Maria Larrea, Les gens de Bilbao naissent où ils veulent

Rentrée littéraire 2022 (1)
« Rêvant de m’appeler Sophie ou Julie, je tenais parfaitement mon rôle de jeune fille modèle devant les parents des copines qui m’invitaient à dîner, à dormir. Je jouais au singe savant. Oh, qu’elle est cultivée pour une fille de femme de ménage ! »

Maria est née à Bilbao, de parents venus tenter leur chance à Paris. Fils d’une prostituée, son père a fait les quatre cents coups chez les jésuites où il était pensionnaire, maintenant il est gardien du théâtre de la Michodière et personnage apprécié dans son quartier. Victoria, la mère de la jeune fille est née en Galice, et a connu aussi un abandon et une vie misérable avant de rencontrer Julian. Maria est leur seule enfant, ils sont fiers de l’emmener chaque été au Pays Basque, et de lui faire connaître ses origines. Malgré tout, Maria sent que quelque chose lui est caché, derrière la mauvaise humeur permanente de son père et la dépression de sa mère. Après une révélation partielle de sa mère, c’est au Pays Basque qu’elle va devoir aller chercher des réponses à ses interrogations.

« Le Pays basque pour les Basques était son mantra, lui l’immigré qui habitait Paris et buvait du bordeaux dans un restaurant grec tenu par des Égyptiens. Il voulait incruster dans ma cervelle cette fierté de l’appartenance, tu es basque, tu n’es pas espagnole. »

Première lecture de la rentrée littéraire d’août, j’ai pris mon temps, j’avais envie d’une voix nouvelle, et le pari est tout à fait réussi avec ce premier roman d’une jeune autrice, aussi réalisatrice et scénariste.
Le style de Maria Larrea sonne moderne, est vif et parfois cru, sans trop en faire. Il convient parfaitement bien à cette émouvante quête des origines dont on ne sait pas trop si elle est strictement autobiographique ou pas, et d’ailleurs, peu importe ! Le récit n’est pas linéaire, entre le parcours des parents de Maria et ses recherches à propos de ses origines, il va et vient, et là encore, c’est pile ce qu’il fallait. Talent inné ou beau travail éditorial, de toute façon, le résultat donne envie de voir la jeune autrice continuer à écrire.

Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea, éditions Grasset, août 2022, 224 pages.

Chroniqué aussi par Delphine-Olympe, Eve ou Jostein.

32 commentaires sur « Maria Larrea, Les gens de Bilbao naissent où ils veulent »

    1. Je n’ai pas lu Luz ou le temps sauvage, mais oui, le thème est proche… sans propension au drame dans le cas de Maria Larrea, et avec un style intéressant.

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  1. je dois être difficile à convaincre car je ne sens pas l’envie de lire cette nouvelle pourtant ce que tu en dis m’intéresse

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    1. Tu sais, je ne suis pas fan d’autofiction, mais là, même si c’en est incontestablement, c’est très réussi. Mais bon, rien ne sert de se forcer, il y a sans doute d’autres romans qui te tentent davantage.

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  2. C’est un des titres de cette rentrée qui me tente beaucoup ; jusqu’ici je n’en ai lu que des retours favorables. Je le fais donc remonter d’un cran dans la liste de mes futures lectures.

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    1. Je n’en ai pas lu non plus d’avis mitigés ou défavorables. Il me tentait avant d’avoir rien lu dessus et je suis contente d’avoir fait bonne pioche !

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    1. Tant mieux ! Bon, je ne suis pas la seule à en donner envie, on voit ce roman un peu partout dans les médias, et sur les tables des libraires, mais il le mérite.

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