Publié dans littérature Asie, sorti en poche

Shilpi Somaya Gowda, Un fils en or

unfilsenor« Anil savait qu’il devait travailler dur pendant cette année de stage, et il l’acceptait, mais il aurait aimé recevoir de temps en temps une parole d’encouragement de la part d’un chef, ou éprouver la satisfaction d’avoir bien fait quelque chose. Tout comme il aurait aimé que ses patients l’apprécient, ou simplement le respectent. »
Le roman commence dans l’ouest de l’Inde, dans la région du Gujarat. Anil est le premier de sa famille à faire des études supérieures, il va devenir médecin, et poursuit son cursus aux États-Unis, malgré les réticences de sa mère. Toutefois, une raison qui fait céder sa mère c’est qu’elle ne voit pas d’un très bon œil son attirance pour son amie d’enfance Leena, qui vient d’une famille moins aisée. La famille d’Anil est, elle, très bien considérée, et son père, reconnu pour sa sagesse, fait office de conciliateur. Ce qui donne lieu à des paragraphes très intéressants sur cette coutume. À Dallas, Anil a bien du mal à trouver sa place, que ce soit avec ses colocataires et amis, ou dans ses différents stages à l’hôpital.

« Il sembla à Leena que tout se passa très vite après cette journée à la Grande Maison. En l’espace d’une semaine, les préparatifs du mariage avaient commencé.
Il y a eu des rendez-vous avec l’astrologue et le pandit, Leena et sa mère sélectionnèrent des saris de mariage, des bijoux et des motifs de Mehdi pour les pieds et les mains. »

Lorsque Anil est parti, Leena doit accepter un mariage arrangé, elle pense pouvoir faire cela pour plaire à ses parents qui se sont endettés pour elle. Mais certaines familles ne voient dans les mariages qu’un moyen de trouver de l’argent facile, ainsi qu’une servante qu’on n’a pas besoin de payer.
J’ai beau avoir déjà lu des romans indiens, j’ai trouvé celui-ci fort bien fait, riche de nombreux thèmes, et je me suis attachée aux parcours d’Anil et de Leena. J’ai compati aux questionnements du jeune homme, et été submergée de colère à la lecture de ce que vit Leena. Ce sont de beaux portraits que dresse là l’auteure, notamment ceux des femmes sont particulièrement touchants et inoubliables. J’ai beaucoup apprécié que les personnages secondaires aient de la présence et des caractères tout sauf caricaturaux. Je trouve que pour un roman un peu long, les personnages moins importants ne doivent pas faire que de la figuration, sous peine d’ennuyer sérieusement les lecteurs. Pas un brin d’ennui ici, mais la rencontre de belles personnes, qui luttent pour construire leur vie, entre tradition et modernité.

Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda, (The golden son, 2016) éditions Mercure de France, 2016, traduction de Josette Chicheportiche, 480 pages, existe en Folio.

Les avis de Daphné, Hélène

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Lire le monde: l’Inde

27 commentaires sur « Shilpi Somaya Gowda, Un fils en or »

    1. C’est vraiment effarant, d’autant que si les faits ne sont pas précisément datés, cela se déroule, je pense, au début des années 2000 ou un peu avant. (et j’ai bien peur que rien n’ai changé réellement depuis)

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  1. Hélas ce ne sera pas tout de suite que je découvrirai la littérature indienne, j’avais un petit pavé ous la main mais c’est trop long en ce moment. Mais il ne perd rien pour attendre 😉

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      1. exact… J’y suis allée 2 fois, ce pays est magnifique on en prend plein les yeux mais aussi énorme choc émotionnel…
        J’ai rencontré des lépreux aussi…
        En revenant, on ne voit plus la vie de la même façon et on fait bien plus attention à ne pas gaspiller, y compris l’eau 🙂

        Aimé par 1 personne

    1. Oui, c’est vraiment effarant… comme je le disais plus haut, les faits décrits dans le roman doivent se situer dans les années 90 ou 2000, mais ça ne doit pas avoir trop changé, malheureusement.

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  2. Billet très convaincant qui me donne envie de me pencher sur ce roman de plus près. C’est vrai que mine de rien, il y en a quand même pas mal des romans indiens qui brassent un peu les mêmes thèmes, mais celui-là m’a l’air de bien valoir le détour.

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  3. J’ai bien aimé ce livre mais j’ai préféré la fille secrète qui est l’un de mes coups de cœur. L’un comme l’autre reflète bien les contrastes saisissants de l’Inde.
    Daphné

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