Ante Tomic, Miracle à la Combe aux Aspics

« Comme si elle en avait fait vœu à la Sainte Vierge, Zora se tut jusqu’à son dernier soupir, où elle jeta un tendre et ultime regard à son époux et murmura :
– Tu es une merde. »

Un père et quatre fils composent la famille qui habite la Combe aux Aspics : Jozo Aspic et ses quatre fils adultes, Krešimir, Branimir, Zvonimir et Domagoj. Ils vivent loin de toute civilisation, et tiennent éloignés, à coups de fusil si besoin, tout intrus qui voudrait leur demander des comptes, comme de payer leur électricité ou leurs impôts. Jusqu’au jour où, las de compter sur les talents culinaires limités de son père, l’aîné décide d’aller chercher une femme en ville. Il a dans l’idée de retrouver une serveuse rencontrée quinze ans auparavant à Split. La quête de Krešimir tourne au rocambolesque, car le chef de la police de la ville se trouve impliqué dans cette aventure, et pas qu’un peu !

« Le garçon apporta trois boissons verdâtres.
– C’est quoi , ça ? demanda Mile. Du liquide vaisselle ?
– Cocktail rhum blanc et limette, monsieur, dit le serveur en tiquant.
– Du rhum ? Chez nous, on met ça dans les gâteaux, remarqua Branimir.
– Monsieur, c’est sûrement le meilleur rhum du monde. Vingt-cinq ans d’âge.
– Vingt-cinq ans ? dit Mile. Mon garçon, s’il était aussi bon que tu le prétends, on l’aurait bu depuis longtemps. »

Inutile de vous le décrire plus, sachez que si vous cherchez une lecture divertissante et sans prétention, ce roman est fait pour vous ! Les personnages sont croqués à gros traits, mais leur personnalité va petit à petit s’affiner, et les frères se différencier les uns des autres. Certaines scènes sont vraiment très amusantes, notamment une poursuite inédite et pleine d’imagination dans Split. Les péripéties sont un peu grosses par moments, il ne faut pas chercher le réalisme le plus strict dans ce divertissement. Les Aspics père et fils ne sont pas des modèles de féminisme, on s’en doute, mais ils vont devoir évoluer grâce à une certaine Lovorka qui n’a pas l’intention de se laisser faire.
Le roman est en cours d’adaptation cinématographique, ce qui n’est pas étonnant, avec de bons acteurs, je l’imagine très bien.

Miracle à la Combe aux aspics (Cudo u Poskokovoj Dragi, 2009) d’Ante Tomic, éditions Noir sur Blanc, mars 2021, traduit du croate par Marko Despot, 208 pages.

Lu pour le mois de l’Europe de l’est.


32 commentaires sur « Ante Tomic, Miracle à la Combe aux Aspics »

  1. Jamais entendu parlé de ce titre, mais j’ai bien souri en lisant ton billet ! Un grand merci pour cette jolie contribution à notre mois thématique !

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  2. Eh bien nous nous sommes rendues en Croatie le même jour ! J’avais noté ce titre, sans réaliser la dimension un peu caricaturale que tu évoques. Du coup je passe, non que je n’aime pas de temps en temps les lectures distrayantes, mais l’impression que me laisse ton billet, c’est que cela reste une lecture dispensable, et mes étagères sont trop remplies pour que j’y ajoute des titres « pourquoi pas ? » !

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    1. Pas totalement indispensable, c’est vrai, mais il fait passer un bon moment, et ce n’est pas si mal. C’est le genre de livre que je peux recommander aisément à ceux qui cherchent une lecture pas plombante, mais pas gnangnan non plus.

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  3. retour de vacances, une lecture loufoque, pourquoi pas ? mais du coup aspic moi je lis aspić et du coup ça me perturbe … allez si je le croise à la BM

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