman un brin loufoque et totalement décalé en version papier mais l’écouter fut agréable. Le lecteur, Thibault de Montalembert, fait partie de ceux pour qui j’ai une vraie tendresse et que je prends un immense plaisir à retrouver de livre audio en livre audio. Il est à nouveau parfait.

Si votre genre préféré est l’autofiction, passez votre chemin, ici c’est l’imagination qui prime. Si vous êtes prude, ce roman n’est pas non plus fait pour vous. Mais si vous avez envie d’entrer dans un tourbillon d’intrigues, d’intertextualité, si vous avez adoré Jules Verne, il est fait pour vous. C’est le genre de romans qu’on pourrait publier en épisodes dans les journaux.

On se perd parfois dans ce roman mais on a envie d’applaudir la prouesse. C’est drôle (le couple formé par Carmen et Dieumercie est irrésistible et m’a fait pouffé plus d’une fois) mais c’est aussi un roman intelligemment moraliste (je vous rappelle que je déteste qu’on me fasse la morale).

 

Date de parution : 18 Mars 2015 Durée : 12h36

coeursaudiolib ecoutonsunlivre

lectures du mois·littérature Amérique Latine·littérature France·livre audio·non fiction·policier

Mes lectures du mois (6) avril 2014

Quelques mots sur mes derniers emprunts en bibliothèque, ceux du mois d’avril, avec en plus un livre numérique. Pas de coups de cœur, mais des lectures plutôt fluides et apportant la détente nécessaire !

collierrougeJean-Christophe Rufin, Le collier rouge
L’action de ce roman assez court se situe dans un petit village du centre de la France, au lendemain de la première guerre mondiale. C’est l’été, la chaleur enveloppe la bourgade. Un homme est emprisonné depuis deux jours, pour des faits qui restent mal définis, et depuis deux jours, un chien aboie sur la place. Un juge est envoyé pour essayer d’obtenir des explications du prisonnier peu bavard.
Le huis clos est bien mené, les informations distillées petit à petit, les interrogations du juge donnent à réfléchir aux notions de courage, d’honneur, de fidélité, d’humanité, en temps de paix comme en temps de guerre. De grandes questions sur un ton plutôt léger en font un bon moment de lecture.
Editeur : Gallimard (février 2014)
160 pages

Lu par Sandrine.

dernieres-nouvelles-du-sudLuis Sepulveda, Daniel Mordzinski, Dernières nouvelles du sud
Cela faisait un moment que j’avais repéré ce voyage au travers de l’Argentine, de Buenos Aires à la Patagonie, de deux compères respectivement écrivain et photographe. Je l’ai emprunté en grand format, ce qui m’a permis de bien profiter des photos, particulièrement les beaux visages des personnes rencontrées. Au niveau du texte, il s’agit plus de nouvelles partant d’histoires entendues ici ou là, que d’un récit de voyages. Cela m’a un peu déstabilisée et intéressée de manière inégale. Il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment emballée.
192 pages
Editions
Métailié (2012)
Repéré chez Choco, Hélène et Marilyne.

pesteetcholeraPatrick Deville, Peste et choléra
Il s’agit ici de la version audio mais je n’ai pas trop aimé le style de lecture de l’auteur, son ton légèrement compassé et manquant pour tout dire de simplicité. Sinon, j’ai apprécié les étapes de la vie d’Alexandre Yersin, né en 1843, mort en 1943, disciple de Pasteur, découvreur du bacille de la peste, qui se rêvait surtout aventurier, explorateur, avant d’être médecin et chercheur. Les conditions de travail, l’arrière-plan historique, les paysages du Vietnam, les va-et-vient entre plusieurs époques détachées en petits chapitres courts, tout capte et retient vivement l’intérêt, jusqu’à l’irruption d’une certaine lassitude, due sans doute à mon écoute très fractionnée, et mon peu de prédilection pour la voix de l’auteur.
Editeur : Audiolib (2013)
7h35 d’écoute.

