Publié dans bande dessinée, littérature Amérique du Nord, littérature France

Chabouté, Construire un feu

construireunfeu« Tu fais bien de te méfier… Même les pires coups de froid ne parviennent pas à geler certains ruisseaux provenant des collines…ils sont cachés par une mince pellicule de glace recouverte de neige… »
Ouvrons aujourd’hui une bande dessinée. En opposition complète avec les journées que nous passons en ce moment, elle nous emmène en Alaska, dans la région du Klondike prisée des chercheurs d’or au début du XXe siècle. Dépaysement garanti !
En plein hiver, avec une température qui descend au-dessous des moins quarante degrés, un homme a décidé, contre les conseils de ceux qui connaissent bien la région, de rejoindre seul, avec son chien, le camp où il retrouvera ses camarades prospecteurs. Une journée lui suffira, mais sur une piste incertaine, avec certains endroits dangereux où l’eau coule encore sous la neige amoncelée. Il a un peu de nourriture et une boîte d’allumettes, il est chaudement vêtu, mais regrette vite de ne rien avoir pour couvrir ses joues et son nez.
construireunfeu_PL1« Le chien le sait bien lui, que ce n’est pas un temps pour voyager. Son jugement de chien est bien plus juste que ton orgueilleux jugement d’homme. »
Les dessins superbes, pas tout à fait du noir et blanc, mais plutôt du bistre et blanc, rendent bien le paysage du Klondike, et la trogne du chercheur d’or, plein de certitudes et de conviction dans sa supériorité sur la nature. Le texte, qui n’est pas celui de London, mais un monologue intérieur, alors que la nouvelle est racontée à la troisième personne, n’a rien à envier à son modèle. Il fait monter la tension, le chercheur d’or passant de l’assurance un peu fanfaronne à l’inquiétude, à la peur, puis à la résignation. Le chien, avec lequel il n’a jamais vraiment entretenu de relation chaleureuse, le suit en ayant conscience du froid extrême et en attendant que l’homme élabore enfin un feu pour qu’ils se réchauffent au moins un peu avant de repartir.
Chaque péripétie du voyage prend par ce froid des proportions extrêmes, et à chaque pas, le dessin accompagne, et rend compte des conditions inhumaines.
J’avais lu une autre bande dessinée de Chabouté, Tout seul, dans un monde totalement différent, mais aussi sur le thème de la solitude, et tout aussi marquante ! À lire quand vous en aurez l’occasion.
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Construire un feu, de Christophe Chabouté, d’après Jack London, éditions Vent d’Ouest, 2007, 80 pages.

Découvert pour le challenge Jack London chez Claudialucia.
Challenge jack london 2copie

Publié dans classique, littérature Amérique du Nord, sorti en poche

Jack London, La peste écarlate

pesteecarlate« – Imaginez-vous, mes enfants, des troupes d’hommes plus nombreuses que des bandes de saumons que vous avez vues souvent remonter le fleuve Sacramento, des troupes d’hommes que dégorgeaient les villes, qui, comme des bandes de fous, se déversaient sur les campagnes, dans un inutile effort pour fuir la mort qui s’attachait à leurs pas. »
Aujourd’hui, nous nous sommes donné rendez-vous à plusieurs blogueuses pour une lecture commune de La peste écarlate de Jack London. C’est un court roman, 142 pages dans mon édition numérique, suivie de deux nouvelles dont je ne parlerai pas aujourd’hui, Construire un feu et Comment disparut Marc O’Brien.
Voici le sujet de La peste écarlate : en 2073, cela fait soixante ans que l’humanité a sombré à la suite d’un fléau survenu en 2013, une maladie d’une virulence rare qui tue les humains en quelques heures. Un vieillard survit difficilement avec ses petits-enfants « vêtus de peaux de bêtes » et se remémore sa jeunesse. Il répond aux questions des jeunes garçons sur la vie d’avant, et l’épidémie dévastatrice. Cela résonne fort avec l’actualité, bien sûr, et pas de manière rassurante. Par exemple, le rôle de l’état se trouve expédié en quelques lignes dans le récit du vieillard, et les communications disparaissent tout aussi rapidement, « dix mille années de culture et de civilisation s’évaporèrent comme l’écume, en un clin d’oeil. ». Le vieil homme, alors jeune professeur d’université à San Francisco, confronté à la Peste rouge lors de sa fuite hors de la ville, ne développe pas la maladie, et comme lui, quelques dizaines d’humains. Il en rencontre certains au bout de longues années solitaires. Quelques tribus se reforment…

« La même histoire, dit-il en se parlant à lui-même, recommencera. Les hommes se multiplieront, puis ils se battront entre eux. Rien ne pourra l’empêcher. Quand ils auront retrouvé la poudre, c’est par milliers, puis par millions qu’ils s’entretueront. Et c’est ainsi, par le feu et par le sang, qu’une nouvelle civilisation se formera. »
Le roman est prétexte pour Jack London à aborder ses sujets de prédilection, le monde du travail, et la répartition des richesses, richesses bien peu utiles dans le monde tel qu’il le décrit. Le rôle de la culture reste important pour le grand-père, plus qu’un souvenir, puisqu’il a gardé des livres alors qu’aucun de ses petits-enfants n’imagine même à quoi ils servent. Ils ont du mal à comprendre le langage du vieil homme, tout occupés qu’ils sont à chasser ou à pêcher, leur vocabulaire est essentiellement pratique et ignore l’abstraction.
Je ne connaissais pas ce roman, écrit en 1912, qui mérite pourtant de figurer parmi les meilleurs romans d’anticipation. Pas aussi pessimiste qu’il peut le sembler au départ, il se termine sur une note d’espoir. Si l’histoire est un perpétuel recommencement, la civilisation finira forcément par reparaître, avec ses éternels dominants et ses habituels dominés, mais une forme de civilisation tout de même…
C’est étonnant de voir l’auteur décrire en 1912 le monde perdu de 2013, et ses ressemblances avec celui que nous connaissons. L’imagination des écrivains me remplit toujours d’admiration ! Quant à l’écriture, sa force emporte et immerge complètement dans une Californie retournée à l’état sauvage, auprès de ces personnages désemparés, dans des paysages qu’on s’imagine aussitôt. Plus je découvre Jack London, notamment par les nouvelles, (Les temps maudits) plus je suis étonnée par la multiplicité des univers qu’il a décrit !

La peste écarlate (The scarlett plague, 1912) de Jack London, traduction de Paul Gruyer et Louis Postif, Bibliothèque électronique du Québec, 142 pages.

