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Tag : le cinéma et moi…

Pour vous prouver que le blog n’est pas tout à fait en sommeil, parce que j’ai plus envie de cinéma que de littérature en ce moment, et aussi parce que ça fait trop longtemps que je n’ai pas écrit d’avis sur des films, pour toutes ces raisons, je vous propose un petit tag de ma composition sur le cinéma… et, oui, je vais tenter de vous convaincre d’en faire autant : un petit bilan de vos goûts cinématographiques, ça ne vous tente pas ?

De manière générale, d’abord :
1) Quel est le genre de film qui te fait te précipiter au cinéma ? Les drames, ou aussi souvent, les comédies dramatiques.

2) Quel film, même qualifié de chef-d’œuvre, détestes-tu au point d’être sûr de ne jamais le revoir ? Orange mécanique, jamais plus !

3) Quel acteur ou actrice te ferait aller voir un film, même si les critiques sont mauvaises ? Heu, je pose des questions auxquelles je ne trouve pas de réponse, voilà qui est bizarre, non ? Peut-être Isabelle Huppert, je ne crains pas trop qu’elle joue dans de mauvais films, et j’aime bien sa carrière.


4) De quel pays as-tu envie de découvrir davantage le cinéma ? Le cinéma iranien m’intrigue et j’aimerais bien voir des films plus anciens que j’ai ratés.

5) À quel festival de cinéma irais-tu volontiers ? Pas Cannes, qui est un trop gros festival, j’irais bien à Locarno, à la fin de l’été, ça doit être sympa.

Pour l’année 2016 :

6) Quel film t’a enthousiasmé ? Plutôt bousculée, le film coréen The strangers, un choc, un film assez incroyable et différent des films coréens que j’avais déjà vus.

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7) Quel film t’a fait regretter d’être allé au cinéma ? Je suis assez sélective, je n’ai presque vu que des bons films, mais La mort de Louis XIV a tout de même failli avoir raison de ma patience…

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8) Quel réalisateur ou réalisatrice as-tu découvert ? Kenneth Lonergan avec Manchester by the sea, que j’ai vraiment trouvé très beau, un drame que le réalisateur prend le temps d’installer et de faire vivre.

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9) Quel acteur ou actrice as-tu découvert ? L’actrice chinoise Zhao Tao dans Au-delà des montagnes, un film très sensible et émouvant.
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10) Quel film regrettes-tu d’avoir raté ? Il y en a un certain nombre que j’ai ratés ! Peut-être Aquarius de Kleber Mendonça Filho avec Sonia Braga.
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Et maintenant, qui veut nous évoquer ses goûts et son année cinématographiques ?
Aifelle, Cuné, Mior, Leiloona, Krol, Claudia Lucia, Frédéric ? (ça ne sera pas long !)
Libre à vous de taguer d’autres blogueurs et de zapper ou modifier une question !

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cinéma·littérature Amérique du Nord·nouvelles·policier·projet 50 états

George Pelecanos, La dernière prise

dernierepriseMon père n’a même pas daigné tourner la tête. J’aurais bien regardé un bout de match des Steelers avec lui s’il me l’avait demandé, mais non, rien à faire, alors je suis monté dans ma chambre.
La déception, la séparation, la pauvreté, la drogue, la mort rôdent derrière ces nouvelles, qui toutes ont pour cadre Washington, et bien souvent pour milieu la communauté d’origine grecque de la ville. George Pelecanos parle de ceux qu’il côtoie tous les jours depuis sa naissance dans la capitale des États-Unis, et il en parle bien ! Il excelle autant à décrire avec naturel les caractères, qu’à planter le cadre, à savoir les recoins les plus sombres de la ville, et en peu de pages, ce n’est pas si facile.
Je classerais volontiers les recueils de nouvelles entre ceux que je réussis à finir et les autres, dont je ne parle donc pas, que je laisse en attendant de les reprendre, reprise assez hypothétique, quoique pas totalement illusoire. Le livre de George Pelecanos fait partie de la première catégorie, rien ne vient ralentir ou stopper la lecture, toutes les nouvelles sont d’une écriture franche, serrée et nerveuse, comme je les aime. Il faut dire que je retrouve cet auteur dont j’ai déjà lu plusieurs romans noirs ou policiers, et que cela aide sans doute à se trouver à l’aise dans son univers.
Une nouvelle plus longue termine le livre, un court roman, qui m’a rappelé que l’auteur était aussi scénariste, notamment pour la série The wire, série réputée parmi les amateurs du genre. Dans cette nouvelle, le personnage principal n’est donc pas un dealer, un flic ou un indic, mais un scénariste qui se trouve plongé dans un drame tel qu’il aurait pu l’imaginer, ou pas, pour une série policière. Ce n’est pas ma nouvelle préférée, mais elle permet d’avoir l’impression de participer à un tournage, tellement descriptions et dialogues sonnent juste.
Bref, un solide recueil de nouvelles, dont certaines prennent à la gorge, à recommander de préférence aux lecteurs de romans noirs américains, ou à ceux qui veulent mieux connaître l’auteur de Washington.

