M.T. Edvardsson, Une famille presque normale

« Mon père ne voulait pas m’élever. Il voulait me créer, comme s’il était Dieu le Père en personne. Il aurait voulu que je sois exactement comme lui. Ou non, il aurait voulu que je sois comme il avait imaginé que sa fille devait être. »

Les lectures à chroniquer s’empilent, non que j’ai eu beaucoup de déceptions, bien au contraire, mais la lecture me satisfait plus que l’écriture en ce moment…
Bon, je me lance tout de même avec ce roman noir suédois, une histoire de famille comme son titre l’indique. Ils vivent à Lund, une petite ville de Suède. Le père est pasteur, la mère avocate, et leur fille de dix-neuf ans leur cause quelques soucis, comme toute adolescente, jusqu’au jour où la police accuse la jeune fille d’avoir tué un homme, un jeune chef d’entreprise avec lequel elle avait une relation. Ses parents ne peuvent y croire, mais la police persiste, trouve un faisceau de preuves, et la jeune Stella va être jugée. Sa famille, ses amis, son avocat, vont-ils pouvoir la faire libérer ?

« Un philosophe a dit que le savoir, c’était le pouvoir. C’est décidément vrai. L’ignorance chez autrui est une puissante source de pouvoir. »

Vu dans une première partie par Adam, le père, le roman se poursuit par une deuxième partie du point de vue de Stella, suivie d’une partie offrant les réflexions de Ulrika, la mère. À chaque fois, la perspective change, de nouveaux faits apparaissent, de nouvelles questions se posent, certaines personnes deviennent suspectes ou au contraire sont innocentées, des conclusions viennent à l’esprit, jusqu’à la séquence finale qui permet enfin, de manière magistrale, d’y voir plus clair.
L’ensemble est construit à la perfection, avec des révélations ou des questionnements savamment dosés, et le roman se lit aisément, je l’ai dévoré en trois petites journées. Parfait pour les amateurs de suspenses psychologiques sur fond de drames familiaux !

Une famille presque normale (En helt vanlig familj, 2018) de M.T. Edvardsson, éditions Pocket (2019), traduit du suédois par Rémi Cassaigne, 621 pages.

24 commentaires sur « M.T. Edvardsson, Une famille presque normale »

  1. J’ai plaisir à lire ce billet . J’ai trop de livres qui m’attendent pour noter un roman policier mais pourtant ce que tu en dis me plaît bien et j’aimerais savoir la fin.

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    1. Ah oui, je peux te dire que les pages tournent vite pour savoir la fin. On s’identifie assez facilement à cette famille qu’on pourrait connaître, et c’est prenant.

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  2. Je le note bien sûr. Ce que tu dis de ta lecture rejoint ce que j’écris moi-même ce matin sur « l’eau rouge » des polars bien construits, des perspectives qui changent tout le temps, des personnages qui « existent ». Bref, de bonnes lectures.

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    1. Des personnages qui existent, c’est ça ! Et ces personnages de tous les jours intriguent de plus en plus au fur et à mesure du roman…

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    1. Celui-ci change agréablement des histoires de tueurs en série. Il mélange un peu les genres (psychologique, judiciaire) c’est très bien fait !

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  3. je me le note illico, j’ai une période polar-thriller-roman noir » en ce moment, j’aime bien alterner les genres et un faible pour les polars nordiques 🙂

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  4. Oui, je l’ai aussi beaucoup apprécié, je l’ai lu dans le cadre du Prix des lectrices de ELLE et c’était mon préféré dans sa catégorie. Malheureusement, ces jurys penchent souvent pour des romans à tendance plus thriller…

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  5. Je l’avais repéré à sa parution, puis oublié entre-temps. Merci pour ce rappel, je pense que ça pourrait vraiment me plaire !

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  6. En effet, il y a des similitudes avec « Le bon père » ! Cela m’évoque aussi « Ce que l’on ne s’est jamais dit » de Céleste Ng, où il n’y a pas d’enfant meurtrier, mais un décès dans une famille, à partir duquel l’auteure décortique les non-dits de la cellule familiale en adoptant aussi plusieurs points de vue (si je me souviens bien !).

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    1. Exact, ce sont de bonnes références. Là, c’est un premier roman (comme Celeste Ng, je crois) et c’est fort de réussir un roman aussi bien fait du premier coup !

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  7. Je tourne autour de ce roman depuis un moment et ce que tu en dis me convainc ! J’adore ces livres qu’on dévore 😀

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