Lecture commune avec ClaudiaLucia, Lilly, Miriam, …
Challenge Jack London
Challenge jack london 2copie

Auteurs de A à K

A
Edward Abbey Désert solitaire

Alyssia Abbott Fairyland

Megan Abbott Avant que tout se brise

Barbara Abel Derrière la haine

Zeina Abirached Le piano oriental

Marguerite Abouet Commissaire Kouamé

Gil Adamson La veuve

Jake Adelstein Tokyo vice

Chimamanda Ngozi Adichie Americanah

Kaouther Adimi Nos richesses

Jussi Adler-Olsen Délivrance

Jussi Adler Olsen L’effet papillon

Jussi Adler Olsen Miséricorde

Jussi Adler-Olsen Profanation

Jussi Adler Olsen Promesse

Maria Adolfsson Faux pas

Milena Agus, Luciana Castellina Prends garde

Laura Alcoba Le bleu des abeilles

Sherman Alexie Indian blues

Alfred Come Prima

Carole Allamand La plume de l’ours

Ambai De haute lutte

Jean-Baptiste Andréa Cent millions d’années et un jour

Nathacha Appanah En attendant demain

Nathacha Appanah Petit éloge des fantômes

Nathacha Appanah La noce d’Anna

Aharaon Appelfeld Histoire d’une vie

Aharon Appelfeld Le garçon qui voulait dormir

Aharon Appelfeld Les partisans

Fernando Aramburu Patria

Metin Arditi L’enfant qui mesurait le monde

Metin Arditi Le Turquetto

Kate Atkinson Life after life

Jami Attenberg La famille Middlestein

Margaret Atwood La servante écarlate

Paul Auster 4321

Paul Auster Chronique d’hiver 

Paul Auster Le voyage d’Anna Blume

Paul Auster Tombouctou

Silvia Avallone La vie parfaite

Silvia Avallone Le lynx

Silvia Avallone Marina Bellezza

B

Jo Baker Une saison à Longbourn

Gerbrand Bakker Le détour Kristin

Marja Baldursdottir Karitas, l’esquisse d’un rêve

Honoré de Balzac Le chef d’oeuvre inconnu 

Honoré de Balzac Le Père Goriot

Russell Banks Un membre permanent de la famille

Vanessa Barbara Les nuits de laitue

Benny Barbash My first Sony

Alessandro Baricco Mr Gwyn

Alessandro Baricco Trois fois dès l’aube

Julian Barnes Le fracas du temps

Julian Barnes Une fille, qui danse

A. Igoni Barrett Love is power ou quelque chose comme ça

Sebastian Barry Du côté de Canaan

Fiona Barton La veuve

M.C. Beaton La quiche fatale

Thierry Beinstingel Faux nègres

Thierry Beinstingel Ils désertent

Thierry Beinstingel Retour aux mots sauvages

Martin Belskis Dans le square

Tonino Benacquista Romanesque

Clément Bénech L’été slovène

Alan Bennett So shocking

Gubergur Bergsson Il n’en revint que trois

Mikael Bergstrand Les plus belles mains de Delhi

Lou Berney November Road

Delphine Bertholon Cœur-naufrage

Catherine Bertrand Chroniques d’une survivante

Raphaël Beuchot et Zidrou Tourne disque

Gisèle Bienne La ferme de Navarin

Daria Bignardi Accords parfaits

Bergsveinn Birgisson La lettre à Helga

Véronique Bizot, Mon couronnement

Soffia Bjarnadottir J’ai toujours ton coeur avec moi

Julien Blanc-Gras Touriste

Jean-Marie Blas de Roblès L’île du Point Némo

Olivier Bleys Concerto pour la main morte

Jean-Philippe Blondel 06h41

Christophe Boltanski La cache

Christophe Boltanski Le guetteur

Colombe Boncenne Comme neige

Cynthia Bond Ruby

Miguel Bonnefoy Le voyage d’Octavio

Julie Bonnie Chambre 2

Hugo Boris Police

Hugo Boris Trois grands fauves

Mechtild Borrmann L’envers de l’espoir

Mechtild Borrmann Le violoniste


Adrien Bosc Constellation

Anne Bourrel Le dernier invité

Franck Bouysse Plateau

William Boyd L’attente de l’aube

William Boyd Orages ordinaires

Joseph Boyden Dans le grand cercle du monde

T.C. Boyle Les Vrais durs

John Boyne Les fureurs invisibles du cœur

Oyinkan Braithwaite Ma soeur serial killeuse

Maïa Brami Cocteau à Milly-la-Forêt

Taylor Brown La poudre et la cendre

Elizabeth Brundage Dans les angles morts

Carol Rifka Brunt Dites aux loups que je suis chez moi

Bill Bryson Promenons-nous dans les bois

Shannon Burke 911

Michel Bussi N’oublier jamais


Michel Bussi Un avion sans elle

Nickolas Butler Retour à Little Wing


C

Jaume Cabré Voyage d’hiver

Véronique Cambier Petites chroniques d’une maison d’hôtes

Andrea Camilleri Jeux de miroir

Andrea Camilleri L’excursion à Tindari

Andrea Camilleri La couleur du soleil

Bonnie Jo Campbell Il était une rivière

Truman Capote De sang froid

Philip Caputo Clandestin
 

David Carkeet Le linguiste était presque parfait

Luigi Carletti Prison avec piscine

Christophe Carlier Singuliers

Ron Carlson Retour à Oakpine

Jean-François Caron De bois debout

Jesus Carrasco Intempérie

Donato Carrisi La fille dans le brouillard

Hannelore Cayre Comme au cinéma

Ray Celestin Carnaval

Ray Celestin Mascarade

Javier Cercas L’imposteur

Javier Cercas Le monarque des ombres

Sophie Chabanel La griffe du chat

Chabouté Construire un feu

Chabouté Tout seul

Sorj Chalandon Le jour d’avant

Sorj Chalandon Le quatrième mur

Dan Chaon Cette vie ou une autre

David Chariandy 33 tours

Tracy Chevalier Prodigieuses créatures

Eric Chevillard L’autofictif doyen de l’humanité

Chi Li Les sentinelles des blés

Chi Zijian Bonsoir, la rose

Wojciech Chmielarz Pyromane

Mona Chollet Chez soi Une odyssée de l’espace domestique

Antoine Choplin La nuit tombée

Antoine Choplin Radeau

Antoine Choplin Une forêt d’arbres creux

Philippe Claudel Le bruit des trousseaux

Carin Clevidence La maison de Salt hay Road 

Jonathan Coe Bienvenue au club

Jonathan Coe Désaccords imparfaits

Jonathan Coe Expo 58

Jonathan Coe Numéro 11

Paolo Cognetti Les huit montagnes

Velibor Colic Manuel d’exil

Paul Colize Back up

Paul Colize Concerto pour quatre mains

Paul Colize L’avocat, le nain et la princesse masquée

Paul Colize Un long moment de silence

Evan S. Connell Mrs Bridge

Michael Connelly Les dieux du verdict

Thomas H. Cook Le secret des tranchées

Thomas H. Cook Les feuilles mortes

Jackie Copleton La voix des vagues

Isabelle Coudrier Babybatch

Cécile Coulon Le coeur du pélican

Henri Courtade Loup, y es-tu ?

Chloé Cruchaudet La croisade des innocents

Céline Curiol L’ardeur des pierres

Céline Curiol Les vieux ne pleurent jamais

Rachel Cusk Disent-ils

D

Louis-Philippe Dalembert Avant que les ombres s’effacent

Francis Dannemark Histoire d’Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un)