Lu par Jérôme, Philisine Cave et Val.

standing-in-another-mans-graveIan Rankin Standing on another man’s grave
Pour finir cette liste et démarrer les vacances, un grand retour, celui de l’inspecteur John Rebus, l’inspecteur que j’ai sans doute croisé le plus souvent avec Wallander !
Rebus, qui avait pris sa retraite cinq ans auparavant, revient pour assister son ex-collègue Siobhan Clarke, dans un service consacré aux affaires non résolues. Il s’intéresse à plusieurs disparitions de jeunes filles, toutes survenues aux alentours de l’A9 qui traverse l’Ecosse du sud au nord. De plus, Rebus est observé de près par les affaires internes pour être un peu trop proche de Gerry Cafferty, un caïd local lui aussi presque retraité.
Un polar de bonne tenue avec une enquête qui tient la route (c’est le cas de le dire !), des personnages bien campés, pas d’invraisemblances ni de violences, aucune longueur, voilà qui me convient bien ! Chargé sur ma liseuse, il m’a accompagné agréablement en vacances…
432 pages
Editeur : Orion (2013)

littérature France·livre audio·non fiction

Jean-Christophe Rufin, Immortelle randonnée

 

immortellerandonneeL’auteur : Jean-Christophe Rufin, né à Bourges en 1951, est un médecin, historien, globe-trotteur, écrivain et diplomate français. Elu en 2008 à l’Académie française, il en est le plus jeune membre. Ancien président d’Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.
Editeur : Audiolib (2013) publié d’abord par Guérin et en version illustrée par Gallimard
Lu par Vincent Schmitt
Durée d’écoute : 6 heures

Sous-titré Compostelle malgré moi, ce livre m’a procuré un grand plaisir d’écoute. J’ai beaucoup aimé le contraste entre l’ambassadeur académicien et le Jacquet solitaire, invisible, un peu déguenillé, avec sa barbe de deux jours et son matériel sur le dos. J’ai aimé aussi les rencontres insolites ou ordinaires, où jamais rien ne semble exagéré pour les besoins du livre. D’ailleurs JC Rufin n’a pas pris de notes en cours de marche, se fiant à sa mémoire lorsqu’il s’est mis à l’écriture. L’obtention de la fameuse credential, les premières journées, l’alternance entre nuits sous la tente et petites auberges, les traversées en bac en Cantabrie, les vêpres au couvent, les rencontres chemin faisant, tous ces moments sont rendus savoureux, grâce à l’élégance de la narration. Je ne m’étais pas ennuyée à la lecture de En avant, route ! d’Alix de Saint-André, je me suis encore davantage régalée avec ce récit de marche au ton très juste. L’auteur ne néglige pas les raisons du voyage, son ressenti personnel par rapport au Chemin, et son expérience intérieure alterne avec les problèmes de chaussures ou de ronflements dans les dortoirs ! Tout au long du Camino del Norte, à travers le Pays Basque, la Cantabrie, les Asturies et la Galice, chaque région révèle ses beautés,… ou pas (ah, les lotissements déserts !).
A défaut d’avoir envie de parcourir le chemin, on peut en savourer la lecture ou l’écoute. La version audio est excellente et plaisante à écouter, j’en ai bien aimé le lecteur, Vincent Schmitt, le rythme et le ton qu’il insuffle. Et, comme le fait remarquer Sylire, la forme audio convient bien à un récit de voyage comme celui-ci.

Extraits : Avec un entrainement physique minimum, il est assez facile d’affronter les journées du pèlerin. Les nuits, c’est autre chose. Tout dépend de l’aptitude que l’on a à dormir n’importe où et avec n’importe qui. Il y a beaucoup d’injustice, en cette matière : certaines personnes, à peine la tête sur l’oreiller, s’endorment profondément et un train qui passe à proximité ne les réveille pas. D’autres, dont je fais partie, sont habitués aux interminables heures passées à plat dos, les yeux grands ouverts, les jambes agitées d’impatiences. Et quand, au terme de ces longues attentes, ils finissent par s’assoupir, une porte qui grince, une conversation chuchotée, un simple frôlement suffisent à les réveiller.

Le pèlerin pèlerine comme le maçon maçonne, comme le marin part en mer, comme le boulanger cuit ses baguettes. Mais, à la différence de ces métiers que récompense un salaire, le pèlerin n’a aucune rétribution à espérer. Il est un forçat qui casse ses cailloux, une mule qui tourne en rond autour de son puits. Cependant l’être humain est décidément fait de paradoxes et la solitude permet de bien les observer : le Jacquet s’extasie de trouver au fond de cette servitude une liberté inédite.

caminodesantiago

Les avis qui m’ont donné envie ! Aifelle, Clara, Cuné, Dominique, Keisha, SylireJe participe à Ecoutons un livre avec Val, tous les 16 du mois (et j’aime ça !)

ecoutonsunlivre

 

littérature France·livre audio·nouvelles

Philippe Delerm, Enregistrements pirates

enregistrementspiratesL’auteur : Philippe Delerm a fait des études de lettres avant de devenir enseignant comme ses parents. En 1983, il publie La Cinquième saison, mais c’est son recueil de nouvelles, La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, qui le fait connaître du grand public en 1997. Paraissent ensuite Il avait plu tout le dimanche, La sieste assassinée, Enregistrements pirates, Les chemins nous inventent, Le trottoir au soleil… Marié avec Martine Delerm, illustratrice de littérature jeunesse, leur fils est Vincent Delerm, auteur-compositeur-interprète.
Editeur Lire dans le noir
Durée 1 heure 43 (2 CD)
Paru aussi aux éditions du Rocher et en Folio

