Jonathan Coe, Bienvenue au club

bievenueauclub« Au risque de me répéter : les années soixante-dix étaient vraiment une drôle d’époque. La musique aussi en témoigne. C’est incroyable, le genre de trucs que les gens – des gens qui pour la plupart étaient loin d’être idiots – étaient capables d’écouter le plus sérieusement du monde sur la chaîne hi-fi de leur père ou dans leur chambre d’étudiant. »
Pour commencer (et même très bien commencer) le mois anglais, le Blogoclub a retenu un livre de Jonathan Coe, Testament à l’anglaise. L’ayant déjà lu, je me suis tournée vers une autre valeur sûre de l’auteur, à savoir Bienvenue au club… me rendant compte par la même occasion que j’avais déjà lu Le cercle fermé qui retrouve les personnages de Bienvenue au club, vingt ans plus tard.
Ici, ils sont encore lycéens, ce qui permet à l’auteur de tracer un portrait, plutôt caustique, de l’Angleterre des années soixante-dix, tout en jouant la carte du roman d’initiation à personnages multiples.
De l’apprenti écrivain qui exerce sa plume dans le journal du lycée, au pitre de la classe dont les canulars dépassent parfois toute mesure, du compositeur d’une symphonie rock ambitieuse aux parents touchés par le vent de rébellion des années soixante-dix, l’auteur entrelace les histoires, mélange les styles de manière virtuose, fait sourire la plupart du temps, et s’émouvoir lorsque le drame fait irruption jusque dans les rues assez tranquilles de Birmingham.

 

« Est-ce qu’un récit sert à quelque chose ? Je me le demande. Je me demande si tout le vécu peut vraiment être réduit et distillé en quelques moments d’exception, six ou sept peut-être qui nous seraient accordés dans toute notre existence, et si toute tentative de tracer un lien entre eux est vouée à l’échec. Et je me demande s’il y a dans la vie des moments non seulement « qui valent des mondes », mais tellement saturés d’émotion qu’ils en sont dilatés, intemporels… »
J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman, très représentatif de l’auteur, et ses personnages attachants. Il me manque un petit quelque chose pour en faire un coup de cœur, peut-être est-ce un brin de retenue toute britannique dans le texte qui m’en empêche ? Ou quelques petites longueurs…
Puisque l’auteur est mis à l’honneur aujourd’hui, je ne saurais que vous conseiller de découvrir sa plume, parfaite pour décortiquer la médiocrité comme les moments de noblesse de ses compatriotes. À lire donc, selon vos envies ou vos goûts : Testament à l’anglaise, La maison du sommeil, Numéro 11 ou La vie très privée de Mr Sim… Pour moi, Jonathan Coe compte parmi les meilleurs auteurs anglais contemporains avec Ian McEwan, William Boyd ou Julian Barnes… entre autres !

Bienvenue au club de Jonathan Coe (The Rotter’s club, 2001) éditions Folio (ou Gallimard, 2003) traduit par Jamila et Serge Chauvin, 541 pages.

Vous trouverez chez Florence (Le livre d’après) d’autres lectures de Jonathan Coe pour le Blogoclub, notamment de Testament à l’anglaise.
Le mois anglais est chez Lou et Cryssilda.
blogoclub  mois_anglais2017

52 commentaires sur « Jonathan Coe, Bienvenue au club »

  1. Comme toi, j’adore Coe – même si je n’avais pas accroché avec Mr Sim – et j’avais particulièrement aimé ce titre.

    J'aime

    1. Mr Sim a rencontré des avis très divers chez les lecteurs… Testament à l’anglaise ou le duo Bienvenue au club/Le cercle fermé sont plus à même de plaire à tous.

      J'aime

  2. C’était ce genre d’article que j’attendais pour enfin reprendre ce livre que j’ai lâchement abandonné il y a des années! (Je ne me souviens plus pourquoi d’ailleurs!) Merci de le remettre à l’honneur!

    J'aime

  3. Jonathan Coe est aussi pour moi un incontournable de la scène littéraire anglaise. Je n’ai jamais lu Boyd par contre, c’est vrai que cela fait des années que je me dis qu’il faudrait le découvrir ! J’avais lu ce Coe il y a 7 ans je crois, j’avais bien aimé même si ce n’était pas mon favori à l’époque, et j’avais bien besoin de me rafraîchir la mémoire à son sujet ! Je file lire ton billet sur numéro 11 que j’ai commencé et mis de côté l’an dernier. Je voudrais profiter de mois pour en parler (bon idéalement aujourd’hui mais là je me suis un peu loupée !).

    Aimé par 1 personne

    1. Ce n’est pas mon préféré non plus (j’ai vraiment beaucoup aimé La pluie avant qu’elle tombe et La maison du sommeil, Numéro 11 également) mais c’est un auteur de premier plan… J’espère que tu trouveras un moment pour le lire et en parler !

