littérature Europe de l'Ouest·rentrée automne 2016

Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde

enfantquimesurait« À cette période de l’année, l’amphithéâtre était submergé de coquelicots rouge sang. »
J’ai lu avec des bonheurs variés quelques romans de l’auteur suisse d’origine turque Metin Arditi. Si je garde un excellent souvenir du Turquetto et de Loin des bras, j’ai été beaucoup moins emballée par Prince d’orchestre. Comment allai-je réagir à ce dernier roman qui vient de paraître en poche ?
Eliot Peters est un architecte new-yorkais. Sur l’île de Kalamaki, il parcourt l’amphithéâtre, discute avec le père Kostas, et berce de douloureux souvenirs. Il fait la connaissance et devient proche du fils de sa voisine, un jeune garçon autiste qui rêve d’un monde où tout obéirait aux chiffres, où aucun désordre ne règnerait. Un projet hôtelier disproportionné (ça, c’est mon avis, pas celui des habitants de l’île) va pousser tout un chacun à faire des choix, à l’heure où la crise grecque va heurter de plein fouet la petite communauté.

« Je crois que c’est çà, l’ordre du monde, tu sais Yannis. C’est quand tu ne peux pas savoir à l’avance comment les oiseaux vont crier, ou comment le meltème va souffler entre les pierres, ni quand la mer va s’écraser contre le parapet. Mais tu es heureux d’écouter ces bruits comme ils viennent à toi. L’ordre du monde, c’est quand tu es heureux. Même si les choses changent. »
Si la lecture de ce roman s’est faite rapidement et sans résistance, il me manque toutefois quelque chose pour me faire dire que j’ai aimé ce que j’ai lu. Les personnages, comme l’île, sont plutôt hospitaliers, les sentiments décrits ne manquent pas de profondeur, est-ce justement la présence d’un peu trop de bons sentiments qui m’aurait gênée ? Il manque sans doute dans ce roman du liant aussi, trop de thèmes sont abordés entre l’autisme, la transmission, l’architecture, la philosophie, le deuil, la crise grecque… trop de thèmes pour un si court roman ? Car l’écriture, évocatrice quand il s’agit de paysages et de rencontres humaines, reste un peu en deçà lors de certaines situations, qu’une description dépouillée ne permet pas de ressentir vraiment. Et là, je suis restée un peu à l’extérieur, pas vraiment concernée… et c’est dommage !

L’enfant qui mesurait le monde, de Metin Arditi, paru en poche chez Points (juin 2017), 250 pages

Plus enthousiastes que moi, Hélène d’Irlande et d’ailleurs, Hélène Lecturissime et Leiloona. Florence émet quelques restrictions…

Lire le monde : la Suisse
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37 réflexions au sujet de « Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde »

  1. comme toi je suis restée un peu insensible à cette histoire et c’est dommage parce que l’idée était excellente mais j’ai trouvé qu’il n’allait pas au bout, du coup comme je suis paresseuse je n’ai pas fait de billet

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  2. J’aime beaucoup cet auteur – plus ou moins de bonheur, comme toi. Ma soeur a beaucoup aimé ce titre mais pour ma part, le fait qu’un des personnages soit architecte me retient car c’est ma profession – j’évite pour mes lectures, pas envie d’avoir l’impression de « parler boutique » 😉

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  3. J’ai abandonné cet auteur depuis un moment, je le trouve souvent limite caricatural et sans profondeur. J’avais hésité sur celui-ci dont on a pas mal parlé, mais je crois que je vais renoncer après ton avis mitigé.

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    1. Tu es dure, mais ce n’est pas tout à fait faux… Si tu as déjà éprouvé des restrictions à l’égard d’un de ses romans, nul doute que tu ne serais pas emballée par celui-ci.

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  4. De lui, je n’ai lu que Juliette dans son bain, que j’avais trouvé… exécrable ! Même si je crois savoir qu’il est capable d’écrire de très bons livres – de l’avis général, Le turquetto en est un -, j’avoue que je suis un peu circonspecte…

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  5. Comme toi, c’est un auteur que je suis, même si je l’aime un peu en yoyo !!! Mon préféré reste Loin des bras, il y a la confrérie des moines volants qui est très bien aussi. Par contre, je pense que je vais passer celui-ci, vu tes réserves. Les bons sentiments, dès fois, ça ne passe pas.

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    1. Comme toi, j’avais trouvé que Loin des bras avait de la profondeur, due sans doute au fait que c’est un roman quelque peu autobiographique… J’ai trouvé ce dernier roman un peu plus « facile ».

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  6. c’est ça qui est passionnant avec les blogs c’est justement ces avis qui sont différents. Je viens justement de voir que Hélène d’Irlande et d’ailleurs avait apprécié ce livre. Tu as un avis plus mitigé. Il ne me reste plus qu’à me forger ma propre opinion. Passe une excellente soirée ! @très vite sur WordPress 🙂

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  7. Je retrouve bien ce que j’ai ressenti dans ton billet. Sans doute trop de bons sentiments et beaucoup de thèmes très intéressants en effet, mais insuffisamment exploités. Avec un peu de recul, je serai plus sévère maintenant que lorsque j’ai écrit mon billet : un roman un peu marketing, qui colle à l’air du temps ?

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  8. j’ai beaucoup aimé « Le Turquetto » et « La confrérie des moines volants » celui-ci est dans mes projets de lecture mais vus les avis partagés, je vais attendre un peu 🙂

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