Extrait : J’ai senti le regard du gamin me suivre dans la ruelle.
Je me suis glissé sur la banquette arrière de la voiture de Barnes, une Crown Vic banalisée, bleu nuit. Je faisais profil bas, la tête contre la portière, sous le niveau de la vitre pour que personne puisse me voir de dehors. Je fais toujours comme ça quand je roule avec Barnes.

L’auteur : Né en 1957 de parents d’origine, George Pelecanos est un pur produit de Washington DC, capitale des États-Unis où il vit depuis lors. Il a fait quelques études de cinéma et enchaîné les petits boulots. Dans les années 80, il travaille pour le cinéma et commence à écrire. Son premier roman est publié en 1992. George Pelecanos a également travaillé à l’écriture et la production de la série Sur écoute (The Wire).
288 pages.
Éditeur : Calmann-Lévy (mars 2016)
Traduction : Mireille Vignol
Titre original : The Martini shot

Projet 50 états 50 romans : Washington DC (les autres lectures et la carte agrandie ici)
USA Map Only

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Ciné (13) Les chansons que mes frères m’ont apprises

les_chansons_que_mes_freres1Film américain de Chloe Zhao
avec John Reddy, Jashaun St John, Taysha Fuller, Irene Bedard
sorti le 9 septembre 2015
durée 1 h 34 mn
Festival de Deauville 2015

Cela fait longtemps que je n’ai pas fait de petit billet sur un film, je suis allée deux ou trois fois au cinéma cet été, mais sans envie d’écrire sur les films, pourtant pas mauvais, que j’avais vus.
Celui-ci a attiré mon attention, parce qu’il me semblait tout à fait indiqué pour prolonger mes lectures à propos des réserves indiennes des États-Unis (Sherman Alexie, Joseph Boyden, David Treuer, Louise Erdrich).
Une famille occupe le centre de ce film, famille monoparentale dont on fait la connaissance au moment de la mort accidentelle du père. Celui-ci ne vivait pas avec la mère de Johnny et Jashaun, il avait plusieurs autres femmes et de nombreux enfants.
Johnny, dix-sept ans, ne pense qu’à quitter Pine Ridge pour Los Angeles, tandis que Jashaun, à presque douze ans, sait dénicher les meilleurs côtés de la vie dans la réserve. Ces bons côtés sont peu nombreux, entre l’alcoolisme des parents, qui laisse les enfants assumer seuls des tâches d’adulte, les perspectives d’emploi quasi nulles, la drogue, les bagarres, les visites à la prison…
Ce film, en laissant une belle place aux paysages du Dakota du Sud, en ne s’attardant pas sur les scènes difficiles, en procédant par petites touches, voire par ellipses, en montrant une certaine solidarité, est une belle réussite. Il donne à voir sans concession la vie dans une réserve indienne, mais il sait rendre les personnages attachants. On a parfois l’impression qu’il s’agit d’un documentaire, tellement les jeunes acteurs incarnent leurs personnages avec naturel. J’ai beaucoup aimé ce film, qui n’est pas démonstratif, mais émouvant et lumineux, si on se laisse prendre par sa relative lenteur, et ses images soignées.
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cinéma

Ciné (12) Les nouveaux sauvages

nouveaux sauvages3Film argentin de Damian Szafron
avec Ricardo Darin, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia
Sorti le 14 janvier
Durée 2h 2mn
Sélectionné au festival de Cannes 2014.

