Joyce Carol Oates, La Princesse-Maïs et autres cauchemars

« Des heures, des jours. Des heures isolées, blessantes comme autant de cailloux avalés de force. Et que sont les jours sinon des durées insondables et inexplorées trop pénibles à charrier si ce n’est heure par heure ou même minute après minute. »
La Princesse-Maïs est la première et la plus longue de ces nouvelles, presque un court roman à elle seule. Les premières pages interrogent, puis le point de vue se déplace et tout commence à s’éclairer, si l’on peut dire, puisque la situation devient dramatiquement compliquée pour les personnages. Pas un seul ne peut dire qu’il s’en sort bien avec Joyce Carol Oates !

« Les jours, puis les semaines qui avaient suivi la mort de son mari, Helene s’était retrouvée debout devant des placards ouverts, à regarder fixement à l’intérieur. Dans ces moment-là, elle bougeait lentement et avec délibération, comme si ses membres n’étaient rattachés à son corps que de manière rudimentaire, par la seule force de sa volonté. Le simple fait de voir nécessitait de tels efforts ! »
La Princesse-Maïs, Bersabée, Personne ne connaît mon nom, Personnages-fossiles, Champignon mortel, Helping hands, Un trou dans la tête : chacune de ces sept nouvelles renferme une situation vraiment cauchemardesque, comme ce prof accusé de l’enlèvement d’une fillette de son collège, ce beau-père victime d’une vengeance pour des faits qu’il nie, cette fillette de neuf ans perturbée par l’arrivée d’une petite sœur, ces frères ennemis que tout sépare, cette veuve qui sort au mauvais moment de son hébétude ou ce chirurgien confronté à une demande peu ordinaire.
Les textes sont assez longs, laissent le temps de connaître les personnages, de s’installer intimement dans leur histoire, de partager les moments intenses qu’ils vivent. L’écriture fait le reste, rugueuse, tendue, hypnotique….
Inutile de présenter la prolifique auteure américaine, qui réussit à surprendre par son imagination débordante, à chacun de ses textes, que ce soit une nouvelle ou un pavé !

La Princesse-Maïs et autres cauchemars de Joyce Carol Oates (The Corn Maiden, 2011), éditions Philippe Rey, 2017, traduction de Christine Auché et Catherine Richard, 379 pages, sorti en poche (Points)

Lecture pour Mai en nouvelles à retrouver chez Electra ou Marie-Claude.
J’ai chroniqué d’autres nouvelles de Joyce Carol Oates ici : Amours mortelles, et des romans : La fille du fossoyeur, L’homme sans ombre, Nous étions les Mulvaney, Le mystérieux Mr Kidder.

50 commentaires sur « Joyce Carol Oates, La Princesse-Maïs et autres cauchemars »

  1. Bon encore un recueil de nouvelles qui semble intéressant : le mois de mai est fructueux.

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    1. Plus qu’intéressant : frappant et fascinant. Et des nouvelles longues dans lesquelles on a le temps de s’installer.

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  2. je n’ai jamais réussi à lire ces romans du coup ce recueil est une solution pour la découvrir ! merci 🙂

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    1. Décidément, c’est une auteure qui partage ! Je fais plutôt partie des fans, alors je ne suis pas forcément de bon conseil pour te dire s’il vaut mieux commencer par des nouvelles. 😉

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  3. Je ne suis pas fan de l’auteure, du coup, les nouvelles, je ne suis pas sûre que ça passerait mieux.

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  4. Bon, je ne sais pas, avec l’auteur ça passe ou ça casse. Peut etre qu’en format court elle ne délaye pas trop?

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  5. j’ai beaucoup aimé « Nous étions les Mulwaney » donc rajouté à ma PAL…
    j’ai déjà « Les chutes » et « Mudwoman en attente 🙂

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  6. Quand j’ai décidé de lire JCO par ordre chronologique, je me suis vite retrouvée confrontée à des recueils de nouvelles, chose que je n’aimais pas trop lire. Elle m’y a donné goût !
    Et pendant ce mois de mai, ça m’a poussé à lire le prochain sur ma liste, un roman dont je parlerai très bientôt. Pas sûre pas contre que je lirai celui après, des nouvelles justement, encore pendant le mois de mai.

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  7. J’adore le titre ! Bon, toujours pas lu JCO mais comme je ne suis pas très nouvelles, pas sûre de commencer avec ce recueil.

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    1. Si tu ne l’as pas lue, un roman conviendra mieux, en effet : Les chutes ou Nous étions les Mulvaney, par exemple.

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    1. Il existe des auteur(e)s américain(e)s plus jeunes qui tentent de l’imiter plus ou moins (je n’ai pas de noms en tête là tout de suite 😉 ) et qui écrivent des romans qui me mettent vraiment mal à l’aise, mais avec J C Oates, je ne sais pas, quelque chose dans l’écriture fait que ça passe… Mais chaque lecteur perçoit les romans différemment.

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  8. je l’ai dans ma pal, tu me le rappelles! d’autant que j’aime vraiment beaucoup Oates, même quand elle « délaye » 😉

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  9. Le peu de romans que j’ai lu d’elle m’ont globalement convaincue. J’aimerais en lire d’autres (Les chutes et Fille noire, fille blanche sont dans ma pal) avant de me pencher sur ce recueil de nouvelles.

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  10. Je ne suis pas forcément attirée par les nouvelles mais le titre me parle bien.
    Daphné

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    1. Les cauchemars en question sont marquants, d’habitude, les nouvelles s’évaporent vite, mais là, je ne crois pas…

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  11. J’ai lu un de ses recueils, Infidèle, il y a très longtemps, mais je me souviens avoir aimé. Je note celui-ci, il a tout pour me plaire, il a l’air terrible !

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  12. Nous étions les Mulvaney est un immense roman. Je tenterai ce recueil un jour.

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    1. Un superbe souvenir de lecture que ces Mulvaney. Cette auteure écrit tellement qu’on n’a jamais fini de la découvrir.

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