Philippe Delerm a le chic, cette expression légèrement surannée lui convient trop bien, pour saisir des bribes de conversation et en faire des petits textes piquants, sortes d’instantanés pleins d’humour et de tendresse pour ses contemporains. Parfois quelques mots suffisent, un « Petite mère… » dont on gratifie une petite fille d’un aplomb déjà au-delà de son âge, un « Elle peut se le permettre, elle » assassin à propos d’une porteuse de string, un « Y’a qu’en France qu’on voit ça ! » péremptoire. D’autres fois, c’est une situation plus attendrissante que cocasse, une inscription sur le mur du métro ou quelques mots sur un menu… Ah, le savoureux décorticage de « La mousseline de crabe et son toast » !
C’est sûr qu’à tout écouter ou lire à la suite, cela risque de faire friser l’overdose, les textes sont un peu inégaux, et la voix de Philippe Delerm tend légèrement, très légèrement, à donner envie de renouer avec la sieste… J’ai toutefois passé un très bon moment avec ces petits textes, qui ont abandonné le « on » cher à Philippe Delerm pour un ton plus direct d’observateur. J’ai aimé le choix des adjectifs ou expressions inusités qui refleurissent à intervalles réguliers, donnant un ton très particulier, entre doux-amer et nostalgique…

Extrait : Parfois, elle admire vraiment sa mère. Plus souvent, une espèce de pitié attendrie s’allume au fond de son regard, quand elle voit s’approcher la bonne âme espérée, chute obligée du story-board de la séduction maraîchère. Le texte est déjà prêt. La dame au cabas croit-elle l’inventer, ou bien a-t-elle conscience de le dire avec un vague apprêt ? Tant pis si les mots sont un peu cruels pour l’adolescente, c’est si bon de pratiquer la flagornerie rampante, quand la scène s’impose avec autant d’éclat :
– Écoutez, vraiment, on ne sait pas qui est la mère, qui est la fille !

Les avis de Clara et Lucie.

Sur le site de l’éditeur on peut écouter un extrait.

J’écoute des livres avec Val le 16 de chaque mois ou presque !

ecoutonsunlivre

littérature France·livre audio

Jean Echenoz, Courir

courir_audioL’auteur : Jean Echenoz est né à Orange (Vaucluse) en 1947. Prix Médicis 1983 pour Cherokee. Prix Goncourt 1999 pour Je m’en vais. Ce roman fait partie d’une trilogie de romans biographiques avec Ravel (2006) et Des éclairs, sur Nikola Tesla en2010. Son dernier roman est 14 paru en 2012.
Lu par l’auteur
Durée 3 heures
Editeur : Audiolib (2009)

Je dédie aujourd’hui cette lecture à ceux qui cherchent un peu plus joyeux que mon billet précédent. En plein pendant les JO, je ne pouvais pas tomber mieux, quoique la course de fond n’ait pas sa place en plein hiver ! Et puis cela me réconcilie avec le livre audio après la déception de La mort du roi Tsongor.
En 1938, au moment de l’invasion de la Bohème-Moravie, Emile Zatopek est apprenti dans l’usine Bata de sa ville, à travailler sur des semelles de chaussures. Ses parents auraient souhaité qu’il devienne instituteur mais à cette époque, l’épreuve de chant était indispensable pour devenir « cantor », or Emile chante comme une casserole. Emile n’est pas plus attiré par le sport, les compétitions de cross country auquel il doit participer sont une corvée pour lui. Pourtant, il n’y réussit pas trop mal, et commence à s’y intéresser, et comme tout ce qu’il entreprend, il se donne à fond. Il va jusqu’au bout de ses forces à l’entraînement, si bien que les compétitions lui semblent faciles. Les premiers rassemblements où, faute de comprendre la langue, il manque de rater l’appel des concurrents, le stade où il apparaît en bonnet à pompon et short, les courses où il laisse loin derrière les autres concurrents, ses démêlés avec l’administration du parti, les compétitions encore…
Les chapitres se succèdent et dès le début, le style et le ton m’ont séduite et donné envie d’en savoir plus. Je ne connaissais pas Jean Echenoz et j’ai adoré son style tout en simplicité, avec un rythme parlé, et qui pourtant doit être fort bien travaillé pour être aussi concis et évocateur à la fois… De 1938 à 1968, l’histoire de la Tchécoslovaquie, la grande histoire, celle du sport et ce parcours individuel hors normes se mêlent pour donner un récit passionnant. L’auteur n’écrit pas la vie de ce sportif de façon exhaustive, mais un aspect, un éclairage, et le reste semble graviter autour, sans rien de lourd, ni d’inutile. Quant à l’humour discret de Jean Echenoz, il fait mouche comme lorsque l’auteur-narrateur déclare « Je ne sais pas vous mais moi, tous ces exploits, ces records, ces victoires, ces trophées, on commencerait peut-être à en avoir un peu assez. Et cela tombe bien car voici qu’Emile va se mettre à perdre. » !
C’est l’auteur qui lit le livre, et il réussit parfaitement à faire coller le ton et le contenu, et à ne jamais lasser. Au contraire, j’étais ravie de retrouver ma voiture pour continuer !Zatopek1