Etienne Davodeau Le chien qui louche

Etienne Davodeau Les ignorants

Erri De Luca La nature exposée

Erri de Luca Le jour avant le bonheur

Julia Deck Viviane Elisabeth Fauville

Jonathan Dee Ceux d’ici

Frédérique Deghelt La vie d’une autre

Philippe Delerm Enregistrements pirates

Nicolas Delesalle Le goût du large

Nathalie Démoulin La grande bleue

Rene Denfeld Trouver l’enfant

Pierre Derbré Luwak

Agnès Desarthe Dans la nuit brune

Agnès Desarthe La chance de leur vie

François-Henri Désérable Un certain Mr Piekielny

Patrick Deville Peste et choléra

Patrick deWitt Les frères Sisters

Hernan Diaz Au loin

Luca Di Fulvio Le gang des rêves

Anton DiSclafani Le pensionnat des jeunes filles sages

Sophie Divry La condition pavillonnaire

Sophie Divry Quand le diable sortit dela salle de bains

Sophie Divry Trois fois la fin du monde

Négar Djavadi DésorientaleNégar Djavadi Désorientale

Anthony Doerr Le mur de mémoire

Eva Dolan Les chemins de la haine

Louise Doughty Portrait d’une femme sous influence

Catherine Dousteyssier-Khoze La logique de l’amanite

Roddy Doyle Paula Spencer

Roddy Doyle Smile

Jean-Paul Dubois Hommes entre eux

Jean-Paul Dubois Le cas Sneijder

Arnaud Dudek Les fuyants 

Marc Dugain Avenue des géants

Thu Huong Duong Les collines d’eucalyptus

Marc Durin-Valois La dernière nuit de Claude Eatherly

Gerald Durrell Ma famille et autres animaux

E

Jean Echenoz Courir

Dave Eggers Zeitoun

Mary Relindes Ellis Wisconsin

R.J. Ellory Le chant de l’assassin

R. J. Ellory Mauvaise étoile

R. J. Ellory Papillon de nuit

Mathias Enard Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

Mathias Enard Rue des voleurs

Anna Enquist Les porteurs de glace

Anna Enquist Quatuor

Louise Erdrich Ce qui a dévoré nos coeurs

Louise Erdrich Dans le silence du vent

Louise Erdrich LaRose

Louise Erdrich Le jeu des ombres

Annie Ernaux La honte

Jeffrey Eugenides Des raisons de se plaindre

Diana Evans Ordinary people

Percival Everett Effacement

F

Mario Falcone L’aube noire

Carine Fernandez Mille ans après la guerre

Marc Fernandez Mala vida

Elena Ferrante L’amie prodigieuse

Elena Ferrante Le nouveau nom

Jérôme Ferrari Le sermon sur la chute de Rome

Gordon Ferris La cabane des pendus

Azza Filali Ouatann

Brigitte Findakly Coquelicots d’Irak

Timothy Findley Guerres

Susan Fletcher Un bûcher sous la neige

Georges Flipo Tous ensemble, mais sans plus 

Gillian Flynn Les apparences

Michèle Forbes Edith & Oliver

Richard Ford Canada

Paula Fox L’hiver le plus froid

Miles Franklin Ma brillante carrière 

Hélène Frappat Lady Hunt

Castle Freeman Jr. Viens avec moi

Tana French L’invité sans visage

Tana French The likeness

Nell Freudenberger Lucky girls

Nell Freudenberger The newlyweds Les jeunes mariés

Sébastien Fritsch Se retenir aux brindilles

Claire Fuller Les jours infinis

Philippe Fusaro Palermo solo

G

François Garde Ce qu’il advint du sauvage blanc

Romain Gary La promesse de l’aube

Elizabeth Gaskell Mary Barton

Ryan Gattis Six jours

Laurent Gaudé La mort du roi Tsongor

Laurent Gaudé Pour seul cortège

Tom Gauld En cuisine avec Kafka

Tim Gautreaux Nos disparus

Abby Geni Farallon Islands

Sylvie Germain Hors champ

Peter Geye L’homme de l’hiver

Elizabeth Gilbert L’empreinte de toutes choses

Jean Giono Ecrits pacifistes

Jean Giono L’iris de Suse

Maurizio de Giovanni Et l’obscurité fut

Maurizio di Giovanni La méthode du crocodile

William Giraldi Aucun homme ni dieu

Brigitte Giraud Jour de courage

Brigitte Giraud Nous serons des héros

Julia Glass Jours de juin

Justin Gakuto Go Passent les heures

Valentine Goby Banquises

Holly Goddard Jones Une fille bien

Robert Goolrick Arrive un vagabond

Shilpi Somaya Gowda Un fils en or

Emmanuel Grand Terminus Belz

David Grann La note américaine

Karl Taro Greenfeld Triburbia

Hélène Grémillon Le confident

Anne Griffin Toute une vie et un soir

Lauren Groff Floride

Lauren Groff Les furies

Jens Christian Grondahl Les complémentaires

Jens Christian Grondahl Quatre jours en mars

Christian Guay-Poliquin Le poids de la neige

Françoise Guérin A la vue, à la mort

Françoise Guérin Cherche jeunes filles à croquer

Françoise Guérin Les enfants de la dernière pluie

Françoise Guérin Maternité

Emmanuel Guibert L’enfance d’Alan

Emmanuel Guibert Le photographe

Ayelet Gundar-Goshen Réveiller les lions

H

Hubert Haddad Casting sauvage

Hubert Haddad Corps désirable

Hubert Haddad La bohémienne endormie

Hubert Haddad Le peintre d’éventail

Hubert Haddad Théorie de la vilaine petite fille

Sarah Hall La frontière du loup

Hugo Hamilton Un voyage à Berlin

Jim Harrison Dalva

Kent Haruf Le chant des plaines

John Harvey Cold in hand

John Harvey De cendres et d’os

Amy Hassinger La crue

Régis Hautière De briques et de sang

Régis Hautière Adam Clarks

Elizabeth Haynes Into the darkest corner

Toine Heijmans En mer

Keigo Higashino Le dévouement du suspect X

Keigo Higashino Un café maison

Nathan Hill Les fantômes du vieux pays

S.E. Hinton Outsiders

Desmond Hogan Les feuilles d’ombre

Allan Hollinghurst L’enfant de l’étranger


Gail Honeyman Eleanor Oliphant va très bien

Toshiyuki Horie Le Marais des neiges

Hugo Horiot L’empereur, c’est moi

Lenka Hornakova-Civade Giboulées de soleil

Khaled Hosseini Les cerfs-volants de Kaboul

Kari Hotakainen La part de l’homme

Cécile Huguenin Alzheimer mon amour

Fabrice Humbert Avant la chute

Fabrice Humbert Le monde n’existe pas

Laird Hunt La route de nuit

Laird Hunt Neverhome

Zora Neale Hurston Barracoon

Siri Hustvedt Un été sans les hommes

Angela Huth Les filles de Hallows Farm

