littérature Amérique du Nord·premier roman

Carol Rifka Brunt Dites aux loups que je suis chez moi

ditesauxloups« Ce dimanche-là, j’ai emporté la lettre de Toby dans les bois. De la vieille neige se cramponnait à chaque branche d’arbre, donnant aux bois dans leur ensemble une allure instable, comme si tout pouvait basculer d’une seconde à l’autre. J’ai suivi le mince ruisseau gelé en essayant d’entendre les loups. »
J’ai réussi, malgré les nombreuses tentations de rentrée littéraire à sortir un livre de ma pile à lire en cette fin de mois de septembre. J’avais acheté ce roman à sa sortie en poche, suite à quelques avis enthousiastes, notamment sur Babelio où la note générale du livre est vraiment excellente. Puisque je ne suis pas en phase avec cette extase quasi générale, je vais essayer de comprendre pourquoi !
June, ado de quatorze ans et narratrice, vit avec ses parents et sa sœur dans une petite ville de l’état de New York. En conflit permanent avec sa sœur aînée, June peine à se faire des camarades, et préfère cultiver son originalité, et s’inventer des histoires, se balader en forêt en s’imaginant au Moyen Âge ou rendre visite à son oncle Finn, artiste renommé. Mais Finn est très malade, ce sont les premières années du sida, et June doit se rendre à l’évidence que son oncle va la quitter.

 

« Ce sont les gens les plus malheureux qui veulent vivre éternellement parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas fait tout ce qu’ils voulaient. Ils pensent qu’ils n’ont pas eu assez de temps. Ils ont l’impression d’avoir été arnaqués. »

Peu après la mort de son oncle, un certain Toby prend contact avec elle. C’est « l’ami particulier » de son oncle, et elle commence, quoiqu’un peu méfiante, à le fréquenter sans l’accord de ses parents. C’est à partir de là que j’ai commencé à trouver un manque de réalisme à cette situation et à d’autres épisodes du récit de June, et que j’ai commencé à m’ennuyer, rouvrant sans enthousiasme un livre que j’avais pourtant bien aimé jusqu’au 200 premières pages environ. Je me suis rendu compte que je n’étais sans doute absolument pas le public visé par ce roman, destiné à un lectorat jeune, voir adolescent. Si j’ai été touchée et agréablement surprise par la représentation de l’arrivée du sida dans les années 80, et des images erronées qu’elle véhiculaient, qui sont très justes, d’autres épisodes entre June et sa sœur, ou entre June et Toby, m’ont semblé répétitifs, et sans grand intérêt. Quant à la fin, elle ne m’a rien apporté de plus. C’est dommage, parce que, bien que transcrivant les pensées de l’adolescente, l’écriture n’est pas mièvre, et touche souvent son but. L’éditeur américain aurait pu suggérer sans dénaturer le texte quelques suppressions qui lui auraient donné plus de force.

 

Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt éditions 10/18 (2016) traduit par Marie-Axelle de la Rochefoucauld, 499 pages.


Des exemples d’avis enthousiastes chez Eva ou Folavril, plus mitigé chez Electra.

Objectif PAL de septembre et mois américain.
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32 réflexions au sujet de « Carol Rifka Brunt Dites aux loups que je suis chez moi »

  1. J’avais été tentée par l’enthousiasme d’un libraire particulièrement animé au sujet de ce livre mais en y regardant de plus près, je n’avais pas l’impression que j’y trouverais mon compte, du coup j’ai laissé tomber.:-)

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    1. Tu as eu plus de flair que moi… New York, le milieu de l’art, m’ont fait négliger la narratrice adolescente… je n’avais pas du tout compris que c’était un roman destiné aux jeunes, à la base.

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  2. C’est un titre dont j’ai entendu parler (bonne trouvaille ce titre d’ailleurs) mais tu freines un peu mon envie de le découvrir… Je suis rarement en phase avec les avis Babélio personnellement… 😉

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    1. D’habitude, une bonne note moyenne sur Babelio est tout de même synonyme de bon roman… Mais je ferai désormais attention au lectorat « jeune adulte » de plus en plus présent sur le site (tant mieux, s’ils lisent !) mais qui ont tendance à surnoter certains romans. J’avoue que je me pose des questions sur ce lectorat, et sur les éditeurs qui lui font de l’œil… un sujet de futur billet « polémique » ??? 🙂

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  3. C’est dommage parce que les extraits choisis étaient vraiment à mon goût mais l’histoire et ton avis ne me donnent pas envie de me pencher dessus.

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    1. Je ne sais pas si les extraits sont représentatifs, pas vraiment, j’aurais aimé que ce soit comme ça tout du long… Je ne le déconseille pas, mais je sais qu’il ne plaira pas à tous !

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  4. J’ai été déçue aussi par cette lecture qui m’avait été conseillé avec emphase 🙂 Je pense que je l’ai trouvé trop à la surface des choses. Sur le sida dans les années 80, L’immeuble Christodora m’a par contre complètement bouleversée !

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