Sabyl Ghoussoub, Beyrouth entre parenthèses

Rentrée littéraire 2020 (11)
« Moi, je ne sais même pas qui je suis. Je ne suis pas certain d’être la personne qui parle à cet instant. »

Le narrateur franco-libanais, artiste photographe, est encore tout jeune lorsqu’il annonce vouloir visiter Israël, l’envie le tenaillant depuis des années et des années. Mais pour un Libanais, la destination est interdite, et le jeune homme est accueilli à l’aéroport Ben Gourion par des policiers qui l’interrogent avec une certaine circonspection, voulant sans relâche tout connaître de son identité et de ses motivations à effectuer un tel voyage. Plus il essaye de s’expliquer, plus il semble s’enfoncer dans les méandres d’une identité mal assumée ou mal comprise. Cet interrogatoire en pointillés est donc l’occasion pour lui d’essayer de savoir où il en est de son appartenance à un pays ou à un autre, de réaliser aussi que tels et tels « ennemis » se ressemblent à un point inimaginable…

« À l’âge de dix-neuf ans, je suis parti m’installer au Liban, persuadé de libérer la Palestine. J’élaborais des théories sur comment s’organiser pour que les Israéliens, les Palestiniens et les Libanais vivent ensemble. Je voulais que les mizrahim, les juifs orientaux, reviennent vivre dans leur pays d’origine, que les Israéliens deviennent palestiniens, qu’on apprenne l’hébreu au Liban. Je me transformai peu à peu en personnage fou digne d’un roman de Philip Roth. »
Le début m’a beaucoup plu, le style impeccable, l’allusion à Philip Roth, l’humour, m’ont conquise. Après, j’ai trouvé que ça tournait un peu en rond, que l’humour grinçant faisait un peu moins mouche. Puis le texte redevient plus intéressant dans la dernière partie où le jeune artiste est arrivé en Israël, rencontre les amis de Rose qu’il est venu voir, loue une chambre avec vue sur le Liban de l’autre côté de la frontière… Je suis un peu mitigée au final, l’idée de départ intéressante et le regard porté sur le thème de l’identité permettent de produire un texte original, mais pas spécialement porteur d’émotion.

Beyrouth entre parenthèses de Sabyl Ghoussoub, éditions de l’Antilope, 2020, 139 pages.

Eva et Jérôme ont aimé sans réserve.

Retrouvez d’autres lectures pour le Mois de la Littérature libanaise chez Maeve.

27 commentaires sur « Sabyl Ghoussoub, Beyrouth entre parenthèses »

  1. Pour avoir des amis libanais que j’apprécie beaucoup, je sais qu’on peut parler de tout avec eux sauf d’Israël, qu’entre eux ils nomment la « Palestine occupée » même le nom Israël est banni.

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne suis pas sûre d’être la bonne lectrice pour cette littérature, le deuxième lu ne m’a pas accrochée non plus, alors que je trouve le style plutôt très bon.

      J'aime

      1. Il faut bien des exceptions qui confirment la règle : il y a des pépites dans cette littérature libanaise. 😉
        En revanche, j’ai des soucis pour partager ta chronique sur FB qui m’indique que ta pubication a été dénoncée comme « abusive ». 🤔😳 Weird Facebook !

        J'aime

    1. j’ai commenté avec mon téléphone et le correcteur a tout changé saur continuer qu’il a laissé en parfaite dyslexie. Je corrige : Le Nez Juif m’a déçue et les commentaires mitigés des blogueuses ne m’incitent pas à persister avec cet auteur. Il y a assez de libanais qui m’intéressent pour ce mois libanais

      J'aime

      1. C’est plus clair ainsi ! 😉 « Beyrouth entre parenthèses » me semblait plutôt apprécié et le sujet original m’a tentée. Je ne le déconseille pas, mais il faut mieux revoir un peu ses attentes si on compte le lire !

        J'aime

  2. Ah oui tu n’as pas les mêmes ressentis que Jérôme et Eva, en revanche Maeve n’a pas eu l’air d’apprécier non plus. C’est intéressant ces points de vue différents. En littérature libanaise, j’adore Wajdi Mouawad, j’aime bien Amin Maalouf, il faudrait que j’en découvre d’autres… mais là, pas le temps…

    J'aime

    1. C’est vrai que je m’attendais à être plus séduite. Le début m’a plu, quelques originalités ici ou là, mais le fait que je pense à Philip Roth et son Opération Shylock au début a placé la barre très très haut pour ce jeune auteur, pourtant prometteur !

      Aimé par 1 personne

  3. Vu ta tiédeur, je ne retiens pas, et j’ai déjà noté des titres chez Maeve qui me tentent davantage ! J’ai lu deux pièces de Wajdi Mouawad dans le cadre de ce mois libanais, je n’ai plus qu’à écrire mon billet…

    J'aime

Et vous, qu'en pensez-vous ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s