Angela Huth Souviens-toi de Hallows Farm

Aldous Huxley Le meilleur des mondes

I

Arnaldur Indridason Dans l’ombre

Arnaldur Indridason Etranges rivages

Arnaldur Indridason Hiver arctique

Arnaldur Indridason La muraille de lave

Arnaldur Indridason Le lagon noir

Arnaldur Indridason Les fils de la poussière

J.W. Ironmonger Le génie des coïncidences

Kôtarô Isaka La prière d’Audubon

Kazuo Ishiguro Le géant enfoui

Kazuo Ishiguro Les vestiges du jour

Kazuo Ishiguro Lumière pâle sur les collines

Marian Izaguirre La vie quand elle était à nous

J

Philippe Jaenada La petite femelle

Drago Jancar Six mois dans la vie de Ciril

Tove Jansson Fair-play

Raphaël Jérusalmy Sauver Mozart 

Raphaël Jerusalmy La confrérie des chasseurs de livres

Armel Job Et je serai toujours avec toi

Armel Job Une drôle de fille

Craig Johnson Molosses

Craig Johnson Tout autre nom

Craig Johnson Tous les démons sont ici

Lee Clay Johnson Nitro Mountain

Ragnar Jonasson Snjor

Serge Joncour L’écrivain national

Serge Joncour Repose-toi sur moi

Gail Jones Cinq carillons

Aimée de Jongh Le retour de la bondrée

Manu Joseph Le bonheur illicite des autres

Gaëlle Josse Le dernier gardien d’Ellis Island

Rachel Joyce La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry…


Miranda July Il vous choisit

K

Mitsuyo Kakuta La cigale du huitième jour

Ferenc Karinthy Epépé

Jonas Karlsson La facture

Laura Kasischke Esprit d’hiver

Laura Kasischke Les revenants

Laura Kasischke Rêves de garçons

Jean-Paul Kauffmann Outre-Terre

Jean-Paul Kauffmann Remonter la Marne

Hiromi Kawakami Les 10 amours de Nishino

Hiromi Kawakami Soudain, j’ai entendu la voix de l’eau

Francesca Kay Saison de lumière 

Jesse Kellerman Les visages

William Melvin Kelley Un autre tambour

Hannah Kent A la grâce des hommes

Lars Kepler Le pacte

Maylis de Kerangal Réparer les vivants

Maylis de Kerangal Corniche Kennedy

Mailys de Kerangal Un monde à portée de main

Etgar Keret Sept années de bonheur

Philip Kerr Prague fatale

Tommi Kinnunen Là où se croisent quatre chemins

Emma-Jane Kirby L’opticien de Lampedusa

Tuna Kiremitçi Les averses d’automne

Alain Kokor L’ours est un écrivain comme les autres

Alexandra Koszelyk A crier dans les ruines

Jon Krakauer Into the wild

Solja Krapu Hors-service

Sana Krasikov L’an prochain à Tbilissi

Sana Krasikov Les patriotes

Milan Kundera La valse aux adieux

Hanif Kureishi Le dernier mot

Publié dans bande dessinée, littérature France

Chabouté, Tout seul

toutseulcouvL’auteur : Né en 1967, d’origine alsacienne, Christophe Chabouté publie en 1993 ses premières planches chez Vents d’Ouest dans les Récits, un album collectif sur Arthur Rimbaud. En 1998, il réalise Sorcières au Téméraire et Quelques jours d’été chez Paquet. Avec Zoé paru en 1999, et Pleine Lune en 2000, Chabouté montre son plein talent. En 2001, il réédite Sorcières chez Vents d’Ouest et Un Îlot de Bonheur chez Paquet. En 2002 toujours, il publie La Bête et Purgatoire, pour Vents d’Ouest. En 2006, paraît Landru, suivi par Construire un Feu en 2007, adapté d’une nouvelle de Jack London, puis en 2008 Tout Seul. En 2009, les éditions Vents d’Ouest publient une nouveauté de Chabouté, Terre Neuvas. En 2010 paraît Fables Amères et en 2012, Un peu de bois et d’acier.
380 pages
Editeur : Vent d’ouest (2008)

Je ne lis pas souvent de BD, aussi n’est-ce pas ici qu’il faut venir pour trouver des bandes dessinées nouvelles ou peu connues. Je n’emprunte généralement que des valeurs sûres pour lesquelles je m’emballe après tout le monde !
C’est le cas encore avec cette très belle histoire, pleine de tendresse, d’embruns et de cris de mouettes. Un phare perdu sur un îlot n’est ravitaillé de temps à autre que par un petit bateau de pêche. Le nouveau matelot s’étonne, puisque le phare est automatisé, et apprend qu’un homme y vit seul depuis que ses parents sont morts, et qu’il s’agit d’une sorte de monstre, que la solitude protège du regard des autres. Dans le phare, une silhouette se déplace, un homme ouvre un dictionnaire, y pioche au hasard des mots qu’il imagine à sa manière, d’après les quelques images qu’il possède du monde…
Je n’ai que du bien à dire de ce livre, tant l’idée que la réalisation sont très réussies, et je referai sans doute d’autres incursion dans l’univers de ce dessinateur, si tout est de la même qualité !
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Les avis de Claudialucia, d’Hélène, de Krol, le plus récent de Leiloona, et aussi Mango, Midola, Noukette, Sandrine et Val

 

Auteurs de L à Z

L

Dany Laferrière L’énigme du retour

Dany Laferrière Le cri des oiseaux fous

Jake Lamar Postérité

Tom Lanoye Tombé du ciel

Joe R. Lansdale Les enfants de l’eau noire

Shari Lapena L’étranger dans la maison

Ziska Larouge Hôtel Paerels

Antoine Laurain Le chapeau de Mitterrand

John Lawton Black-out

John Lawton Retour de flammes

Christian Lax Une maternité rouge

Hervé Le Corre Après la guerre

Aurelia Jane Lee Un endroit d’où partir t. 1

David Lefèvre Solitudes australes

Gilles Legardinier Demain, j’arrête !

Kveta Legatova La belle de Joza

Dennis Lehane Un pays à l’aube

Serge Lehmann Frederik Peeters L’homme gribouillé

Pierre Lemaître Au revoir là-haut

Pierre Lemaître Les couleurs de l’incendie

Pierre Lemaître Trois jours et une vie

Donna Leon Brunetti entre les lignes

Emmanuel Lepage Ar-Men

Julianna Léveillé-Trudel Nirliit

Iain Levison Une canaille et demie

Roy Lewis Pourquoi j’ai mangé mon père

Rosa Liksom Compartiment n° 6

Amy Liptrot L’écart

Catherine Locandro L’enfant de Calabre

David Lodge L’auteur ! L’auteur !

