Publié dans littérature Amérique du Nord

Armistead Maupin, Michael Tolliver est vivant

michaeltolliverUne petite chronique rapide pour ceux qui comme moi auraient lu, adoré ou dévoré les six premiers tomes (et à l’origine les seuls) des Chroniques de San Francisco et n’auraient pas noté que vingt ans après Bye bye Barbary Lane, Armistead Maupin avait fait un retour avec Michael Tolliver est vivant. J’avais pourtant dévoré les six premiers, sans avoir jusqu’alors envie de savourer ce retour. Il a fallu que je voie et que j’écoute Armistead Maupin à Saint-Malo (lors de l’enregistrement du Temps des écrivains que vous pouvez d’ailleurs réécouter, c’est un délice de l’entendre discuter avec Dany Laferrière) où il était venu parler de son livre de mémoires Mon autre famille pour avoir envie d’attraper ce roman en bouquinerie et de le lire dans la foulée.

« Ici, dans notre cher gaytto, tu ne peux pas faire trois pas sans tomber sur la silhouette étonnamment familière de quelqu’un que tu pensais mort et enterré depuis belle lurette. »
Michael Tolliver a donc survécu aux années sida, perdu beaucoup de ses camarades, et a rencontré celui qui est devenu son mari. Le roman entrecroise les vingt années passées et son présent dans les années 2010 au moment où s’opposent une fois encore sa famille biologique et sa « famille logique ». Le terme employé par l’auteur pour parler de sa famille de cœur. Sa mère, qui n’avait jamais accepté son homosexualité, vit en effet ses derniers jours en Floride au moment même où sa grande amie Anna Madrigal est mourante à San Francisco.

« Puis j’ai porté les yeux sur mon mari et me suis rappelé pour la énième fois que sa jeunesse n’était pas contagieuse. Le voyage serait plus agréable, on est bien d’accord, mais au final, ça ne changerait pas ma destination. Il m’avait proposé un bail de trente ans, mais vingt feront amplement l’affaire. Rien que cette journée me suffisait.
Elle représente plus que je n’avais espéré.
»
Vif et riche en dialogues, ce roman se lit d’une traite, et même si on avait un peu oublié les personnages, la mémoire revient vite. J’avoue que j’adore l’humour plein de doubles sens, un soupçon salace, de Michael Tolliver, qui est ici le narrateur, contrairement aux Chroniques racontées à la troisième personne. Malgré sa philosophie plutôt optimiste, Michael Tolliver est à un âge où l’on se retourne quelque peu sur sa vie, à l’image sans doute de son auteur, et c’est pour nous l’occasion de savoir comment il a occupé les années suivant l’époque de Barbary Lane, tout en suivant ses moments de vie présents.
Pour moi, les retrouvailles sont plaisantes, et je lirai certainement les deux volumes qui ont par la suite prolongé encore la série, à moins que je ne me tourne vers les mémoires de l’auteur.

Michael Tolliver est vivant d’Armistead Maupin, (Michael Tolliver lives, 2007) éditions de l’Olivier (2008) traduction de Michèle Albarte-Maatsch, 296 pages, existe en poche (Points).

Chinouk a été déçue par contre…

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20 commentaires sur « Armistead Maupin, Michael Tolliver est vivant »

  1. J’en suis restée à la célèbre série, mais je prolongerai volontiers si j’en trouve le temps. Ma seule crainte est d’avoir beaucoup oublié les personnages et d’avoir du mal à récupérer le fil.

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  2. Je ne savais même pas qu’il y avait une suite ! Comme toi j’ai adoré les six tomes quand je les ai lus. Je me souviens d’un fou-rire irrépressible dans le métro à l’époque, j’avais fait rire tout le monde autour tellement je n’arrivais pas à m’arrêter. Qu’est-ce que c’était bien. A l’occasion je lirais bien la suite, d’autant que tu en as l’air satisfaite… Merci pour la decouverte !

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  3. J’ai dévoré également cette série et, après un séjour à San Francisco, je l’ai relu. Je viens même de craquer pour le tome 9 …

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  4. J’ai lu la série, à l’époque, ensuite un autre, je ne sais plus lequel, mais je n’ai pas l’impression que je vais raccrocher. Mais la série, quel truc!!!

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  5. J’attends le podcast du débat que j’ai animé à Saint-Malo avec Maupin et Mohamed Mbougar Sarr où ce dernier a été vraiment très convaincant et apprécié, et Maupin égal à lui-même, bien sûr. C’était un vrai bonheur à préparer et quelle joie de discuter avec un auteur de cette envergure !

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  6. Je me souviens qu’à la sortie de ce tome, nombreux ont été les déçus, notamment par la narration à la 1e personne qui contrastait avec le reste de la saga. Moi j’avais adoré retrouver Mouse toutes ces années plus tard. Pour ce qui est des deux autres tomes à suivre, je n’ai pas aimé Mary-Ann en automne (mais Mary-Ann n’est pas un personnage que j’apprécie beaucoup) et adoré retrouver ensuite Anna Madrigal en fringante nonagénaire…
    Quant à ses mémoire fraîchement parues, je te les conseille chaudement.

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    1. Je sais qu’il y a eu des déceptions, j’avoue qu’après tout ce temps, je n’avais pas d’attente particulières et j’ai passé un très bon moment avec ce roman. Je suis très tentée par ses mémoires, il en parlé à Saint-Malo et cela faisait bien envie !

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  7. Même commentaire qu’Aifelle, j’ai plongé dans la série avec beaucoup d’intérêt, enchaînant les tomes mais je n’y suis pas revenue. Il va falloir que je raccroché les wagons !

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    1. Je me souviens avoir dévoré la série au fur et à mesure de sa sortie en poche ou en bibliothèque (je n’en ai retrouvé que deux ou trois à la maison)… C’est un plaisir de retrouver cet auteur, en tout cas.

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