J’ai une petite faiblesse pour le cinéma argentin et je n’ai pas été déçue par ce film à sketches, malgré quelques scènes poussées vraiment jusqu’à l’extrême limite, flirtant de ce fait un peu avec la vulgarité. Le premier sketch, court mais percutant, dans tous les sens du terme, est vraiment parfait pour l’entrée en matière, et les autres se suivent sans se ressembler : il s’agit de vengeance, bien souvent, mais pas toujours, il s’agit surtout de ce qu’un être humain peut faire lorsque la carapace, l’aspect bien policé, tombe, à cause de circonstances exceptionnelles. Les principaux protagonistes sont de tous âges, sexe et conditions, les décors mènent de la grande ville à la pampa, de routes désolées à des banlieues chics, mais chaque situation dégénère vite et de manière souvent brutale.
J’ai ri souvent, je me suis demandé jusqu’où ils oseraient aller, j’ai détourné les yeux une fois ou deux. Ça ne manque pas d’audace, et ça touche bien souvent au but. Seul le dernier des six sketches m’a un peu moins plu, et j’ai une petite préférence pour celui avec Ricardo Darin, acteur que j’ai eu plaisir à retrouver…
A noter que le film a été produit par les frères Almodovar, et qu’il est nominé pour l’Oscar du meilleur film étranger.

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Les avis de Dasola et Sentinelle.

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Ciné (11) A girl at my door

A_Girl_at_My_Door3Film sud-coréen de July Jung
avec Doona Bae, Kim Sae-Ron, Song sae-Byeok
Sorti le 5 novembre
Durée 1h 59mn
Présenté au Festival de Cannes 2014 dans la section Un certain regard.

 

Aucune sortie récente ne me tentait au cinéma la semaine dernière, je me suis décidée à aller voir ce film que j’avais raté et qui passait encore dans une petite salle. C’est terrible, moins d’un mois après leur sortie, les salles sont vides et les films semblent déjà en sursis ! Enfin, le calme de la salle m’a permis de gribouiller quelques notes sur un bout de papier tout en regardant, ce que je ne fais jamais d’habitude. Et je peux vous assurer que A girl at my door est un film qui mérite qu’on y prête attention.
Il s’agit du premier long-métrage d’une jeune réalisatrice, mais pas de la première fois que je vois un film coréen. J’ai un faible pour le cinéma de ce pays, et certains films japonais du même genre intimiste et dramatique. Vous vous souvenez peut-être de Poetry de Lee Chang-Dong, il y a quatre ans, un très beau film ! Le réalisateur est aussi producteur et a produit le film de July Jung.
Young-Nam, une jeune femme policier, est nommée par mutation disciplinaire dans une toute petite ville côtière, en tant que chef du commissariat. La population y est très différente de ce qu’elle connaît à Séoul, pleine de préjugés, et l’alcool y fait des ravages. Young-Nam remarque une fillette d’une douzaine d’années qui semble rejetée par ses camarades, et maltraitée par sa grand-mère et son beau-père. Ceux-ci refusent d’entendre raison, et la jeune femme n’est guère soutenue par ses collègues. Son investissement affectif envers la toute jeune fille prend progressivement des proportions trop importantes…
Les images lumineuses, passant d’un paysage de plage à un bar à karaoké, d’un intérieur dépouillé à une rizière verdoyante, montrent une grande sensibilité, qui répond aux émotions de Young-Nam : affection, colère, incommunicabilité, mal-être, souffrance.
Parfois un tout petit peu manichéen, le film reste cependant toujours sur le fil, ne tombe jamais dans la caricature, ou la facilité. La fin surprend et prête à discussion, et à s’interroger sur la part de différences culturelles dans cet épilogue qu’on n’avait pas vu venir.
En résumé, un film dramatique lumineux et sensible, et une jeune réalisatrice qui se fera sans doute une place dans le monde du cinéma !
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Ciné (10) Respire

respire1Film français de Mélanie Laurent avec Lou de Lââge, Joséphine Japy, Isabelle Carré, Claire Keim
Sorti le 12 novembre 2014
Durée : 1h32mn
Présenté à Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique 2014
D’après le roman « Respire » de Anne-Sophie Brasme

 

