Nathacha Appanah, Rien ne t’appartient

Rentrée littéraire 2021 (1)
« Il ne faut pas croire que le garçon se cache ou se dérobe, non, il semble simplement avoir trouvé un endroit où il attend que je le découvre. »

Depuis des semaines, depuis la mort de son mari, le chagrin accable Tara. Elle ne mange plus, dort mal, voit apparaître dans son salon un garçon dont elle ne sait s’il est un souvenir ou le fruit de son imagination. Lorsque Eli, son beau-fils, vient la voir, il s’inquiète pour elle, mais Tara, comme à son habitude, se dérobe à toutes les questions. Jusqu’à ce que les fantômes de son passé finissent par lui restituer son histoire… À commencer par une danse qui s’impose à elle, lui ramenant des souvenirs fragmentaires de la mystérieuse Vijaya.

« J’avais l’impression qu’Eli attendait que je raconte un souvenir qui ne soit qu’à moi, qui vienne de mon cœur et de l’endroit où je suis née. Pas des histoires de catastrophes naturelles ou de conflits mais des paroles qui ressemblent à un conte ou une chanson d’enfance. »
Mon premier achat de la rentrée littéraire a pour thème le deuil et la danse, et je ne crois pas que ce soit les raisons qui me l’ont fait choisir. Du moins ces thèmes émergent d’une première partie volontairement confuse, suivant les pensées de Tara en plein trouble.
Ces cinquante premières pages perturbent un peu, puis la deuxième partie transporte dans un pays qui n’est pas identifié, mais que des détails permettent de situer géographiquement, et prend la forme d’un terrible roman de formation. Une petite fille à la vie douce et facile va y voir tout s’écrouler, et être forcée de prendre un chemin des plus difficiles. À partir de ce moment du roman, j’ai aimé retrouver la Nathacha Appanah de Tropique de la violence ou de Petit éloge des fantômes, le livre que j’ai préféré parmi ceux que j’ai lus d’elle, sa sensibilité, sa compassion, son attention aux sons, aux couleurs, aux odeurs. La délicatesse de sa plume ne masque pas les faits, leur brutalité, et rend un bel hommage aux petites filles qui ont la malchance de naître dans un monde où elles sont considérées comme quantités négligeables.

Rien ne t’appartient de Nathacha Appanah, éditions Gallimard, août 2021, 160 pages.

38 commentaires sur « Nathacha Appanah, Rien ne t’appartient »

  1. C’est une auteure dont j’ai beaucoup aimé Tropique de la violence (mon préféré) et Le ciel par dessus les toits. Je sais qu’avec elle il faut laisser passer quelques pages pour entrer dans l’histoire, elle prend son temps mais ensuite tout prend son sens…. Tentant 🙂

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  2. Oups j’ai fait une mauvaise manip, désolée. Je ne connais cette auteure que de nom. 50 pages confuses sur 160, ça me freine un peu, je l’avoue et la manière d’aborder le sujet, pas sûre que ce soit pour moi ?

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  3. La noce d’Anna m’avait tellement agacée que je n’ai plus jamais rien lu de cette auteure depuis ! Alors … Rien que l’idée des « fantômes du passé » me fait repenser à cette atmosphère cotonneuse qui m’avait laissée sur le bord.

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    1. Il fait partie de quelques sélections de prix. Je ne connais pas les critères de ces prix… Je l’ai choisi sur le nom de l’auteur et deux lignes de la quatrième de couverture ! 🙂

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