Extraits : Emile, on dirait qu’il creuse ou qu’il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d’élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l’air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là, sauf qu’il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinqueballe et ballotte de droite à gauche.

Les avis de Cécile, Dasola, Hélène, Titine, Athalie…

Une intéressante interview de l’auteur sur Audiolib. Je participe à Ecoutons un livre avec Valérie et de nombreux autres lecteurs !

ecoutonsunlivre

littérature France·livre audio

Laurent Gaudé, La mort du roi Tsongor

mortduroitsongorL’auteur : Romancier, nouvelliste et dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé publie son œuvre, traduite dans le monde entier, chez Actes Sud. Il est notamment l’auteur de CrisLa mort du roi Tsongor, Le soleil des ScortaEldoradoDans la nuit MozambiqueLa porte des EnfersOuraganLes oliviers du Négus et Pour seul cortège.
Editions Thélème
Lu par Pierre-François Garel
Goncourt des Lycéens 2002
Durée 5h30

Dans une Antiquité jamais nommée ni localisée, les noces de la fille du roi Tsongor, Samilia, avec Kouamé, sont imminentes. Le roi Tsongor est à la tête d’un immense royaume obtenu au fil de conquêtes toujours plus sanglantes, mais désormais il aspire à la paix. C’est alors qu’apparaît un ami d’enfance de la jeune fille, Sango Kérim, qui revient rappeler à Samilia une promesse faite autrefois. De la mort du roi, je ne vous dirai pas davantage, sinon que le fidèle serviteur du roi, Katabolonga, va y jouer un grand rôle et qu’il sera chargé d’une mission par le roi mourant. Dès sa mort annoncée, les deux prétendants se déchirent et provoquent une guerre, alors que l’un des fils part sur les routes, pour honorer aux quatre coins du royaume une promesse faite au roi Tsongor.

Si le début du roman m’a intéressée, si j’ai aimé la découverte des personnages, je n’ai pas réussi à me passionner sur la durée pour ces batailles plus ou moins fratricides. Je ne m’attendais pas à cette réaction, car j’aimé, voire adoré tout ce que j’ai lu de Laurent Gaudé jusqu’alors. Si je n’ai pas trop de souvenirs du Soleil des Scorta, l’écriture, le très beau rythme parfois proche de l’incantation de La porte des enfers, d’Ouragan et de Pour seul cortège m’ont vraiment beaucoup plu. Les thèmes abordés y sont fort sombres, la mort, la trahison ou la vengeance tenant toujours une grande place dans les romans de Gaudé. C’est le cas aussi pour La mort du roi Tsongor, mais là, j’ai fini rapidement par m’ennuyer et considérer comme une corvée de devoir continuer l’écoute. L’apparition de nouveaux personnages, loin de relancer l’histoire, m’a semblé artificielle et ne rien apporter. Je ne pense pas que la diction de Pierre-François Garel soit en cause, même si je trouvais par moments sa voix un peu trop sourde pour mes conditions d’écoute (en voiture).
Bonne nouvelle, j’ai enchaîné sur un autre livre audio qui, lui, a déclenché mon enthousiasme, et dont je vous parlerai très bientôt !