Jack London Construire un feu

Jack London La peste écarlate

Jack London Les temps maudits

Sophie Loubière L’enfant aux cailloux

Edouard Louis En finir avec Eddy Bellegueule

Loïs Lowry Le passeur

Carlo Lucarelli Le temps des hyènes

Wilfrid Lupano Les vieux fourneaux

M

Robin MacArthur Le coeur sauvage

Robin MacArthur Les femmes de Heart Spring Mountain

Bruce Machart Des hommes en devenir 

Jérôme Magnier-Moreno Le saut oblique de la truite

Naguib Mhafouz Son excellence

Nicolas Maleski La science de l’esquive

Amulya Malladi Une bouffée d’air pur

Marcus Malte Le garçon

Marcus Malte Les harmoniques

Marco Malvaldi Le mystère de Roccapendente

Hennig Mankell Les bottes suédoises

Erika Mann Quand les lumières s’éteignent

Ian Manook Yeruldelgger

Petros Markaris Le Che s’est suicidé

Petros Markaris Epilogue meurtrier

Doug Marlette Magic time

Elsa Marpeau Et ils oublieront la colère

Giorgia Marras Munch avant Munch

Carole Martinez Du domaine des murmures

Carole Martinez La terre qui penche

Beatrice Masini L’aquarelliste

Nicolas Mathieu Aux animaux la guerre

Nicolas Mathieu Leurs enfants après eux

Maupassant Une partie de campagne

Armistead Maupin Michael Tolliver est vivant

Peter May L’homme de Lewis

Peter May Les fugueurs de Glasgow

Joyce Maynard After her

Joyce Maynard Les filles de l’ouragan

Joyce Maynard Une adolescence américaine

Margaret Mazzantini La mer, le matin

Imbolo Mbue Voici venir les rêveurs

James McBride Miracle à Santa Anna

Ian McEwan L’innocent

Ian McEwan L’intérêt de l’enfant

Ian McEwan Opération Sweet tooth

Ian McEwan Solaire

Ian McEwan Une machine comme moi

Fiona McFarlane L’invité du soir

Paula McGrath Génération

Patrick McGuinness Les cent derniers jours

Malcolm MacKay Il faut tuer Lewis Winter

Darragh McKeon Tout ce qui est solide se dissout dans l’air

Adrian McKinty Une terre si froide

Paula McLain Madame Hemingway

Larry McMurtry Duane est dépressif

Larry McMurtry Lonesome Dove t.1

Shun Medoruma L’âme de Kotaro contemplait la mer

Francesca Melandri Eva dort

Francesca Melandri Plus haut que la mer

Fiona Melrose Midwinter

Daniel Mendelsohn Les disparus

Daniel Mendelsohn Une Odyssée, un père, un fils, une épopée

Eduardo Mendoza Sans nouvelles de Gurb

Dinaw Mengestu Tous nos noms

Aude Mermilliod Les reflets changeants

Vincent Message Défaite des maîtres et des possesseurs

Deon Meyer Jusqu’au dernier

Philipp Meyer Un arrière-goût de rouille

Raphaël Meyssan Les damnés de la Commune T.1

Alexis Michalik Christophe Gaultier Le porteur d’histoire

Alexis Michalik Edmond

Andrée A. Michaud Bondrée

Andrée A. Michaud Rivière tremblante

Martin Michaud Sous la surface

Andrew Miller Dernier requiem pour les Innocents

Zygmunt Miloszewski Un fond de vérité

Fatima Fahreen Mirza Cette maison est la tienne

Dror Mishani Les doutes d’Avraham

Dror Mishani Une disparition inquiétante

Rutu Modan La propriété

Tierno Monénembo Le terroriste noir

Yassaman Montazami Le meilleur des jours

Rosa Montero Instructions pour sauver le monde

Liane Moriarty Le secret du mari

Toni Morisson Home

Brian Morton La vie selon Florence Gordon

Ottessa Moshfegh Eileen

Jean-Claude Mourlevat Terrienne

Thomas Mullen Darktown

Thomas Mullen Temps noirs

Alice Munro Trop de bonheur

Marie-Aude Murail Miss Charity

Haruki Murakami 1Q84, tome 3

Haruki Murakami Des hommes sans femmes

Haruki Murakami L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage

Haruki Murakami Le meutre du Commandeur livres 1 et 2

N

Melinda Nadj Abonji Pigeon, vole

Marie Ndiaye Trois femmes puissantes

Jo Nesbo Fantôme

Jo Nesbo Soleil de nuit

Patrick Ness, La voix du couteau

Hoai Huong Nguyen L’ombre douce

Colin Niel Seules les bêtes

Gaëlle Nohant L’ancre des rêves

Alfredo Noriega Mourir, la belle affaire

Anna North Vie et mort de Sophie Stark

Sara Novic La jeune fille et la guerre

O


Joyce Carol Oates, Amours mortelles

Joyce Carol Oates La fille du fossoyeur


Joyce Carol Oates Le mystérieux Mr Kidder

Joyce Carol Oates Nous étions les Mulvaney

Chigozie Obioma Les pêcheurs

Tea Obreht La femme du tigre

Tea Obreht Inland

Dan O’Brien Wild idea

Flannery O’Connor Les braves gens ne courent pas les rues

Joseph O’Connor Les âmes égarées

Maggie O’Farrell Assez de bleu dans le ciel

Chris Offutt Le bon frère

Ito Ogawa La papeterie Tsubaki

Yôko Ogawa Cristallisation secrète

Yôko Ogawa L’annulaire 

Alix Ohlin Inside

Chinelo Okparanta Sous les branches de l’udala

Auður Ava Ólafsdóttir L’embellie 

Auður Ava Ólafsdóttir L’exception

Auður Ava Ólafsdóttir Le rouge vif de la rhubarbe

Auður Ava Ólafsdóttir Ör

Jeroen Olyslaegers Trouble

Stewart O’Nan Chanson pour l’absente

Stewart O’Nan Les joueurs

Kate O’Riordan La fin d’une imposture

Kate O’Riordan Le garçon dans la lune

Julie Otsuka Certaines n’avaient jamais vu la mer

Delia Owens Où chantent les écrevisses

Amos Oz Entre amis

P

Leonardo Padura L’homme qui aimait les chiens

Santiago Pajares Imaginer la pluie

Isabelle Pandazopoulos La décision

Allan Parks Janvier noir

Nii Ayikwei Parkes Notre quelque part

Dominique Paravel Uniques

Magdalena Parys 188 mètres sous Berlin

Ann Patchett Orange amère

Patrick Pécherot Tranchecaille

George Pelecanos La dernière prise

George Pelecanos Les jardins de la mort

Chantal Pelletier Cinq femmes chinoises

Jean-Denis Pendanx et Stéphane Piatszek Tsunami

Anne Percin Les singuliers

Elliot Perlman La mémoire est une chienne indocile

Judith Perrignon Les faibles et les forts

Anne Perry L’étrangleur de Cater Street

Anne Perry Un deuil dangereux

Leo Perutz le Maître du Jugement dernier

Pia Petersen Instinct primaire

Pia Petersen Le chien de Don Quichotte

Pia Petersen Un écrivain, un vrai

Per Petersson Pas facile de voler des chevaux

Jodie Picoult Mille petits riens

Gilda Piersanti Rouge abattoir

Gilda Piersanti Vert Palatino

Zoya Pirzad C’est moi qui éteins les lumières

Eric Plamondon Taqawan

Ivy Pochoda L’autre côté des docks

David James Poissant Le paradis des animaux

Marie-Hélène Poitras Griffintown

Andrew Porter Entre les jours

Regina Porter ce que l’on sème

Carmen Posadas Le témoin invisible

Richard Powers L’arbre-monde

Molly Prentiss New York, esquisses nocturnes

David Prudhomme Rébétiko

Sylvain Prudhomme Légende

Romain Puertolas L’extraordinaire voyage du fakir

Barlen Pyamootoo Whitman

Q
Bernard Quiriny L’affaire Mayerling

Bernard Quiriny Le village évanoui

R

Cay Rademacher L’assassin des ruines

Max de Radiguès Orignal

Anne B. Ragde Zona frigida

Alexis Ragougneau Niels

Ian Rankin Standing on another man’s grave

Edogawa Ranpo Le démon de l’île solitaire

Ron Rash Incandescences

Ron Rash Le chant de la Tamassee

Ron Rash Le monde à l’endroit

Ron Rash Une terre d’ombre

Pierre Raufast La variante chilienne

Léonor de Recondo Pietra viva

Virginia Reeves Un travail comme un autre

Victor Remizov Devouchki

Thomas B. Reverdy Il était une ville

Thomas B. Reverdy Les évaporés

Marie Richeux Climats de France

Raphaëlle Riol Ultra Violette

Peter Rock L’abandon

Olivier Rogez Les hommes incertains

Olivier Rolin Bakou, derniers jours

Olivier Rolin Le météorologue

Philip Roth Némésis

Philip Roth Le complot contre l’Amérique

Lori Roy De si parfaites épouses

Joydeep Roy-Bhattacharya Une Antigone à Kandahar

Jean-Christophe Rufin Immortelle randonnée

Jean-Christophe Rufin Le collier rouge

Eugen Ruge Quand la lumière décline

Emily Ruskovich Idaho

Richard Russo A malin, malin et demi

Richard Russo Ailleurs

Richard Russo Mohawk

Richard Russo Trajectoire

S

Oliver Sacks L’oeil de l’esprit

Juan José Saer L’ancêtre

Joseph Safieddine et Loïc Guyon L’enragé du ciel

Alix de Saint-André Garde tes larmes pour plus tard

Alexis Salatko Folles de Django

James Sallis Willnot

Joëlle Sancéau Plage Sainte-Anne

Goliarda Sapienza L’Université de Rebibbia

Goliarda Sapienza Moi, Jean Gabin

