H.G. Wells, La guerre des mondes

« Je voyais maintenant que c’étaient les créatures les moins terrestres qu’il soit possible de concevoir. Ils étaient formés d’un grand corps rond, ou plutôt d’une grande tête ronde d’environ quatre pieds de diamètre et pourvue d’une figure. Cette face n’avait pas de narines – à vrai dire les Martiens ne semblent pas avoir été doués d’un odorat – mais possédait deux grands yeux sombres, au-dessous desquels se trouvait immédiatement une sorte de bec cartilagineux. »

C’est la coïncidence du billet de Keisha, du mois anglais et d’un défi H.G. Wells lancé par La petite liste qui m’a donné l’idée de lire ce classique publié en 1898. Il relate l’invasion de la Terre par des êtres venus de Mars, catapultés par une technologie inconnue des hommes dans d’énormes cylindres d’acier qui atterrissent, ou plutôt qui tombent dans le sud de l’Angleterre. Cela a commencé avec l’apparition de phénomènes astronomiques étranges, des atterrissages violents, plusieurs jours successifs, suivi par un épisode calme. Lorsque des êtres semblant faits de métal, armés de rayons destructeurs, émergent des cylindres métalliques, ils provoquent la curiosité, puis sèment la panique, et l’armée étant incapable de les abattre, ils progressent. Londres sera bientôt leur cible.

« C’est comme les hommes avec les fourmis. À un endroit, les fourmis installent leurs cités et leurs galeries ; elles y vivent, elles font des guerres et des révolutions, jusqu’au moment où les hommes les trouvent sur leur chemin, et ils en débarrassent le passage. C’est ce qui se produit maintenant – nous ne sommes que des fourmis. »

L’auteur a eu l’excellente idée de choisir le point de vue d’un observateur assez banal, dans lequel s’intercale le récit du frère de celui-ci, et parfois celui d’autres personnes rencontrées au hasard de sa fuite. Cette forme de récit fonctionne très bien et rend l’histoire vivante et prenante. Il a été très certainement difficile après avoir lu le roman de Wells d’imaginer un autre roman sur une invasion de Martiens ou d’autres êtres venus d’ailleurs, tant il est complet et soulève de nombreuses questions.
La guerre des mondes peut être vu comme la métaphore de beaucoup de guerres visant à une destruction massive d’une population, ou aussi comme celle de la colonisation. Les Martiens n’ont pas particulièrement de haine vis à vis des humains, ils s’en débarrassent simplement comme on écraserait des insectes, d’ailleurs la comparaison avec les fourmis revient plusieurs fois.

Je ne vous raconterai pas le dénouement, bien entendu, mais là encore, l’idée est intéressante et assez moderne. Bref, je ne regrette pas du tout d’avoir enfin découvert ce classique de la science-fiction ! Je l’ai lu dans une vieille édition Folio junior avec texte intégral et illustrations en noir et blanc d’Anne Bozellec.

La guerre des mondes de Herbert George Wells, (The war of the worlds, 1898) éditions Folio, traduction de Henri D. Davray, 320 pages.

lu dans le cadre du mois anglais #lemoisanglais et du mois H.G. Wells

30 commentaires sur « H.G. Wells, La guerre des mondes »

  1. Souvenir de lecture, pas récent ( je crois que c’était un Folio Junior :)). Bon souvenir même si moins marquant que Fahrenheit 451, Le meilleur des mondes, ou Chroniques martiennes, lus à la même époque ( je fonctionnais déjà en thématique ^^ )

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  2. Moi aussi j’ai lu ce roman (mais avant ce mois Wells, donc il n’apparait pas dans la récap’) et je l’ai vraiment beaucoup aimé. Je le conseille à tous ceux qui veulent découvrir Wells. Il y a eu des films, mais plus ou moins fidèles au livre. Il vaut mieux les regarder après l’avoir lu.

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    1. Je n’ai vu aucun film, mais j’ai vu la série qui en a été tirée il y a un an ou deux, (avec Gabriel Byrne !) : c’est tellement mis à la sauce contemporaine, que ça ne ressemble plus guère au roman… Pas mal, mais pas incontournable.

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  3. Aaah il commence à me tarder de le lire celui-là ! J’avais déjà été séduite par La machine à explorer le temps, mon premier Wells lu cette année, et tout le monde recommande aussi celui-ci. J’aime toutefois espacer un peu mes lectures d’un même auteur mais bon, c’est un roman court…

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  4. J’avais mis un mot hier mais apparemment, il s’est perdu. Ça arrive, je n’ai pas dû cliquer au bon endroit. Je disais que j’avais beaucoup aimé ce roman moi aussi et qu’il a bien vieilli. Je le conseille pour découvrir Wells.

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  5. Bonsoir Kathel, quand je pense que je n’ai jamais lu de romans de HG Wells mais j’ai vu des adaptations ciné. Mon ami ta d loi du cine, lui est en train d’en lire énormément (des peu connus) pour participer au challenge de La petite liste. Bonne soirée.

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    1. J’ai vu les billets de ta d loi du cine, il est à fond et va bientôt tout connaître de H G Wells ! J’aime bien alterner les genres de lectures, je ne pense donc pas en relire aussitôt, mais plus tard peut-être…

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  6. J’ai été complètement hermétique à ce roman, lu il y a une dizaine d’années.. je lui ai préféré « L’île du docteur Moreau » lu comme toi grâce à cette double occasion des Mois anglais et Wells !

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  7. Je vais essayer de (re)visionner l’une ou l’autre version cinématographique pour en tirer un billet… Oui, je suis « à fond » (merci du compliment ;-)), j’espère rédiger encore une demi-douzaine de billets avant fin juillet!
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

    Aimé par 1 personne

  8. J’ai ce classique dans ma PAL audio depuis plusieurs années… Faut vraiment que je l’en sorte. Ces temps ci, évidemment, on voit beaucoup ce titre sur la blogo et tous les avis sont positifs et enthousiastes !

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