Extrait : « Voilà. Je meurs. Tu vois. Cela mettra un peu de temps. Le sang s’écoulera hors de moi. Je resterai ici jusqu’à la fin. Je meurs. Tu n’as rien fait. Maintenant, je te demande un service. » Tandis qu’il parlait, son sang continuait à se répandre. Une flaque, déjà, coulait à ses pieds. « Le jour va se lever. Regarde. Il ne tardera pas. La lumière paraîtra sur la cime des collines avant que je sois mort. Car il faudra du temps pour que mon sang coule hors de moi. Des gens accourront. On se précipitera sur moi. J’entendrai, dans mon agonie, les cris de mes proches et le vacarme lointain des armées impatientes. Je ne veux pas de cela. La nuit va finir. Et je ne veux pas aller au-delà. Mais le sang coule lentement. Tu es le seul, Katabolonga. Le seul à pouvoir faire cela. Il ne s’agit plus de me tuer. Je l’ai fait pour toi. Il s’agit de m’épargner ce nouveau jour qui se lève et dont je ne veux pas. Aide-moi. »

Lu aussi ou écouté par Enna, Laure et Liliba (toutes trois enthousiastes) et Val moins emballée…

littérature France·livre audio·sortie en poche

Jean-Paul Dubois, Hommes entre eux

hommesentreeux_audioL’auteur : Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Journaliste, puis grand reporter pour Le Nouvel Observateur, il examine au scalpel les États-Unis et livre des chroniques qui seront publiées en deux volumes aux Éditions de l’Olivier : L’Amérique m’inquiète (1996) et Jusque-là tout allait bien en Amérique (2002). Jean-Paul Dubois a publié de nombreux romans. Il a obtenu le prix France Télévisions pour Kennedy et moi en 1996, et le prix Fémina et le prix du roman Fnac pour Une vie française.
Editeur : Livraphone
Lu par Jacques Frantz
Durée : 5 heures 15
Existe en poche (Points)

J’ai fait connaissance avec Jean-Paul Dubois et ses personnages, sortes de doubles habitant Toulouse, et qui se prénomment toujours Paul, avec la lecture d’Une vie française, puis très récemment avec Le cas Sneijder, dont je vous parle plus bas, puisque c’est l’audio qui est à l’honneur aujourd’hui. Je n’ai pas retrouvé dans Hommes entre eux l’humour et le goût à tourner en dérision même les aspects les plus sombres de la vie, dont j’avais le souvenir. Dans ce roman, l’ambiance est un peu malsaine, ne serait-ce que par les décors de motels glauques et de combats d’ultimate fighting
Paul Hasselbank, homme d’une cinquantaine d’années, décide d’entreprendre un voyage au Canada sur la trace de sa femme qui l’a quitté depuis quelques mois pour vivre dans la région de North Bay, en Ontario. S’il ne retrouve pas Anna, il rencontrera des hommes qui l’ont connue, et aura l’occasion de partager le quotidien de l’un d’entre eux. Floyd Paterson est un amateur de grands espaces, chasseur à l’arc, solitaire et peu disert.
Le huis-clos final entre hommes, la scène du blizzard coupant, renversant et gelant tout, la maladie de Hasselbank et le cœur greffé de Paterson, les scènes assez crues, donnent à ce roman une couleur particulière, renforcée par la voix grave de Jacques Frantz. C’est très rude, viril et plein de testostérone, plutôt loin de l’univers habituel de l’auteur ! Mais je m’y suis laissée prendre, et assommer par la scène finale, que j’ai dû réécouter pour m’assurer de n’avoir rien raté, et qui me trotte encore dans la tête !

 Extrait : Il était un homme de cinquante-six ans, paisible spectateur du huitième rang, affligé d’un mal têtu qui peu à peu l’éloignait de la rive commune. Parfois son désarroi était tel qu’il éprouvait la sensation physique d’être emporté par un courant profond, et, comme tous les mauvais nageurs, il avait peur. Mais en ce moment, il n’était pas effrayé. Il était au cinéma. Les lumières de la salle baissaient doucement et, sous la protection du public qui l’entourait, il se laissa avaler par la pénombre qui précédait le film. Contrairement à d’habitude, l’écran ne s’animait pas et la salle restait obscure. De ces ténèbres provisoires montaJFrantz une voix d’homme, grave, posée, presque familière.

Jacques Frantz est un acteur français spécialisé dans les doublages, l’un des plus connus à mon sens, et vous avez forcément déjà entendu la voix française de Robert de Niro, Mel Gibson ou John Goodman !

cassneijder

Le cas Sneijder
218 pages
Editeur : L’Olivier (2011)
Existe en poche (Points)

Dans ce dernier roman de Jean-Paul Dubois, tout tourne autour d’un objet mécanique commun, qui pourtant « est le miracle mécanique qui a un jour permis aux villes de se redresser sur leurs pattes arrière et de se tenir debout. ». Pour Paul Sneijder, c’est aussi l’instrument de son malheur, puisqu’il a perdu sa fille lors d’un accident qui l’a laissé lui-même sérieusement blessé.
Le sujet est grave et pourtant, les tribulations de Paul qui tente de se remettre de cette terrible aventure ne manquent pas de faire sourire, et la
lucidité du personnage envers ses contemporains, sa famille, est particulièrement piquante. Cette lucidité rappelle les romans de Iain Levison que j’apprécie vraiment beaucoup, d’autant que l’auteur a transporté son personnage aux Etats-Unis. J’ai beaucoup aimé l’humour, le ton, les petits détails (il faut dire que le narrateur jouit, à son grand dam, d’une excellente, d’une bien trop bonne mémoire). Pas très long, ce roman agréable, tonique et inventif, me laisse un souvenir très plaisant.

