Publié dans littérature Amérique du Nord, rentrée hiver 2018

Eric Plamondon, Taqawan

taqawan.jpg« Depuis des millénaires, la sagesse de l’évidence suffit à ce peuple : si on pêche trop de poissons cette année, il y en aura moins l’année prochaine. Si on pêche trop de poissons pendant des années, un jour il n’y en aura plus. »
Taqawan tire son titre du nom donné par les populations autochtones au jeune saumon qui remonte vers la source de la rivière. Tout débute avec une intervention musclée et disproportionnée de la sureté du Québec, qui vise à prendre les filets à saumon des pères de famille de la tribu des Mig’maqs. Une toute jeune fille assiste depuis le bus de ramassage scolaire à cette scène traumatisante, qui malheureusement sera le début pour elle d’une suite d’événements terribles. Passée à toute vitesse à l’âge adulte, elle trouvera toutefois de l’aide pour tenter de se reconstruire.

« Sachant que le saumon a un odorat très développé, mille fois plus puissant que celui d’un chien, certains pensent qu’il retrouve sa route grâce à l’odeur des rivières. »
J’avoue que je ne savais rien de trop au sujet du roman avant de le commencer, je l’avais noté dans l’intention de le lire assez vite, et dans ce cas, je ne rentre pas trop dans les détails des résumés que je peux trouver ici et là, je m’intéresse seulement à la tonalité générale…
Roman choral mais aussi roman engagé au côté des populations autochtones, c’est par son style qu’il surprend d’abord, par le rythme de phrases courtes, voire très courtes, donné au texte. Les chapitres aussi sont brefs, et alternent les points de vue des différents personnages avec des passages plus explicatifs, historiques ou scientifiques. Les personnages assez nombreux, demeurent bien incarnés, attachants et pleins d’humanité, et c’est le point fort du roman. Il apporte aussi des connaissances passionnantes sur la vie des Indiens Mig’maqs, et sur leur relation à la nature.


« Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir.  Celui qu’on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu’on traite de sauvages pendant quatre siècles ? »
Toutefois, les quelques passages plus mouvementés, faisant appel au genre thriller ou au western, et notamment la fin, ne sont pas ce que je préfère dans ce roman… Cela lui donne, à mon avis, un côté un peu bancal, entre les explications historiques ou écologiques, les scènes plus intimistes et les scènes d’action. J’espérais beaucoup de ce roman, et ce que j’en attendais, je l’ai trouvé dans un autre roman québecois, De bois debout, commenté précédemment. Quant à cette lecture, si elle a été rapide, prenante et somme toute, pas désagréable, elle ne fut pas exactement à la hauteur de mes attentes. Je serais curieuse de lire les avis des autres lecteurs et lectrices du jour !

Taqawan, d’Eric Plamondon, éditions Quidam (janvier 2018), 208 pages.

Lecture commune de Québec en novembre avec A propos de livres, Argali et Yueyin.
quebec_2018

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35 commentaires sur « Eric Plamondon, Taqawan »

  1. Je l’ai lu à parution et j’ai été agréablement surprise (je ne savais pas trop à quoi m’attendre) et très intéressée par ce qu’il raconte sur ce territoire… Mais je n’en savais pas énormément avant donc, pour moi l’intérêt de la découverte a primé.

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  2. J’aime bien comparer les ressentis, les impressions de lecture.
    Ce n’est pas un coup de coeur mais j’ai beaucoup aimé. Chez Plamondon, j’aime le style décousu (en apparence) qui mène toujours quelque part malgré tout. Et ici, c’est le mélange des genres qui m’a séduite.

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  3. J’avais vu pas mal d’avis très enthousiastes au début, et maintenant ils sont un peu plus modérés. Je lirai sans doute ce livre par curiosité mais avec moins de sentiment d’urgence qu’au début.

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  4. Je te rejoins parfaitement dans le côté bancal de la fin, la course poursuite pour dénicher les méchants arrive comme un gros truc de thriller … Alors que les aller et retour entre le conte et le roman engagé m’avaient convaincue ! je note De bois debout, moi aussi, du coup !

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    1. Cet engouement général (ou presque) me faisait aussi attendre mieux de ce roman… comme tu le fais remarquer dans ton billet, ce sont souvent les mêmes phrases qui ressortent en citations, ce qui n’est pas forcément bon signe.

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