Riad Sattouf L’arabe du futur, tome 1

Jocelyne Saucier Il pleuvait des oiseaux

Bernhard Schlink Mensonges d’été

Bernhard Schlink La femme sur l’escalier

Bernhard Schlink Olga

Giorgio Scianna Manquent à l’appel

Keith Scribner L’expérience Oregon

Robert Seethaler Le tabac Tresniek

Laurent Seksik La légende des fils

Taiye Selasi Le ravissement des innocents

Maria Semple Bernadette a disparu

Luis Sepùlveda Dernières nouvelles du sud

Luis Sepùlveda L’ombre de ce que nous avons été

Karin Serres Monde sans oiseaux

Clemens J. Setz L’amour au temps de l’enfant de Mahlstadt

Florence Seyvos Le garçon incassable

Zeruya Shalev Douleur

Abnousse Shalmani Les exilés meurent aussi d’amour

Shi-Li Kow La somme de nos envies

Sibylline Rat et les animaux moches

Lilja Sigurdardottir Piégée

Dai Sijie Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

Karine Silla L’absente de Noël

Georges Simenon La fuite de Monsieur Monde

Georges Simenon Le passage de la ligne

Georges Simenon Le Petit Saint

Georges Simenon Maigret s’amuse

Johanna Sinisalo Le sang des fleurs 

Johanna Sinisalo Jamais avant le coucher du soleil

Antonio Skarmeta Un père lointain

Antonio Skarmeta Une ardente patience

Janet Skeslien Charles Les fiancées d’Odessa

Nathalie Skowronek Karen et moi

Żanna Słoniowska Une ville à coeur ouvert

Jane Smiley Nos premiers jours

Tom Rob Smith La ferme

Zadie Smith De la beauté

Thomas Snégaroff, Little Rock, 1957

Natasha Solomons Jack Rosenblum rêve en anglais

Sôseki Petits contes de printemps

Justin St Germain Son of a gun

Emily St. John Mandel dernière nuit à Montréal

Peter Stamm Sept ans

M.L. Stedman Une vie entre deux océans

Wallace Stegner En lieu sûr

Isabelle Stibbe, Bérénice 34-44

Kathryn Stockett La couleur des sentiments

Darin Strauss La moitié d’une vie

J. Courtney Sullivan Les débutantes 

J Courtney Sullivan Maine

Kate Summerscale Un garçon singulier

Kate Summerscale L’affaire de Road Hill House

Martin Suter Allmen et le diamant rose

Martin Suter Éléphant

Brina Svit Nouvelles définitions de l’amour

Glendon Swarthout Homesman

Graham Swift Le dimanche des mères

T

Nahal Tajadod Passeport à l’iranienne

Gabriel Tallent My absolute darling

Jillian Tamaki et Mariko Tamaki Cet été-là

Jirô Taniguchi Un zoo en hiver

Tiffany Tavernier Roissy

Glenn Taylor Un homme loyal

Lydia Tchoukhovskaïa Sophia Petrovna

Roma Tearne Le nageur

Steve Tesich Price

Sylvain Tesson Dans les forêts de Sibérie 

Johan Theorin Froid mortel

Johan Theorin Le sang des pierres

Ingrid Thobois Miss Sarajevo

Colm Toibin Brooklyn

Colm Toibin Le testament de Marie

Colm Toibin Nora Webster

Olga Tokarczuk Dieu, le temps, les anges et les hommes

Valérie Tong Cuong Par amour

Olivier Truc Le dernier Lapon

Galsan Tschinag La fin du chant

U

Valentina d’Urbano Acquanera

Valentina d’Urbano Le bruit de tes pas

Ellen Urbani Landfall

V

Yana Vagner Vongozero

J.D. Vance Hillbilly élégie

David Vann Sukkwan Island

Vanyda Un petit goût de noisette

Valerio Varesi La pension de la via Saffi

Valerio Varesi Le fleuve des brumes

Valerio Varesi Les ombres de Montelupo

Fred Vargas Quand sort la recluse

Mario Vargas Llosa Le héros discret

Mario Vargas Llosa Le rêve du celte 

Mariapia Veladiano La vie à côté

Stefanie de Velasco Lait de tigre

Caroline Vermalle L’île des beaux lendemains

Tanguy Viel Paris-Brest

Delphine de Vigan D’après une histoire vraie

Delphine de Vigan, Thimotée de Fombelle et Caroline Vermalle Nouvelles contemporaines

Delphine de Vigan Les heures souterraines

Domingo Villar La plage des noyés

Angélique Villeneuve Les fleurs d’hiver

Marie Vindy Une femme seule

Eric Vuillard 14 juillet

Eric Vuillard L’ordre du jour

W

Richard Wagamese Les étoiles s’éteignent à l’aube

Amanda Eyre Ward Ferme les yeux

Jesmyn Ward Le chant des revenants

Jesmyn Ward Les moissons funèbres

Herbjorg Wassmo Cent ans

Herbjorg Wassmo Ces instants-là

Herbjorg Wassmo La septième rencontre

S.J. Watson Avant d’aller dormir

Lance Weller Wilderness

Tara Westover Une éducation

Colson Whitehead Underground railroad

Andria Williams Idaho

John Williams Stoner

Kathleen Winter Annabel

Ingrid Winterbach Au Café du Rendez-vous

Jo Witek Un hiver en enfer

Meg Wolitzer La doublure
Benjamin Wood Le complexe d’Eden Bellwether

Ronaldo Wrobel Traduire Hannah

Y

Richard Yates Un été à Cold Spring
Barbara Yelin Irmina

Akira Yoshimura Naufrages

Z

Ali Zamir Dérangé que je suis
Juli Zeh Nouvel an
Alice Zeniter Sombre dimanche

Alexi Zentner La légende de Loosewood Island
Alexi Zentner Les bois de Sawgamet
David Zukerman San Perdido
Leni Zumas Les heures rouges

Kim Zupan Les arpenteurs

 

Publié dans littérature Amérique du Nord, non fiction

David Grann, La note américaine

noteamericaine« Lorsque Anna rentrait, elle aimait retirer ses chaussures, et Mollie aurait voulu pouvoir entendre le bruit réconfortant qu’elle faisait en se déplaçant nonchalamment dans la maison. Au lieu de cela, il y régnait un silence aussi calme que dans la Prairie. »
Dans les années 20, le peuple Osage, installé ou plutôt relégué par l’état américain cinquante ans auparavant dans un coin aride et reculé de l’Oklahoma, connaît une prospérité inattendue, lorsque du pétrole est trouvé sur leurs terres. Même s’ils ne l’exploitent pas eux-mêmes, une redevance leur est due sur chaque baril tiré du sol. Ils font construire de belles maisons, emploient parfois des domestiques blancs, achètent des voitures somptueuses…
Mais quelques décès pour le moins suspects attirent l’attention des autorités. Mollie Burkhart, une mère de famille Osage, voit ses frères et sœurs mourir tour à tour, et notamment, sa sœur Anna disparaît mystérieusement. Lorsque la police locale se révèle impuissante, des agents du tout nouveau Bureau of Investigation, qui deviendra plus tard le FBI, sont envoyés, certains s’infiltrent même parmi la population en tant que gardien de troupeaux, agent d’assurance ou chaman indien. De plus, de nouvelles techniques d’investigation sont exploitées par l’agent Tom White qui dirige l’enquête.

« Dans les endroits tels que le comté d’Osage, où le coroner ignorait tout des techniques scientifiques et ne disposait d’aucun laboratoire médico-légal, le poison était la voie royale pour un meurtre. Plusieurs narcotiques étaient disponible à satiété dans les préparations disposées sur les étagères des apothicaires et des merceries, et, contrairement aux coups de feu, on pouvait les administrer sans bruit. »
On retrouve dans ce livre, parmi une foule de personnages réels, l’inamovible John Edgar Hoover, sur lequel j’avais déjà lu La malédiction d’Edgar de Marc Dugain, Hoover qui (je m’auto-cite) « a eu un rôle d’une importance énorme aux États-Unis, a côtoyé huit présidents américains de 1924 à 1972, les a épiés, manipulés ou influencés, ne s’est jamais laissé évincer. » Le livre de Dugain s’intéresse plus au Hoover des années 50 à 70, celui de David Grann évoque le créateur du FBI en 1924, qui prend très à cœur les meurtres des Osages, même s’il s’agit sans doute essentiellement de faire connaître le tout jeune Bureau et de montrer que ses agents sont capables de résoudre des affaires complexes, et d’utiliser des méthodes particulièrement innovantes.
La recherche passionnante menée par David Grann se dévore comme un roman noir, mais de nombreux documents et surtout des photos, permettent de ne pas oublier que tous les protagonistes ont vécu, ont eu une famille, des enfants, des amis, et que certains ont été assassinés de manière odieuse. Et non seulement, c’est la convoitise des autres qui les a conduits vers la mort, mais c’est une autre forme de cupidité qui a empêché les premières enquêtes d’être menées à bien.
Un formidable travail de documentation, mis en forme de manière parfaitement construite, sur un épisode méconnu de l’histoire des États-Unis : à lire, incontestablement.

