littérature îles britanniques

Ian McEwan, L’innocent

innocent« Un immeuble sur deux ou trois était éventré et sans toit. Des bâtiments entiers s’étaient effondrés, et les gravats gisaient encore sur place, hérissés de poutres et de gouttières rouillées. »
C’est plutôt rare que j’aie des engouements pour des auteurs de façon durable. Je finis généralement par les délaisser s’ils empruntent un peu trop souvent les mêmes chemins. Cela ne m’est encore pas arrivé avec Ian McEwan, et depuis que j’ai découvert L’enfant volé en 1993, j’ai lu avec presque toujours autant d’intérêt et d’enthousiasme les romans d’un auteur qui aime à varier ses thèmes et à surprendre. Je continue donc à le découvrir, tranquillement, sans chronologie, puisque je viens de ressortir des limbes, ou quasiment, un roman sorti en Angleterre en 1990… une éternité, au regard des parutions toujours plus récentes dont nous sommes submergés !

« Son univers s’était réduit à une pièce sans fenêtre et au lit qu’il partageait avec Maria. »

L’innocent m’a attiré tout d’abord par sa couverture anglaise représentant la porte de Brandebourg à Berlin, et l’évocation de la guerre froide avant le Mur. En 1955, Leonard Marnham, jeune anglais de vingt-cinq ans, est engagé grâce à ses compétences techniques dans un réseau anglo-américain d’espionnage qui vise à mettre les russes sur écoute. Il est sous couverture, et sensé travailler au réseau anglais de télécommunications. Il fait la connaissance de Bob Glass un américain qui sera son référent dans son travail, et de Maria, une jeune allemande divorcé dont il tombe rapidement amoureux.

theinnocent

« Les tunnels étaient des endroits dérobés et sûrs ; les enfants et les trains s’y glissaient pour échapper aux regards et à la surveillance avant d’en ressortir sains et saufs. »

L’auteur mêle habilement espionnage et histoire d’amour sur fond de Berlin en pleine reconstruction (et encore passablement en ruine dans certains quartiers) et n’hésite pas à faire prendre un virage inattendu au roman à deux reprises au moins. Ce qui me contraint à ne pas raconter trop pour laisser les futurs lecteurs aussi innocents que le héros de l’histoire. Quoique le titre soit pour le moins ambigu…
J’avais commencé ce roman il y a un an ou deux en anglais, mais le niveau de langue assez soutenu m’empêchait d’aller à mon rythme et m’avait fait craindre une relative lenteur du roman. En français, je ne l’ai pas du tout ressentie, et j’ai adoré me faire promener par l’auteur, tant dans la psychologie complexe des personnages que dans le Berlin de l’après-guerre. Sans doute pas le meilleur roman de l’auteur (pour moi l’incomparable Expiation !), ce livre par ses subtilités et son écriture, est de ceux qui restent en mémoire.

L’innocent de Ian McEwan (The innocent, 1990), traduit par Josée Strawson, éditions Folio (2002), 390 pages.


Sorti de mes étagères pour l’Objectif PAL !
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30 réflexions au sujet de « Ian McEwan, L’innocent »

  1. J’ai aussi Expiation depuis des lustres… le problème est que j’ai vu l’adaptation cinématographique et j’ai bien peur de comparer les deux versions….
    Le dernier que j’ai lu de cet auteur est « L’intérêt de l’enfant » qui m’a laissé un beau souvenir.

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  2. Oups, encore jamais lu Ian McEwan. J’avoue que l’aspect espionnage m’arrête quelque peu. Je crois comprendre que je dois noter Expiation… ( je vais quand même essayer d’être aussi raisonnable qu’Aifelle, je viens de craquer pour le Don DeLillo, j’aimerai autant qu’il ne passe pas dans l’objectif Pal ;))

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    1. Le côté espionnage n’est pas aussi important que je le craignais, les circonstances en font un passage obligé, mais là n’est pas le fond de l’histoire… Et tu peux noter, souligner, etc, Expiation !

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  3. Savoir qu’il nous reste encore des titres de McEwan à découvrir est toujours une bonne nouvelle ! Je n’avais jamais entendu parler de celui-là, mais comme toi, cet auteur m’a rarement déçue (même si certains de ses romans, comme Amsterdam, m’ont moins emballé, je n’en ai trouvé aucun de mauvais, mes coups de cœur restant à ce jour Samedi, et Expiation, en effet). Mon prochain, déjà sur ma PAL, est Délire d’amour, mais je note L’innocent, car il faut toujours avoir un titre de McEwan de secours sur ses étagères !!

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    1. Nous avons les même favoris : Expiation et Samedi, superbes ! Celui-ci est un peu en-dessous, mais tout de même tout à fait intéressant. Je suis assez d’avis qu’il faut en avoir d’avance… 🙂

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  4. J e n’ai pas lu celui-ci . La plage de Chesil m’a déçue. j’ai lu » Dans une coquille de noix « qui m’a paru une lecture agréable et bien menée mais un peu superficielle. Finalement pour moi aussi rien à voir avec l’incomparable  » Expiation ; »

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    1. Je me souviens que Sur la plage de Chesil avait partagé la blogo… Pour moi, c’était plutôt une réussite. Celui-ci a d’ailleurs quelques points communs avec, mais je n’en dirai pas plus ! 😉

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  5. Il faudrait que je redonne une chance à cet auteur pour confirmer s’il est pour moi ou non. Je n’avais pas été entièrement convaincue par un de ses derniers, le seul que j’ai lu d’ailleurs, « L’intérêt de l’enfant ». Enfin, je me suis beaucoup ennuyée sur 2/3 du livre…

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  6. J’adore cet auteur moi aussi, et je n’ai pas encore lu ce titre. Contrairement à toi, j’ai été assez déçue par ses derniers titres (pas encore lu « Dans une coque de noix »), donc je suis plutôt intéressée par les anciens textes que je ne connais pas.

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