Publié dans littérature îles britanniques, rentrée hiver 2016, sorti en poche

Sarah Hall, La frontière du loup


frontiereduloup« La clôture fait trois mètres soixante de haut, dépassant ainsi leur capacité à sauter, et dessine à son sommet un retour à quarante-cinq degrés vers l’intérieur. Elle ne comporte pas de barbelures et n’est pas électrifiée. »
C’est en tant que biologiste spécialiste des loups que Rachel Caine est appelée au nord de l’Angleterre, dans la région proche de l’Écosse dont elle est originaire, pour mettre en place un projet de réintroduction du loup. Elle ne compte pas donner suite à cette demande d’un riche propriétaire terrien, mais différents éléments vont faire pencher la balance en faveur d’un retour au pays. Rachel pourrait y trouver l’occasion de renouer avec sa famille, et aussi de mettre un peu de distance avec le collègue dont elle est enceinte.

« Il vient tout près de grillage et se campe sur place pour la regarder, les yeux dans les yeux, regard d’un jaune sans mélange. Museau allongé, truffe frémissante, courte crinière. Un chien d’avant l’invention des chiens. Le dieu de tous les chiens. La créature est si belle que Rachel peine à comprendre ce qui s’offre à sa vue. Lui, en revanche, la reconnaît. Cela fait deux millions d’années qu’il voit et flaire des animaux comme elle. »

Ce roman propose un mélange de thèmes plutôt périlleux, qui fait sa richesse autant qu’il peut rebuter. Certains lecteurs ne trouveront pas d’intérêt aux tensions familiales qui agitent les personnages principaux, d’autres, mais c’est moins probable, se passionneront peu pour l’approche biologique, d’autres encore passeront en soupirant les aspects politiques du retour du loup. Et puis, le cocktail peut fonctionner à merveille sur les lecteurs restants, en espérant qu’ils soient nombreux !
Le thème de la maternité y est aussi amplement inséré, et ce n’est pas du tout inintéressant, les liens fraternels sont passés à la loupe également. Et pour moi, non, je n’ai pas eu d’impression de surabondance, vous comprendrez que j’ai été séduite par ce roman passionnant, riche et plein de tensions, jusqu’à une fin qui ne déçoit pas !

 

La frontière du loup de Sarah Hall (The wolf border, 2015) traduit de l’anglais par Eric Chédaille, éditions Christian Bourgois (2016), 474 pages, sorti en Livre de Poche (2017)

Une bonne pioche due à Marilyne, lu aussi par Daphné.

28 commentaires sur « Sarah Hall, La frontière du loup »

  1. Je vis parfois, au bord d’une forêt et je peux témoigner que les chevreuils n’ayant pas de prédateur, les chasses sont les seuls moyens de réguler leur population. Mais le loup poserait certainement d’autres problèmes …

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    1. C’est évoqué dans le livre, bien sûr… au départ, la biologiste travaille dans l’Idaho. En Angleterre, il s’agit de les réintroduire dans un (très) grand domaine.

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  2. Est-ce qu’il y a une métaphore, la société des loups pouvant appeler une réflexion sur celle des hommes ? Le mélange des genres que tu soulignes peut inviter à le penser et cela pourrait justifier ce mélange justement…

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    1. Je ne me suis pas trop posé la question en lisant, mais oui, dans une certaine mesure seulement. Le billet de Marilyne, plus développé que le mien, peut répondre aussi à ta question ! 😉

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  3. Une lecture qui m’intéresserait. Dis donc, si ces loups sont dans un -immense je suppose- enclos, ça va poser problème aux jeunes qui doivent quitter la meute et s’installer pour vivre leur vie d’adulte, non?

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