Sans avoir lu le livre dont le film est tiré, sans non plus vouloir prendre partie dans le dénigrement dont est l’objet Mélanie Laurent, il n’a pas fallu beaucoup me pousser pour aller voir ce film.
De quoi s’agit-il ? D’une histoire d’amitié vénéneuse entre deux adolescentes, lycéennes de terminale. Charlie, calme et réservée mais entourée d’une bande sympa et bienveillante, devient très vite, trop vite sans doute, amie avec une fille qui arrive dans sa classe en cours d’année. Sarah, elle, est exubérante et sûre d’elle, parle volontiers de sa mère qui travaille dans l’humanitaire en Afrique, se fait tout de suite une place importante dans la vie de Charlie. Même la mère de Charlie, perturbée par un mari inconstant, accueille volontiers cette jeune fille. Du lycée au pavillon de banlieue, de soirées en vacances communes, l’emprise de Sarah commence toutefois à être trop forte, et Sarah d’en jouer, méchamment parfois.
Ce que j’ai aimé dans ce film, c’est que la réalisatrice n’a pas cherché à en faire trop, à accumuler les scènes trop frappantes, même si on sent que le drame affleure très souvent. Si Sarah est manifestement perverse, elle est aussi à sa manière capable de calmer le jeu de temps à autre. D’autre part, il aurait été facile de faire de l’entourage de Charlie des personnes qui, tout à leurs soucis, ou à leur égoïsme adolescent, ne remarquent rien. Ce n’est pas le cas, la tante, la mère, les amis de Charlie, tentent de la mettre en garde, de l’aider, un peu maladroitement, mais elle refuse de voir et d’entendre, de toute façon…
Je n’ai pas spécialement de commentaires à faire sur la façon dont c’est filmé, c’est assez classique, sans que ce soit péjoratif, avec quelques effets plus recherchés. C’est vraiment l’histoire, le jeu des deux jeunes comédiennes, la psychologie qui l’emporte. Il est intéressant de savoir que Anne-Sophie Brasme avait dix-sept ans lorsqu’elle a écrit ce livre.
Pour moi, c’est un bon film, avec un sujet intéressant et un très bon casting !
repire2respire3  respire4

L’avis d’Antigone sur le livre.

 

cinéma·policier

Ciné (9) Quand vient la nuit

quandvientlanuit1Film américain de Michael R Roskam
avec Tom Hardy, Noomi Rapace, James Gandolfini, Matthias Schoenaerts
date de sortie : 12 novembre 2014
durée : 1h47mn
titre original : The drop
Scénario d’après une nouvelle de Dennis Lehane « Animal rescue »
vu en VOST

Un court billet cinéma car j’ai vraiment envie de vous dire le plus grand bien de ce film, même si j’imagine que certains, ou plutôt certaines, d’entre vous ne se sentiront pas spécialement attirés par une histoire de gangsters à Brooklyn. J’ai eu l’occasion de le voir en avant-première grâce aux Quais du Polar, qui ne pouvaient qu’approuver cette adaptation de Dennis Lehane.
Ce film a énormément d’atouts. Il paraît d’abord que le premier du réalisateur belge Michael Roskam, dont le titre était Bullhead, était très bien, je suis obligée de croire les critiques car je ne l’ai pas vu !
Mais venons-en à Quand vient la nuit. Il commence par de très belles images de Brooklyn de nuit et en hiver, côté quartiers un peu déshérités. Les bars y sont en grande partie tenus par des mafieux, tchétchènes en l’occurrence, qui les utilisent à tout de rôle, une nuit par-ci par-là, pour y déposer tout l’argent sale récolté pendant les heures nocturnes. D’où le titre The drop, le dépôt. « Chez Marv » est un bar comme les autres, Marv n’en est plus que le nom en façade, depuis qu’il a dû le céder à la mafia locale, et Bob, son cousin, est serveur. Calme, presque mutique, surtout devant les femmes, Bob accomplit son travail tranquillement, de manière routinière, jusqu’au jour où il trouve un chiot dans une poubelle. Il va alors décider d’élever le petit animal, ce qui perturbe son existence…
Une atmosphère de menace plane sur cette vie tranquille, le bar subit un braquage, les mafieux réclament sans ménagement leur argent envolé, Bob est harcelé par un personnage douteux et très perturbé…
Le scénario, basé sur une nouvelle de Dennis Lehane, est vraiment excellent et recèle des surprises jusqu’à la fin. Le choix des acteurs n’est pas dépourvu de découvertes non plus, avec Tom Hardy dans le rôle principal, un inconnu pour moi, pour un rôle pas facile où il est vraiment parfait. Il est entouré par James Gandolfini, le père des Sopranos, que j’ai eu grand plaisir à retrouver, pour son dernier film, malheureusement. A leurs côtés l’inquiétant Matthias Schoenaerts (vu dans De rouille et d’os) et l’excellente Noomi Rapace (vue dans la trilogie Millénium) complètent une équipe d’acteurs épatante.
De plus, gros point important pour moi, si l’ambiance n’est pas des plus roses, aucune violence gratuite ne vient en surenchère. Mr partage mon point de vue, et nous avons beaucoup discuté de ce film au retour et le lendemain, c’est dire qu’il nous a fait une certaine impression.
Voilà, j’espère que vous vous laisserez tenter !
quandvientlanuit2Noomi Rapace, Tom Hardy