La note américaine de David Grann (Killers of the flower moon. The Osage murders and the birth of the FBI, 2017) éditions Globe (juin 2018) traduit par Cyril Gay, 363 pages.

Repéré grâce à Keisha et Marilyne.

Publié dans littérature Amérique du Nord, rentrée hiver 2018

Louise Erdrich, LaRose

larose.jpg« Cette nuit-là, LaRose dormit entre son père et sa mère. Il se souvenait de cette nuit. Il se souvenait de la nuit suivante. Il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé entre les deux. »
Un événement tragique secoue un petit village du Dakota du Nord, pendant le dernier hiver du vingtième siècle. Landreaux, au cours d’une chasse, tue le petit Dusty au lieu du cerf qu’il visait, et prive la famille de ses amis Peter et Nola de leur garçonnet de cinq ans. Landreaux et sa femme Emmeline, voyant comme la famille de Peter est dévastée, prennent la terrible décision d’agir selon une ancienne coutume et de « donner » leur fils LaRose au couple éploré, en réparation.
Je n’en raconte pas trop en disant cela, il s’agit du premier chapitre du roman, qui ensuite s’attachera à décrire les conséquences de ce geste sur la petite communauté villageoise, et les familles d’origine ojibwé qui la composent. L’auteure n’hésite pas non plus à revenir en arrière sur la généalogie des LaRose, plusieurs femmes, et enfin un petit garçon, à qui ce prénom est attribué successivement.

« Dans toutes les familles, il s’était passé un truc affreux. Tout le monde était triste pour tout le monde, en général, on disait putain c’est dur, ou alors, si vous étiez une fille, vous offriez une carte illustrée. Mais il n’existait pas de carte pour ce qui était arrivé. »
Ce roman est l’illustration parfaite de l’importance de l’écriture : sans le style à la fois lyrique, et bien ancré dans la terre, de Louise Erdrich, sans le souffle littéraire qu’elle crée (et qui m’avait manqué dans Le pique-nique des orphelins) je n’aurais pas forcément été aussi passionnée par l’histoire. J’ai retrouvé dans ces pages la sensibilité qui m’avait tellement plu dans La malédiction des colombes et Dans le silence du vent. C’est là aussi un très beau roman, qui ne doit pas faire peur, ni par son thème, ni par le style.

« La fillette fit usage de ses mains pour tâter l’air, puis montra à Wolfred où construire un abri, comment lui donner la parfaite orientation, comment trouver du bois sec dans la neige en cassant les branches mortes des arbres, et où l’empiler pour pouvoir facilement alimenter le feu toute la nuit et bénéficier de sa chaleur. »
Il est question dans ce livre de justice, mais il me semble que le thème des enfants perdus, abandonnés, ou séparés de leurs parents revient souvent aussi chez l’auteure. Il est bien évidemment porteur d’émotion, mais la ligne n’est jamais franchie vers une surenchère qui viserait à tirer des larmes au lecteur. Non, la vivacité des dialogues, notamment ceux des adolescents et des enfants des deux familles, les petits détails quotidiens, et la force des liens familiaux et amicaux en font un texte lumineux et sans pathos. Les traditions et croyances indiennes, bien présentes, renforcent la singularité du ton de l’auteure, qui, je le répète, est ce qui m’a particulièrement enchantée dans ce roman.

LaRose de Louise Erdrich (LaRose, 2016) éditions Albin Michel (janvier 2018) traduit par Isabelle Reinharez, 528 pages.

Les avis (concordants) de Edyta, Eva, Jérôme et Léa.

Publié dans littérature France, premier roman, rentrée littéraire 2017

Marie Richeux, Climats de France

climatsdefranceRentrée littéraire 2017 (14)
« Il songe aux carrières de Fontvieille dans le soleil couchant. La montagne ouverte comme un corps blanc. Les arbres sur la crête, et l’impression divine de sortir la construction de la nature elle-même. Il songe à la manière dont l’homme découpe le monde, et ce qu’il en fait. À la petite sauvagerie qu’il y a dans construire. »
Ce dernier billet de l’année sera consacré au roman d’une jeune auteure découverte grâce à une rencontre en librairie, avec elle et son éditrice Sabine Wespieser. Marie Richeux anime l’émission « Par les temps qui courent » sur France Culture, émission qui fait partie de celles que j’écouterais bien régulièrement si les journées étaient un peu plus longues ! Après avoir publié un recueil de ses chroniques et un essai sur Achille, Sabine Wespieser vient donc de faire sortir le premier roman de la jeune auteure. Les voir et les écouter ensemble est une très belle illustration de ce que peut être la connivence entre un auteur et un éditeur, et cela fait vraiment plaisir et donne envie de lire ses livres, bien sûr.

« Les habitants, Fernand Pouillon veut leur offrir des sensations plus que des logements. »
Ce roman tourne autour de l’architecte Fernand Pouillon et de deux ensembles emblématiques qu’il a construits, l’un à Meudon-la-Forêt, l’autre à Alger. Marie Richeux, en voyage en 2009 dans la capitale algérienne, ressent une certaine proximité avec l’immeuble « Climat de France » qui domine la ville, et elle se rend compte qu’elle a grandi dans un ensemble bâti avec les mêmes idées, les mêmes souhaits, la même pierre. Le roman enquête sur l’architecte mais aussi sur Malek, son voisin venu d’Oran, et devenu chauffeur de taxi à Paris. La guerre s’invite aussi dans le roman, jamais trop présente, puisque Malek est arrivé à Paris avant qu’elle ne débute, mais incontournable par les cicatrices qu’elle a laissée.

« On quitte une terre, un jour un avion décolle, un bateau prend la mer, mais la guerre ne se quitte pas exactement. On laisse une maison derrière soi, une lumière, une façon pour le jasmin de transpirer le soir, on laisse des collines, mais laisse-t-on la guerre une seule fois ? Autant qu’une partie de soi demeure en dehors de la guerre pendant que la guerre a lieu, tout près, une partie de soi demeure en guerre, une fois que la guerre est loin. »
Les chapitres alternent les personnages et les époques, et on ne peut que se laisser porter par l’écriture très dense, musicale et sensible. Les années s’empilent comme des étages pour que l’immeuble de Meudon-la-Forêt prenne forme. Rêve d’architecte, construction, achat, emménagement, premiers voisins, enfants qui vont à l’école, voisin qui part travailler, visite d’amis, panorama de la fenêtre, souvenirs de pizzas devant la télé, d’amitiés, de disparitions, de deuils, construisent un appartement autant que la pierre. L’auteure s’est intéressée à la possibilité que l’endroit où l’on habite, notamment dans son enfance ou sa jeunesse, les voisins que l’on fréquentent, façonnent la personnalité autant que la vie familiale ou scolaire. Elle a aussi réfléchi à la mémoire et à ces bribes d’enfance inscrites dans la pierre.
Rarement la conception d’un roman sous forme de puzzle n’a aussi bien convenu au sujet choisi. Pour moi, les petites phrases courtes, parfois sans verbe, me séduisent un peu moins, mais ce texte a de grandes qualités, et plaira sans aucun doute à ceux à qui parlent les thèmes de l’architecture, de l’Algérie ou du « vivre-ensemble », qui prend ici tout son sens.