Extrait : C’est ainsi que nous vécûmes, famille désarticulée, petits français de l’intérieur, coincés entre le leasing de nos voitures et les escalators du progrès, gravissant quelques marches sociales pour les redescendre aussitôt, enterrant nos parents avant de dépenser leurs assurances-vie, voyant grandir nos enfants et défiler les années, comme les bovins regardent passer les trains, jusqu’à la fin.

Je participe à Ecoutons un livre de Val sur le thème des « grands lecteurs » !
ecoutonsunlivre

littérature Asie·livre audio

Dai Sijie, Balzac et la petite tailleuse chinoise

balzacetlapetiteD’après l’éditeur : Chine, années 1970. La Révolution culturelle a exilé dans la montagne deux lycéens citadins : le narrateur et son ami Luo. Ils devront être rééduqués par les paysans-mineurs ! La vie est rude et laborieuse, heureusement éclaircie par la beauté de la Petite Tailleuse, jusqu’au jour où ils découvrent que le Binoclard a enfreint la loi en cachant chez lui une valise pleine de… livres ! Car Balzac est un réconfort, un bonheur, un trésor ! Et les livres, une bénédiction !
L’auteur : Dai Sijie est envoyé en rééducation dans le Sichuan entre 1971 et 1974. Lorsqu’il est libéré, il retourne au lycée jusqu’en 1976.
À la mort de Mao, il suit des cours d’histoire de l’art dans une université chinoise et vient en France en 1984, titulaire d’une bourse d’étude. Il entre à l’IDHEC, réalise un premier court métrage en Chine, puis tourne Chine, ma douleur (prix Jean-Vigo 1989), Tang le onzième et Le Mangeur de lune. La Petite Tailleuse chinoise est son premier roman, largement autobiographique, édité chez Gallimard. Best-seller de l’hiver 2000, le livre s’est vendu en France à 250 000 exemplaires, a été couronné de nombreux prix et a été traduit en 25 langues. 

Lu par Benjamin Jungers.
Texte abrégé
Contient 3 CD audio.
Durée : env. 4 h
Collection Ecoutez Lire, Gallimard (2008)  

Chose promise, chose due… Un petit mot sur Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai Sijie. J’ai profité du livre audio pour écouter ce livre que je projetais de lire depuis longtemps. Je me souviens aussi de la bande annonce du film, qui m’avait attirée, mais je ne sais pourquoi, je n’ai jamais eu l’occasion de le voir. Il faut dire que ce film ne doit rien avoir de la grosse machine d’action américaine, et de ce fait, ne pas plaire des masses aux programmateurs… Bref, ceci n’est pas un retour, mais une façon d’honorer l’engagement pris auprès de Val de commenter ce roman pour la session de septembre d’Ecoutons un livre.
Alors, pour ma première incursion hors d’Audiolib auquel j’étais fidèle jusqu’alors, j’ai emprunté ce livre audio à la bibliothèque et failli le rendre quand j’ai remarqué la mention « Texte abrégé » ! Je ne dois pas avoir lu de texte abrégé depuis mes 10 ans et la lecture de Sans famille ou d’Oliver Twist ! Mais j’ai résolu de passer outre pour découvrir tout de même l’histoire… Celle-ci m’a bien plu. Le dépaysement est garanti, pour le lecteur-auditeur, comme pour les deux lycéens citadins, qui, dans la Chine des années 70, se retrouvent envoyés dans une lointaine contrée, la Montagne du Phénix du Ciel, pour y être rééduqués, loin de leurs familles d’intellectuels anti-révolutionnaires. Le narrateur et son ami Luo doivent partager une maisonnette insalubre, se mettre à des tâches difficiles et subir le mépris des paysans analphabètes qui les hébergent. Jusqu’au jour où le talent de conteur de Luo leur ouvre quelques perspectives.
Les péripéties qui en découlent sont racontées sous le mode d’une chronique, avec un humour constant, et j’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à les suivre. La version audio convient bien à ce texte, la voix de Benjamin Jungers passe très bien, on sent qu’il s’est amusé à créer certaines voix. Je n’ai finalement pas eu l’impression de coupures, et ne sais donc pas ce que j’ai perdu à cette version abrégée, que j’ai trouvée en tous points agréable.