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Ciné (8) Magic in the moonlight

_DSF0045.RAFFilm américain de Woody Allen avec Colin Firth, Emma Stone, Aileen Atkins, Marcia Gay Harden, Hamish Linklater
date de sortie 22 octobre 2014
durée 1h 38mn
vu en VOST

 

Le dernier Woody Allen en date ! C’est rare que je rate les sorties de ses films, je suis une inconditionnelle, et en plus, j’ai obtenu des places pour l’avant-première !
La question se pose alors, s’agit-il d’un des meilleurs crus ou d’une œuvre plus mineure ?
Franchement, une fois face à l’écran, prise par le charme du film, je ne me suis plus trop posé la question. Alors, oui, c’est une très sympathique comédie romantique sur fond de musique de jazz, et sise sur la Côte d’Azur à la fin des années 20, et ce n’est pas La rose pourpre du Caire ni Match point, mais c’est tout de même fort plaisant.
Stanley Crawford (Colin Firth) est un magicien renommé, sous le nom de Wei Ling Soo, chinois d’opérette fort réputé pour ses tours à base de disparitions d’éléphants… Alors qu’il se produit à Berlin, son ami d’enfance l’appelle pour mettre en défaut une jeune femme médium qui a littéralement envoûté la famille Cartledge. Car Stanley, esprit particulièrement cartésien, s’est fait une spécialité de démasquer les soit-disant médiums. Tout ce beau monde se retrouve dans le luxe d’une villa azuréenne. Étonnamment, Stanley a du mal à mettre en défaut la jeune femme campée par une Emma Stone très amusante et convaincante dans ce rôle pas si simple. Le duo formé par elle et Colin Firth fonctionne bien, porté par un scénario bien huilé et des dialogues percutants. Les seconds rôles les mettent habilement en valeur… ah, le prétendant niais mais fortuné, jouant du ukulélé en bredouillant une chansonnette ! La tante de Stanley, une perspicace vieille dame, tient une place non négligeable aussi.
Je me suis bien amusée, et j’ai aussi aimé l’idée du prestidigitateur très rationnel, qui se rend compte qu’il aurait besoin d’un peu de magie et de mystère dans sa vie.
Le film ne révolutionnera pas le genre « comédie romantique » ni la filmographie de Woody, mais il fait passer un très bon moment, et se détendre bien agréablement !
magic_in_the_moonlight1magic_in_the_moonlight3L’avis de Sentinelle.

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Ciné (7) Mommy

 

mommy5Film canadien de Xavier Dolan avec Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval, Suzanne Clément, Patrick Huard
sorti le 8 octobre 2014
durée 2h18
vu en VO sous titrée