      J'aime

  4. Je n’ai pas accroché à « Testament à l’anglaise », il faudrait que j’en teste un autre, pourquoi pas celui ci ?

    J'aime

  5. J’ai lu ce roman peu de temps après mon arrivée à mon actuel boulot, et résultat mon ressenti était assez flou, ce n’était pas venir que j’imaginais. J’avais du confondre le tire avec le récit d’un autre roman. Et je ne me souviens de quasiment rien. Je pense le relire, un jour, avant d’attaquer le cercle fermé

    J'aime

    1. Peut-être, comme tous les romans à multiples personnages, est-il difficile de le garder en mémoire précisément ?

      J'aime

  6. C’est avec ce livre que j’avais découvert l’auteur

    La vie très privée de Mr Sim a été pour moi un coup de coeur (les gens me regardaient rire toute seule dans le métro …)

    Aimé par 1 personne

  7. Grâce au choix du blogoclub, je découvre plus amplement Coe ce mois-ci et c’est un plaisir ! Je me suis délectée de « Testament à l’anglaise ». J’ai encore « Bienvenue au club » dans ma pal : ça s’annonce bien !

    Aimé par 1 personne

  8. Je n’avais jamais lu Coe avant, même si j’en avais entendu parler au cours des précédents mois anglais. Grâce au Blogoclub, qui m’aide à chaque fois à sortir de mes zones de confort littéraires, c’est chose faite. Je compte bien découvrir d’autres titres de cet auteur. Je note « Bienvenue au club », merci !

    Aimé par 1 personne

  9. J’adore cet auteur (et ses yeux bleus un brin ironiques), j’ai lu ce livre il y a longtemps, je n’en ai plus de souvenir précis mais j’ai aimé, bien sûr. Je place aussi David Lodge dans les grands auteurs anglais contemporains, mais il y a longtemps qu’on n’a plus de roman de sa part (ou alors ils ne sont plus traduits ?) Par contre je n’ai encore jamais lu Julian Barnes.

    Aimé par 1 personne

    1. Les très bons auteurs anglais contemporains sont nombreux, plus que ma courte liste le laisse penser… 😉 Rien de récent de David Lodge, non, et c’est dommage…

      J'aime

  10. Un auteur qui m’est inconnu, mais je ne vais pas tarder à le lire… Je viens de sortir « La vie très privée de Mr Sim ». A suivre !

    Aimé par 1 personne

  11. La pluie avant qu’elle tombe reste mon préféré et j’attends toujours de retrouver le même plaisir de lecture. Je n’avais pas accroché à celui-ci et n’ai pas lu la suite.

    J'aime

  12. J’aime beaucoup cet auteur. Je viens de lire Testament à l’anglaise qui m’a plu mais pas autant que La Maison du sommeil. Je pense que le prochain ce sera La pluie avant qu’elle tombe.

    J'aime

  13. J’avais bien aimé Mr Sim, mon premier Coe, et j’hésitais ensuite sur le Coe suivant à lire. Bon, je ne mettrai pas Bienvenue au Club en priorité (merci pour ton billet qui m’a aidé à faire des choix^^) mais Testament à l’anglaise me dit vraiment.

    J'aime

  14. Je n’ai pas réussi à le lire en raison d’un mois de mai très chargé.
    C’est un auteur que j’aime beaucoup également. J’ai lu notamment « la maison du sommeil ».

    J'aime

    1. Dommage que tu n’aies pas pu le lire ! (mais mon petit doigt me dit que tu as eu de bonnes raisons de ne pas trouver le temps !)

      J'aime

  15. Bonsoir Kathel, pas lu celui-ci, mais j’ai lu tous les autres. Par ailleurs, Mr Coe est un monsieur très sympathique qui comprend le français. Bonne soirée.

    J'aime

    1. Je n’ai pas eu la chance de le rencontrer… (cette année, il est venu à Lyon, mais j’étais à Saint-Malo !) ^-^

      J'aime

  16. Un de mes auteurs préférés, anglais ou pas ! J’ai lu tout ce qu’il a publié, j’attends le prochain ! Un spécial coup de coeur pour La pluie avant qu’elle tombe (j’allais te le recommander, avant de voir que tu le mentionnais en commentaire). J’ai adoré aussi la veine caustique de Numéro 11 McEwan, évidemment. Barnes, je n’y arrive pas, je ne sais pas pourquoi, et Boyd, faudrait que je m’y remette !

    J'aime

    1. Ah, ces auteurs anglais… Barnes, je n’aime pas tout, mais je le trouve parfois très étonnant. J’ai adoré aussi, un peu dans le même genre que Barnes ou McEwan, Le dimanche des mères de Graham Swift, auteur que je découvrais.

      J'aime

Les commentaires sont fermés.