Extrait : Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l’ouvrîmes silencieusement. À l’intérieur, des piles de livres s’illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë…
Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
– Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde.

Dai Sijie sur le plateau d’Apostrophes et les impressions de Kikine et de Lo.

ecoutonsunlivre

littérature France·livre audio·sortie en poche

Julien Blanc-Gras, Touriste

touriste_audioL’auteur : Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Il a publié deux romans au Diable vauvert, Gringoland, qui conte un périple latino-américain, lauréat en 2005 du festival du premier roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura, et Comment devenir un dieu vivant en 2008, une comédie apocalyptique déjantée.
Editeur : Le livre qui parle (2013)
Durée : 5h15
Lu par Xavier Béja
Existe en livre de poche.

Le narrateur a ce qu’il appelle des « pathologies géographiques » ! Depuis son enfance, il adore les atlas, dort avec un globe terrestre gonflable là où d’autres câlinent des ours, rêve sur les noms comme Ouzbékistan ou Tananarive. C’est dire que son premier passeport, obtenu dès ses dix-huit ans, est pour lui le sésame le plus précieux qui soit. Visiter chacun des deux cent et quelques pays du monde est son but, il est touriste, c’est son objectif, sa vie, sa destinée !
Il commence par Hull, en Angleterre, ville qui sent le poisson, c’est ce que j’en ai retenu. A chaque étape, du moins dans ses jeunes années, il se loge comme il peut chez des amis d’amis ou de vagues connaissances. C’est un peu une version non télévisuelle de « J’irai dormir chez vous » ! C’est en effet la rencontre des habitants qu’il privilégie par rapport à la découverte des sites et des monuments, bien que parfois les deux soient liés.
Son regard aiguisé et son sens de la formule m’ont ravis et j’ai adoré suivre le narrateur, qui semble être un double de l’auteur, dans des endroits où je ne suis pas du tout certaine d’aller un jour : la Colombie « 
Comme la plupart des grandes villes sud-américaines, Bogotá hurle ses inégalités et sent la pisse. » l’Inde : « Dès l’aéroport, on est aspiré par les arômes de l’Inde, l’encens, les épices et la merde. L’arrivée à Bombay, il aurait fallu que Céline l’écrive. » la Polynésie, le cœur de la Chine, Israël, la Palestine, le Guatemala…
Si vous aimez voyager ou si préférez rester dans votre fauteuil, vous trouverez quoi qu’il en soit de bonnes raisons de sourire à cette lecture. La version audio passe particulièrement bien, et comme on trouve facilement des citations, sur Babelio par exemple, il est facile de relire quelques passages savoureux qui ont défilé trop vite dans l’auto-radio ! (Auto-radio ? On va croire que je suis restée dans les années soixante-dix ! Disons donc ce qui en tient lieu !)

Citations : Le paradis n’a pas d’adresse. Il se déplace à la surface de la planète pour offrir des moments furtifs à ceux qui savent les saisir.

C’est le paradoxe du touriste: le principal désagrément de sa démarche réside dans l’existence de ses semblables. Si l’on considère le voyage comme une volonté de se perdre, ou au moins de s’éloigner, l’idée de côtoyer ses voisins de métro habituels peut anéantir votre séjour.

Pour supporter l’épreuve, j’ai apporté quelques classiques. Je suis sous le ciel de Tunisie et je plonge dans les ruelles de Saint-Pétersbourg, qui sont aussi tortueuses que l’âme de Raskolnikov. Pour mémoire, le héros de Crime et Châtiment est un étudiant qui sèche les cours parce qu’il est fauché Comme il n’y avait pas de McDo au XIXème siècle, il n’a pas de petit boulot non plus. C’est un jeune homme intelligent et exalté, à la mégalomanie fiévreuse. Son indigence blesse son narcissisme et comme il est cinglé, il décide d’assassiner une vieille usurière méchante pour lui piquer son bas de laine. Il légitime son geste en l’enrobant d’alibis existentiels retours. La justification du crime est un des thèmes du roman. Raskolnikov prépare son sale coup, je suis emporté par la puissance narrative de Dostoïevski et la sono de la piscine crache « Vas-y Francky, c’est bon, vas-y Francky, c’est bon, bon, bon. »

De nombreux autres avis : Aifelle, Choco, Jérôme, Keisha, SandrineVéronique

Je participe à J’écoute un livre : on se retrouve chez Val chaque 16 du mois, et c’est une très bonne idée !