Climats de France de Marie Richeux, éditions Sabine Wespieser (août 2017), 265 pages

Publié dans littérature France, non fiction

David Lefèvre, Solitudes australes

solitudes-australesL’auteur : Né en 1973, David Lefèvre interrompt ses études à 20 ans après une licence d’histoire-géographie pour s’en aller chercher ses humanités sur les routes : Amérique du Nord, Proche-Orient, Asie centrale, Asie du Sud-Est… Il alterne voyages au long cours et boulots alimentaires dans divers pays d’Europe pour se frotter à la réalité du travail précaire. Il effectue en 2003 un premier séjour en Amérique du Sud. Entre 2005 et 2010, son exploration se prolonge vers les forêts et les steppes de la Patagonie et de la Terre de Feu. Entre 2010 et 2012, il réside au Chili où il exerce une activité de photographe avant de s’installer au bord d’un lac de l’île de Chiloé. David Lefèvre est l’auteur de Solitudes australes, Chronique de la cabane retrouvée et Aux quatre vents de la Patagonie, En route pour la Terre de Feu.
177 pages
Editeur : Transboréal (2012)

David Lefèvre, en parallèle avec divers emplois alimentaires, est parti à travers le monde. Parmi ses nombreuses rencontres, un ami qui propose de lui prêter un terrain avec une cabane au bord du lac Huillinco, sur l’île chilienne de Chiloé, pour y passer plusieurs mois. Il y restera et tiendra un journal de bord de septembre à avril, du printemps à l’automne. La cabane nécessite une remise en état, et l’auteur se donne à fond dans les travaux manuels, menant aussi à bien la création d’un potager dans la forêt avoisinante. J’ai aimé sentir la nature qui entoure la cabane, les averses, voire les tempêtes qui la frappent, et les petites bêtes diverses et aussi plus grosses, qui signalent à l’auteur que c’est leur territoire.
J’ai un peu moins apprécié les réflexions philosophiques, enfin certaines d’entre elles me parlaient, mais pas toutes, ce qui est bien normal, et chacun devrait y trouver phrases à relever et matière à réfléchir sur son propre rapport à la nature.
La solitude, la proximité immédiate de l’environnement poussent évidemment à se poser des questions sur la vie, sur l’homme et la nature, sur la société de consommation, mais, et l’auteur note bien qu’il faut revenir à la réalité, comment croire que ce mode de vie puisse convenir à tout le monde et être extensible à l’infini ? Si j’imagine les forêts envahies de cabanes, et d’individus attirés par cette forme de pauvreté volontaire, je ne suis pas certaine que l’environnement et la nature s’en porteraient mieux. Cela fonctionne si ça reste assez marginal. Vu la population terrestre, éviter de construire et d’habiter les villes paraît une douce utopie.
Davantage que les considérations philosophiques, j’avoue avoir préféré les portraits des voisins du narrateur, à quatre pattes ou à deux, ces derniers n’étant pas forcément les plus civilisés, et aussi les évocations du climat et des paysages, côté lac, comme côté océan, et le cahier de photos à l’intérieur qui permet de se représenter les lieux. Pour moi l’aspect voyage immobile et le cadre unique de l’île de Chiloé sont un peu frustrants, mais j’en retiendrai de très beaux passages où l’auteur réussit vraiment à faire partager son expérience et sa réflexion.

Extrait : Remonter un chemin d’eau vers sa source ou l’accompagner vers l’océan est une des choses les plus enivrantes qui soient. Vous longez une rive, vous suivez une berge, et le trouble délicieux du plongeon dans l’inconnu s’installe en vous. À mesure que vous progressez vers l’amont ou vers l’estuaire, la vie a soudain de grands territoires devant elle. C’est ce que j’ai ressenti en progressant vers le Pacifique.
À l’embranchement des rivières, j’entendais l’eau gicler au pied des versants. Au débouché du Rio Notué, des poissons et leurs dos étincelants frôlaient la surface à hauteur des berges. C’était des saumons gros comme ma cuisse pressés d’avaler la rivière nageoires repliées.

Les lectures de Chinouk, Dominique, Hélène, Keisha et Marilyne qui m’ont donné envie de me retirer dans une cabane au Chili ! Ceci est ma (première) participation au projet non-fiction de Marilyne.

Publié dans littérature Proche et Moyen Orient, rentrée hiver 2014

Etgar Keret, Sept années de bonheur

 

sept-annees-de-bonheurL’auteur : Etgar Keret, né en 1967 à Tel-Aviv, est écrivain, scénariste de bande dessinée et cinéaste. Il a écrit sa première nouvelle, alors qu’il avait 19 ans et faisait son service militaire. C’est une personnalité de premier plan dans son pays.
210 pages
Editions
de l’Olivier (mai 2014)
Traduction : Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

Pour la première fois, Etgar Keret sort de la fiction et des scenarii de films pour parler de lui-même et de sa famille… Les voyages en avion, les chauffeurs de taxi, tout comme les attentats ou la naissance de son fils, toutes les anecdotes ou les faits marquants des sept années qui vont de la naissance de son enfant jusqu’à la mort de son propre père, donnent lieu à des scènes souvent drôles, parfois mélancoliques ou tendres, toujours racontées avec un humour incisif. Certaines pages sont réjouissantes, parmi lesquelles celle des dédicaces personnalisées imaginées par Etgar, ou la solution trouvée par son ami Uzi pour le débarrasser de cauchemars angoissants, ou les exploits de son petit Lev de quatre ans à l’école… Les portraits de sa famille sont touchants, sa mère et leurs conversations qui tournent en rond, son père malade, son frère à qui il a toujours tellement souhaité ressembler, sa sœur perdue depuis qu’elle est mariée à un orthodoxe.
J’ai vraiment pris plaisir à lire ces scènes de vie quotidienne, ces moments universels qui sous la plume d’Etgar Keret prennent une saveur particulière.

Extraits : Il y a plus bizarre encore : pour moi, ces vols ne consistent pas seulement à consommer l’espèce de plateau-télé réchauffé que le pisse-copie sardonique de la société aérienne à jugé bon de baptiser « Délices de Haute Altitude ». Ils représentent aussi une espèce de retraite, un moment de désengagement méditatif. Pendant tout le temps que durent ces vols, le téléphone ne sonne pas et Internet ne fonctionne pas. La maxime selon laquelle le temps de vol n’est que du temps perdu me libère de mes angoisses et de mes accès de culpabilité, elle me dépouille de toute ambition pour faire place à une autre sorte d’existence, une existence idiote, béate, du genre qui n’essaie pas de tirer parti, le meilleur parti possible, du temps mais se contente de trouver la façon la plus agréable de le gaspiller.

Quand je tente de reconstruire ces histoires que mon père me racontait voilà tant d’années, je me rends compte qu’au-delà de leurs intrigues fascinantes, elles étaient destinées à faire mon éducation. À m’apprendre quelque chose du désir non pas d’embellir la réalité, mais de ne jamais renoncer à trouver un angle qui mette la laideur sous un meilleur éclairage et suscite affection et empathie pour les verrues et les rides de son visage ravagé.

Lu par Aifelle (merci !) et Keisha (tu avais raison, il est trop court !)