Arnaldur Indriðason, Les roses de la nuit

« Nous sommes comme le cabillaud. En dessous d’un certain nombre d’individus, les bancs se dispersent puis disparaissent. Je crains que cela ne s’applique également à l’espèce humaine. Quand les gens quittent les villages comme le nôtre, la vie ralentit. D’ici peu, elle sera complètement éteinte. »

Un couple a eu l’idée saugrenue de trouver le calme dans un cimetière pour s’embrasser, lorsque la jeune femme aperçoit quelqu’un qui fuit et voit un corps sur la tombe d’un homme politique illustre, au milieu des fleurs. Personne ne reconnaît ou ne signale la disparition de la jeune fille de seize ans, visiblement droguée, dont le corps a été retrouvé. Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli ont chacun des idées bien arrêtées sur comment mener l’enquête, qui va les mener dans les fjords de l’Ouest, mais aussi dans le monde de la drogue. La fille d’Erlendur va accepter à contrecoeur de fournir quelques renseignements à son père. Pendant ce temps Sigurdur Oli tombe amoureux du principal témoin de l’affaire, ce qui pose un problème certain.

« Sigurdur Oli ronflait doucement , assis sur son fauteuil.
– C’est la télévision nationale, répondit Erlendur. Elle aurait le pouvoir d’assommer un troll. »

Solide sans être plus original ou enthousiasmant que d’autres romans de l’auteur, cet ouvrage vaut surtout pour son antériorité par rapport aux autres livres où apparaissent Erlendur et son collègue Sigurdur Oli. En effet, il est sorti avant La cité des jarres en Islande, et les personnages y sont encore relativement nouveaux pour les lecteurs puisqu’il s’agit du deuxième de la série, après Les fils de la poussière.
Voir ces personnages en devenir se confronter, réfléchir et évoluer se conjugue à une intrigue brassant beaucoup de sujets intéressants pour comprendre l’histoire récente de l’Islande. Sinon, les pistes suivies, entre trafic de drogue, désertification rurale et symbolique du héros national, permettent de maintenir le cap d’une enquête bien construite, aux dialogues non dépourvus d’ironie et aux nombreuses facettes.

Les roses de la nuit, d’Arnaldur Indriðason, (Dauðarósir, 1998), éditions Points, 2020, traduction d’Eric Boury, 288 pages.

Aifelle et Electra, tout comme Eva, ont été accrochées par cette histoire !

25 commentaires sur « Arnaldur Indriðason, Les roses de la nuit »

  1. Keisha Le premier est « les fils de la poussière », celui-ci est le deuxième et le troisième est « la cité des jarres » etc .. etc … quand on a apprécié la série, on ne peut pas ne pas se procurer celui-là aussi. Et retrouver Erlandur ne se rate pas (dit la fan indécrottable).

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  2. Je me suis lassée de l’auteur au fur et à mesure des dernières publications de ses titres que je trouve de plus en plus fades. Mais si on retrouve un Erledur du début, alors ma foi, je pourrais bien me laisser tenter … C’est étrange quand même ces publications à l’envers !

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    1. Je ne suis pas lassée encore. Je pense que le succès des deux premiers parus en français (La femme en vert et La cité des jarres) ont incité les éditeurs à faire traduire les précédents…

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      1. J’avais découvert l’auteur avec ces deux titres, il y a fort fort longtemps maintenant. Ce furent deux lectures marquantes et par la suite, le schéma des intrigues se pétant souvent, j’ai perdu de l’intérêt pour Erledur. Mais aussi pour les titres de cet auteur où il n’y avait pas Erlendur … La lectrice n’est toujours logique !

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  3. Cela fait une éternité que je n’ai pas lu Indridason ( bon, je suis quand même aller l’écouter aux Quais du Polar ). Et je constate que je suis perdue dans les tomes ! Il faudrait donc que je lise maintenant Les fils de la poussière.

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    1. Oui, c’est le premier, mais je crois qu’il y a aussi des volumes qui présentent le jeune Erlendur, mais qui ont été écrits après : de quoi s’y perdre, en effet. 🙂

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  4. Bonjour Kathel, peut-être parce ce que je n’avais pas aimé Les fils de la poussière, je n’ai pas lu Les roses de la nuit. Tu me donnes des regrets car il a l’air bien. Je le lirais peut-être un jour. Bon dimanche.

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  5. Oh c’est rigolo, je n’étais pas passée sur ton blog depuis un moment (sur aucun d’ailleurs, même pas sur le mien, hahaha) et je découvre ce billet : j’ai justement publié mon retour sur ce titre sur Babelio hier ! les grand esprits… 🙂 Par contre je ne l’ai pas trouvé terrible – mais j’ai lu le génial la cité des jarres il n’y a pas si longtemps il faut dire, aussi la comparaison fait mal ^^ en tous cas ce fut une lecture très intéressante par moments, l’histoire des dessous des quotas de pêche, là… et mon attachement à Erlendur est confirmé ! je continuerai à lire ses enquêtes avec joie !

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    1. C’est vrai qu’il a un peu les défauts des premiers romans, même si c’est le deuxième de la série : beaucoup de thèmes brassés, ça peut sembler brouillon. Je n’ai pas été trop gênée, je suis bien entrée dedans, et assez d’intérêt tout du long.

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