Publié dans littérature France, rentrée littéraire 2017

Alexis Ragougneau, Niels

Rentrée littéraire 2017 (13)
« Il retrouvait le quartier de son enfance, celui des abattoirs et des bouchers, ceinturé par un entrelacs de voies ferrées. Celui des courses-poursuites au fond des terrains vagues, des parties de cache-cache dans les ruelles populaires.[…] Le quartier idéal pour, une fois entré dans l’âge adulte, imprimer des journaux clandestins, cacher des armes ou des explosifs, aménager des planques où se terrer après avoir fait dérailler un train. »
Le choix d’un roman repose parfois sur peu de choses, dans ce cas, sur la foi de la couverture et du nom du personnage principal, d’un lieu, Copenhague, et d’une époque, la Deuxième Guerre Mondiale. Le début se révèle parfaitement comme attendu. Peu de temps avant la capitulation de l’Allemagne, sur le port de Copenhague, Niels Rasmussen s’apprête à commettre un attentat contre un cuirassé ennemi.
Mais après ce prélude, Niels quitte rapidement la capitale danoise et sa compagne enceinte pour venir en aide à Jean-François Canonnier, l’ami avec lequel il montait des pièces de théâtre avant-guerre, à Paris. Un retour en arrière qui permet de s’immerger dans le milieu du théâtre à Paris, et me rappelle Bérénice 34-44 d’Isabelle Stibbe, qui m’avait enchantée…
Le roman alterne alors les scènes avant et après la guerre, au fur et à mesure que Niels se renseigne sur ce qu’est devenu Jean-François, sur les raisons pour lesquelles il est accusé de connivence avec l’ennemi.

« C’était l’histoire d’un rêve brisé. D’une ambition folle fracassée sur les récifs de la réalité. C’était aussi l’occasion rêvée pour Rasmussen de mettre en pratique sa conception de la mise en scène. »
L’auteur connaît bien le milieu du théâtre, le roman est bien documenté sur la scène parisienne pendant la guerre, sur l’épuration, sur les personnalités du monde littéraire avant et après la libération. Tout cela est raconté avec fluidité, au cours des nombreux dialogues, et il existe même deux séquences du roman sous forme de scènes de théâtre, avec répliques et didascalies, dont l’une est peu intéressante, et l’autre bien davantage.
Malheureusement, le roman se perd un peu dans des scènes trop longues vers le milieu. Quant au personnage de Rasmussen, il a du mal à prendre chair, pourtant l’auteur le décrit physiquement, le fait avoir mal au cœur ou la gueule de bois, souffrir de claustrophobie, transpirer abondamment, rien n’y fait. Il décrit également ses pensées intimes, le fait dialoguer avec nombre de témoins des années de guerre de Jean-François Canonnier. Pourtant, malgré tous ces éléments qui devraient lui donner de la présence, je n’arrive pas à le cerner… c’est peut-être volontaire, mais comment dire ? Ça ne marche pas avec moi !
Si la fin captivante rattrape les circonvolutions du milieu du roman, si les questions posées sont intéressantes, si le thème d’une amitié soumise aux aléas de l’histoire ne peut laisser indifférent, je m’attendais toutefois à autre chose, et je ressors un peu déçue par ce roman. Je relirai l’auteur avec un de ses polars, qui me plaira sans doute davantage.

Niels, d’Alexis Ragougneau, éditions Viviane Hamy (2017), 360 pages.

Anne (Mon petit chapitre) a abandonné ce roman, pour Valérie, c’est la déception qui domine, mais c’est une belle découverte pour Eimelle, et c’est le Goncourt 2017 de Leiloona !

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20 commentaires sur « Alexis Ragougneau, Niels »

    1. Au milieu, je me suis « tâtée » et ai failli arrêter… Et j’ai lu un avis qui mentionnait un fait nouveau au milieu du roman, je me demande encore lequel, mais du coup j’ai fini, et la fin n’est pas mal.

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    1. Oui, j’ai vu que tu préférais ses romans noirs… J’ai trouvé le passage au roman de collection « blanche » bien plus réussi chez Pierre Lemaître ou Marcus Malte.

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    1. Quand je trouve que l’histoire tourne en rond, ou que le personnage manque de chair, je ne sais pas si c’est émotionnel… 😉 Mais c’est sûr que beaucoup de critères entrent en compte dans une lecture, le livre précédent, l’humeur, etc.

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