Même si je n’avais pas manqué d’entendre parler de Xavier Dolan auparavant, c’est le premier de ses films que je vois. Enfin, il n’y a pas trop de retard de ce côté, quand on sait que le réalisateur a vingt-cinq ans, il y aura sans doute encore d’autres occasions de voir ses films. Remarqué à juste titre au Festival de Cannes 2014, Mommy en est reparti avec le prix du Jury.
Dans un futur très proche, en 2015, une loi canadienne permet aux parents de placer un enfant souffrant de troubles graves du comportement. Ce n’est pas le choix de Diana Després, surnommée Die. Bien que veuve, avec de tout petits revenus, elle choisit de reprendre son fils Steve, quinze ans, après qu’il ait mis le feu à l’institution qui l’avait pris en charge. Steve est vraiment à fleur de peau, avec des réactions toujours spectaculaires, des troubles de l’attention et du comportement poussés à l’extrême… il m’a malheureusement fait penser à des enfants croisés ici ou là et dont je me demandais à quoi ils ressembleraient à quinze ans ou plus. Renseignements pris, certains s’en sont sortis bien mieux, pour d’autres il faudra attendre pour le savoir.
Je ferme cette parenthèse pour parler du film ! Comment dire : c’est vraiment du cinéma, voilà ! On voit des tas de films qui sont tout à fait regardables, qui racontent des histoires touchantes ou amusantes, mais qui n’apportent rien au point de vue cinématographique. Certes, Xavier Dolan cherche justement la forme nouvelle, l’originalité, les images soignées, plus que soignées, certaines se suffisent déjà à elles-mêmes par leur beauté, mais tout cela il le met au service d’une histoire, une histoire pas très compliquée, mais qui prend aux tripes, et ça marche !
Au duo mère-fils, il faut ajouter une voisine, prof en congé, qui a perdu toute facilité à s’exprimer, et qui par ses bégaiements, va parfois calmer un peu le duo explosif formé par Die et Steve. Je peux vous assurer que pour certaines scènes émouvantes, la qualité du silence était remarquable dans la salle, pourtant grande, pleine, avec un public assez jeune. Le personnage de la mère est vraiment magnifique, joué et filmé avec une justesse qu’on voit rarement. Un petit mot de la langue utilisée par les acteurs, une forme parlée de québecois qui nécessite des sous-titres et qui est pour le moins fleurie !
Bon, cet avis est un peu brouillon, mais si on me demandait un film à ne pas rater en ce moment, je citerai celui-ci sans hésiter !

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Les avis de Alain, Cachou et Lo.

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Ciné (6) Sils Maria

 

sils-maria1film français et allemand d’Olivier Assayas avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz, Lars Eidiger, Hans Zischler
Sorti le 20 août 2014
Durée : 2h03
Vu en VO.

Encore un film pour lequel je n’étais pas convaincue à l’avance, voire même pas très partante… c’était plutôt une idée de Monsieur, disons-le tout net ! Heureusement le nom de l’auteur étant une valeur sûre, j’ai beaucoup aimé Irma Vep et Clean, et Juliette Binoche aussi, je me suis laissé convaincre facilement.

La célèbre actrice et comédienne de théâtre Maria Anders se rend à Zurich pour un hommage à l’auteur dont la pièce l’a fait connaître et a fait son succès. Il s’agit d’un affrontement entre une jeune femme et une femme plus mûre qui s’éprend d’elle. Un jeune metteur en scène propose à Maria de reprendre la pièce, mais cette fois dans le rôle de la plus âgée des deux, rôle plus difficile qu’elle a du mal à accepter, tout comme elle accepte mal de vieillir. Maria s’installe pour répéter dans le chalet de l’auteur de la pièce situé à Sils Maria dans les Grisons suisses, où Nietzsche séjourna aussi. C’est son assistante Valentine (épatante Kristen Stewart que je découvrais pour l’occasion!) qui lui donne la réplique.

Comme dans Winter sleep vu récemment, on pourrait citer Tchekhov ou Bergman, on dialogue beaucoup, on philosophe un peu sous l’œil de la caméra. C’est un film qui met à l’honneur les actrices, on sent la tendresse du réalisateur à leur égard, et elles sont épatantes, de Juliette Binoche souvent resplendissante, parfois perturbée, à Kristen Stewart, dont j’ai cru comprendre qu’elle était habituée à des rôles bien différents, et à Chloë Grace Moretz, jeune actrice américaine aussi, qui passe d’un comportement extrême à un autre avec facilité. Le monde du cinéma, le rôle des médias contemporains et d’internet, les jeux de domination et de séduction sont au centre de ce film, tout en finesse, qui utilise fort bien le paysage et même la météo des Alpes suisses.
J’ai passé un très bon moment et je vous le recommande chaudement !
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