tous les livres sur Babelio.com
littérature Asie·livre audio

Haruki Murakami, 1Q84, tome 3

25 0465 2-Boite13,5_2cd_1Q84-L3.inddL’auteur : Né à Kyoto en 1949, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque, puis dirigé un club de jazz, avant d’enseigner dans diverses universités aux États-Unis. De retour au Japon, il écrit Écoute le chant du vent qui lui vaut le prix Gunzo, importante récompense japonaise. De nombreux succès suivront dont, Kafka sur le rivage, La Ballade de l’impossible, Saules aveugles, femme endormie et bien d’autres. Livre phénomène au Japon, les deux premiers tomes de 1Q84 se sont vendus à plus de trois millions d’exemplaires.
Editions : Audiolib, paru en avril 2012
Durée d’écoute : 17h45
Lecteurs : Emmanuel Dekoninck, Maia Baran, Philippe Résimont

J’avais parlé sur mon blog, le précédent du moins, du tome 1 de 1Q84 avec enthousiasme. Voici ce que j’en disais : il possède un charme, une grâce, une poésie, que vous connaissez si vous avez lu Kafka sur le rivage ou La ballade de l’impossible. Dès les premières pages, sur une autoroute embouteillée des environs de Tokyo, un envoûtement étrange se dégage… Avouez qu’il y a des lieux plus poétiques que les abords d’une autoroute urbaine, et pourtant, avec Murakami, ça marche !
J’ai omis de faire un billet sur le tome 2, mais j’avais continué avec presque autant d’allant ma lecture. La bibliothèque possédait le tome 3, une version audio qui me faisait de l’oeil, plus quelques jours de congés, voilà d’excellents ingrédients pour continuer !
C’était sans compter sur l’auteur en baisse de régime, ou la lassitude, ou le livre lui-même, beaucoup moins bon que ses précurseurs ? (clin d’oeil à ceux qui ont lu !) Bref, cette fois, tout n’a été qu’ennui, soupirs et bâillements jusqu’à remiser la suite dans mon ordinateur pour plus tard, sait-on jamais ? Il me reste sept ou huit heures à écouter, je pense. Mais suis-je prête à entendre égrener des détails quotidiens, cette fois répartis entre 3 personnages, Tengo et Aomamé, les deux jeunes gens qui aimeraient tant se retrouver (j’imagine déjà la fin, arrivant à gros sabots) auxquels s’adjoint Ushikawa, qui est lancé à la recherche d’Aomamé… Si l’arrivée d’une troisième personne peut sembler apporter du neuf au début du troisième tome, il n’en est rien, puisque chaque action est vue par un protagoniste, puis revue par un autre, et le procédé passerait s’il apportait quelque chose, mais comme chacun ressasse hypothèses et conjectures, c’est d’un pénible ! Je tombe d’autant plus de haut que j’ai été jusqu’alors une inconditionnelle d’Haruki Murakami et de son univers…
Un mot sur la version audio qui heureusement est là pour donner un peu de peps à ce tome 3, et aux autres sans doute, les trois voix alternent agréablement, et poussent à continuer… encore un peu, une heure ou deux… peut-être…

Deux extraits, l’un qui pourrait me plaire si tout le roman était comme ça, l’autre qui illustre bien ce qui m’a agacé…

Son tailleur sans âge, certainement démodé dès sa confection, dégageait une légère odeur de naphtaline. Un tailleur d’un rose étrange, comme si une autre couleur avait été mélangée par erreur au cours de la fabriquation. On imaginait volontiers qu’à l’origine, on avait recherché une teinte douce et élégante, mais la recherche n’avait jamais abouti. Ce rose avait lourdement chuté dans le manque de confiance en soi, l’autoeffacement, la résignation. De ce fait, ce chemisier blanc tout neuf qui était visible au col ressemblait à un visiteur indiscret surgissant à une veillée funèbre.

Ici, un certain nombre de « si » nous traversent l’esprit. Si Tamaru avait terminé sa conversation un peu plus tôt, si Aomamé ne s’était pas préparé du chocolat en repensant à toute l’histoire, elle aurait certainement vu Tengo qui levait la tête vers le ciel, juché en haut du toboggan. Alors, sur le champ, elle serait sortie de chez elle en courant, et elle aurait réalisé la nouvelle rencontre qu’elle attendait depuis vingt ans.

Pour un autre avis, je vous renvoie à une seule critique, mais qui vaut son pesant de cacahuètes, celle de Laurence64 sur Babelio.

Je participe à la session de mai d’Ecoutons un livre chez Val, où vous trouverez pleins d’autres livres à vous mettre entre les oreilles ! 

ecoutonsunlivre